quelques « con » autour de l’écologie

Derrière ce titre un peu  provocateur, j’ai essayé de faire (le plus sérieusement possible) l’analyse des divers avatars de la pensée et de l’action écologique. Or j’ai constaté, avec une certaine délectation je dois dire que la plupart d’entre eux commencé par le préfixe « con », lui-même issu du latin « cum » , c’est à dire « avec ». Donc vous voyez, il n’y a là aucune volonté agressive ni péjorative …sauf peut-être à la fin Lire la suite

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La logique de l’uberisation de l’économie

On nous a dit que l’économie collaborative était l’avenir de l’économie, puis on s’est rendu compte que cette innovation sociale recouvrait des pratiques économiques et sociales très différentes. Rien de commun en effet entre les réseaux de solidarité locaux qui se mettent en place autour du partage d’objets et les montages informatiques qui jouent sur la recherche du toujours moins cher pour exploiter ceux qui en veulent juste un peu plus mais qui souvent le veulent parce qu’ils n’ont tout simplement pas assez. Cette dernière tendance a même reçu un nom, l’uberisation dont la principale caractéristique est la déqualification et la dévalorisation du travail, puisque celui-ci, conçu au départ comme une activité marginale, était payé au coût marginal, c’est-à-dire « peanuts » comme on dit en Californie. Lire la suite

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Prismes médiatiques : CETA oui ? C’est à voir !

Le CETA agite beaucoup de monde qui ont fait de l’adoption de ce traité commercial un marqueur idéologique. Et de fait c’en est un puisque le libre-échange érigé en dogme prime sur beaucoup d’autres considérations comme la défense de l’emploi, la santé humaine ou la protection de l’environnement. C’est pourquoi le sujet divise et c’est d’ailleurs ce que reflète les titres des médias commençons par ceci

 Le Parlement européen approuve l’accord UE-Canada à une large majorité

Nous dit le site Euractiv et c’est vrai si on regarde les chiffres

 Parlement européen. Le Ceta ratifié sous les huées 

Nous dit Le Télégramme de Brest et de l’ouest et c’est vrai aussi si on regarde les vidéos du vote

Cela en dit long sur l’âpreté des débats et l’embarras que va causer ce vote. En effet et c’est là où l’information est un peu tronquée : l’accord n’est pas ratifié. Il a juste fait l’objet d’un vote favorable qui devra être confirmé par les parlements nationaux ou régionaux comme le rappelle Le Monde sans pour autant en faire son titre mais juste le chapeau d’un article par ailleurs plutôt bien documenté Le Parlement européen ratifie le CETA, traité de libre-échange entre l’Union et le Canada  « L’accord contesté devra encore avoir l’assentiment des trente-huit parlements nationaux et régionaux de l’Union européenne….. »

Alors évidemment cet embarras gène certains médias dont la rédaction est traversée par cette fracture idéologique. C4est le cas de Libération qui, comme toujours dans ces cas-là, s’en tire par des jeux de mots approximatifs qui sont un peu sa marque de fabrique historique

 Ceta : comment va-t-on être traité ?
Ceta : au sein du PS, pas d’accord sur l’accord
Même la Commission n’est pas vraiment à l’aise qui pour justifier un accord trans-atlantique vante les mérites d’un accord transpacifique. Les partenaires ne sont pas les mêmes, la nature économiques des échanges non plus mais dans ces cas-là, on fait flèche de tout bois

 Pour défendre le CETA, Bruxelles vante les retombées de l’accord avec la Corée du Sud

Le désarroi touche également certains grands défenseurs du libre-échange et de la mondialisation. En effet, l’agriculture européenne comme l’agriculture canadienne sont totalement acquises au libre-échange et aux vertus de la mondialisation version libérale. Et pourtant, dans les rangs, ça regimbe. Les éleveurs de bovins canadiens, producteurs de lait sont inquiet  Le Ceta fait déjà frémir le lait du Canada

Les éleveurs de bovins européens, producteurs de viande sont inquiets  CETA. Des importations bovines « pas acceptables » pour la FNSEA

9i le libre-échange est ainsi compris, y compris par ses plus ardents défenseurs, les débats risquent d’être houleux dans les parlements nationaux. Compte tenu de ce qui se passe actuellement dans les opinions publiques dans les différents Etats Membres de l’Union, il n’est pas sûr que tous les votes soient favorables. Une telle situation risque d’approfondir la crise au sein de l’Union Européenne.

Les europarlementaires auraient été mieux inspiré de s’abstenir ..pour le moment.

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Prismes médiatiques : l’emploi, qui en parle encore ?

