La SAGA des GAFA Ils osent tout, cas 4, Apple

libération face à l’omniprésence du géant du moment IBM. Avec ses petits ordinateurs qu’on pouvait poser sur une table, on assistait à une vraie mutation de l’informatique et son rapide succès, c’était aussi la victoire du Petit Poucet contre le méchant ogre et c’est ce qui rendit la marque si sympathique à certains.

Depuis les choses ont bien changé et Apple est devenu ce même monstre technologique et industriel contre lequel il s’était créé. Cruel revirement de l’histoire. Évidemment, son image en a pâti et son nouveau patron, plus patron qu’inventeur d’ailleurs, a ressenti le besoin de redorer un peu l’image d’où cette initiative https://www.lefigaro.fr/Apple va consacrer 100 millions de dollars à la lutte contre les inégalités raciales
C’est dans l’air du temps, à l’époque du « black lives matter » mais franchement quand on est capable d’engranger plus de 11 milliards en un seul trimestre, ne consacrer QUE 100 millions à cette lutte cela fait un peu pingre.

Mais l’essentiel n’est pas là, il est dans le geste et tout le monde ne se souviendra que de cela, le geste.

Et si toute cette gesticulation n’était faite finalement que pour faire oublier ceci https://www.01net.com/Comment Apple veut modifier la loi américaine contre le travail forcé des Ouïghours
Certes, Apple n’est pas la seule firme mondialisée à avoir du mal à concilier éthique des affaires et affaires tout court. Certes, cette loi est AUTANT une arme géopolitique dans la guerre froide actuelle entre les Etats-Unis et la République Populaire de Chine qu’une tentative de moralisation des mœurs des entreprises. Il n’empêche que les consommateurs des produits de ces firmes et en l’occurrence les bijoux technologiques d’Apple, devraient se poser la question de la façon dont ces produits sont fabriqués et comment cette fabrication, outre qu’elle permet à des actionnaires de percevoir plus de 10 milliards de dollars chaque trimestre, contribue à ce qu’on ne peut appeler qu’un génocide pratiqué par un Etat contre une partie de son peuple pour la seule raison que cette partie du peuple ne veut pas se couler dans le monde uniformisé et aseptisé qu’un parti unique veut leur imposer.

Etre partenaire, c’est déjà être un peu complice et être complice, c’est déjà être un peu coupable, non ?

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La SAGA des GAFA, ils osent tout cas 3 Facebook.

Le premier à avoir montré la voie est le petit oiseau bleu mais son patron semble le regretter https://www.marianne.net/Oups : pour le patron de Twitter, Jack Dorsey, bannir Trump de la plateforme est un « échec »

Regrets marketing ou remords sincères ? Je vous laisse juge mais on ne peut qu’adhérer à cette déclaration : « Cela établit un précédent qui me semble dangereux : le pouvoir qu’un individu ou une entreprise a sur une partie de la conversation publique mondiale »

On eut aimé que le patron de Facebook fasse le même constat lucide d’un pouvoir terrifiant qu’ils se sont bâtis avec notre consentement tacite. Pour l’instant il n’en est rien mais comme son compte en banque l’intéresse, il devrait réfléchir et peut-être venir aussi battre sa coulpe https://www.20minutes.fr/Donald Trump banni de Facebook, qui perd 33,6 milliards de dollars en bourse

Mais pour l’instant il semblerait qu’il ait d’autres préoccupation dont notamment celle de rentabiliser ses investissements. En effet, il a acquis pour plusieurs milliards de dollars une application qui rend bien des services et embêtent tant les opérateurs historiques de la téléphonie, que tout le monde ou presque connaît, je veux parler de Whatsapp. Il a décidé, sans nous demander notre avis de puiser largement dans les données personnelles générées par cette application pour alimenter la gigantesque base de données Facebook. Les clauses sont léonines ; il faut accepter ou on se fait virer. « Whatsapp, love it or leave it » en quelque sorte. On dirait du Trump dans le texte mais ne le dites surtout pas au patron de Facebook, il croit être le principal rempart contre cet olibrius. Toujours est-il que cela n’est pas anodin et que les médias ont raison de s’en inquiéter https://www.la-croix.com/Faut-il s’inquiéter des nouvelles règles imposées par WhatsApp ?

Ils ont d’autant plus de raisons de le faire qu’il s’en passe de belles dans le monde du « big Data » et une fois de plus, on y retrouve mêlé un Chinois https://www.lefigaro.fr/Les données de plus de 200 millions de personnes laissées en libre accès sur un serveur chinois

Curieux quand même les chemins que peuvent prendre les innocentes traces de notre vie privée que nous laissons traîner çà et là sur la Toile et que des esprits mal intentionnés collectent « au cas où ».

A ce petit jeu, il vaut mieux être expert pour ne pas se faire piéger.

Tiens ! En voilà un qui est expert dans ces matières et qui n’est pas près de se faire piéger, quand il est lucide. Il connaît pertinemment l’impact que peut avoir le moindre de ces petits messages pépiés. Du coup il n’y avait rien d’innocent à son message en faveur d’un concurrent de Whatsapp. C’était en quelque sorte une mauvaise manière qu’il faisait à Facebook et son fondateur, lui dont les amitiés républicaines, tendance Trump, sont, paraît-il notoires. Mais aussi malin soit-il il peut se tromper , la preuve. http://wtm.actualites.bourse.lefigaro.fr/Voulant encourager la messagerie Signal, Elon Musk fait bondir l’action d’une petite entreprise américaine

Tiens à propos d’Elon Musk ( on dirait un nom de chef indien) , puisqu’il est paraît-il devenu l’homme le plus riche du monde, il me paraît normal qu’il entre à son tour dans la saga des GAFA qui deviendrait dès lors les GAFAT, voire même les GAMFAT si on n’oublie ps que Microsoft reste une des géants de cette nouvelle économie.

Aux prochains épisodes donc.

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Mieux vaut en rire- rubrique décidément inépuisable- n°217 : Il y a de toute façon un cocu dans l’affaire

Nos amis canadiens sont comme nous, ils n’en peuvent plus de joie d’assister à ce mariage en grand train entre un fleuron , en quasi faillite naguère, de l’industrie française et un joyau, en grande difficulté financière, de l’industrie canadienne https://www.lapresse.ca/aMariage et naissance d’un leader mondial

Eh Oui ! Après avoir vainement tenté de se marier avec l’Allemand-e- Siemens (mais les parents et l’oncle de Bruxelles n’ont pas voulu), le groupe Alstom convole en justes noces avec le groupe Bombardier. Cela tombe bien, ils fabriquent tous les deux des trains donc pour ce couple la voie est toute tracée si on peut dire. Après maints déboires, vont-ils enfin connaître ensemble un avenir radieux ?

Patatras ! Dans le même temps où l’un des mariés se gobergeait dans les pages d’un journal québecois, il s’en passait de belles chez lui, à Paris https://www.lesechos.fr/Méga-contrat du RER B : Alstom éconduit face à CAF-Bombardier

Dites, ça ressemble à un sérieux coup de canif dans le contrat et en plus ça se passe quasiment au domicile du conjoint. Encore une affaire qui ne va aller bien loin, ma bonne dame !

Ouiche, mais on ne peut exclure que cela se soit fait en parfaite connivence entre les deux, avec un accord du genre, « si tu gagnes, je ne perds pas ! Et réciproquement ». On ne peut pas totalement exclure une hypothèse aussi machiavélique soit-elle. Du coup, on aurait à faire à un marché sans vraie concurrence. Et dans ces conditions, on sait en général qui est le perdant, le client. Ici ce sera l’autorité organisatrice des transports d’Ile de France c’est à dire le Conseil Régional qui paiera avec l’argent des contribuables franciliens.

Vous voyez bien que dans cette affaire, il y en aura toujours un qui sera cocufié !

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Mieux vaut en rire-rubrique décidément inépuisable- n°216 : 2021 commence sous de bons auspices

Il y a des propos malheureux

Un président de chambre d’agriculture, notamment en Bretagne, aurait dû savoir que parmi les nombreux reproches qu’on peut faire à la majorité de sa profession, il y a celui de l’ultra-mécanisation. Cela lui aurait éviter de dire ceci https://www.letelegramme.fr/Le président de la chambre d’agriculture : « Il nous faudrait moins de détracteurs »

Dit un peu rapidement, ça prête à confusion.

Avec une pensée particulière à toutes celles et tous ceux qui rament pour avoir un débit d’Internet du niveau 2G

En effet, il existe encore des zones blanches en France, il existe aussi beaucoup de zones « grises » où l’accès à Internet est, disons, aléatoire. Et puis, il va y avoir bientôt les zones équipées de la 5G, mais on en est là encore qu’aux balbutiements d’autant qu’un nombre croissant de collectivités demandent sinon un abandon, du moins un moratoire dans ce déploiement.

