Avertissement à mes lecteurs

Vous avez dû constater que, depuis quelques temps, un nombre de plus en plus envahissant de publicités ou de publications inopportunes encombrent mon blog. C’est un fait indépendant de ma volonté dont je ne tire aucun profit. C’est sans conteste possible la solution trouvée par WordPress, qui m’héberge, pour rendre viable son service. Certaines de ces publicités sont particulièrement déplaisante et sachez que j’en suis désolé.

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L’ESS est un projet politique alternatif…ou une opportunité marketing

Il n’y a pas un grand raout des acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire sans qu’on y rappelle à cor et à cri que ce secteur EST une véritable alternative au modèle économique dominant.

Ainsi au niveau régional, on aimera rappeler que les entreprises de l’ESS sont à la pointe en ce qui concerne les transitions écologiques, économiques et sociales https://www.bleu-tomate.fr/L’Economie Sociale et Solidaire vise les transitions avec naturellement moult exemples à la clé. Mais ceci n’est pas nouveau. Depuis que l’Economie Sociale est devenue aussi « Solidaire, » cela fait partie du rituel des grands messes des CRESS.
Par contre ce qui est plus nouveau est que ce rituel se répète, amplifié, aux échelons géographiques supérieurs. Le plus surprenant est ce qui s’est passé il y a peu au niveau européen https://www.alternatives-economiques.fr/Une autre économie, pour une autre Europe ?où jusqu’à présent les tenants d’une ESS à la mode française avaient du mal à se faire entendre des autres pays dont les logiciels n’étaient pas naturellement adaptés à ce schéma.

Il n’est pas jusqu’aux instances de l’ONU qui soient atteintes par cette contagion alternative https://www.alternatives-economiques.fr/Un événement historique pour l’ESS. Que cela vienne de l’OIT n’est pas surprenant compte tenu du poids qu’y jouent les syndicats et quand on connaît le rôle des syndicats dans l’émergence de l’Economie Sociale en France, il y a là une filiation évidente. Cela dit, il était peut-être bon de rappeler dans cette enceinte que le modèle coopératif avait des vertus réellement émancipatrices, parce que chez nous, certains, les agriculteurs auraient pu commencer à en douter.

De là à en faire un projet politique à part entièrehttps://www.alternatives-economiques.fr/L’économie sociale et solidaire : un projet pour la République , voilà un pas que certains ont franchi allègrement quitte, parfois, à tordre la réalité du fonctionnement pour la faire rentrer dans le moule idéologique qui a leur préférence Planification écologique et économie sociale et solidaire. En effet, la nature autonome et fedérative des entreprises de l’ESS se prête mal au processus planificateur. On a vu en effet ce que cela donnait lorsque, dans la Yougoslavie de Tito, on venait plaquer un modèle planificateur sur un modèle autogestionnaire. Ou alors, il faut que la planification soit ascendante et non descendante. Or, jusqu’à présent, on n’a pas encore trouver la martingale qui puisse garantir un processus démocratique de décision du bas vers le haut. Peut-être que les moyens moderne d’échanges instantanés, bien encadrés, pourraient y contribuer.

Il ressort de tout ceci quand même, que les acteurs conscients de l’ESS ont bien en tête un projet alternatif mais que celui-ci a bien du mal à émerger, en dehors, des petites sphères où le modèle dominant entend le confiner.

Mais depuis quelques temps, certains, plus astucieux que la majorité de leurs congénères du modèle capitaliste, ont inventé de nouveaux concepts qui permettent de noyer les principes fondateurs de l’ESS, qui SONT son projet politique, dans un ensemble plutôt fumeux dont le but est de faire croire qu’une boisson gazeuse inoffensive peut-être une bière forte dès lors qu’on lui donne un nom de bière. Je veux parler ici des entreprises à mission.

Du coup, on comprend mal pourquoi tant de mastodontes de l’ESS se lancent à corps perdu dans cette aventure. Certaines y mettent même des moyens https://www.miroirsocial.com/Entreprise à mission : le comité de suivi mis en place au Crédit Mutuel livre son premier rapport, preuve que leur démarche est vraisemblablement sincère. Mais pourquoi utiliser cet artifice, alors que les objectifs que cette entreprises s’assignent ne sont, déjà, ni plus ni moins que les composantes de leur ADN. Peut-être, certains dirigeants ont-ils sentis que leur entreprise était en train de dériver. Peut-être ont-ils pensé aussi que cela pouvait devenir un bon argument marketing, comme « l’entreprise qui appartient à ses clients », vis-à-vis d’une clientèle de plus en plus sensible aux arguments d’égalité, d’équité et de sobriété. Faisant cela, se rendent-ils compte qu’ils cautionnent le discours des petits astucieux dont je parlais plus haut, en laissant croire, par assimilation, que toutes les entreprises à mission participent de l’économie sociale, ce qui est loin d’être démontré.

Et surtout, cela permet à des initiatives purement marketing de se parer d’emblée de la toge virginale de l’intérêt commun https://toulouse.latribune.fr/Le Drive tout nu lève 5 millions d’euros pour déployer son concept dans toute la France, là où il n’y a qu’un bon coup commercial. Vu comme cela, la frontière entre l’opportunisme commercial et le projet politique alternatif devient soudain très floue.

Et puis, il y a les contingences quotidiennes qui parfois obscurcissent l’esprit des dirigeants des entreprises de l’ESS. C’est un peu indécent de plaider sa spécificité en tendant la sébile https://www.boursorama.com/« Il y a urgence » : l’économie sociale et solidaire appelle le gouvernement à prendre en compte leur « spécificité » quand par ailleurs les mêmes vantent la résilience de leur modèle fondé sur la solidarité des acteurs et la prévoyance qui les OBLIGENT à constituer des réserves avec TOUS les excédents qu’elles ont pu accumuler depuis leur création.

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La fable express du dimanche soir n° 45 : les déserts médicaux

Dans cette petite bourgade, il y avait encore un notaire à l’ancienne, aimant son confort et un brin de luxe discret. Ainsi, dans son étude, il avait pour poser son séant une magnifique œuvre de maroquinerie, un coussin en cuir mais d’un cuir très fin et très doux.

Son sous-cul, comme on dit chez le vulgaire du voisinage, il y tenait même si, à force d’y poser ses éminences postérieurs, celui-ci avait pris l’aspect d’une vieille peau tanée.

Il lui prit donc la fantaisie de lui redonner un peu de jeunesse en l’agrémentant de broderies et piqures ornementales. Las, il était à la campagne et dans sa modeste commune, il n’y avait plus ni curé, ni bedeau, ce qui n’était pas pour lui déplaire, en bon voltairien qu’il était. Mais il n’y avait plus non plus, ni médecin, ni même infirmière diplômée d’Etat.

Le voilà donc dans l’embarras. En effet , seuls les membres du corps médical ou paramédical sont autorisés à faire des piqures de sous-cul tané.

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Mieux vaut en rire -rubrique décidément inépuisable- n°277 : manger devient compliqué !

Les médias nous rebattent les oreilles avec cette information : la moitié du monde est menacée de mourir de faim. Compte tenu de l’importance des récoltes dans l’Ukraine d’avant-guerre, je ne sais pas si cette information est totalement fondée.

Mais toujours est-il que, nous, dans les pays où la famine généralisée ne menace pas, avons des sujets de préoccupation bien anodins en comparaison.

