Les chemins de la transition passent aussi par la campagne.

Dans le premier épisode de ce mini-feuilleton de l’été , deux personnages, un philosophe et un économiste, définissaient les 5 voies qu’il convenait de prendre pour assurer une évolution aussi harmonieuse que possible vers un monde qui n’aurait plus peur de la catastrophe écologique annoncée.
1 – Vers une réconciliation avec la nature
2 – Vers une civilisation techno-responsable
3 – Vers une culture de l’optimum
4 – Vers un nouveau consensus démocratique
5 – Vers une liberté positive
Dans les campagnes le débat fait rage entre d’une part les partisans d’une agriculture productiviste qui croit dur comme fer qu’elle a vocation à « nourrir le monde » et d’autre part, ceux qui prône une agriculture qui se souviendrait qu’elle vit de la nature, avec la nature et au milieu de la nature. Pour l’instant, un des archétype du premier modèle est l’agriculture bretonne. Il est tellement prégnant encore dans ces campagnes que le ministre de l’agriculture, qui manifestement ne [re]connaît pas l’autre modèle, se croit obligé de lui apporter la caution gouvernementale https://www.ouest-france.fr/Bretagne. À Carhaix, le ministre de l’Agriculture a défendu le « modèle » breton

Mais quel est-il ce modèle ? L’article le décrit très sommairement, mais je préfère ne retenir que cette ultime déclaration dudit ministre « opposer agriculture et environnement, c’est un non-sens. » En effet, si on se fonde sur le deuxième modèle que j’ai présenté en quelques mots ci-dessus, cela devrait être un non sens .

SAUF QUE

la réalité est un peu différente si j’en crois cet article https://splann.org/ La Bretagne, première région émetrice d’ammoniac en France

Ah zut ! Quand on connaît les méfaits de ce gaz dans l’air que nous respirons, dans l’eau que nous buvons sous forme d’azote, on ne peut pas ne pas opposer environnement et agriculture, enfin une certaine forme d’agriculture.

Tiens à propos de ce média, Splann !, qui a publié cette enquête, son histoire mérite d’être contée. Reportons-nous à son acte de naissance https://www.franceinter.fr/Avec « Splann ! », des journalistes bretons unissent leurs forces dans un contexte local tendu

Bizarre, bizarre, ces journalistes sans patron qui acceptent vraisemblablement des piges de misère pour pouvoir écrire librement sur des sujets dont les médias ayant pignon sur rue osent à peine parler.

Il faut dire que le passé, et le passif est lourd entre les journalistes et certains exploiteurs agricoles. Il n’est pas surprenant de retrouver dans le collectif à l’origine de Splann ! Une journaliste qui a eu maille à partir et même plus avec eux https://www.europe1.fr/Morgan Large, journaliste d’investigation : « J’ai peur qu’on mette le feu à ma maison »

Cela donne un relief particulier à cette déclaration de la présidente des agriculteurs de Bretagne : «  Assumer, produire, dialoguer, ce sont les mots que nous cultivons ici ». Manifestement, en matière de dialogue, ce n’est pas de la culture intensive.

Il faut dire que depuis les années 60, les dirigeants agricoles ont fait rentrer dans le crâne de deux générations d’agriculteurs, qu’ils n’étaient plus des paysans mais des exploitants agricoles. Il est difficile dès lors de changer d’habitude. Et pourtant, la situation financière de la plupart d’entre eux est tellement peu reluisante que leur descendance directe ne veut plus faire partie de ces exploités agricoles que leurs parents sont devenus.

Et de nouvelles populations viennent s’installer à la campagne avec des schémas de production un peu différents https://www.ouest-france.fr/Bretagne. L’agriculture bio se développe à grande vitesse Il s’agit parfois de fils d’expoitants agricoles en rupture avec le modèle de papa mais aussi souvent de personnes jusue là étrangères au monde agricole et qui s’implantent avec autant de bonnes idées que d’inexpérience.

C’est pour eux par exemple que se mettent en place des actions d’acompagnement comme celles-ci https://www.lemonde.fr/Des futurs agriculteurs en « couveuse » pour valider leur projet d’installation qui font la part aussi belle aux projets novateurs qu’à des approches plus courantes des pratiques agricoles. Il est intéressant de noter que ces formations-actions sont portées tout autant par les pouvoirs publics que par des initiatives privées

Par contre, tel n’est pas le cas de celle-ci, https://www.lemonde.fr/Dans les Yvelines, une nouvelle école d’agriculture version « start-up nation » soutenue à bout de bras par un des acteurs les plus actifs de l’économie du Net et grand financeur par ailleurs de ce qu’on appelle des start-up. L’utilisation à outrance des technologies liées à la manipulation d’informations en dit long sur le rapport aux rythmes naturels qu’entend promouvoir cet institut.

Manifestement, dans l’agriculture aussi, il existe des choix diamétralement opposés d’évolution qui sont autant d’options différentes pour réussir ou non la transition écologique.

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