Mieux vaut en rire-rubrique décidément inépuisable- n°185 : Black is black

«Dépêchons-nous d’en rire aujourd’hui, de peur d’avoir à en pleurer demain. »Beaumarchais
« L ‘humour est la politesse du désespoir. » Oscar Wilde
« On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. »PierreDesproges
« parce que le rire est le propre de l’homme. » Rabelais

L’été 1966 avait été marqué par deux tubes inoubliables, le fameux « black is black » des peu fameux « Los Bravos » et « paint it black », espèce d’objet musical sans saveur des inoubliables [parce que toujours sur scène 60 ans après] Rolling Stones.

Déjà à l’époque le noir fascinait. Cette fascination pour ce qu’on définit comme « l’absence de couleur » ou si vous préférez « l’absence de lumière » ne se dément pas, et cela titille les neurones des chercheurs qui essaient toujours de reculer les limites de l’absolu. Car le noir absolu n’existe pas puisque, jusqu’à présent aucune matière n’était en mesure d’absorber toute la lumière. Mais à force de chercher, il arrive que les chercheurs se transforment en découvreurs. La preuve : https://resistanceinventerre.wordpress.com/Le noir le plus noir du monde découvert par hasard par des chercheurs On applaudit à la performance mais on se demande à quoi tout cela peut bien servir puisque déjà avec le noir de charbon et les différentes nuances de noir des tableaux de Combas, on pensait avoir fait le tour de la question.

Erreur puisque l’étape précédente dans cette quête de l’absolu avait eu une application immédiate : la peinture sans reflet.

Mon Dieu, quelle révolution ! Et du coup, je me dis que la recherche du noir absolu pourrait s’avérer utile dans une époque où le reflet, de soi en général, est la principale raison d’exister de moult individus. Et je ne sais pas pourquoi, en regardant la carte qui illustre l’article qui me sert de prétexte [pour comprendre la suite, il vous faudra lire l’article d’Inventerre], j’ai aussitôt pensé à …Justin Trudeau. S’il avait connu ce noir presque absolu, il ne serait pas aujourd’hui au cœur d’une polémique médiatico-politique qui n’a aucune raison. En effet, grimé en noir abolu, il aurait disparu de tous clichés. Mais d’un autre côté, plus de reflet veut dire plus d’image, quel crêve-coeur pour lui! D’avance je m’excuse auprès de lui et je m’excuse encore de lui demander pardon ,de le mettre ainsi en cause. D’autant que dans la suite de l’article, il aura à cotoyer d’autres personnages moins recommandables ; je veux parler de ceux qui perturbent les rassemblements populaires en France. Comme leur seule raison d’être est d’être visibles dans les médias et comme ceux-ci les montrent complaisamment, pour faire de l’audience, s’il s’habillait en noir absolu, il disparaîtrait et avec leur reflet disparaîtrait leur raison d’être car ils n’intéresseraient plus les médias.

Du coup, rien qu’à ces pensées, la journée paraît beaucoup moins noire !

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Les « triomphes » du nucléaire : la sécurité en question

L’industrie du nucléaire est peut-être encore sous le choc du moratoire touchant un de ses projets phare, ASTRID, mais à en croire les gazettes, elle a actuellement d’autres problèmes plus urgents à régler.

Manifestement le site de Flamanville semble maudit. Non seulement l’EPR peine à naître1, mais encore la centrale de génération précédente n’arrête pas d’avoir des ennuis. Ces jours-ci, on apprend qu’elle est carrément à l’arrêt, comme une éolienne un jour sans vent ou une ferme photovoltaïque, un jour de grand brouillard : https://www.ouest-france.fr/Flamanville : les deux réacteurs de la centrale nucléaire à l’arrêt
Et comme un malheur n’arrive jamais seul, on apprend également que au moins 5 réacteurs présentent des graves anomalies https://lenergeek.com/nucléaire : au moins 5 réacteurs concernés par des problèmes de soudures qui pourraient justifier leur arrêt
Mais qu’arrive-t-il donc à toutes ces centrales. Sont-elles frappées d’obsolescence ? La communication d’EDF est beaucoup plus positive : afin de mieux répondre aux accusations d’insécurité et de laxisme qui lui est parfois faite, cette entreprise a décidé de renforcer ces normes de sécurité et inévitablement, si les contrôles sont plus précis, on découvre plus d’anomalies. Rétrospectivement, on se dit que peut-être on l’a échappé belle !