Comme presque tous les ans, l’approche de l’été se manifeste par l’apparition d’un nouveau régime miracle. Celui-ci est particulièrement paradoxal https://www.euractiv.fr/Manger gras contribue à la perte de graisse, selon une étude sur le régime alimentaire. En effet, il est contre-intuitif de penser que plus on mange gras, plus on perd de graisse. Bien entendu, je caricature un peu les résultats de l’étude mais l’idée est là : abandonnez vos (nouvelles) habitudes de boulghour, quinoa et autres céréales exotiques et jetez vous sur les avocats, les salades gorgées d’huile, les fromages et autres laitages. Rappelez-vous toutefois que nous risquons la pénurie d’huile de tournesol et que certains médias nous ont prédit une pénurie de beurre. En tout cas, bon appétit et rendez-vous à la fin de l’été sur la balance !

Je n’ai peut-être pas bien lu les préconisations du régime tout gras mais était-il question de steacks frites dans le bon mix alimentaire? Si tel est le cas, les vegans vont réagir. Mais hélas pour eux, ils ne pourront plus proposer en alternative un « steack vegan ». En effet, un décret récent vient de mettre le holà à cette pratique mystificatrice qui visait à affubler de noms carnassiers des produits intégralement issus du monde végétalhttps://www.lemonde.fr/Les produits végétaux ne pourront plus être étiquetés avec des noms liés à la viande. Finis donc les steacks de soja ou les plus aléatoires « faux gras » de Noël. Il va falloir que le as du marketing de ce marché de niche se creusent sérieusement le cerveau pour trouver des noms suffisamment appétissants pour attirer le chaland végan ou végétarien dont le cerveau reptilien salive encore quand il lit « jambon à l’os ».

Et pour être sûr que les appellations sont bien verrouillées, les technocrates du ministère de l’agriculture ont établi une liste de plusieurs centaines de spécialités carnées dont le nom ne pourra plus être détourné dès lors que la dose infinitésimale de protéines d’origine végétale sera dépassée. Pour le coup, on se demande qui est le plus ridicule, celui qui a pu penser qu’une entreprise agro-alimentaire serait assez stupide pour proposer une ventrèche végan on une épaule de porc végétarienne, ou bien l’entreprise agro-alimentaire qui aurait déjà eu une telle velléité. Je ne parle même pas du consommateur qui irait l’acheter. Notez toutefois qu’il existe des cas limites : fallait-il interdire l’appellation « noix sèche » ou « persillé » dès lors que la « teneur maximale de protéines végétales(exprimée en extrait sec) » sera supérieure à 0,5% dans la mesure où dans le langage courant, une noix c’est quand même 100% végétal (sauf l’asticot) et que persillé renvoie à une plante également.

Je dois dire que j’attends avec une grande impatience le feu d’artifice de créativité délirante des as du marketing dans les rayons vegan de mon hyper-marché

PS : pour ceux que cela intéresse voici le lien avec le décret en question https://www.legifrance.gouv.fr/Décret n° 2022-947 du 29 juin 2022 relatif à l’utilisation de certaines dénominations employées pour désigner des denrées comportant des protéines végétales. La lecture en est joyeuse et roborative….. quoiqu’un peu indigeste à force.

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Docteur Manu et Mister Macron.

Il a promis qu’il avait changé, qu’il changerait de méthode, mais une chose n’a pas changé, il continue à croire aux vertus du « en même temps ». Je crois qu’il est inutile à ce stade que je précise qui j’entends par ce « il » omniprésent.

J’ai déjà eu l’occasion à maintes reprises de montrer qu’en fait de Jupiter tonnant, c’est plutôt Janus bifrons que nous avons. Appelons cela par gentillesse « ambivalence » pour ne pas dire « ambiguïté ».

Ainsi, reprenant le discours entraînant qu’il eut à Brest lors du premier One Ocean Sumit, il a pris de court tous les observateurs en déclarant ceci https://www.ouest-france.fr/Protection des océans. Macron veut « mettre fin à l’exploitation minière en eaux profondes »

Cela rappelle cette belle envolée lyrique du précédent quinquennat quand il lança à la face du monde son emphatique cri « Make our planet great again ! ». On sait ce qu’il en advint ensuite.

D’ailleurs, rendant compte du même événement le journal Le Monde se montre un peu plus circonspect, voire critique de la méthode https://www.lemonde.fr/Emmanuel Macron se prononce contre l’exploitation des grands fonds océaniques.

Et il y a de quoi, car de façon générale, les discours ne résistent jamais à l’épreuve des faits. Or les faits sont beaucoup plus mitigés https://www.novethic.fr/OCÉANS : LA FRANCE EST-ELLE VRAIMENT LA CHAMPIONNE DE LA PROTECTION DES AIRES MARINES ?. La France n’est pas vraiment le bon élève des classes de mer. Mais cela on s’en doutait un peu.

Je l’ai déjà dit mais je le répète : en public, il y a Manu, le gentil, celui dont le cœur penche du côté généreux des vrais progressistes. Et puis dans le secret de son bureau, de retour aux affaires entouré de ses conseillers et de ses visiteurs du soir, il y Macron, le technocrate dont la raison froide dicte des choix ou plutôt des absences de choix très conservatrices.

Du coup, le résultat est ce qu’il est https://www.lesechos.fr/Climat : la réponse de la France au réchauffement « progresse » mais « reste insuffisante ». Or, la situation est telle que le temps n’est plus aux petites avancées ou aux légères inflexions mais plutôt aux grands bonds en avant ou aux bifurcations.

Manu, essaies de convaincre Macron !

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Les profiteurs de guerre.

En stigmatisant sans les nommer un certain nombre d’entreprises, françaises notamment, le Président de la République a peut-être réussi un joli effet de manches mais il a aussi provoqué des réactions virulentes de vertus outragées dans leur engagement citoyen.

Ainsi celui qui fut un patron emblématique des entreprises françaises de production d’énergie se fend d’un billet au vitriol sur le site Atlantico, qui n’est pas habituellement ma tasse de thé https://atlantico.fr/Les profiteurs de guerre du marché de l’énergie sont-ils vraiment là où les voit Emmanuel Macron ?.

Ce qu’il dit concernant l’effet boomerang des sanctions prises par les alliés de l’OTAN n’est pas dénué de fondement. Et dans ce domaine, aussi bien la Russie qui vend plus cher son gaz, que les Etats-Unis qui nous fourguent leur gaz de schiste profitent bien de notre vulnérabilité actuelle. Ce sont donc les premiers profiteurs de guerre. Paradoxal, non ? Pas tant que ça.

Ce que dit également Le Floch-Prigent sur les effets dévastateurs de la dérégulation du commerce de l’énergie est parfaitement bien vu qu’il s’agisse du renchérissement global des coûts né de la création d’un nouvel intermédiaire parasite ou de la rente versée par EDF à ces parasites via le dispositif ARENH. Il est paradoxal que les principaux profiteurs de ce nouveau système, Totalenergies et Engie soient toutes les deux les descendantes en ligne directe d’entreprises qu’il dirigea naguère, ELF et GDF.

Du coup, certains dans le champ anti-étatique ont vu aussi parmi les profiteurs évidents de cette situation de guerre, l’Etat lui-même dans la mesure où il est celui qui ponctionne le plus. Les chiffres sont là pour le confirmer, sauf que dans la période récente le propos n’est plus tout à fait aussi juste que cela https://www.la-croix.com/Prix du carburant : l’État va reverser plus qu’il ne gagne en taxes.