Qu’à cela ne tienne. Pendant ce temps-là, d’autres ailleurs dans le monde sont déjà passés à la suite https://www.lefigaro.fr/6G : le départ à ne pas manquer
Compte tenu de ce qu’on est en train de nous vendre pour nous persuader d’accepter la 5G, je me demande quel miroir aux alouettes, ces professeurs Nimbus vont agiter sous nos yeux pour nous faire avaler ce nouvel avatar d’un monde de plus en plus virtuel.
Tenez, je fais un vœu « Ah, si seulement avec la 6G, je pouvais d’un seul coup de fil convoquer tous les hologrammes de mes collègues de travail pour prendre un petit jus devant la machine à café virtuelle ». Cela pourra peut-être convaincre les forçats du télétravail que la liaison défaillante et l’absence de liaison humaine font défaillir.

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Diminuez !

Comme il fallait s’y attendre, la période de confinement (l’épisode 2) s’est traduite mécaniquement par un ralentissement de l’autre fièvre qui frappe les sociétés modernes, la fièvre acheteuse https://www.lefigaro.fr/La consommation des ménages a dégringolé de 18,9% en novembre sur un mois, selon l’Insee

Evidemment, cela a désolé notre ministre de l’économie et écrivain à temps plein, Bruno Le Maire car la consommation en berne c’est pour lui et ses pairs, la catastrophe majeure. Mais heureusement, pour le réconforter, les Français se sont rattrapés le mois suivant https://www.dailymotion.com/video/x7ylrvh « Les dépenses par carte bleu en décembre 2020, c’est 4 % de plus que les chiffres de décembre 2019″ (Bruno Le Maire)

C’est quand même fascinant, cette obsession des dirigeants politiques pour ce chiffre, « la croissance de la consommation ». Toutefois en tant que ministre de l’économie, il devait également avoir en tête cet autre chiffre https://www.lefigaro.fr/Le déficit commercial atteint son niveau le plus bas depuis 2016 en novembre, annoncent les Douanes
Ce n’est pas négligeable non plus l’équilibre de la balance commerciale d’un pays, car ça traduit l’enrichissement ou l’appauvrissement de la nation tout entière lors de ces échanges de biens et services.

Je ne suis pas un grand économiste mais je ne peux m’empêcher de faire un lien entre ces deux chiffres. Il faudra voir si la surchauffe de vos cartes bleues en décembre se traduit par une retour aux abîmes de notre balance commerciale. Si tel est le cas, je ne comprendrais plus très bien ces sauts de cabri en folie chaque fois que « la croissance de la consommation » fait un bond, car cela voudrait dire paradoxalement que globalement la nation s’est appauvrie plus vite. Mais peut-être que le mouvement de « relocalisation » aura déjà commencé à porter ses fruits.

Peut-être après tout qu’une des clés de la réussite d’une politique économique serait de pousser à consommer moins pour mieux acheter, plus local, plus réparable, plus durable , etc….
Tiens pendant qu’on en est à parlotter de diminution (attention à ne pas prononcer le mot de « décro…..ance » qui n’appartient qu’au patois amish!), intéressons-nous à cette autre information de la première semaine de janvier 2021, celle où il allait faire si froid.https://www.lefigaro.fr/Électricité : pour éviter des coupures, les Français invités à réduire leur consommation vendredi
Le froid est bien venu, la consommation d’électricité, d’après le site de RTE, a été conforme aux prévisions sans que le système ne disjoncte. Je n’ai pas vu qu’on ait remis en marche des centrales au fuel pour pallier la défaillance logistique des réacteurs nucléaires en phase de révision estivale encore en cours. Pour moi, la conclusion s’impose : on peut faire face à un pic considéré comme haut avec 30% du parc nucléaire à l’arrêt. Je ne suis pas un grand énergéticien mais il me semble que la conclusion vient naturellement, non ?

Il ne faut donc pas augmenter le parc nucléaire mais bien le diminuer. Dont acte.

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La Chine en principe……

La Commission européenne et le gouvernement de la République Populaire de Chine ont signé juste avant la fin de l’année 2020 un accord DE PRINCIPE sur la protection des investissements. Cet accord est bijectif, c’est à dire qu’il marche dans les deux sens. J’ai déjà dit tout le mal qu’on pouvait penser de cet « accord » au moment où sa conclusion a été annoncée. Mais comme le contenu de cet accord est très très confidentiel, j’aurai eu grand peine à en dire plus. D’autres se sont essayés à l’exercice et manifestement ils disposaient de bonnes sources d’information https://www.la-croix.com/L’accord sur les investissements entre la Chine et l’Union européenne est-il équilibré ?

La seule conclusion qui vient alors à l’esprit est « mesdames et messieurs les député-e-s européen-ne-s, dépêchez d’aller lire même sous le sceau de la confidentialité, même sans la possibilité de prendre des notes, le contenu de ce document, puis votez en votre âme et conscience CONTRE….pour le moment. »

Et ce pour au moins trois raisons.

La première est évidente. Peut-on réellement croire que les intérêts de sociétés européennes seront bien protégés alors même que les plus grands groupes chinois sont eux-mêmes menacés dès lors que leurs dirigeants manifestent un tant soit peu d’indépendance vis-à-vis du Parti Communiste Chinois. Il y a un mois, le même journal La Croix pouvait ainsi titrer ceci Alibaba dans le viseur des autorités chinoises. Depuis, son dirigeant, l’homme le plus riche de Chine a disparu sans que l’on sache où ni dans quelles circonstances.

La deuxième est tout aussi évidente et tient au respect des droits humains les plus basiques, en particuliers puisqu’il s’agit d’un accord commercial, le respect du droit des travailleurs (ce qui est un comble dans un pays dont le parti unique depuis maintenant près de 80 est LE parti des travailleurs). Si j’en crois l’article de La Croix, l’engagement chinois est de pur principe : la Chine « s’engage (…) à œuvrer à la ratification des conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail (OIT), y compris celles (interdisant) le travail forcé »Travail forcé des Ouïghours : un accord entre l’UE et la Chine est-il vraiment possible ? C’est exactement la même formulation « s’engage à oeuvrer » qui a été utilisé par le gouvernement chinois pour appuyer son plan de décarbonation de l’économie d’ici 2060. On a connu plus volontariste.

La troisième raison relève du contenu même de ces accords commerciaux qui, semble-t-il, contiennent tous cette même clause de règlement des différends via un tribunal arbitral. Cela revient à privatiser la justice au niveau international alors même que par ailleurs, on essaie, via le Tribunal Pénal International notamment, de favoriser l’émergence d’un système juridique supra-étatique sous contrôle d’instances internationales reconnues.

Au fait, il paraît que dans l’accord post-Brexit qui a été conclu la veille de Noël entre la Grande-Bretagne et l’Union Européenne ( on a beaucoup contracté en Europe en cette fin d’année), il est également question de recourir à l’arbitrage privé en cas de litige. Il n’y a pas qu’avec la Chine que nous allons au-devant de sérieuses entorses à la souveraineté communautaire.

Mais comme dit l’autre, ces accords sont faits justement pour aplanir toutes les difficulté,….en principe.

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Les dilemmes des énergies renouvelables

En Bretagne, nous sommes persuadés que nous regorgeons d’énergie et que cette énergie est renouvelable. C’est vrai que la nature a bien dotée notre région : les vents soufflent plus souvent, plus régulièrement et souvent plus fort qu’ailleurs, les courants marins sont puissants et réguliers. Les cours d’eau sont peut-être petits mais nombreux et plutôt bien alimentés en eau. D’ailleurs les moulins à eau étaient nombreux dans la campagne bretonne jusqu’au XIX° siècle. Voilà des conditions particulièrement favorables pour le développement de la production d’électricité, à partir de l’énergie éolienne, sur terre et en mer, à partir de l’énergie marine avec des hydroliennes immergées et même, pourquoi pas, pour le développement de l’hydroélectricité. Evidemment, en ce qui concerne l’énergie solaire, la Bretagne est peut-être moins bien dotée que d’autres régions plus ensoleillée, mais rien ne sert d’être trop gourmand. Et puis, en plus de ces énergies d’origine totalement naturelle, il y a aussi les sources de récupération, comme le méthane issu de la décomposition des lisiers porcins. En un mot, la Bretagne dispose d’une large palette de ressources énergétiques. Et pourtant, ça coince un peu partout.