D’ailleurs, ce sentiment n’est peut-être pas si erroné que cela puisque de leur côté les instances de régulation et notamment l’ASN vient de prendre une mesure qui n’a rien d’anodin : faire une campagne de prévention des risques dans un rayon de plus en plus étendu autour de chaque centrale, fondé notamment sur la distribution massive de comprimés d’iode : https://www.huffingtonpost.fr/Vous habitez près d’une centrale nucléaire? Vous allez peut-être avoir droit à de l’iode Pourquoi maintenant ? Pourquoi autant ? Pourquoi si largement ? On n’est jamais trop prudent, surtout si la probabilité du risque majeur a augmenté.

A cet égard, on notera une autre information fournie par un autre opérateur de la filière l’IRSN, et qui ne concerne pas que la production électrique mais tous les usages du nucléaire https://www.actu-environnement.com/Rayonnements ionisants : forte hausse de l’exposition des travailleurs du nucléaire Cela laisse sous-entendre que la culture du risque inhérente à la filière du nucléaire est peut-être en train de s’étioler, que petit à petit, les entreprises ont relevé les seuils de tolérance, ou que petit à petit, on a laissé s’installer certaines pratiques plus laxistes ou encore que petit à petit de sous-traitance en sous-traitance, les personnes qui travaillent sur ces matières hautement dangereuses sont mieux bien formées et informées des risques encourus et des gestes nécessaires à faire. Au-delà de leur santé, on se dit que c’est peut-être aussi la notre qui est en jeu.

1J’ai noté avec amusement que c’est la même entreprise qui s’occupe de la partie BTP de cet EPR et qui a conçu la partie BTP du projet ASTRID. Il y a là manifestement un « chat noir » dans le béton nucléaire.

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Les « triomphes » du nucléaire : EPR et ASTRID

A tout seigneur, tout honneur. Commençons par ce « fleuron » de l’industrie nucléaire française , l’EPR. C’est parait-il un énorme succès…..en Chine https://lenergeek.com/l’EPR de Taishan : symbole d’une coopération sino-française Vous imaginez, deux centrales inaugurées en moins de deux ans, alors que sur la même base technologique, EDF peine à faire émerger deux projets depuis déjà plus de 10 ans, en France et en Finlande. Quant au projet britannique sur lequel EDF semble beaucoup compter, il vaudrait mieux montrer aux esprits anglo-saxons, sceptiques par naissance, ce qui se passe en Chine plutôt que de les promener en Normandie comme je l’ai déjà relaté. Bon positivons quand même et comme le dit un des dirigeants d’EDF, l’usine chinoise a « bénéficié d’un retour d’expérience important du chantier de Flamanville, ce qui lui a permis d’aller vite au début du projet ». A quelque chose malheur est bon !

Mais le principal triomphe du génie français est passé un peu inaperçu. Et c’est l’oeuvre de notre plus récent prix Nobel de physique, qui du point de vue théorique semble avoir résolu le principal inconvénient de l’énergie nucléaire : la gestion des déchets radioactifs : https://resistanceinventerre.wordpress.com/Avec le laser « on peut réduire la radioactivité d’un million d’années à 30 minutes » : Gérard Mourou, prix Nobel de physique
C’est vrai que s’il devient possible de réduire la radioactivité des combustibles résiduels en une demi-heure, cela rendrait obsolète des installations comme Bure et l’énergie nucléaire serait vraiment une énergie très propre. Mais tout ceci est évidemment au conditionnel et comme toutes les promesses géniales de la filière nucléaire depuis quarante ans (surgénérateur, Phénix, Superphenix, ITER), cela va prendre beaucoup, beaucoup de temps, consommer beaucoup, beaucoup d’argent et cela peut se terminer comme les aventures susmentionnées par un gigantesque fiasco. Cela dit poursuivre la recherche dans ce sens a sûrement plus de sens que de se lancer dans des aventures sans lendemain immédiat. C’est ce que semble avoir compris le gouvernement actuel quand il a mis fin (provisoirement, dit-il) au projet ASTRID.