Il n’empêche que ce niveau de prélèvement continue à poser problème. Il en posera même encore plus dans quelques années lorsque la décision prise récemment au Conseil Européen entrera dans les faits. En effet, la suppression des véhicules moteur thermique sonne le glas de la TICPE. Mais nul doute que les têtes pensantes de Bercy vont trouver une parade. Je crains que le prix de l’électricité, à laquelle nous serions alors complètement accro, sera grevé d’une taxe coquette.

Mais en faisant ainsi le tour des « profiteurs de guerre », j’ai l’impression d’en oublier quelques uns. Du coup pour me rafraîchir la mémoire, je suis allé voir ce que j’avais écrit sur la question, il y a quelques temps. Or ce que « quelques temps », c’était pour ainsi dire hier puisque en novembre 2021 j’écrivais ceci Prix des hydrocarbures, de qui se moque-t-on ?. Vous noterez que Poutine n’était pas encore totalement diabolisé, juste présenté comme un habile manipulateur, que la guerre n’était pas la cause de nos malheur et donc qu’il n’y avait pas encore de « profiteurs de guerre », juste des profiteurs.

Or parmi ceux-ci, il y en a dont on ne parle presque jamais, justement parce qu’ils sont discrets, les spéculateurs à la marge, ceux par qui tout se déclenche. En effet, un hausse brutale du marché ponctuel des hydrocarbures ne modifie en rien les contrats à long terme mais donne une occasion à tout le monde de donner un « petit coup de pouce » au prix. C’est encore pire quand le prix réglementé est calculé sur le prix moyen constaté sur ces marchés spots puisque là on a une norme totalement manipulable par les spéculateurs.

Du coup qui sont-ils ? Nul ne le sait. Dans ce billet de novembre 2021, je renvoyais à un autre billet de 2011 celui-là (comme quoi il n’y a rien de nouveau sous le soleil) Mes brêves de compteur n°8 dans lequel j’identifiais 9 banques, françaises, allemandes, britanniques et américaines officiellement autorisées par le gouvernement français à vendre du gaz.

Depuis un certain nombre d’entre elles ont perdu cet agrément
Arrêté du 2 août 2016 abrogeant des arrêtés d’autorisation à exercer l’activité de fourniture de gaz naturel
Arrêté du 22 juin 2012 abrogeant l’autorisation de fourniture de gaz naturel de la société Royal Bank of Scotland plc (RBS)
mais 5 d’entre elles n’ont pas vu leur autorisation abrogée voire même pour l’une d’entre elles cette autorisation a été récemment conformée Arrêté du 16 septembre 2020 transférant l’autorisation de fourniture de gaz naturel de la société Goldman Sachs Europe SE (GSE) à Goldman Sachs Paris Inc. et Cie (GSPIC). Une banque qui vend du gaz, c’était louche il y a 10 ans. Cela l’est toujours.

De là à conclure qu’elle pourrait être « profiteurs de guerre » , il y a un pas que je franchirait, dans un sens ou dans l’autre qu’après avoir vu les résultats de leur exercice 2022 car après tout, c’est toujours à la fin du marché qu’on compte les bouses !

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Vivent les vacances ?

Dès la mi-juin, les nuages ont commencé à s’accumuler dans le ciel des vacances des Français. Ce furent d’abord les syndicats de salariés des compagnies aériennes qui brandirent la menace de la grève https://www.ouest-france.fr/Les appels à la grève se multiplient pour l’été dans les compagnies low-cost en Europe. En France, on est habitué à cela ; c’est une tradition, que le COVID avait interrompu, de prendre les vacanciers en otages pour maintenir ses avantages. Le fait nouveau, c’est que ce mouvement se généralise à toute l’Europe et touche également les compagnies à bas coûts (et là il y a peut-être des raisons de manifester). Mais, nous, consommateurs avertis, ne nous sentons pas concernés : l’avion N’EST PLUS un mode de transport acceptable, quoique…

Puis les syndicats de cheminots sont aussi entrés dans la danse https://www.lemonde.fr/SNCF : un appel à la grève le 6 juillet pour une augmentation urgente des salaires. C’est vrai qu’on les avait un peu oublié depuis les grandes grèves du début du quinquennat précédent. Là aussi, la tactique est bien au point : on prend en otage les vacanciers en partance. Il faut dire que la direction de la SNCF n’y met pas sien non plus : prévoir une réunion de concertation sur les salaires la veille des vacances scolaires, c’était vraiment jouer avec le feu.

Toujours est-il que cela ne laisse plus beaucoup de choix à nos compatriotes vacanciers. Pour partir, il faudra prendre sa voiture https://www.ouest-france.fr/Alors que les grèves menacent, 73 % des vacanciers vont privilégier la voiture pour partir cet été, car il est bien loin le temps où les premiers « congés payés », ceux de l’été 37, partaient au guidon de leur vélo vers les plages de Normandie ou la campagne nivernaise. De toute façon économiquement, c’est aussi un bon choix. Compte tenu des pratiques tarifaires des compagnies de transport ferroviaire et aérien, à partir de deux personnes, il est moins onéreux de prendre son véhicule, malgré le coût exorbitant du carburant. Evidemment, pour la planète, ce n’est peut-être pas ce qu’il y a de mieux. Et dire que trois grands patrons français viennent de se fendre d’une tribune dans le JDD pour nous inciter à des économies d’énergie IMMEDIATEMENT Faut-il vraiment en rire ? Ils pratiquent le marketing à rebours

Notez si on en croit cette étude d’opinion https://www.ouest-france.Un Français sur deux n’a pas le budget pour partir en vacances cet été, il s’agit là surtout des problèmes d’une majorité relative. En effet, les autres pour des raisons budgétaires ne se poseront pas vraiment la question. Comparé aux années précédentes il s’agit bien d’un recul social même si depuis quelques temps la tendance était, d’après les observateurs
file:///C:/Users/33684/Downloads/fratour08c.PDF
https://www.observationsociete.fr/modes-de-vie/loisirs-culture/vacances/,
à un certain plafonnement des habitudes des Français. Du coup, je comprends mal l’acharnement des médias à nous parler de « nos vacances » puisque cela ne concerne qu’une faible majorité d’entre nous.

C’est vraisemblable que ce sujet revient régulièrement sur le tabloïd parce que fondamentalement la France est devenu un pays touristique. Et de ce point de vue, la question du budget « vacances » des Français n’est peut-être pas aussi important que de savoir ce que nous (r)apporte nos visiteurs étrangers. A cet égard, le retour des Américains doit être considérer comme du pain béni https://www.ouest-france.fr/Pour ses vacances d’été en France, un touriste américain va dépenser jusqu’à 400 € par jour.

Avec un budget quotidien pareil, certains partent en vacances une semaine « tout compris » dans les iles. Allez comprendre !

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Faut-il vraiment en rire ? Ils pratiquent le marketing à rebours

Que diriez-vous d’un boulanger qui vous dirait, sur le pas de sa porte « Et surtout, manger moins de pain ! » ou d’un buraliste qui vous menacerait « Vous devriez arrêter de fumer, c’est mauvais pour votre santé ! ». En général, ce serait plutôt l’inverse : le fabricant de yaourt qui vante les bienfaits santé de sa nouvelle mixture ou le fabricant de téléphone qui met en avant le caractère multi-fonctions et particulièrement élégant de son dernier bijou hors de prix. Bref, ces gens font du marketing.