Commençons par l’éolien. Des associations locales ont obtenu l’annulation de parcs éoliens et même l’annulation du schéma régional éolien, le plus souvent en utilisant des arguties procédurales mais aussi en s’appuyant sur des considérations esthétiques. Le summum a été atteint aux confins de la région, dans le périmètre visuel du Mont-Saint-Michel. C’est donc au nom de la protection des paysages donc de l’environnement que certains s’opposent au développement d’une énergie, qui, tout compte carbone fait, est une des plus écologiques. Pour un vrai défenseur de l’écologie, le dilemme peut être difficile à trancher. Et pourtant, si on reprend le cas du Mont-Saint Michel, on retrouve, ça et là, en bordure des prés salés, des vestiges nombreux de moulins. Leur vue ne devait pas trop gêner les moines du Mont. Les touristes seraient-ils gênés par des éoliennes ? Les opposants disent que oui, de même qu’en 1889, des Parisiens fustigeaient la Tour Eiffel, sans laquelle, maintenant, Paris ne serait plus Paris pour les touristes. Le risque de défigurer le site est pourtant bien réel surtout si, par appât du gain, les communes autorisaient l’implantation sur leur territoire de véritables forêts de mats, comme on en voit au Danemark ou dans le sud de la péninsule ibérique.

Mutatis mutandi, les mêmes blocages sont apparus lors des débats publics autour du parc éolien en mer de Saint-Brieuc ou à propos de l’immersion de l’hydrolienne au large de Bréhat. Certes les pêcheurs et plaisanciers ont des arguments valables à faire entendre mais le débat public a montré que du point de vue de la sécurité en mer, par exemple, tout problème technique pouvait trouver une solution technique, à condition que, de bonne volonté, les parties prenantes se mettent autour d’une table pour en discuter.

Et voici que suite à l’arrêté ministériel du 27 avril 2016 relatif à la production d’énergie hydraulique, le débat risque de renaître entre les pêcheurs, gens paisibles par excellence, et les promoteurs de petits moulins hydrauliques, autour de la question de la continuité écologique. Faut-il rappeler que les cours d’eau bretons ont accueilli pendant des siècles une quantité de moulins qui servaient à tout, faire de la farine, du papier et que sais-je encore et que cela n’a jamais empêcher les saumons d’aller frayer dans l’amont de ces fleuves et rivières côtiers aménagés. Nos anciens avaient donc un savoir-faire que nous avons oublié mais peut-être aussi était-ce parce que les propriétaires de ces moulins étaient aussi des pêcheurs et donc qu’ils devaient trouver le juste équilibre entre ces deux activités. Grâce aux progrès de la technique, ce serait bien malheureux que mis autour d’une table, les protagonistes n’arrivent pas à trouver une solution. Cela aura un coût certainement et surtout, cela ne sera vraisemblablement applicable au-delà d’une certaine taille de projet. C’est sûrement là où le bât risque de blesser.

Et puis, il y a l’épouvantail de la méthanisation. Solution miracle pour certains agriculteurs qui y voit là un moyen d’arrondir leur revenu tout en réduisant leurs émissions polluantes, c’est au contraire une nouvelle source de pollution pour des environnementalistes qui considèrent qu’autoriser cela, c’est accepter la survivance d’un modèle agricole à bout de souffle. Mais là aussi, tout est dans l’équilibre, entre valoriser un déchet, par ailleurs très polluant, et recherche d’un revenu maximum, quitte à créer encore plus de nuisances qu’on en élimine. Techniquement et économiquement, des solutions existent à condition de ne pas verser dans la démesure. La pollution de l’eau potable dans la région de Châteaulin à l’été 2020 est là pour le rappeler

Et c’est là en général que les débats déraillent. En effet, à travers ces quelques exemples, on constate que les problèmes occasionnés par les projets viennent d’une part de leur taille, souvent, et d’un manque de concertation, en amont. En effet, la prise en considération simultanée d’intérêts parfois divergents rend le plus souvent les gens raisonnables, pourvu qu’ils soient de bonne foi et de bonne volonté.

Voici donc les dilemmes auxquels nous sommes et seront régulièrement confrontés si nous voulons que les énergies renouvelables se développent en Bretagne. Mais peut-être certains ne le veulent-ils pas ? Cela dit, s’ils considèrent que l’électricité d’origine nucléaire est la plus dangereuse car la plus pernicieuse et dont les effets dans le temps sont totalement inconnus, les alternatives sont peu nombreuses, soit le recours aux énergies fossiles (gaz, charbon et pétrole), soit de réduire nos consommations électriques de façon drastique. Y sont-ils prêts ? C’est un autre type de dilemme.

Pour en sortir comment faire alors ? Comme manifestement, tous ces projets ont en commun d’être très locaux, et que leur acceptabilité ne peut être que le fruit d’un consensus local, nul n’est besoin d’être grand clerc pour arriver à la conclusion que le développement des énergies renouvelables en Bretagne ne pourra sortir de ces dilemmes que dans le cadre d’une organisation locale de la production et de la distribution de l’énergie, ce qui est pour l’instant aux antipodes du modèle qu’a imposé EDF mais certaines collectivités locales sont en train de montrer la voie , en Bretagne et ailleurs.

http://www.developpement-durable.gouv.fr/-Territoires-a-energie-positive-.html

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La saga des GAFA : ils osent tout cas 2 , Amazon

Voilà encore une belle histoire qui commença comme un conte de fée moderne. On vit apparaître dès les débuts du commerce en ligne un petit site qui se proposait de mettre à disposition de tous la culture, via un catalogue de livres particulièrement bien fournis et à prix réduit. Cela augurait bien de l’avenir de ce mode de commerce et combien pouvait être vertueuse cette nouvelle façon d’amener à tous, pourvu qu’on possède un terminal et un accès à Internet, des produits jusque là réservés en général à une certaine élite [ celles et ceux qui lisent encore].

Mais très rapidement il a fallu déchanté. Le bouquin n’était pas une fin en soi mais juste un vecteur de pénétration, celui où la concurrence était alors la lus faible. Le but était bien de tout fournir de A à Z, bref d’être une entreprise tentaculaire et totalitaire, dépassant en cela les réseaux de vente par correspondance existant et les chaînes de distribution qui tenaient le haut du pavé.

Évidemment ce modèle, parfait en apparence pour le consommateur final, présente quand même quelques défauts ; pour avoir un prix bas, si vous ne mégotez pas trop sur la qualité et que vous insistez sur la qualité du service (ponctualité, rapidité, sécurité), cela suppose que certaines parties prenantes vont être pressurés, les fournisseurs sommés de fournir de la qualité au prix du toc, les salariés, soumis à des conditions de travail qu’on dit d’un autre âge, les pouvoirs publics superbement ignorés, notamment par l’évasion fiscale.

Cela a fini par irriter et touchés au portefeuille budgétaire, des dirigeants politiques ont décidé de prendre le taureau par les cornes. Ainsi, le grand argentier français en a fait une affaire personnelle de la taxation de ces sites de vente en ligne. La réponse a été arrogante https://www.ouest-france.fr/Amazon répercute la taxe Gafa sur ses vendeurs en France
Le résultat n’était pas celui attendu puisque loin de protéger les petits producteurs, cela ne faisait que les enfoncer un peu plus https://www.ouest-france.fr/« C’est foutu, on va devoir fermer » : les vendeurs en ligne s’inquiètent de la taxe Amazon

Bon, mais ça c’est du déjà vu, me direz-vous. Les centrales d’achat de la grande distribution en font déjà tout autant et les États Généraux de l’agriculture et de l’Alimentation de l’été 2018 n’ont pas changé grand chose pour les producteurs de produits agricoles et agro-alimentaires. Certes, mais il n’empêche qu’est insupportable cette forme de chantage particulier, contre un projet de taxation qui, en fin de compte, ne faisait que remettre dans le droit commun, une entreprise qui s’en était extraite : elle montre que décidément ces entreprises osent vraiment tout.

Mais vous n’avez encore rien vu.

Dans le précédent billet, je mettais en évidence le risque que pouvait présenter pour notre vie privée et notamment le secret qui doit être préservé sur notre santé, le projet d’un des géants du Net de nous connecter à tout moment via une application sanitaire. Ce risque n’est rien à côté de ce que met en place cette pieuvre polydistributive qui n’a rien d’un fleuve tranquille https://www.lesechos.fr/Docteur Alexa et Mister Amazon
Vous avez bien lu. A travers une myriade de filiale, ce groupe veut pouvoir contrôler toutes les étapes d’un parcours sanitaire. Confier à un distributeur ses choix de cadeaux de Noël ou l’équipement de sa maison est certes aliénant et individuellement on peut s’en remettre, même si globalement, cela met à mal l’équilibre des rapports économiques qui sous-tendent cette consommation sous contrôle. Par contre confier sa santé à un seul opérateur qui en outre pourra disposer des données personnelles qu’il collectera à ces occasions relève d’un autre registre. On entre dans une vision totalitaire du monde et c’est d’ailleurs celle des promoteurs de ce groupe qui, par ailleurs, à travers quelques gestes qu’on présente comme philanthropiques, se veulent les nouveaux deus ex machina du monde de demain.