Tiens voilà encore une information importante qui est passée inaperçue dans l’atonie de l’été. Si vous ne savez pas ce qu’est ASTRID, ce qui était mon cas il y a encore quelques heures, reportez vous utilement à ……Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/Astrid (réacteur) Ainsi il semblerait que, profitant de la manne que l’Etat français déversait sur la recherche publique lors de la relance de 2008, les nucléocrates avaient réussi à faire renaître Superphénix de ses cendre. 750 millions plus tard, on s’est rendu compte que c’était peut-être de l’argent inutilement gaspillé et qu’il était urgent d’attendre ….2050 que les choses mûrissent.

Aussitôt la filière a hurlé à la mort : https://www.usinenouvelle.com/L’abandon du projet Astrid menace la filière nucléaire en France pour finalement convenir que tout n’était pas foutu pour eux https://www.usinenouvelle.com/Après Astrid, que reste-t-il de la recherche nucléaire en France ?

Cette aventure avortée de la filière sodium nous apprend deux ou trois choses. La première est que la réduction des déchets reste la préoccupation essentielle puisque la promesse principale de la filière sodium est bien d’utiliser au maximum, non seulement l’uranium brut mais aussi les déchets laissés par la filière eau pressurisée. Cette obsession du déchet est bien la preuve que l’industrie nucléaire sait que lorsque tous les autres problèmes auront été résolus, restera toujours cette hypothèque : l’amoncellement de déchets dont l’élimination est aujourd’hui impossible et que c’est cela qui, in fine, obscurcit l’avenir de la production électrique d’origine nucléaire. Tant que cette question n’aura pas trouvé de solution pérenne, le principe de précaution voudrait qu’on s’abstienne d’aller plus loin, pour le moment et de consacrer l’essentiel de l’effort de recherche à la résolution de ce qui apparaît pour l’instant comme la quadrature du cercle. Donner le temps au temps, c’est souvent la voie de la sagesse et c’est peut-être celle qu’est en train de prendre le gouvernement actuel. Après tout, si notre Prix Nobel a raison, attendre une quinzaine ou une vingtaine d’année n’est pas rédhibitoire, surtout si on considère rétrospectivement, le temps et l’argent qui ont été perdu entre les projets Rapsodie (1957), Phénix(1973-2010) et Superphénix(1984-1997). Acquérir un peu plus de sagesse serait un triomphe pour cette aristocratie de la recherche française.

PS : Quand j’écris « lorsque tous les autres problèmes auront été résolus », je veux parler bien entendu les problèmes liés à la sécurité même des installations nucléaires.

Mais ceci est une autre histoire qui fera l’objet dès demain d’un autre « triomphe » du nucléaire

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Les mouchards de la République

Comme tous les présidents de la République depuis Giscard d’Estaing, l’actuel locataire, à titre précaire, du Palais de L’Elysée fait de la « REFORME » un axe majeur de son action politique. Donc, ceux qui ont grandi dans l’Administration dès leur début de carrière en 1974 quittent actuellement celle-ci en ayant toujours eu comme fil conducteur de leur action administrative, la réforme de cette action.

C’est dire si l’action réformatrice a été inefficace, un peu comme si la «REFORME » avait été leur horizon[ligne imaginaire qui recule au fur et à mesure qu’on avance].