Or, que s’est-il passé dans la tête des dirigeants de trois des plus grosses entreprises françaises quand ils ont publié une tribune dans le Journal du Dimanche du 26 juin 2022. La presse ne parle que de cela avec d’ailleurs parfois des approches très surprenantes.
Comme toujours Le Monde reste très factuel https://www.lemonde.fr/TotalEnergies, EDF et Engie appellent les Français à consommer moins d’énergie.
Ouest France est déjà plus alarmiste https://www.ouest-france.fr/Flambée des prix de l’énergie : TotalEnergies, EDF et Engie appellent à limiter « immédiatement » la consommation insistant sur le fait que c’est en économisant l’été qu’on passe mieux l’hiver. Depuis Jean De La Fontaine, on le savait déjà.
Mais la palme du titre le plus surprenant vient d’une petite publication locale https://bergeracnews.com/TotalEnergies, EDF et Engie intimant les Français à consommer moins d’énergie. Là, on a bien l’impression que ces trois chefs d’entreprises se sont mués en trois chefs de guerre, ou en tout cas, en trois super-flics capables de commander nos comportements.

Au fait qu’en est-il ? Le plus simple, c’est encore de lire la tribune https://www.lejdd.fr/TRIBUNE. « Le prix de l’énergie menace notre cohésion », par les patrons d’Engie, EDF et TotalEnergies. Et là, je dois dire que, dès le titre, le débat décolle vraiment. Ce sont ces grands patrons dont les pratiques quotidiennes font beaucoup dans la dislocation sociale qui viennent nous parler de cohésion sociale ? Que craignent-ils ? Et si par hasard, leur principale préoccupation était seulement la crainte du défaut d’approvisionnement, ce qui serait commercialement une faute ou l’obligation de subir des prix d’achat à la marge prohibitifs qu’ils ne pourraient pas répercuter dans leurs tarifs, encadrés par la volonté politique d’un gouvernement qui surtout ne veut pas de vague de ce côté-là.

Si encore, leur démarche avaient été réellement écologique, c’est à dire un appel à la sobriété permanente, quitte à réduire leurs fonds de commerce, j’aurai pu admettre leur propos mais quand au détour de ce texte, je lis cette expression «  cette nécessaire sobriété d’exception » je me dis que leur vertu n’est que de circonstance et que bien vite reviendront les vrais réflexes marketing « Consommez ! Consommer, Consommez ! »

C’est pourquoi cette fable du commerçant retenant ses produits, finalement, ne me fait pas rire.

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L’école des cancres

Voici l’épilogue d’un petit feuilleton commencé ici il y a quinze jours
Maintenant, vous savez quoi faire ! Alors faites-le !
Le poisson pourrit par la tête
De l’importance des avis d’experts
d’où il ressortait que la décision politique dépendait de plus en plus du degré d’information des décideurs. C’était une évidence mais il était bon de le rappeler. C’est d’ailleurs si évident que chaque fois qu’on a mis un panel de citoyens en situation de produire de la décision publique, que ce soit les conférences de consensus du genre « enfouissements nucléaires à Bure » ou convention citoyenne pour le climat, le premier acte a été de remettre à niveau scientifique tous les participants avec l’appui d’experts indépendants.

C’est pourquoi l’initiative prise par quarante scientifiques de « déniaiser » les élus sur les questions de climat et de biodiversité était importante. Le bilan qu’on en tire est globalement positif https://www.novethic.fr/en trois jours, un quart des députés formés au climat et à la biodiversité : reportage au cœur de cet évènement inédit en france même si beaucoup restent sur leur faim. Rien n’empêche d’ailleurs les plus assidus à poursuivre en cours du soir. Il leur sera donné un billet d’excuse pour les absences en commission ou dans l’hémicycle.

Un autre bilan méritait aussi d’être fait https://www.actu-environnement.com/Le chiffre du 23 juin 2022 : 154. Ce chiffre de participation à cette séance de science citoyenne est intéressant. Un député sur quatre a pris la peine de s’informer. Si la proportion est de un sur deux dans le groupe de gauche, il n’est que de un sur trois dans les rangs de la majorité relative et ce qui est désolant, il n’est que 1% à l’extrême-droite et guère plus 1,5% parmi les Républicains. Je me garderai bien de conclure que ces deux derniers groupes en savaient déjà suffisamment sans qu’il soit besoin de rafraichir leurs savoir.

Gageons que ceci est un bon baromètre de l’intérêt porté par ces parlementaires aux sujets évoqués.

Certains risquent donc de voter sans savoir de quoi il retourne. Mais est-ce vraiment une nouveauté ?

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Mieux vaut en rire – rubrique décidément inépuisable- n°276 : Les nouveaux alchimistes

Chaque époque a sa pierre philosophale. Le Moyen-Âge cherchait de l’or dans le plomb, ce qui est théoriquement possible en modifiant dans chaque atome le nombre de particules. Mais de la théorie à la pratique, il y a toutes les impossibilités de la chimie.

Justement, à propos de chimie, l’ère industrielle pensait avoir trouver sa pierre philosophale en réussissant la transformation de molécules, composées majoritairement de carbone et d’hydrogène, en un certains nombres de matières imputrescibles, indéformables ou au contraire malléables résistantes au feu ou non, qu’on a appelé pour ces raisons les plastiques. Hélas si la chimie a été reine dans la transformation, elle s’est révélée incapable à inverser les processus, d’où nos marées plastiques sur les côtes et l’existence d’un nouveau continent mythique.

Nous voilà arrivée, peut-être à une nouvelle époque où il va falloir continuer à se nourrir, à se vêtir, à se déplacer sans empiéter sur les ressources naturelles , le sol, le sous-sol et tout ce qui vit dessus, dedans et en-dessous.

Se nourrir, justement parlons-en. Avec tous les oukases alimentaires (végan, climatiques, etc…), combinés aux nombreuses spéculations sur la raréfaction réelle ou provoquée de certaines denrées, nous voilà obligés de faire preuve de beaucoup d’imagination pour satisfaire les appétits d’une population, dont la croissance exponentielle n’a pas d’équivalent dans l’Histoire de notre planète.

Heureusement que l’être humain est ingénieux et qu’il est capable de faire d’une crise une opportunité. Prenez par exemple ce qui se passe sur la Côte Est des Etats-Unis https://www.ouest-france.fr/Le crabe vert prolifère dans le nord-est des États-Unis, une distillerie décide d’en faire du whisky. C’est très malin d’utiliser une invasion d’une bestiole ravageuse pour développer un nouveau produit. Certes, comme tous les alcools, ce jus de crabe doit être consommé avec modération mais tout ce qui sera consommé ainsi, c’est autant qui ne viendra pas de la distillation de céréales, céréales dont on aura bien besoin par ailleurs pour nourrir le bétail qu’il est hors de question de continuer à engraisser avec des tourteaux (tiens, c’est aussi le nom d’un crabe, on n’en sort pas) de soja, fruits de la déforestation. C’est tout bénéfice, d’autant qu’un whisky iodé comme ça, c’est peut-être aussi efficace que les pastille d’iode qu’on distribue aux habitants à proximité des centrales nucléaires ou des sites de sous-marins atomiques.

Tiens, à propos de tourteaux, je pense de manière générale à crustacés. Comment se passer de mayonnaise quand est devenu végan? Mais idiot, la question ne se pose pas, si tu es végan, tu NE MANGE PAS de crustacés. AH, oui, c’est vrai ! Mais comment je mange ma macédoine de légumes sans mayo ? Tiens, voilà une solution très alchimique https://www.ouest-france.fr/Elles transforment les choux-fleurs bretons en mayonnaise : « On fait de la magie avec les légumes ». Dans la recette, il n’y aucune ingrédient d’origine animale, tu peux y aller. Oui, Oui, mais le problème ce n’est pas les œufs, quoique avec la grippe aviaire, il y a parait-il pénurie [ notons toutefois, dit une voix en commentaire off, qu’il y a deux ou trois ans, il était déjà question de pénurie, mais cette fois-là, à cause des nouvelles normes de bien-être animal imposées, parait-il, par l’Europe]. Non le problème, ce sont les graines de moutarde. Pas de problème, je suis serein, l’ingéniosité humaine va bien finir par trouver la recette pour faire de la moutarde sans graine de moutarde.