Du coup, j’ai quelques inquiétudes quand je lis ceci https://www.ouest-france.fr/Pour son projet de voyage dans l’espace, Jeff Bezos revend 1,8 milliard de dollars d’actions Amazon

Le plus dramatique dans cette affaire est qu’il ne sont pas les seuls sur les rangs. Je n’ose imaginer vers quelles dérives aventureuses peuvent nous amener, ces lubies démiurgiques

En attendant, pour rester terre à terre, il se passe ceci https://www.letelegramme.fr/Le permis de construire de la plateforme Amazon de Briec accordé Le cas n’est pas unique car il existe, paraît-il une dizaine de projet du même style, ne serait-ce qu’en France. Ben oui, pour aller sur Mars, il va bien falloir générer des tonnes et des tonnes de bénéfices et l’argent il faut bien le prendre là où il est, c’est à dire dans la poche du consommateur.

Rends-toi compte, acheteur compulsif qui fait chauffer ta carte bleue à partir de ton ordi, grâce à tes achats, tu vas pouvoir te dire qu’ainsi tu contribues à la conquête de l’espace. Exaltant, non ?

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La saga des GAFA : ils osent tout, le cas Google

A travers quelques articles de presse, il s’agit ici d’essayer de décortiquer comment LES entreprises du Net ont réussi à tuer les espoirs que certains mettaient dans l’avènement des « autoroutes de l’information » comme les avaient surnommés le duo Clinton-Gore à l’orée des années 90 (autant dire la préhistoire!).

Commençons par la plus emblématique de cette galaxie et peut-être par le sujet qui fâche le moins actuellement, leurs petites filouteries fiscales. L’article qui suit ne nous apprend peut-être rien mais le petit schéma qui l’accompagne est très parlant, lisez-le https://www.lemonde.fr/Pourquoi Google n’a payé que 17 millions d’euros d’impôts en France en 2018

Ainsi, pour cette entreprise aussi, tout passe par l’Irlande, mais le billet d’hier a montré qu’avec un peu de pression bien dosée, cela pouvait payer. Donc, il suffit de mettre la barre suffisamment haut, menace d’amendes salées par exemple, pour que les choses se normalisent progressivement.

Cela dit on n’en prend pas vraiment le chemin. En effet, dans le même temps où les services de l’Union sortent deux règlements visant à mieux réguler les pratiques des opérateurs du réseau mondial, de l’autre main ils autorisent l’introduction sur le marché d’un produit pas vraiment inoffensif https://www.lefigaro.fr/L’Europe dit oui à Google pour Fitbit

Cela s’appelle deux pas en avant, un pas en arrière et surtout c’est faire une fleur à quelqu’un qui ne respecte pas vraiment les règles du jeu. En effet, un objet connecté qui collecte vos informations médicales, c’est, dans le contexte actuel, une vraie mine d’or que ce groupe ne manquera pas d’exploiter de façon éhontée.

En effet, cette entreprise si charmante avec ses yeux globuleux qui nous ont permis de faire nos premiers pas sur la Toile, a pris des tournants de plus en plus dangereux. Les derniers concernent peut-être le mariage de plus en plus poussé avec le complexe militaro-industriel qui fait déjà la pluie et le beau temps aux Etats-Unis https://korii.slate.fr/Les discrets investissements de Google dans l’industrie de la guerre Qui aurait pu imaginer cela lorsqu’il y a vingt ans on vit apparaître un moteur de recherche qui, enfin, nous permettait en deux clics ET GRATUITEMENT de trouver à peu près tout ce que l’esprit humain aurait pu chercher.

Evidemment ces rêves déçus font des aigris et à cet égard, je vous invite fortement à lire cet article au titre éloquent Google nous a-t-il trahis? J’y ai découvert des pratiques peu ragoutantes et des dérives plus qu’inquiétante.

Manifestement cela a fini par faire bouger celles et ceux qui font de l’entreprise, ce qu’elle est, les salariés https://www.letelegramme.fr/Des salariés créent un syndicat chez Google après des mois de vives tensions. Ils ont osé créer un syndicat et leurs motivations ne sont pas que la satisfaction de revendications salariales mais aussi la vigilance par rapport à ce qui fut le slogan de départ de cette ex-start-up « Ne faites pas le mal »

Ce ne sera pas du luxe compte tenu de ce qui s’y passe actuellement. Ils méritent notre soutien.

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La chute d’un « dictwitter »

Qui aurait pu croire en février 2016 qu’un milliardaire histrion, plus connu par la vulgarité et la brutalité des reality-show shows qu’il animait, par le fracas de ses faillites retentissantes à répétition, ses propos salaces sur les femmes, qui aurait pu croire dis-je qu’il puisse survivre à cette course d’obstacles que représentent les primaires américaines au sein d’un parti dont le politiquement correct était jusque là un élément constitutif de son ADN ?

Qui aurait pu croire même qu’au bout de ce marathon il soit désigné par ces puritains, conservateurs bien-pensants comme leur challenger face à une femme qui, « de toute façon », allait être élue ?

Qui aurait pu croire dans la nuit du 8 au 9 novembre 2016 que la carte électorale américaine allait progressivement passer à la couleur rouge alors que, « c’était sûr », la carte devait être majoritairement bleue ?

Après, tout était possible et même les choses les plus incroyables se sont passées pendant ces 4 années, le pire s’étant déroulé dans les derniers jours de 2020.

Mais qui aurait pu imaginer ce qui s’est passé le 6 janvier 2021, alors même qu’il l’avait annoncé ?

Pas grand monde à vrai dire.

Et pourtant….

L’Histoire contemporaine aurait dû nous éclairer sur ce qui allait se passer !

C’est par la voie électorale qu’un petit caporal, peintre raté, a conquis le pouvoir en Allemagne en 1933, après avoir passé quelques temps en prison pour un coup d’état raté (déjà) en Bavière et alors qu’il était l’objet de moquerie d’une droite bien-pensante, très politiquement correcte jusqu’à quelques mois des élections et bien que ses bandes armées aient commencé à faire peur dans certaines villes. Il faut dire qu’ensuite le ralliement de cette droite à ce ruffian ne fut pas très glorieux. Il est vrai que la résistible ascension de celui qui se révéla le pire dictateur qu’ait connu le XX° siècle européen fut largement facilité par le degré de désaveu qu’avait atteint la classe politique allemande, après quelques années de vie chaotique de la République de Weimar

Ce n’est pas par la voie électorale que l’ancien directeur du journal socialiste italien Avanti (l’équivalent en quelque de Jean Jaurès à la tête de l’Humanité à la même époque) a réussi à prendre le pouvoir en Italie en 1922 mais c’est par la voie électorale, et de justesse, qu’il a ensuite assuré son pouvoir. Il faut dire que la vision de ces masses hurlantes déferlant sur Rome au printemps ont suffi à faire défaillir une classe politique passablement déconsidérée par une fin de guerre chaotique.

Ce n’est pas en épousant la voie électorale qu’en France, une coalition hétéroclite tenta d’occuper l’Assemblé Nationale (déjà) le 6 février 1934. Cela faillit réussir tant la classe politique française et notamment les partis de droite étaient déconsidérés suite à une série de scandales et à cause de leur incapacité à faire face aux conséquences de la crise économique mondiale née aux Etats-Unis en octobre 1929. Si cette fois-ci l’épisode se termina bien par l’arrivée au pouvoir du Front Populaire deux ans après, cela n’a pas empêché la grande débâcle 4 ans plus tard et l’instauration du peu reluisant « Etat français » pétainiste.

Si nous remontions plus loin dans notre Histoire nationale, nous pourrions voir que ces épisodes où la démocratie fut en danger ne sont pas si exceptionnels que cela ; on pourrait citer le coup d’Etat de Louis-Napoléon en décembre 1852 alors qu’il était LE président en exercice (déjà) de la II° République à peine naissante et déjà moribonde. On pourrait également mentionner la pantalonnade tragique que fut le boulangisme à la fin des années 1880, où maniant (déjà!) le « en même temps » royaliste et républicain, élu avec des voix de gauche pour mieux discuter avec des personnalités de droite, un général réussit à mettre la III° République, encore jeune, en danger jusqu’à s’esquiver lâchement (lui aussi) après avoir laisser ses partisans factieux rêver d’un coup d’Etat.

Bref, comme on peut le voir, on ne manquait pourtant pas de références historiques pour anticiper sur ces dérapages actuels de la démocratie américaine.

Il y a cependant une grande différence entre ces épisodes et la situation actuelle. A ces différentes époques, le principal moyen de mobilisation des foules était la presse ; les journaux pouvaient véhiculer en quelques jours, au plus en quelques semaines des mots d’ordre, mais cela prenait quand même quelques jours, voire quelques semaines et laissait donc le temps d’éventuellement organiser la riposte. Aujourd’hui, ce n’est pas lui faire injure, mais la presse écrite n’a certainement plus la même influence. On pourrait même dire que les médias audio-visuels classiques, stations de radio et chaînes de télévision en continue, sont elles aussi en passe d’être ringardisées. Grâce aux réseaux sociaux, ce sont maintenant des centaines , voire des milliers d’émetteurs, des centaines de milliers, voire des millions de relais qui peuvent véhiculer en quelques minutes, au pire en quelques heures une quantités d’informations, par construction invérifiables. Et cela fait une grande différence.