Manifestement ce président réformateur a décidé qu’il était temps que cette plaisanterie cesse et que les choses se fassent réellement. Mais comme beaucoup de réformateurs, il est impatient que les dossiers avancent et que des résultats soient visibles. Comme ce président se targue d’être dans l’esprit des entreprises de haute technologie,ce qu’on appelle « l-esprit-start-up », sans qu’on ait bien défini de quoi il s’agit, il a décidé de doter ses ministres d’un programme informatique de suivi , une « appli » en langage star-upien, leur permettant de suivre les progrès de leur administration dans le sens de la réforme et surtout de pouvoir en rendre compte : https://www.planet.fr/Emmanuel Macron flique-t-il ses ministres ? Cette application qui les effraie beaucoup A priori, c’est plutôt une bonne idée, compte tenu du caractère pédagogique que pourrait avoir l’utilisation de cet outil au sein de chaque ministère pour mettre en valeur les efforts faits par des services et inciter les autres à en faire autant. Et puis un outil qui donnera en temps réel, l’état exact des actions publiques, cela évitera ces grands messes rituelles, qui prennent des semaines à préparer, où chaque ministre, ou son représentant, égrène toutes les initiatives que « haut fonctionnaire chargé de la réforme »a été glâné dans les services ,ce qui ressemble plutôt à un inventaire « à la Prevert » tellement chaque service s’est battu les flancs pour trouver quelque chose « qui fasse moderne » dans son fonctionnement. Voilà beaucoup de temps gagné pour beaucoup de monde et en soi, c’est déjà une sacrée réforme.

Par contre, à partir du moment où cela a été conçu directement par le sommet de la pyramide et imposé aux ministres, on peut penser que les intentions n’ont rien de pédagogique mais bien de contrôle actif, ce que dans le langage anté-start-up, on aurait appelé du caporalisme. Peut-être cela marchera-t-il mais dans un quinquennat précédent, un ministre chargé de la réforme s’y était déjà cassé les dents avec le grand flop de ses audits, dont on rit encore dans les ministères.

Donc, une appli, c’est peut-être pas la solution, car c’est rajouter de la technologie à une démarche technocratique. La techno, en musique déjà je n’en raffole pas mais dans l’administration des hommes, c’est carrément insupportable.

Qu’à cela ne tienne, on va donc mettre de l’humain dans la mécanique. « Aussitôt pensé, aussitôt fait! » telle est la devise des réformateurs pressés. Et voilà le résultat : https://www.acteurspublics.frBientôt un onzième collaborateur dans les cabinets ministériels Voilà une excellente idée. Pour avoir été quelques années, haut fonctionnaire en charge de l’impulsion et du suivi des réformes, j’apprécie à sa juste valeur l’adjonction d’un onzième homme dans les cabinets ministériels pour «  veiller à la bonne exécution des politiques publiques et des objectifs de réforme fixés par le président de la République » Mais là aussi, il ne faudra pas se tromper de méthode. Si le but c’est de créer une saine émulation entre les grandes directions de chaque ministère, de faire en sorte que soit reconnus les mérites de ceux qui s’activent, de faire connaître à l’extérieur tout ce qui est fait et de faire connaître à l’intérieur de chaque ministère ce que les autres font, c’est tout bénéfice. S’il s’agit aussi de donner du sens à chaque initiative, de la resituer dans un parcours d’évolution et de marquer ainsi que toute réforme est d’abord une affaire de petits pas continus avant d’être un grand bond en avant, il est en effet important qu’il y ait un aiguillon, avec suffisamment d’autorité pour être entendu, capable de « donner du temps au temps ».