Tiens mais j’y pense, « crabes verts », « chou-fleur », « whisky », on se croirait en Bretagne [ Si, si, il se produit du whisky en Bretagne, mais sans commentaire]. Cela vaudrait peut-être le coup d’inventer une recette de « crabes verts flambés au whisky sauce mayonnaise de chou-fleur ». Rien que du local.

Je vois déjà les dépliants touristiques « Bretagne mystérieuse, terre des alchimistes modernes »

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Est-ce du macro-journalisme ?

Avez-vous remarqué que ces temps derniers, je citais souvent le journal « Les Echos » ? En général, quand je m’intéresse à un sujet ou un média, c’est pour y exercer ma verve critique. Et là, je dois dire que ces temps-ci, ils font très fort. Je n’en veux pour preuve que ces deux articles publiés le même jour mais dans deux newsletters différentes de ce journal
https://www.lesechos.fr/Les économistes ne voient pas la France entrer en récession en 2022
Par Nathalie Silbert Publié le 22 juin 2022 à 6:29Mis à jour le 22 juin 2022 à 8:41 https://www.lesechos.fr/Croissance, inflation : l’économie française subit un choc plus fort qu’attendu
Par Nathalie Silbert Publié le 21 juin 2022 à 18:00Mis à jour le 22 juin 2022 à 8:42

Vous noterez qu’il y a quand même deux similitudes. C’est le même auteur et les mise à jour ont été faites à une minute d’intervalle. Du coup, j’en conclus qu’on peut à la fois être optimiste puisque la France ne va pas rentrer en récession et pessimiste parce l’économie française va souffrir plus que prévu. Est-ce toujours ce syndrome de l’impossible grand écart macronien du « en même temps » ?

Mauvaise foi mise à part, il faut donc en conclure que certains sont déçus car c’est moins bien que si ça avait été meilleur mais que d’autres sont soulagés de savoir que c’est moins mauvais que si ça avait été pire.

Finalement en publiant simultanément ces deux billets, tous les deux factuellement exacts, ce journal se fait l’écho d’une opinion publique qui actuellement ne sait plus sur quel pied danser.

Je note toutefois que les croissançolâtres devraient être ravi de savoir que la croissance sera de 2,3 à 2,5%. Qui l’eut cru, il y a un an ? De même, les partisans du déficit public créateur de richesse seront également aux anges puisque, avec un taux d’inflation à 7%, c’est du nanan de rembourser à ce rythme. Restent les retraités décroissants dont la pension ne sera pas indexée sur l’inflation et qui du coup perd sur tous les tableaux, leur porte-monnaie et notre planète.

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Les pièges à doigts chinois

On dit que ce sont les Chinois qui inventèrent ce petit jeu amusant, mais ô combien irritant quand on se laisse prendre, qu’on appelle le piège à doigts.

Il semblerait qu’en matière de diplomatie économique, les dirigeants chinois y jouent avec maestria au point que, par exemple les dirigeants européens ne savent plus s’il faut tirer ou pousser https://www.euractiv.fr/La Chine, « menace ou défi » ? L’UE reste divisée sur la question pour se dépétrer de ces nœuds de relations économiques qui dévitalisent progressivement tout le continent.

Pour illustrer cela, prenons le cas de la production laitière.

Vertueuse climatiquement parlant, l’Union Européenne s’est laissée engager dans une politique de décroissance agricole https://www.actu-environnement.com/L’UE devra réduire son cheptel pour tenir son engagement sur les émissions de méthane qui si elle se justifie pleinement du point de vue de l’atténuation des effets du changement climatique, peut se révéler désastreuse pour les agricultures européennes et la balance commerciale de nombreux pays.

Or, dans le même temps, la Chine qui ne s’est pas collé cette contrainte de vertu écologique, va se lancer à corps perdu dans la production laitière sans tenir compte bien entendu des flatulences bovines https://www.lesechos.fr/Quand la Chine lance la révolution du lait.

Du coup, il est peut-être bon de rappeler quelques éléments historiques. Quand la Chine fut secouée par un scandale de lait frelaté, l’industrie laitière européenne pensa flairer le bon coup. Il y eu même une coopérative laitière qui s’associa à des capitaux chinois pour créer en Centre-Bretagne, à Carhaix, une gigantesque usine de poudre de lait. Hélas, les dirigeants chinois parurent ne pas être à la hauteur et la coopérative dut reprendre à grands frais, toute l’affaire. Il n’empêche qu’entre deux les techniciens chinois ont eu le temps de comprendre comment faire fonctionner ce genre d’usine et récupérer des savoir-faire bien utiles.

Or, dans le même temps, d’autres éleveurs français beuglaient leur fierté d’avoir vendu aux mêmes Chinois quelques beaux specimens de reproducteurs bovins. Depuis, on peut penser que ces valeureux taureaux ont une une belle progéniture et qui sait, c’est peut-être en s’appuyant sur ce cheptel revigoré que les dirigeants chinois envisage le « grand bond en avant » laitier. Pour l’instant, ce sera pour alimenter leur marché. Mais demain ? Si l’élevage européen réduit sa voilure, il y aura de la place sur les marchés mondiaux.

Il serait peut-être temps de considérer que l’empreinte climatique est un paramètre à prendre en compte dans les échanges commerciaux mondiaux

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De l’importance des avis d’experts

La presse, alarmiste, s’inquiétait en pleine vague de chaleur de l’impact des épisodes caniculaires sur la sécurité de nos approvisionnements énergétiques. Naturellement les journaux ne parlaient pas d’une éventuelle défaillance du photovoltaïque et pour cause, ni d’un éolien en berne (ils auraient pu vu les faibles zéphyrs qui régnaient sur la plus grande partie de la France), ni même de l’hydroélectricié et pourtant les chutes d’eau ne devaient pas être très fringantes dans les Alpes. Non la crainte est venu du nucléaire, de cette énergie supposée ignorer les aléas cimatiques. Même le très sérieux « Les Echos » s’y est mis https://www.lesechos.fr/La canicule oblige EDF à arrêter l’un de ses réacteurs, c’est dire si la situation était sérieuse. IL a fallu parait-il importer de l’énergie.

Du coup, les tenants de l’énergie atomique ont senti qu’il y avait là une faiblesse dans leur argumentation en faveur de cette énergie. Ils ont donc produit cette analyse https://lenergeek.com/le nucléaire ne fonctionne pas en cas de canicule : info ou intox ? dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle manque de consistance. En effet, il est un peu court de dire que la seule raison pour laquelle on « ralentit » les centrales  serait la protection des petits poissons et de la flore sous-marine alors qu’il semble évident que refroidir une source chaude par une source qui se réchauffe déjà (l’eau ou l’air ici importe peu) ne peut pas être très efficace.