Il y a encore six mois, la moindre statistique sur l’emploi était guettée avec gourmandise par la plupart des medias. Ces jours-ci, l’INSEE a sorti ses chiffres trimestriels sur le taux de chômage et pschitt !! Très peu de commentaires. Il faut dire qu’entre deux Moi-Président s’est résolu à n’être plus que Moi-ex-Président. Du coup, comme il y a moins d’enjeux électoraux, cela intéresse moins les médias. Il n’empêche, les réflexes partisans demeurent Voici un florilège des titres que j’ai repéré dans la presse juste après la publication des chiffres de l’INSEE

Factuel mais partiel : Le Télégramme : exact mais quid de 2015 ?
 Chômage. Légère baisse en 2016 selon l’Insee
Factuel mais vachard : Le Figaro ; exact jusqu’au bout mais d’où venait le chômage de 2012 ?
Le chômage a légèrement baissé au dernier trimestre 2016
Le chômage recule en 2016 mais explose sur le quinquennat
Factuel mais un peu dithyrambique : Le Monde : exact mais ce n’est quand même pas une marche triomphale depuis 2015
Le taux de chômage en France a baissé en 2016 pour la deuxième année d’affilée
Factuel et précis : Ouest France ; exact jusqu’au bout cela reste homéopathique eu égard à ce qu’on fait les pays voisins
 Le chômage baisse légèrement pour la deuxième année consécutive
Factuel mais non seulement partiel, très partial : Les Echos ; exact mais pourquoi insinuer que le mouvement est très récent donc trop tardif ?
France : le taux de chômage est reparti à la baisse fin 2016

Donc tous ces titres sont exacts mais ne donnent pas l’impression de rendre compte de la même réalité.
Il faut dire que la réalité elle-même est complexe à analyser. En effet le taux de chômage baisse mais le nombre de chômeurs recensés par Pôle Emploi ne diminue pas aussi vite et surtout depuis moins longtemps.
Eh oui, la statistique, si elle est une science exacte du point de vue mathématique, n’est qu’un outil imparfait, car malléable, dès qu’elle est prise en main par des non-mathématiciens. Or, les journalistes comme les politiques sont plutôt des littéraires.

Reste quand même une réalité que chacun peut mesurer : le nombre de personnes qui ne peuvent pas vivre décemment de leur travail n’a pas diminué, loin s’en faut et peut-être est de cela dont on devrait parler : VIVRE DECEMMENT.

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LE REVENU UNIVERSEL EN QUESTION

Voilà un reportage qui tombe à point nommé.   En grève de la faim, elle réclame le droit de «vivre de son travail»
On pourrait être surpris que ce soit Le Figaro qui vienne au secours de cette travailleuse pauvre quand on connaît la ligne éditoriale habituelle de ce journal. Mais à y regarder de plus près, il n’y a rien que plus normal. Lire la suite

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L’Irlande casse le thermomètre : Quel aveu !

En Juillet dernier, l’Etat irlandais stupéfia le monde économique en révisant ses prévisions de croissance. Comme je l’indiquais dans un petit commentaire de la presse de l’époque, Les prismes journalistiques : cas n°7 la « croissance irlandaise cela n’avait rien à voir avec l’économie réelle mais beaucoup avec le statut de refuge fiscal, sur lequel l’ile verte fonde sa « prospérité » actuelle.
Mais même pour un esprit aussi facétieux que l’esprit irlandais, cela ne faisait pas très sérieux d’afficher un taux de croissance « révisé » du PIB de 26%, déjà que 7.6% faisait un peu provocateur dans une zone euro dont le PIB ne progressait dans le même temps que d’un tout petit 1.5%. Il y avait donc manifestement « quelque chose de pourri dans le royaume d’Irlande ».
A force de torturer leurs méninges, les technocrates de Dublin ont trouvé la solution. Puisque l’outil de mesure de la santé de notre économie indique qu’il y a quelque chose qui cloche, changeons …l’outil de mesure.  L’Irlande va abandonner le PIB comme étalon de son économie
Et en changeant la façon de mesurer la variation de richesse, les économistes irlandais font un aveu énorme. On abandonne le PIB avec P comme production, pour le remplacer par le RNB avec R comme Revenu. C’est une logique imparable : en effet, ce qu’on veut mesurer ce n’est pas ce qu’on a produit mais le revenu dont on dispose. Ceci a une signification évidente : en prônant ce changement  d’indicateur, l’Irlande déclare à la face du monde qu’elle devient un pays de rentiers, car peu importe ce qu’ils produisent, seul compte ce dont ils disposent pour jouir de la vie.

Reste à vérifier que cet indicateur mesurera l’évolution réelle de conditions de vie de millions d’Irlandais, ce dont je doute fort. Mais ceci est une autre histoire.