Par contre, si ce onzième homme est ce qu’on appelait dans les régimes soviétiques, « l’oeil de Moscou », on peut être certain que les observés vont faire tout leur possible pour paraître « dans la ligne », mais ce ne sera que du paraître. L’échec est donc garanti, « appli » en sus ou non.
Après tout, dans le langage footballistique, le onzième homme, c’est « le gardien » de but. En fait quand l’équipe marche bien, il ne touche presque jamais le ballon et c’est tant mieux ; par contre quand ça ne tourne pas rond, il est à l’ouvrage et il y a intérêt à ce que ce gardien soit bon, c’est le dernier rempart et de toute façon, celui qui ramasse le ballon au fond des filets. Onzième homme dans ces conditions, ça me va.
Mouchard, par contre,ça me plaît déjà moins. Rappelons que ce mot de mouchard vient de l’argot en vigueur au XVIII° et XIX° siècle où on désignait du sobriquet de « mouche » les informateurs de la police secrète du roi puis de l’empereur. Or, une mouche, dans la tradition populaire, c’est celle qui importune, qu’il faut chasser, voir qu’on doit éliminer à coup de « tue-mouche ». Mais c’est aussi, depuis La Fontaine, « la mouche du coche », c’est à dire celle qui ne fait rien, qui virevolte en incitant les autres à faire et qui fait savoir qu’elle s’agite beaucoup.

De grâce, évitons donc ces mouchards de la République !

Etre à l’écoute, certes mais pas « téléphonique ».

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L’ESS part-elle de la base ou du sommet ?

Les communes de moins de 1.000 habitants voient leurs commerces se fermer les uns après les autres et dans le meilleur des cas, la vie de ces communes ne se maintient que parce le prix du m² constructibles est tellement bas que des urbains souvent de milieu modeste, ont « choisi » de venir vivre à la campagne. Ces néo-ruraux gardent pendant un certain temps les modes de vie urbains et l’essentiel de leur vie économique se passe dans le pôle urbain le plus proche ; donc si le village ne meurt pas complètement, il n’en a pas moins perdu une partie de son âme.

Mais certaines communes ne sont pas restées les deux pieds dans le même sabot et ont pris leur destin en main. Sans aller très loin, j’ai sous la main deux exemples à moins de 20 kilomètres l’un de l’autre :
https://www.ouest-france.fr/Locquénolé. Un avenir prometteur pour le Ty Guénolé
https://www.letelegramme.fr/Commerce. L’épicerie est en service au Cloitre-Saint-Thégonnec

Pour fixer les idées, Locquénolé est une commune de 791 habitants à 7 kilomètres de Morlaix et Le Cloître-Saint-Thégonnec est une commune de 663 habitants à 16 kilomètres de Morlaix.

Et ce n’est peut-être pas tout à fait un hasard qu’à moins d’un an d’intervalle, deux commerces aient ainsi rouvert dans ces petits villages. Sans forcément y voir un lien de cause à effet immédiat, je ne peux m’empêcher que cela est en lien avec une étude-action menée avec des étudiants de Brest sur la ruralité et la revitalisation des communes rurales péri-urbaines. Et il n’est peut-être pas innocent non plus de signaler que cette étude-action a été menée par le pôle ESS du Pays de Morlaix (ADESS du Pays de Morlaix), qu’elle a pris au moins deux ans et que ces projets n’ont émergé qu’au bout de deux ou trois autres nouvelles années.

C’est pourquoi, j’accueille avec beaucoup de circonspection cette annonce faite par un des barons de la Macronie version « French Tech » : https://www.lanouvellerepublique.fr/Le groupe SOS veut ouvrir 1.000 nouveaux cafés dans les campagnes En effet, connaissant le fondement idéologique de ce groupe, fondateur et principal promoteur du concept « d’entrepreneur social », je crains fort que cet appel à projet ne soit en fait qu’une belle étude de marché et de repérage des lieux d’implantation possibles de franchises labellisés « groupe SOS ».
J’espère me tromper, mais il serait dommage que sous couvert d’une démarche dite participative, on implante dans les villages français en voie de désertification un succédané des franchises existant en ville sous une forme plus sophistiquée (je vous laisse trouver par vous-même, une bonne demi-douzaine d’enseignes correspondant à cette définition) qui soit vendraient du café, soit de la restauration, soit de l’épicerie. Je crains que les promoteurs de cet appel à projet aient oublié qu’une démarche associant les habitants prend nécessairement du temps et qu’il n’est pas sûr que des affirmations du genre «  avoir choisi le concept du café plutôt qu’un autre commerce pour sa convivialité : « Ce n’est pas seulement un lieu où l’on passe : il y a des échanges et des rencontres. » Et puis « il est plus facile de vendre du pain dans un café que de vendre du café dans une boulangerie » soient de nature à ouvrir les débats.