Ce n’est pas pour rien que l’apprenti dictateur en a usé et abusé ; ce n’est pas pour rien que des dictateurs avérés auraient, paraît-il (je mets cela au conditionnel car je n’en ai pas retrouvé a trace formelle), érigé en doctrine de lutte contre la démocratie d’utiliser ces réseaux sociaux pour semer le trouble et déstabiliser les démocraties représentatives occidentales à seule fin de montrer que la démocratie socialiste ou la démoctature est le meilleur garant de l’ordre.

A suivre l’évolution d’autres dirigeants, démocratiquement élus, mais dans des pays où la démocratie n’est pas encore bien assurée (citons au hasard Turquie, Hongrie, Pologne, Ukraine, Roumanie, Tunisie), il est évident, au vu de ce qui s’est passé le 6 janvier qu’un président réélu serait rapidement devenu un dictateur aux lubies ubuesques. C’est donc une excellente nouvelle d’apprendre qu’il a été débranché des principaux réseaux sociaux qui lui assuraient jusque là de confortables canaux de propagande directe.

On peut penser donc que la résistible ascension d’un futur « dictwitter » vient de s’arrêter là, mais pour autant le mouvement qui l’a porté n’a pas disparu. Certes, le boulangisme a disparu avec le Général Boulanger, certes le bonapartisme a presque disparu avec Napoléon III, mais le fascisme n’a pas disparu avec Mussolini, ni le nazisme avec Hitler. Ils ont simplement changé de forme. De même les courants protestataires, comme par exemple le poujadisme en France ont semblé disparaître dès les premières déconvenues électorales en 1956, il n’en demeure pas moins qu’on le voit réapparaître à intervalles réguliers sous d’autres noms.

Quelles leçons peut-on tirer de tout cela ?

Première leçon, la capacité à résister à ces mouvements protestataires [je n’aime pas le nom de populisme qui fait injure au peuple, le « démos » grec] aiguillonnés par les discours démagogiques les plus éhontés est une bonne mesure de la santé démocratique d’un pays. De ce point de vue, les prochaines semaines nous en apprendront sûrement beaucoup sur l’état de santé des deux plus vieilles (si on fait exception bien sûr de l’Islande) démocraties représentatives que sont les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Deuxième leçon, nulle part, on ne doit sous-estimer la capacité de nuisance du discours démagogique visant à dire que tout ce qui a été fait avant a été nul et que demain tout ira bien lorsqu’on les aura tous virés.

Troisième leçon et celle-ci est nouvelle. Le débranchement du dictwitter apparaît comme une grande victoire démocratique et c’est atterrant. Tout d’abord, il est trop facile pour les patrons de ces réseaux de se dédouaner en vouant aux gémonies celui qui n’a pu gravir aussi que grâce à eux sans faire auparavant amende honorable pour leurs coupables indulgences à répétition. Ensuite, il apparaît dangereux pour la démocratie même de laisser au libre-arbitre de quelques-uns, à la légitimité démocratique nulle, le soin de dire le Bien ou le Mal. Enfin, cela est désolant de considérer que le débat démocratique puisse se limiter à des éructations en 120 caractères maximum ou la diffusion de montages photographiques ou de petits films mal tournés .

Du coup, j’en viens à rêver de ce que pourrait écrire un Berthold Brecht du XXI° siècle et à cet égard, je vous invite à lire ou à relire « la résistible ascension d’Arturo Ui » ou « grand’peur et liséres du III°Reich » [ces textes sont téléchargeables en PDF sur le net mais je ne peux en vertu du respect des droits des éditeurs vous en fournir le lien].

Et pour finir sur un autre ton, n’essayez pas de relayer ce message sur un réseau social qui aime les petits oiseaux ; il fait largement plus de 120 signes. Désolé !

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La saga des GAFA : dégâts à gogo chez les GAFA

Dans mon précédent billet, je laissais entendre que l’avenir n’était pas forcément tout rose pour ces nouveaux monstres qui dominent l’économie mondiale. Loin de moi l’idée de les plaindre, bien au contraire mais je veux juste montrer qu’il y a peut-être des fêlures dans leurs systèmes

J’écrivais ainsi que la pression que les États étaient en train de leur mettre finirait par payer et effectivement ça commence à payer puisqu’au moins un de ces groupes a fait un premier pas dans le sens d’une meilleure transparence fiscale https://decouverte.challenges.fr/Facebook ferme ses filiales irlandaises pour des raisons fiscales ça serait pas mal que d’autres suivent cet exemple comme nous le verrons prochainement

Il n’y a pas que les États qui leur en veulent, il y a également d’autres groupes de pression, pas forcément légaux ceux-là et pas vraiment amicaux qui tentent de les frapper là où ça risque de leur le plus mal leur sécurité https://www.lemonde.fr/Gigantesque cyberattaque aux Etats-Unis : les pirates ont vu le code interne de Microsoft Enfin quand j’écris « il n’y a pas que les États », je veux dire « officiellement, il n’y a pas que les États » puisque en réalité des soupçons commencent à se faire entendre sur l’origine de ces attaques.

Dans ce même billet, je faisais état à la fois de l’impressionnante progression technologique d’un groupe chinois et de ses déboires commerciaux dus à ses liens réels ou présumés avec l’État chinois. Mais il n’est pas le seul puisque le patron du principal concurrent du n°1 de la vente en ligne fait aussi parler de lui https://www.ouest-france.fr/monde/chine/le-milliardaire-chinois-jack-ma-fondateur-d-alibaba-com-a-disparu-depuis-le-mois-d-octobre-7107445 Certains y voit une intervention étatique liée autant à la politique intérieure de ce pays qu’à des considérations de contrôle des entreprises par l’État en question.

Ainsi dans la bataille qui est en cours entre les grands groupes de l’Internet et les États souverains, ces derniers, ouvertement ou en sous main, ont ainsi marqué quelques points, pour des bonnes ET des mauvaises raisons.

Mais cela suffira-t-il à bloquer la marche en avant des premiers nommés ? A suivre donc.

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La saga des GAFA : il y a 2 ans autant dire aujourd’hui, autant dire un siècle

Il y a deux ans exactement, on pouvait lire dans la presse ces titres,

le 3 janvier 2019 http://decouverte.challenges.fr/La fin de la poule aux oeufs d’or des iPhones d’Apple

le 4 janvier 2019 http://decouverte.challenges.fr/Google a déplacé près de 20 milliards d’euros aux Bermudes en 2017

le 4 janvier 2019 toujours https://www.androidpit.fr/Huawei punit ses employés qui ont utilisé un iPhone

Franchement, à peu de choses près, cela aurait pu être écrit hier. En effet à ce que je sache, personne ne s’est préoccupé d’aller récupérer les 20 milliards défiscalisés aux Bermudes. Apple continue à pondre des œufs en or avec ses iPhones. Huawei n’est toujours pas réputé pour la qualité de sa gestion des ressources humaines.

Et pourtant, à bien y regarder et en creusant un peu, cela donne l’impression d’être à des années lumière de ce qui se profile à l’horizon. Les GAFA, tels qu’on les nomme, sont entrés dans l’oeil du cyclone. Les Etats commencent à renacler : aux Etats-Unis, sur fond de concurrence entre grands prédateurs, des Etats commencent à lancer des procédures pour remettre un peu de moralité dans les pratiques commerciales. En Europe, la Commission mais aussi quelques Etats-Membres commencent à présenter l’addition fiscale à certains de ces groupes et cela commence à payer.

Le géant chinois n’a plus vraiment besoin de faire du protectionnisme interne puisqu’il est devenu capable de produire des téléphones aussi beaux et aussi performants. Par contre, le groupe commence à se faire du soucis quant à son développement commercial en Europe et aux Etats-Unis, sur fond de soupçon d’espionnage industriel.

Quant à Apple. Quant à eux, tout va bien merci !

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La COP 26 sera un succès, n’en doutons pas !

Normalement toutes les parties prenantes à l’accord sur le climat auraient du se retrouver dans la capitale de l’Écosse, en novembre-décembre 2020 pour acter des progrès réalisés en matière de lutte contre les dérèglements climatiques mais surtout pour enregistrer les nouvelles promesses des États d’aller encore plus loin, encore plus vite.