Reste aussi que cette décision unilatérale pose d’autres questions, à l’Union Européenne et singulièrement aux pays de la zone euro dont une qui devrait faire sourire les Irlandais si, dans l’aventure, ils n’ont pas perdu leur sens de l’humour : comment pourra-t-on vérifier le respect des critères de Maastricht s’il n’y a plus de calcul du PIB ?(1)

(1) rappelons les critères de Maastricht : déficit public inférieur à 3% du PIB, dette publique inférieure à 60% du PIB

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Les lignes bougent 2. La duplicité de certaines démarches RSE apparaît

Dans le billet précédent, je faisais état de la volonté de la CGPME de se saisir de la démarche RSE pour en faire un élément du dialogue social et non un élément de communication à l’intention de citoyens-consommateurs de plus en plus sensibles aux enjeux environnementaux et sociaux. Certes se plier aux règles de la RSE, c’est accepter AUSSI des obligations administratives mais c’est surtout reconnaître que l’entreprise est le lieu de convergence de plusieurs « parties prenantes » dont les intérêts ne convergent pas forcément mais qu’il va bien falloir faire cohabiter. C’est donc un enjeu du dialogue social comme je l’ai dit mais pas seulement car c’est aussi un sujet de débat avec la société, qu’on appelle parfois civile, allez savoir pourquoi, sur des thèmes comme les droits humains ou l’avenir de la planète.

Pour cela, il y a eu le développement durable qui était censé répondre à ces questions. Les plus grandes entreprises s’en sont emparés et ont créé des directions du développement durable dont la fonction essentielle a été le plus souvent de veiller à ce que le « rapport RSE » soit le plus présentable possible. Maintenant, il y a mieux, du moins en ce qui concerne la protection de l’environnement, il y a l’économie circulaire  Economie circulaire : la conversion de 33 grandes entreprises Le concept n’est pas nouveau puisque la première loi sur l’économie circulaire fut promulguée en 2008…en Chine; mais dans la foulée de la COP 21, le concept connaît un véritable engouement de la part de ces entreprises. L’intérêt marqué des élus pour cette nouvelle façon de concevoir l’économie n’y est certainement pas étranger. Valoriser les ressources locales, réduire les déchets, ce sont des thèmes qui parlent effectivement aux décideurs locaux et si les entreprises leur apportent des solutions toute faites, ils seront ravis. Je note toutefois que le sujet le plus prisé est sans conteste le traitement des déchets, plus que l’éco-conception des produits ou la lutte contre l’obsolescence programmée. Mais c’est peut-être là que le bât risque de blesser. En effet, le traitement des déchets, c’est certes vos ordures ménagères mais aussi les fameux DEEE (déchets des équipements électriques et électroniques). Comme il n’y a pas de solutions rentables localement, certains de ces déchets, (vos téléphones, vos ordinateurs entre autres) prennent la direction de l’Afrique ou du sous-continent indien où ils alimentent une activité parallèle de la récupération qui passent hélas par des conditions de travail particulièrement déplorables. On a tous en tête ces images d’enfants, de femmes ou de vieillards fouillant des montagnes d’immondices à la recherche de ces pépites. Si on pousse jusqu’au bout la logique de l’économe circulaire, les entreprises qui s’engouffrent dans ces nouveaux marchés de traitement des déchets doivent également se préoccuper de ce qui se passe là-bas, à l’autre bout du cycle, si je peux parler de « bout du cercle ». C’est d’ailleurs parce qu’il était conscient que ces entreprises, aux ramifications mondiales, ont également une responsabilité mondiale que le législateur a souhaité inscrire cette responsabilité dans la loi, demandant aux entreprises qui souscrivent à la démarche RSE, d’être irréprochable non seulement en France mais partout où elles ont des intérêts directs ou via des filiales. C’est ce qu’on appelle le devoir de vigilance. Or à deux reprises, le texte a été rejeté par le Sénat Devoir de vigilance : Nouveau rejet du texte par le Sénat avant l’adoption définitive  Compte tenu des règles en vigueur en matière législative, nul doute que le texte sera finalement adopté et c’est tant mieux mais l’histoire retiendra qu’un groupe politique a tenté de bloquer la discussion même de ce texte. L’argument avancé était « la compétitivité des entreprises » et une sénatrice, qui soutient ce texte a justement rappeler que c’est déjà cet argument qui avait été utilisé, il y a plus de 150 ans pour s’opposer à Victor Schoelcher quand il proposa d’abolir définitivement l’esclavage : effet garanti.

Certes, on n’en est plus là heureusement mais la logique reste la même et quand on lit les débats qui ont lieu autour de cette loi Bientôt votée, la loi sur le «devoir de vigilance» fait toujours débat On voit bien qui a inspiré ces parlementaires réticents. Et ô surprise, ce sont les mêmes qui se gargarisent, dans le premier article cité, de se donner corps et âme à l’économie circulaire.

Posture ? ou Imposture ?

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