Cela dit, je peux me tromper et alors ce serait tout à l’honneur du groupe SOS de mettre tout le poids de sa force logistique au service de projets, pensé, financés et gérés par les habitants eux-mêmes et donc forcément différents dans le Cantal et dans les Monts d’Arrée, dans les Côtes de Meuse et dans la Creuse.

La suite nous dira donc si ces initiatives locales de renouveau du monde rural participeront d’une démarche d’Economie Sociale et Solidaire venant des intéressés eux-mêmes ou alors d’une démarche technocratique impulsée par le haut visant à imposer dans les campagnes françaises un modèle unique, un peu comme dans les années 60 d’autres technocrates avaient envisagé d’équiper les communes avec des infrastructures socio-éducatives standardisées, identiques aux six coins de l’Hexagone., les mille clubs. Déjà les 1000!

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Mieux vaut en rire- rubrique décidément inépuisable- n° 184 un code de la route sur la voie lactée

«Dépêchons-nous d’en rire aujourd’hui, de peur d’avoir à en pleurer demain. »Beaumarchais
« L ‘humour est la politesse du désespoir. » Oscar Wilde
« On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. »PierreDesproges
« parce que le rire est le propre de l’homme. » Rabelais

Les avis divergent sur la date d’invention de l’automobile mais pour ménager les susceptibilités nationales, disons que l’automobile fut inventée aux alentours des années 1880 , mais il a fallu attendre 1921 pour que soit institué en France un Code de la Route et un permis de conduire http://aujourdhui.over-blog.fr/article-27-mai-1921-creation-du-code-de-la-route-74785763.html Il aura donc fallu quarante ans pour qu’on se rende compte que la multiplication de ces véhicules roulant à très vive allure (environ 60 à l’heure) était devenu un thème de sécurité publique et que devant les abus de ces chauffards, il convenait de légiférer afin de maintenir un minimum d’ordre public sur les voies encore mal adaptées à cette nouvelle situation.

Cela fait maintenant 61 ans que l’être humain envoie dans l’espace des engins et même si la fréquence des envois est moins stakhanoviste que les chaînes des usines Ford de Detroit, cela commence à faire pas mal d’objet qui se baladent au-dessus de nos têtes. Un jour ou l’autre, il y aura fatalement un accrochage.
D’ailleurs, les autorités spatiales ont pris conscience du problème et à défaut de réglementer la circulation dans l’espace, certains s’efforcent de le rendre encore fréquentable : https://www.euractiv.fr/L’Europe s’attèle au grand nettoyage de l’espace
Il était temps d’ailleurs car les risques de collision ne sont plus des vues de l’esprit, d’autant que les nouveaux opérateurs, privés, n’ont pas forcément les mêmes standards en matière de sécurité.

La preuve ces jours-ci, il y a failli avoir le premier télescopage de l’histoire https://www.ouest-france.fr/L’Agence spatiale européenne évite de justesse une collision avec un satellite de Space X

Imaginez ce que cela peut impliquer de devoir légiférer au niveau mondial en matière de circulation spatiale. Va-t-il falloir créer un corps de « motards » de l’espace capable de verbaliser en l’air ? Va-ton sur le schéma adopté par la France en 1921 instaurer simultanément un code le d’espace et un permis de conduire des engins spatiaux ? Et qui verbaliserait ? Au hasard, parmi les règles à établir, faudra-t-il doubler par la droite comme au Royaume-Uni ou par la gauche comme presque partout ailleurs et puisqu’on est dans un univers en trois dimension, faudra-t-il doubler par au-dessus ou par en-dessous ? Autant de questions existentielles qui vont, n’en doutons pas, occuper de nombreuses conférences internationales, pendant quelques années. Espérons que pendant ce teps, ils sauront se tenir tranquille. Mais les réactions de Space X à cette collision évitée ne laisse pas d’inquieter : « …Un porte-parole de SpaceX a expliqué qu’un « bug » a touché un système de communication, ne lui permettant pas d’être informé correctement d’une augmentation du risque de collision…. »

Et dire que dans un avenir proche, ce n’est pas 60 engins mais 12.000 qu’Elon Musk prévoie d’envoyer dans l’espace.