Hélas, plus à cause du coronavirus que du virus nationaliste qui aurait pu bloquer les ports et aéroports, cette rencontre fut annulée et reportée à la fin de l’année 2021. Finalement, ce sera peut-être un mal pour un bien si ces douze mois sont mis à profit pour peaufiner les stratégies. Du coup, le journal Le Monde a raison de titrer https://www.lemonde.fr/2021, une année cruciale pour accélérer la lutte contre le dérèglement climatique

Mais en fait que peut-on attendre de ce sommet ?

Que du bien si on lit ces informations :

https://www.ouest-france.fr/Énergies renouvelables : le Portugal, un exemple à suivre en Europe Bravo le Portugal. Voilà un petit pays qui à l’issue de la précédente crise mondiale, celle des subprimes, paraissait mal parti et n’était pas loin d’être aussi mal classé que la Grèce dans l’échelle des pays en perdition. Comme quoi rien n’est perdu. Nul doute qu’en prenant la présidence tournante de l’Union Européenne, le gouvernement portugais ait à cœur de partager avec ses 26 partenaires les recettes de cette réussite.

Cela tombe bien puisque l’Union Européenne, via la Commission a manifesté de plus grandes ambitions en la matière https://www.letemps.ch/L’Union européenne s’engage à être plus vertueuse sur le changement climatique Non seulement, les objectifs de réduction des émissions de GES, facteur-clé de la lutte contre les dérèglements climatiques, sont revus à la hausse, mais le calendrier est raccourci, ce qui donne plus de crédibilité que de vagues promesses à l’horizon du demi-siècle. Maintenant, reste à mettre tout cela en œuvre

En tout cas, cela semble une préoccupation de tous les instants. Alors que cette question n’était pas à l’ordre du jour d’une négociation particulièrement ardue, les deux parties se sont mises d’accord pour en faire un sujet de coopération renforcée https://www.energiesdelamer.eu/l’accord sur le BREXIT envisage une coopération UE-Royaume-Uni dans les énergies renouvelables et le climat

Cela tombe bien parce que de son côté le Royaume-Uni semble en faire, lui aussi, un vecteur important de sa sortie de crise https://www.france24.com/Royaume-Uni : Boris Johnson fait le pari d’une relance verte et d’ailleurs, les Britanniques sont déjà passés à l’acte, de façon symbolique https://lenergeek.com/le Royaume-Uni renonce à financer les énergies fossiles à l’étranger Il est vrai qu’en matière d’énergies renouvelables, ils ont pris des longueurs d’avance en exploitant le plus rationnellement possible les opportunités qu’offre un littoral développé. Dommage qu’ils n’en fassent pas autant avec le nucléaire et notre calamiteux EPR

Ailleurs dans le monde aussi, ça bouge notamment en Asie où le Japon encore marqué par son drame nucléaire se lance, timidement dans une reconversion de son mix énergétique https://www.energiesdelamer.eu/Le Japon a dévoilé un plan pour décarboner son économie

Mais sans conteste la plus grande surprise vient de la Chine, qui d’inauguration de centrales nucléaires en inauguration de centrales thermiques au charbon nous avait jusque là habitué au pire : https://www.lopinion.fr/La Chine se pose en leader contre le réchauffement climatique

Alors tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

Pas si sûr, à commencer par cette annonce de la Chine qu’il convient de décrypter https://www.futura-sciences.com/Que penser de l’annonce de la Chine sur la neutralité carbone ? Eh oui ! Il y a autant de diplomatie secrète, de géopolitique et de stratégie de conquête dans cette annonce que de volonté d’aller jusqu’au bout de la démarche de conversion. Manifestement pour les dirigeants chinois, cela va ressembler à la Longue Marche et comme ils disent ils vont faire un premier pas dans cette direction

Cela dit, ils ne sont pas les seuls, car si on fait un bilan de ce qui s’est passé depuis la dernière COP , on a de quoi être déçu et inquiet https://www.lemonde.fr/Moins de la moitié des Etats ont déposé de nouveaux engagements pour le climat

C’est pourquoi, en fin de compte ces douze mois supplémentaires ne seront pas de trop pour permettre aux retardataires d’améliorer leur copie, en espérant que non seulement ils auront entendu le message du Secrétaire Général de l’ONUL’ONU appelle à déclarer « l’état d’urgence climatique », cinq ans après l’accord de Paris mais qu’en plus ils en auront tirés les conséquences politiques.

Sinon, il faudra se résoudre, non pas à lutter contre les dérèglements du climat, mais bien se préparer à s’adapter aux changements que ne manqueront pas de générer ces perturbations. Et là, comme par miracle, les puissants de ce monde ont déjà un catalogue de propositions à faire https://www.novethic.fr/adaptation au changement climatique : investir 1 800 milliards de dollars et en gagner 7 000 Voilà un langage que beaucoup devraient comprendre puisque la valeur financière semble le mètre étalon de la plupart des décisions tant des politiques que des financiers.

N’en doutons pas la COP 26 sera un succès, ou à défaut la COP 27 ou bien la COP 28 etc….

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LA VALEUR DE LA VIE

Ces deux derniers jours, je vous ai surtout parlé d’argent. Mais ce n’est peut-être pas le plus important dans la vie. Ce qui est important dans la vie, c’est justement la vie et l’actualité est là pour nous le rappeler.

Bien entendu, tous les défenseurs des droits de l’homme, et en l’occurrence des droits de la femme ont accueilli comme il se doit cette bonne nouvelle https://www.france24.com/Argentine : les députés adoptent le projet de loi sur la légalisation de l’avortement

Ce pays très catholique, patrie de naissance de l’actuel pape vient de franchir le pas et reconnaître ce droit des femmes, ouvrant ainsi peut-être la voie à d’autres pays.

Par contre, une autre information est passée plus inaperçue. A l’autre bout du monde, dans cette Asie portant si longtemps nataliste, un premier pas vient d’être franchi https://www.rfi.fr/fr/Corée du Sud: l’avortement n’est plus criminel Certes l’avortement n’est plus interdit mais il n’est pas encore autorisé pour autant. Cela reste quand même une belle avancée pour des dizaines de milliers de Coréennes qui chaque année jouaient un peu à la roulette russe avec leur corps, à leur corps défendant.

Totalement passée inaperçue, par contre cette autre information https://www.ouest-france.fr/Le Kazakhstan abolit la peine de mort . Dans un pays qui pourtant ne se caractérisent pas par sa qualité démocratique, c’est un fait notable, alors qu’ailleurs dans la plus grande démocratie du monde[on en vient parfois à en douter depuis le 3 novembre 2020], un président déchu peut toujours accélérer la mise à mort de justiciables, uniquement parce qu’il dispose d’un droit de grâce, donc de vie ou de mort.

Mais me diront les opposants à l’avortement libre (et gratuit) et les partisans de la peine de mort, vous êtes incohérents : d’un côté au nom du droit à la vie, vous empêchez qu’on débarrasse la société d’êtres nuisibles [forcément nuisibles, puisque condamnés par la justice des hommes] et dans le même temps vous permettez qu’on mette fin prématurément à des embryons de vie, par définition innocents.

Voilà une question qui est intéressante et qui mérite qu’on s’y arrête un instant.

Commençons par renvoyer à ces censeurs, le compliment d’incohérence ; comment peut-on justifier d’un côté d’interrompre volontairement la vie de quelqu’un [ et toute vie est sacrée] au seul motif que quelques hommes ont jugé utiles de les mettre à l’écart de la société et d’autre part de revendiquer la protection de ce qui n’est encore qu’un assemblage de molécules alors que sa venue n’est pas forcément souhaitée, et parfois le fruit d’une violence extrême ?

Cette question nous renvoie bien évidemment à la valeur qu’on accorde à la vie. Toute vie est sacrée, ai-je écrit en aparté. Je le répète, celle du plus grand saint comme celle du pire salaud. Dès lors nul ne peut s’arroger le droit d’y mettre fin au seul motif que l’existence de certains (les pires salauds, pas les autres) met en péril le fonctionnement harmonieux de la société. Il existe d’autres moyens de les soustraire à la vie sociale.

Du coup se poserait aussi la question de l’interruption d’une vie avant la naissance. Et ceci pose une question métaphysique : quand commence la vie ? Est-ce au premier vagissement ? Est-ce au premier battement du cœur dans l’utérus ? Est-ce au moment de la fécondation ? Est-ce encore plus tôt[ je passe!] ? Je laisse la question ouverte au théologiens de tout poil. La réponse est affaire de conscience personnelle. J’y apporte ma réponse propre et elle me suffit car elle me permet d’être parfaitement cohérent au deux bouts de la vie.