D’ailleurs la plus grande autorité scientifique française en matière de sureté nucléaire ne disait pas autre chose il y a deux ans déjà https://www.irsn.fr/FR/Effets de la canicule sur la production et la sûreté des centrales nucléaires .
Je vous invite à consulter l’infographie produite à l’époque https://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Documents/IRSN_Infographie_Canicule-Surete-Centrales-nucleaires.pdf
ainsi que la note scientifique qui l’accompagnait https://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Documents/IRSN_NI-canicule-et-centrales-nucleaires_31072020.pdf
car dans ces cas-là la densité de l’information scientifique ne peut pas être facilement résumée

A lire ces documents, on comprend tout l’intérêt qu’il y aurait à écouter plus souvent l’avis des experts scientifiques. C’est pourquoi l’initiative prise par la communauté scientifique https://www.20minutes.fr/Une formation accélérée sur le climat pour les députés avant leur entrée à l’Assemblée de donner une teinture d’écologie scientifique à tous les députés, nouveaux élus comme vieux routiers de la politique est la bienvenue.

Peut-être permettrait-t-elle de démêler le vrai du faux de cette analyse https://www.revolution-energetique.com/L’électricité nucléaire française serait incroyablement bas-carbone selon EDF qui rappelons-le vient, elle, d’une publication jusque là très critique vis-à-vis du nucléaire. A l’heure où on parle de nationaliser la branche nucléaire d’EDF me paraît indispensable, il ne manquerait plus que l’Etat français investisse massivement dans une technologie pas si propre que cela

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Tout va très bien madame la marquise !

Extrait de la communication téléphonique fictive entre la présidente de la BCE et le rédacteur en chef des Echos

Allô, allô cher ami Quelles nouvelles ?
Absente depuis quinze jours Que trouverai-je à mon retour ?
Tout va très bien, Madame la Présidente,
Tout va très bien, tout va très bien.
Pourtant, il faut, il faut que l’on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Les fonds de placement à risque jouent contre nos bourses
https://www.lesechos.fr/Comment le plus grand hedge fund au monde spécule contre les actions européennes
Mais, à part ça, Madame la Présidente
Tout va très bien, tout va très bien.


Allô, allô cher ami Quelles nouvelles ?
Nos Bourses attaquées Expliquez-moi Comment cela s’est-il produit ?
Cela n’est rien, Madame la Présidente,
Cela n’est rien, tout va très bien.
Pourtant il faut, il faut que l’on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
L’autorité de contrôle prudentiel s’inquiète des risques pris par les organismes de crédit https://www.lesechos.fr/Les autorités financières sonnent l’alerte sur la dégradation du risque de crédit
Mais, à part ça, Madame la Présidente
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô Cher ami Quelles nouvelles ?
L’ACPR s’affole ? Expliquez-moi Comment cela s’est-il passé ?
Cela n’est rien, Madame la Présidente,
Cela n’est rien, tout va très bien.
Pourtant il faut, il faut que l’on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
les plates-formes d’hébergement des cryptomonnaies en voit certaines disparaître https://www.lesechos.fr/Binance : « Nous sommes préparés à un bitcoin qui tombe à zéro »
Si le bitcoin a disparu, Madame,
C’est que la confiance n’était plus là
Mais, à part ça, Madame la Présidente
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô cher ami Quelles nouvelles ?
La confiance n’est plus là Expliquez-moi Comment cela s’est-il produit ?
Eh bien ! Voila, Madame la Marquise,
On a appris que la lubie de Facebook risquait d’imploser
https://www.lesechos.fr/Métavers : la possibilité d’une bulle
et tout cela est parti d’une annonce faramineuse d’un cabinet de consultant
https://www.euractiv.fr/Le métavers pourrait générer 5 000 milliards de dollars d’ici à 2030
Mais dès qu’on appris le nom du cabinet, tout le monde s’est dit : » ils vont encore se tromper ! »
et c’est en évoquant le risque que la bulle éclate que certains ont pensé qu’une bitcoin pouvait disparaître et avec elle des fortunes entières, entamant le crédit de certains et par précaution les fonds à risque ont joué contre les actions européennes
Mais, à part ça, Madame la Présidente,
Tout va très bien, tout va très bien.

Et là s’arrête l’enregistrement (fictif) ne laissant que le bruit du grattement de l’aiguille sur le disque / krach ! Krach ! Krach !

Tout va très bien décidément.

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Le poisson pourrit par la tête

A la « belle époque » du gauchisme triomphant et du maoïsme germanopratin, une expression était « dans le vent » pour indiquer que la « Révolution » gagnerait dès lors qu’elle avait conquise les élites : « Le poisson pourrit toujours par la tête ! ». Evidemment ce mâle aphorisme tiré tout droit du petit livre rouge pour illustrer la puissance de la sagesse du président Mao était physiologiquement fausse puisque le poisson pourrit par les entrailles, comme chacun sait.

Mais peu importe, pour ce jour, cette maxime me sert bien pour illustrer mon propos et je vais donc l’utiliser.

Commençons par un constat évident quand on écoute ce que nous dit la jeunesse https://www.actu-environnement.com/Le nombre d’étudiants en formations environnementales a presque doublé en une décennie. Ce qui n’était qu’une curiosité il y a encore une décennie est devenu un cursus de formation reconnu, notamment parce qu’il y a des emplois à la clé. Il est peut-être fini le temps ou la secrétaire générale du ministère de l’écologie se désespérait à cause de la pénurie dramatique d’éco-toxicologues dans les Direction Interregionale de l’Environnement de son ministère.

Mais ce qui est plus marquant peut-être est que ce mouvement de la jeunesse touche toutes les sphères y compris le monde des grandes écoles et des filières prestigieuses, car financièrement juteuses, des universités. Qui aurait dit, il y a encore cinq ans que les les futurs traders issus de Dauphine auraient de telles exigences https://www.novethic.fr/les étudiants en finance veulent des formations à la hauteur des accords de paris ; Cela dit, ils ont peut-être entendu les messages du patron du plus gros fonds d’investissement appelant au verdissement des investissements. Ou peut-être tout simplement ont-ils la trouille voyant, par exemple, que les scénarios les plus pessimistes du GIEC sont en train de se réaliser , plus tôt que prévu.

Il n’est pas jusqu’à la plus emblématique école de commerce qui ne soit secouée par cette révolte verte des étudiantshttps://www.novethic.fr/sous la pression des « rebelles » de HEC, la grande ecole de commerce prend un virage écologique ambitieux. Il est vrai que entrainées par le mouvement social, cette école comme ses principales concurrentes ESSEC ou ESCP-Europe, avait déjà instillé dans leur enseignements des modules plus « responsables, RSE pour les unes ESS pour les autres. Mais là, il s’agit vraiment d’une révolte beaucoup plus profonde.

En cela, elle rejoint une autre révolte qui a agité une autre campus de la banlieue Sud de Paris à un jet de pierre de Jouy-en-Josas, celle des ingénieurs du pôle AgroParisTech du plateau de Saclay. Je ne suis pas sûr que tous les polytechniciens aient suivi mais si c’est le cas, cela annonce de sérieuses mutations dans les entreprises et la haute administration dans les années à venir vu la place que ces jeunes pousses sont appelées à y occuper.

Tiens, à propos de la haute administration, j’avais chroniqué il y a peu une autre révolte étudiante, celle des élèves de la DERNIERE promotion de l’ENA. Mais eux ne se battaient pas pour l’environnement de la planète mais, plus égoïstement, pour leur futur environnement personnel et les quelques places qu’on leur proposait, en « province », indignes de leur valeur, ou qu’on leur refusait, dans les « grands corps », Graal évident que chacun d’entre eux avait rêvé de toucher.