Et dire que c’est le même Elon Musk qui est un des plus ardents promoteurs des voitures autonomes.

Du coup, ça craint aussi sur terre où pourtant il y a des codes de la route!

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Mentir vrai ?

« Parler vrai », « agir juste » , tels étaient les deux slogans que je mettais en avant dans un récent billet1 pour inciter les dirigeants politiques à avoir le courage d’être réalistes. Manifestement, cela est également vrai des dirigeants économiques.
En effet, dans le courant de l’été2, j’avais émis l’hypothèse que les choses changeaient dans le monde des entreprises mondialisées à partir du moment où les actionnaires faisaient voter en assemblées générales des motions en faveur du climat et l’exemple retenu était emblématique puisqu’il s’agissait d’une entreprise pétrolière.
Hélas, il faut bien constater qu’il y a encore loin de la coupe aux lèvres et que les bonnes intentions tardent à se transformer en actes, du moins si j’en crois les résultats d’une étude menée par une ONG qui semble connaître son sujet : https://www.novethic.fr/les majors pétrolières ont approuvé 50 milliards de dollars de projets incompatibles avec l’accord de Paris
Que faut-il en conclure ?

Tout d’abord, soyons positif et constatons que c’est un des bienfaits de ces conférences des parties qui se réunissent tous les ans, d’avoir permis l’émergence de ce genre d’observatoires. Cela permet à tout moment d’avoir des arguments pour rappeler aux parties prenantes à ces COP et notamment les Etats que les accords internationaux et notamment l’Accord de Paris n’ont de valeur que si toutes les parties et ici nommément les Etats et les Entreprises de taille mondiale mettent en accord leurs propos et leurs actes. Comme le cap est fixé, comme le cheminement pour y arriver commence à être bien balisé, il devient alors évident de voir si l’objectif pourra finalement être atteint et dans le cas contraire qui est responsable et de quoi.

Maintenant, si on est pessimiste, on en conclura désabusé que, de toute façon, il fallait s’y attendre : avec les patrons, il n’y a que des mauvais coups à prendre et que le seul moyen de les faire évoluer, c’est de leur tordre le bras ou de les frapper là où ça fait le plus mal, du côté du portefeuille. C’est une option.

Cela dit, rien n’empêche d’être un peu réaliste et de se dire que ces grosses machines économiques sont un peu comme les pétroliers géants qu’elles commanditent : leur force d’inertie est telle que la correction du cap ne peut être que progressive et que la réorientation de leur activité peut prendre des années.

Conclusion de tout cela : il faut que les ONG continuent à mettre la pression en mettant en évidence ces contradictions entre les paroles et les actes car, au cas où les pessimistes auraient raison, ce seront autant de vecteurs de communication pour faire bouger les opinions publiques qui sont composées de consommateurs (frapper au portefeuille) mais aussi de citoyens (les Etats sont plus légitimés à leur tordre le bras, via des normes et des règlements plus coercitifs). Si par contre il s’agit de vaincre des inerties structurelles, ces rappels de plus en plus alarmistes sont de nature à accélérer les manœuvres de retournement, un peu comme dans un port, les petits « tchouk-tchouk » des lamaneurs ou des pilotes de port aident les mastodontes des mers à se mouvoir dans un espace de plus en plus réduit.

1Je ne mets volontairement pas le lien avec ces articles dans le corps du billet de façon à ne pas alourdir le texte et surtout pour ne plus céder à cette mode des médias écrits dont certains abusent de ces auto-citations de façon à inciter leurs lecteurs à aller voir ailleurs sur le site afin d’augmenter l’audience. Du coup, soit vous croyez sur parole, soit vous allez fouiller dans mes archives
2Même remarque

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