Par contre, je plains ceux qui, ayant suivi leurs théologiens préférés, considèrent que l’embryon EST déjà la vie dès le premier jour de la fécondation, car par ailleurs, ils devront aussi se poser la question de la peine de mort. Sont cohérents alors ceux qui s’y opposent aussi et en cela je les respecte même si je ne suis pas d’accord avec eux, pour d’autres raisons qui tiennent notamment au respect des droits de la femme. Quant aux autres, les « pro-vie » comme ils s’appellent eux-mêmes qui prônent par ailleurs l’application de la peine de mort et qui de surcroît, aux Etats-Unis par exemple, revendiquent le port d’armes, pour se défendre et éventuellement tuer, je les laisse à leur obscurantisme.

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La valeur de l’argent

Hier, je vous avais promis, dans un aparté, que j’explorerai d’autres pistes pour trouver de l’argent afin de réduire les déficits publics. Même si nous sommes en pleine trêve des confiseurs, qui est surtout la trêve des marchés financiers, il n’a pas été trop dur de trouver des exemples dans l’actualité. J’en ai retenu deux qui me paraissent emblématiques de ces flots d’argent clandestins pourtant si importants.

Le premier concerne ce qui est peut-être le plus beau montage en matière de spéculation à vide mais aussi de dissimulation monétaire, le bitcoin. C’est à sa façon un bon indicateur de l’état de la planète financière. Quand tout va bien, il plonge, quand tout va mal, il apparaît comme une valeur refuge, rôle que ne joue plus l’or. Or, ce bitcoin qui était tombé dans les abysses en fin 2019 a fini l’année 2020 en fanfare https://www.ouest-france.fr/Le bitcoin dépasse les 30 000 dollars pour la première fois de son histoire

Voilà de l’argent parfaitement stérilisé et dissimulé [allez recherché de l’argent dans une monnaie virtuelle!] qui se trouve là soit parce qu’il a peur de se placer dans une économie dont il craint les soubresauts, soit parce que cette économie encore atone ne lui offre pas d’opportunité suffisante.

Le deuxième exemple est encore plus parlant. Les parlementaires américains, contre l’avis de leur futur ex-président ont décidé de faire un effort sans précédent pour leur défense nationale[la peur de la Chine?] mais cet effort, était difficile à financer compte tenu d’une part du niveau très élevé de l’endettement public fédéral et d’autre part de l’autre grand programme voté jute avant pour sauver des millions de citoyens de la grande pauvreté. Qu’à cela ne tienne. Les lanceurs d’alerte avaient donné des pistes, les journalistes, notamment à travers le volumineux dossier dit des « panama papers », avaient mis en lumière les circuits. Il suffisait de les débrancher. C’est ce que les parlementaires ont fait en introduisant dans la le projet de loi sur la défense une règle de transparence sur les sociétés écrans https://www.lemonde.fr/Les Etats-Unis mettent fin à un important canal d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent

Finalement, vu comme ça, c’est facile la lutte contre l’évasion fiscale. Il suffit d’un peu de courage politique. Accessoirement, on comprend mieux le veto qu’avait tenté d’imposer l’occupant devenu précaire de la Maison-Blanche. Ce n’était finalement pas un réaction caractérielle d’un mauvais perdant boudeur ; c’était peut-être une tentative d’un milliardaire affairiste de protéger les petits montages qui lui garantissaient l’inviolabilité fiscale.

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L’État actionnaire, cela devient un feuilleton passionnant !

Il y a moins d’un mois, je vous faisais part du dividende que l’État avait exigé de sa centrale d’achat, une manifestation entre autres de l’absurdité des circuits financiers de l’État. Et voilà que Bercy récidive, faisant fi de la demande pressante du grand patron de Bercy qui suppliait, au printemps dernier, les patrons des entreprises françaises de faire preuve de solidarité dans ces temps difficiles en privant leurs actionnaires de leur bonus annuel https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042754757 Arrêté du 28 décembre 2020 fixant le montant du dividende sur le résultat de l’Institut national de la propriété industrielle versé à l’état au titre de l’exercice 2019

Certes, cette fois-ci, ce n’est pas un pseudopode de l’administration qui a fait des excédents mais un Institut indépendant dont les missions sont définies ici https://www.data.gouv.fr/fr/organizations/institut-national-de-la-propriete-industrielle-inpi/
Certes, il est bien précisé que cet établissement est autofinancé et il est donc normal qu’il puisse faire des excédents. Il n’empêche que l’essentiel de ces missions sont de service public et c’est bien une exception qu’un service public fasse des bénéfices.

Mais il est un peu surprenant que l’État s’enrichisse sur la protection de la propriété intellectuelle dans un domaine où la compétition mondiale bat son plein. Ce n’est peut-être pas la meilleure façon de soutenir l’innovation, et notamment dans les petites entreprises débutantes, aux moyens limités que de prélever sur leur dos une redevance dont le montant dépasse les coûts de fonction du service public ainsi rendu. Et quand bien même les aléas de la gestion permettent de dégager un excédent, il pourrait être de bonne gestion soit de conserver ces excédents pour parer à des périodes moins fastes, soit pour faciliter l’accès aux brevets aux PME qu’on appelle start-up en leur accordant une ristourne, soit encore pour développer de nouveaux services allant dans le même sens de la promotion de l’innovation.

Mais l’État a besoin de sous, désespérément besoin de sous car l’intervention de l’État » quoi qu’il en coûte », a effectivement un coût et si on peut en financer une partie, pourquoi se gêner ; on prend l’argent où il y en a [Notez qu’il y a d’autres sources d’argent qui pourraient être sollicitées mais ceci est une autre histoire que je narrerai demain]. Et dans ce domaine, le budget ne connaît pas d’autre logique que les recettes DOIVENT couvrir les dépenses.

D’ailleurs si vous avez eu la curiosité d’ouvrir le lien pour découvrir le contenu de cet arrêté [si vous ne l’avez pas fait, je ne vous en voudrais pas car ce n’est pas un exercice naturel], vous aurez remarquer que le ministre qui dirige Bercy s’est fait remplacer par un directeur pour exiger cette dîme de l’INPI, alors que son collaborateur, le ministre plus directement en charge du Budget s’est contenté de le demander à un simple sous-directeur. C’est dire le pouvoir de la direction du Budget.

Attendons le prochain épisode de cette saga de l’État actionnaire, elle nous réserve sûrement encore des surprises, des raisons de nous mettre en rogne ou de franchement rigoler, si tant est qu’on puisse rire avec l’argent public.

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Mieux vaut en rire -rubrique décidément inépuisable- n°215 : dis moi qui tu aimes et je te dirai qui tu es.

La fin d’année est propice à ce type de sondages qui visent à mesurer l’amour des peuples pour leurs « people ». Naturellement la dernière quinzaine de 2020 n’a pas échappé à la règle mais les résultats sont parfois surprenants et révèlent une partie de la personnalité collective d’un peuple.

Première surprise, ce sondage qui vise à définir qui les Américains admirent le plus, https://www.huffingtonpost.fr/Trump détrône Obama comme homme le plus admiré des États-UnisOui, vous avez bien lu, l’espèce de dictateur en puissance qu’ils ont chassé du pouvoir à temps avant qu’il ne balance dans ses délires tyranniques est l’homme le plus ADMIRÉ des Etats-Unis. Mais que peuvent-ils bien admiré dans ce monstre ? Sa capacité à ne pas gracier des personnes condamnées à mort ? Sa capacité à gracier ses petits copains coupables de crimes de sang, de crimes contre l’Etat ou de malversations financières  et ainsi à braver la justice rendue? Son incapacité à reconnaître la réalité et n’y voir qu’un mirage parce que cela le dérange? Mais dites-moi, auparavant, pourquoi admiraient-ils son prédécesseur ? Pour son incapacité à passer des paroles aux actes, notamment en matière de paix dans le monde[ un prix Nobel a priori cela oblige pourtant] ? Pour sa capacité à voler plus vite au secours des banques en déroute en 2008 qu’au secours des plus défavorisés ? Et que cela ait duré encore trois ans après la fin de son mandat interroge d’une autre façon. Etait-il admiré parce que son successeur était détesté ? Même pas. Cela en dit long sur l’image que les Américains du modèle d’homme rêvent d’imiter. Aucun chef d’entreprise, aucun artiste, aucun acteur de la société civile (les gens engagés dans le quotidien des autres.

Ce n’est pas le cas ailleurs. Prenez le cas de la France où là aussi, le palmarès des bien-aimés existent aussi https://www.lejdd.fr/Top 50 du JDD : Goldman et Marceau restent les personnalités préférées des Français, mais il y a des surprises
Voilà, vous êtes fixés, les Français aiment les artistes, les saltimbanques, mais pas les personnalités politiques, pas les chefs d’entreprises, pas les acteurs de la société civile, ni même les scientifiques. Certes, ici on ne parle pas d’admiration mais de préférence. Il n’empêche, cela en dit aussi long sur le modèle de femmes et d’hommes que nos compatriotes aiment bien.