Mais peut-être que là aussi, me suis-je dit, les choses allaient changer puisque la nouvelle directrice de l’INSP, l’institut qui remplace l’ENA, présentait récemment son projethttps://acteurspublics.fr/ le projet de refonte de la scolarité à l’INSP. Heureusement qu’elle termine son propos par « en donnant à la transition écologique une place clé et transversale » sinon j’aurai eu l’impression de lire un projet de modernisation issu d’un rapport de consultant des années 2000

Nonobstant cette dernière remarque perfide, il est inéluctable que les corps enseignants de ces écoles d’élite vont devoir changer leur corpus référentiel et inventer de nouveaux contenus pédagogiques. Ils seraient, à cet égard, bien inspirés d’aller voir ce que font les organisations non gouvernementales qui inventent chaque année de nouveaux outils didactiques de lecture du monde https://www.novethic.fr/ENGIE, MICHELIN, AIRBUS… ces entreprises qui devraient sortir du CAC40 si elles payaient leur facture carbone. Certes, ils ne sont pas parfaits car ces ONG n’ont souvent pas autant de moyens que d’idées, ni de compétences que de bonne volonté. Mais en coopérant, je ne doute pas que ces deux mondes, le monde universitaires et le monde associatif, avec un peu de bonne volonté, élaborent des contenus pédagogiques d’une très bonne tenue scientifique.

Et c’est tant mieux car les plus gros employeurs actuels de ces jeunes talents sont à la recherche d’outils leur permettant de conserver dans ce domaine, l’excellence qu’ils ont acquis dans l’analyse financière, le conseil en organisation ou le coaching managerialhttps://www.actu-environnement.com/Décarbonation : les sociétés de benchmarking veulent mieux vérifier les ambitions climat des entreprises. A défaut, ce ne seront que des bricolages plus ou moins astucieux d’habiles consultants comme on en trouve dans les 4 grands cabinets de consultants dont le nom a récemment défrayé la chronique en pleine campagne présidentielle.

On ne saurait leur reprocher d’être à côté de la plaque puisque, à l’époque à HEC, Science-Po, X etc… on apprenait à leurs cadres plutôt l’excellence financière, l’astuce marketing ou la rigueur organisationnelle, pas à vivre avec la planète.

Tiens puisque je parles des cabinets de consultants, qui encombrent, semble-t-il les antichambres des ministères, cela m’amène à penser un peu à nos gouvernants et à leur rôle dans cette mutation des référentiels . Notons à ce propos, cette initiative https://www.novethic.fr/JANCOVICI, CYRULNIK, MEDA, DION,… 17 personnalités appellent le futur gouvernement à se former sur l’écologie ou une autre, dont j’ai entendu parlé également d’anciens députés, venant proposer aux nouveaux élus une formation aux enjeux du climat, de la biodiversité, de la gestion des ressources naturelles. Voilà là deux excellentes contributions à l’élévation du niveau de conscience de celles et ceux qui dans leurs ministères ou dans les deux hémicycles peuvent AUSSI contribuer à faire bouger les lignes, car après tout, tout ne se passera pas dans les entreprises.

La preuve en est donné par les Australiens, classés jusqu’ici parmi les gros dégoutants de la planète et qui sont en passe, si du moins ils vont jusqu’au bout de leurs ambitions affichées, de devenir des élèves modèles de l’OCDE https://www.letelegramme.fr/Gaz à effet de serre : l’Australie augmente fortement ses objectifs. On peut rêver que les cours du soir que proposent nos intellectuels ou nos ex-députés auraient les mêmes effets s’ils étaient suivis.

La rentrée des classes c’est fin juin.

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La fable express du dimanche soir n° 44 : les petits légumes

Comme c’est à la mode, il s’était mis au jardinage de balcon. Mais comme il n’avait pas envie de céder totalement à la mode, il n’avait pas acquis tout l’attirail que lui proposait les jardineries et il avait bricolé sa propre petite serre en transformant un ancien aquarium.

La place sur un balcon est plutôt étroite et donc il a fallu faire cohabiter dans cette serre de fortune plusieurs varités de légumes. En fait il s’était limité à deux, des petits pois et des tomates cerises, ce qui est quand même le choix de beaucoup de jardiniers de balcon.

Mais ô surprise, ces deux plantes s’acoquinérent et de leur union furtive naquirent des fruits hybrides.

Eh oui, dans son aquarium, les petits pois sont rouges !

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Mieux vaut en rire -rubrique décidément inépuisable n° 275 : un chou, c’est un chou !

Un nouveau scandale secoue l’Australie. Non, il ne s’agit pas d’un remake de l’éviction d’un joueur serbe d’un tournoi de tennis. Non, il ne s’agit pas de la diffusion de vidéos scabreuses tournées au Parlement australien. Il ne s’agit surtout pas de la rupture du contrat d’armement naval avec la France. Non, c’est bien plus grave que cela. Il s’agit de ça : https://www.letelegramme.fr/Du chou à la place de la salade dans les KFC australiens, le Premier ministre monte au créneau ! . Changer la formule quasi sacro-sainte des sandwichs au poulet, c’est semble-t-il un crime de lèse-estomac aux antipodes. Cela doit être aussi grave que si on remplaçait la graisse de bœuf des frites belges par de l’huile de tournesol (ah ! Non ! Là, la comparaison ne marche pas depuis que l’hule de tournesol se vend au marché noir au prix de l’huile d’argan) ou qu’on remplaçait la viande de bœuf hachée par de la viande de cheval avariée dans les lasagnes françaises (là, ça marche car ce FUT un VRAI scandale même si cela fait bizarre de dire lasagnes « françaises »).

Bref, cela a fait sortir le Premier Ministre de ses gonds. Il paraît même qu’il aurait dit : « Faut pas me raconter de salade ; un chou, c’est un chou et l’iceberg, c’est bon comme la romaine! » Ce à quoi le patron australien de la chaîne, auvergnat expatrié, lui aurait rétorqué «  Ouais ! Mais pour moi cette chalade, ch’est de l’oseille et dans ches temps difficiles, un chou ch’est un chou aussi ! » Comme vous le voyez, la polémique fait rage.

Ce serait tellement plus simple de retirer purement et simplement ces quelques feuilles de verdure qui ne sont qu’un cache-misère de ce qui n’est autrement qu’une mauvaise bouffe. Mais ceci est une autre histoire !

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EDF passe les colonnes d’Hercule

Il y a encore un an, l’avenir d’EDF c’était le projet Hercule de réorganisation interne du groupe électricien.

Aujourd’hui, malgré la rente que lui apporte l’envolée des prix de l’énergie, le temps est plus au sauve-qui-peut et on parle de plus en plus souvent de nationalisation du groupe. J’en ai d’ailleurs déjà touché deux mots dans deux billets récents, l’un sur l’utilité des nationalisations pour purger le capitalisme des poids morts, le second pour montrer que la seule issue était de faire rentrer dans le giron de l’Etat ce fleuron industriel qui n’aurait jamais dû en sortir.

Depuis les choses se sont un peu précisées comme le laisse entendre le journal « Les Echos » https://www.lesechos.fr/EDF : les contours de la révolution qui vient, en général bien informé, dès qu’il s’agit des intérêts bien compris du système économique dominant.

Mais cette note du think tank Terra Nova mèrite aussi qu’on s’y arrête un instant https://tnova.fr/ecologie/EDF : une nationalisation programmée. Elle est courte mais plutôt bien argumentée. Le plus drôle dans l’affaire est que l’auteur de cet ode à la nationalisation est le même qui, au début des années 90 du siècle précédent n’avait pas d’arguments plus forts pour promouvoir…..la privatisation des Télécoms. Comme quoi, certains « économistes » chevronnés iront toujours dans le sens du vent.

Mais Mon dieu que ces débats sur la rationalité d’une nationalisation semble vain! quand on lit ce cri d’alerte de la Banque Mondiale https://www.banquemondiale.org/Plus de 700 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité. Notez, si EDF redevenait une entreprise d’Etat, cela pourrait aussi être un outil de soft power diplomatique de mettre au service des pays sous-équipés tout le savoir-faire accumulé depuis des décennies, y compris d’ailleurs dans le domaine des énergies renouvelables https://www.energiesdelamer.eu/LE PARC ÉOLIEN EN MER DE SAINT-NAZAIRE : ÇA TOURNE ET ÇA PRODUIT !. Cela éviterait que d’autres puissances, Russie ou Chine ne le fasse afin de s’attirer les bonnes grâces de ces pays et ainsi accroitre leur sphère d’influence.

Post-scriptum : chez les Grecs, passer les colonnes d’Hercule, c’est à dire le détroit de Gibraltar, c’était vraiment partir à l’aventure sans savoir si on en reviendrait. De nos jours l’arrivée d’EDF sur le littoral atlantique nantais semble quand même moins risqué, moins en tout cas que le reste de son odyssée.

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La poudre aux yeux rend aveugle et avide quand elle est d’or !

Je suis surpris qu’un journal aussi sérieux que Les Echos consacre une nouvelle rubrique à un phénomène qui met en ébullition une partie du monde de l’Internet. Je veux parler du metavers et d’un de ses rejetons les NFT.

Comme beaucoup d’entre vous, je ne savais pas ce que c’était. Du coup, pour paraître un peu moins idiot, j’ai fait ce que beaucoup d’entre nous font, je suis allé sur Internet voir sur l’encyclopédie interactive ce que la communauté Wiki savait de la chose. Et ils savaient effectivement beaucoup https://fr.wikipedia.org/Métavers
https://fr.wikipedia.org/Jeton non fongible
sauf que je n’ai pas tout compris car manifestement est en train de se développer une nouvelle langue issue du croisement du français et d’un algorithme et que je ne maîtrise pas. C’est dur à 71 ans de découvrir qu’on est à moitié analphabète.

Mais n’éxagérons rien, j’ai quand même compris deux ou trois choses. Le métavers c’est donc la création d’un monde virtuel issu de notre monde réel mais un peu augmenté, une vérité faussée si vous préférez. Et dans ce monde virtuel, on peut créer des objets nouveaux , virtuels bien sûr, comme des jetons non fongibles qu’on appelle les NFT. Si j’ai bien compris ces petits jetons, c’est en fait des créations de l’esprit humain dont la seule valeur est l’idée de rareté que son créateur lui donne. Ainsi, si je le voulais, je pourrais décider que ce billet mais aussi toue ma collection de « fables express du dimanche soir » ou la longue litanie des « mieux vaut en rire » sont des raretés (elles le sont d’ailleurs vu le nombre de lecteurs) et les mettre en vente en tant que jetons non fongibles sur le Net.

De tout ceci, je retiens plusieurs leçons.

La première est que, à partir du moment où la réalité virtuelle est une réalité sur le net, cela donne vie à l’aphorisme orwellien « la vérité, c’est le mensonge ! » On rentre ainsi dans l’univers de Mr Trompe, ex-Président des Etats-Unis pour qui toute vérité, surtout si elle le dérangeait, était mensonge et où tout mensonge, surtout s’il est énorme, est une parole d’évangile qu’il faut largement diffusé.

La deuxième est que, à partir du moment où une création de l’esprit n’est faite que pour être mise en vente , quasiment aux enchères, sur Internet, la notion de propriété intellectuelle attachée à la création artistique perd son intérêt culturel pour devenir un objet de pure spéculation.

La troisième est que tout ce qui se passe sur le Net autour du métavers, NFT, bitcoins, etc… n’est que pure virtualité et n’a de valeur que parce que chacun pense pouvoir revendre plus cher ce qu’il a déjà acheté très cher. C’est la caractéristique même d’une économie spéculative et le mécanisme à l’oeuvre ressemble fort à celui qui est à l’origine des pyramides de Ponzi. Manifestement les déboires de Mr Madoff n’ont pas suffi à vacciner les gens contre la cupidité stupide. Mais quand les gens un peu sensés se rendront compte de la supercherie, le tout s’effondrera comme un château de cartes. C’est ce qu’on appelle un crash. Espérons qu’il vienne vite afin de limiter les dégâts.

Mais à en croire les Echos, et c’est là où je rejoins mon propos de départ, ça n’en prend pas le le chemin.

Celui par qui le métavers risque de prendre de l’ampleur est en train d’embarquer dans une aventure vraisemblablement sans lendemain, des milliers de personnes qu’une perspective de jobs lucratifs sans diplôme peut éblouir https://www.lesechos.fr/Meta lance une académie du métavers. Espérons simplement que les quelques compétences qu’ils auront acquises dans ces formations seront utilisables dans la vraie vie, l’intelligence assistée par exemple (je préfère cette expression à celle d’intelligence artificielle).

Les promoteurs des NFT en France ont bien raison de se constituer en syndicat https://www.lesechos.fr/Les NFT ont désormais leur syndicat : premier chantier, l’accès bancaire. Car ce faisant il légitime l’impression qu’on peut avoir, que leur démarche est une démarche purement économique et qu’ils ont à défendre des intérêts qui, eux, n’ont rien de virtuels.

Quant à cette alliance https://www.lesechos.fr/Ledger et Cathay Innovation lancent un fonds de 100 millions dédié au Web3, elle me fait un peu peur. Après tout Madoff avait pignon sur Wall Street quand il dépouillait les gens et sans faire le moindre procès d’intention, que deux institutions se lancent ainsi dans un domaine aussi spéculatif, au lieu de me rassurer, aurait plutôt tendance à me faire frémir.

A quel jeu joue « les Echos » ?

Mais peut-être ai-je les pieds trop englués dans la glaise de la vie réelle, dans laquelle quand on achète un objet, on le tiens en main et quand on paie ce n’est pas avec de la monnaie que rien ne garantit.

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Le « en même temps » des lanceurs d’alerte

Il y a quelques jours quand, j’évoquais la décision d’un procureur d’ouvrir une instruction contre des dirigeants d’EDEF suite à un dépôt de plainte d’un « lanceur d’alerte », je me suis souvenu qu’il y quelques mois les choses avaient un peu changé dans le statut de ces citoyens très « concernés ».

En effet, en fouillant dans mes archives, j’ai retrouvé ce texte qui avait été voté après que Sénat et Assemblée se soient mis d’accord sur un texte commun : le 2 fevrier 2022 https://reporterre.net/Lanceurs d’alerte : députés et sénateurs s’accordent sur une meilleure protection. En même temps, les deux chambres avaient également voté un texte renforçant le rôle du Médiateur de la République en matière de protection des lanceurs d’alerte.

Mais quelle ne fut pas ma surprise de trouver également dans mes archives que deux jours plus tard, les députés avaient rejeté une résolution visant à accorder la protection de la France à un des plus célèbres lanceurs d’alerte le 4 février 2022https://www.ouest-france.fr/Julian Assange. Les députés refusent l’asile politique en France au lanceur d’alerte.

Est-ce un revirement d’opinion des parlementaires sur cette question ? On peut le penser mais je serais plutôt enclin à y voir l’illustration de ce qu’est en réalité le « en même temps » macronien, très progressiste dès qu’il s’agit d’affirmer des principes, très frileux dès qu’il s’agit de les mettre en œuvre.

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