Quand je vous disais « dites-moi qui vous aimez et je vous dirai qui vous êtes. » cela est vrai, la France est aussi le pays de l’exception culturelle et les Etats-Unis, le pays où la National Rifle Association reste une organisation suffisamment puissante pour empêcher toute législation restrictive sur l’achat et le port d’armes de mort.

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petites réflexions sur le temps et le mouvement.

Hier, ou bin est-ce avant-hier, je ne m’en souviens plus bien, il s’est passé quelque chose de bizarre dans la course autour du monde, à la voile, en solitaire et sans assistance, plus connue sous le nom de « Vendée Globe ». Pendant quelques heures les vingt derniers étaient déjà en 2021 alors que les 5 premiers étaient encore en 2020, les deux restant ne savaient pas très bien « quand » ils étaient. Ce sont les charmes du fuseau horaire. Ainsi se trouvait accompli cette parole d’Evangiles « les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers. »

Puisque j’en suis aux réflexions autour du monde, je me rappelle cette saillie de madame Lagarde, alors Directrice du FMI : » Souvenez-vous quand même qu’une révolution, c’est 360°. » On n’a pas donné meilleure définition de l’immobilisme dans le mouvement.

En cadeau cette belle chanson de Pete Seeger : https://www.youtube.com/watch?v=GbPl91kTFro&ab_channel=jubrukeat Turn Turn Turn – sings young Pete Seeger

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Quelques vœux pour commencer l’année 2021

Je commencerai mes vœux en remerciant à ma façon ces nombreuses associations qui depuis la mi-décembre n’ont pas arrêté de me vouloir du bien en faisant le leur. Je m’explique ; à la fin c’est irritant de voir s’afficher des messages sur le même modèle « plus que 48 heures, J-2, encore deux jours, avant de profiter de dons défiscalisés » et autres billevesées de la même farine. Que mon banquier m’envoie ce message, rien de plus normal car il fait son job et cela correspond à son logiciel. Mais qu’un journal économique qui régulièrement étrille dans ses colonnes, l’évasion fiscale, les paradis fiscaux et les niches fiscales, qu’une ONG dont les combats écologiques incontestables l’ont amené à dénoncer ces groupes qui échappent à l’impôt, que telle autre ONG engagée dans la lutte contre la pauvreté dans le monde et les riches là où ils sont, qu’une association dont la raison d’être est de dénoncer la corruption et les arrangements fiscaux, bref que ces organisations parfaitement honorables et dont je partage à 100% les objectifs s’abaissent à ce genre de racolage digne des plus ringards collecteurs d’épargne, m’irrite au plus au point. Et ce ne sont pas quelques cas isolés. Dans les 3 derniers jours de 2020, le rythme a été d’une quinzaine d’appel au don défiscalisé par jour, certains me relançant tous les jours.

Donc mon premier vœux serait que toutes les organisations qui ne se reconnaissent pas dans les valeurs du capitalisme et du libéralisme économique renoncent à ce genre de racolage. On donne à une ONG, on finance un journal, on adhère à une association parce qu’on croit que ce qu’elle font est juste et non pas pour réduire ses impôts. Ne confondez pas la cause et la conséquence.

Du coup, mon second vœu sera que les pouvoirs publics reconnaissent que ces organisations œuvrent pour le bien commun et rémunère à sa juste valeur ces services rendus à la communauté au lieu de considérer que ces subventions sont une variable d’ajustement budgétaire.

Evidemment, mon troisième vœu sera plus utopiste. Que ces organisations n’aient plus de raison d’être. Cela voudrait dire que l’économie fonctionnerait au service des humains et non l’inverse, que la nature n’aurait plus besoin d’être protégée, que les générations futures n’auraient plus à craindre pour leur présent, que la corruption aurait disparu du monde des affaires et des cénacles politiques, que les inégalités entre pays riches et pays pauvres auraient disparu, qu’il n’y aurait plus de pauvres en France, que la laïcité n’aurait plus besoin d’être défendue, et j’en oublie.

Mais comme mon dernier vœu est utopique et que le second reste hautement hypothétique, j’ai bien peur que mon premier vœu ne puisse pas non plus être exaucé.

Mais pour que ce monde soit un peu meilleur en 2021 qu’en 2020, n’hésitez pas dès début janvier à les aider, ce n’est jamais trop tard, ce n’est jamais le dernier moment. En faisant cela, peut-être que vous aiderez mon troisième vœu à se réaliser un peu.

Et cerise sur le gâteau, en fin d’année 2021, vous recevrez un petit papier, un « reçu fiscal » ils s’appellent ça paraît-il. Ce seront un peu vos étrennes 2021.

Meilleure année 2021 donc, à vous et à vos ONG préférées !

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Nouvel an chinois : les soldes auront déjà commencé!

Pré-scriptum : si le ton de ce billet vous surprend un peu, c’est que dans un premier temps je l’avais écrit en prévision du nouvel an chinois car je pensais qu’à cet date l’accord serait peut-être scellé. Manifestement la présidence allemande était pressée d’engager, même pour le principe, l’Union dans un accord avant de passer le relais à la présidence française. Du coup, ce que je pensais être des étrennes à la chinoise devient pour la Chine des étrennes tout court.

Ce 12 février 2021, c’est le nouvel an chinois qui commencera l’année du buffle. Rappelez-vous, il y a un an, l’année du rat venait de démarrer le 25 janvier 2020 et tout le monde craignait, ou s’en réjouissait en douce, la dégringolade de l’économie chinoise tellement le freinage avait été brutal en décembre 2019/janvier 2020 pour bloquer la diffusion du virus qui venait juste d’être baptisé COVID 19.

Fausse frayeur mais vraie source d’em…bêtement pour les autres, cette épidémie chinoise est devenue une pandémie mondiale. Mais pour autant qu’on sache, les choses ne semblent pas aller trop mal pour les Chinois. Ils peuvent même se permettre de faire des concessions et d’accepter de signer un accord auquel ils se refusaient jusque là https://www.lefigaro.fr/Accord inattendu sur l’ouverture des marchés entre la Chine et l’Europe Quelle belle ouverture en effet sur le papier que de faciliter l’investissement étranger sur le marché chinois et notamment renforcer la protection de ces intérêts. Il faut dire que, compte tenu des clauses léonines qu’imposaient les autorités chinoises, ce n’était pas du luxe.

Et de plus, cela rétablirait un peu l’équilibre car dans l’autre sens, c’est à dire les investissements chinois en Europe, cela ressemble plus à une opération « table ouverte » au point qu’en juin 2020 la Commission a mis en route un programme de protection de son marché intérieur, la plus grande passoire financière mondiale, parait-il : https://www.lefigaro.fr/L’UE veut protéger son marché des appétits chinois Cela semble une initiative bienvenue, mais sans lendemain si cet accord va à son terme [Notons toutefois que le contenu de cet accord est encore secret à ce jour]

En effet, ce dernier risque d’être un marché de dupes . Tout d’abord parce qu’il ne s’agit que d’un accord de principe https://www.lemonde.fr/La Chine et l’Union européenne concluent un « accord de principe » sur les investissements et qu’en matière de respect des principes, les autorités chinoises nous ont habitué au pire surtout que parmi ces principes, il y a le respect de règles sociales minimales. https://www.letelegramme.fr/Travail forcé : Pékin « s’engage à œuvrer à la ratification » des conventions internationales. Ceci concerne au premier chef la minorités Ouïghours ce qui indique la portée réelle des engagements chinois.
En second lieu, parce que cet accord a priori réciproque concerne des protagonistes inégaux et sur ce point, ne nous faisons pas d’illusion. Actuellement, ce ne sont pas les entreprises européennes qui ont les capacités d’investir en Chine ; elles n’en ont peut-être plus la trésorerie. Ce serait plutôt les entreprises chinoises qui auraient de l’appétit pour ces entreprises dont certaines sont devenues très fragiles. C’est du moins ce que nous dit le nouveau Commissaire au Plan https://www.lefigaro.fr/L’industrie française est dans une «situation critique», avertit François Bayrou

Mais la France n’est pas la seule dans ce cas ; tous les pays européens traînent comme des boulets des entreprises exsangues qui ne demandent pas mieux que de trouver un repreneur. Or, justement, à propos de repreneurs, un des plus grands cabinets de consultants, ceux qui en général sentent le vent avant les autres, a concocté un petit programme d’aide au mariage d’entreprises plein d’opportunisme https://www.lefigaro.fr/KPMG lance une appli de rencontres entre entreprises et repreneurs
Du coup, imaginez un instant que ce cabinet propose cette appli à des investisseurs chinois et que ceux-ci se sentent autorisés, du fait de la bonne qualité affichée des relations commerciales et financières entre la Chine et l’Europe, à venir faire leur emplette en Europe, cela va être une véritable razzia sur les grands blessés de l’industrie européenne , un peu comme dans une grande surface, un premier jour de solde.

Bonne année, les buffles ! Ce n’est pas la crise pour tout le monde.

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