Environnement : « J’ai confiance dans la justice de mon pays ! »

De plus en plus souvent, des dossiers d’atteinte à l’environnement aboutissent devant les tribunaux qu’il s’agisse de faire cesser une pollution, de prévenir une détérioration de l’environnement lié à un projet insuffisamment préparé ou pour obtenir réparation d’un préjudice subi du fait du non-respect des dispositions du code de l’environnement.

Toutefois, ces affaires ne sont pas toujours prises suffisamment en compte par les magistrats du parquet ou du siège et trop souvent les procédures n’aboutissent pas ou sont mal jugées.

C’est pourquoi la circulaire pénale que vient de prendre la ministre de la justice est importante pour tous ceux que l’impunité des pollueurs de tous poils révulsait.

Cela doit particulièrement réjouir les associations de défense de l’environnement qu’elles soient ou non agréées comme telles par la préfecture, puisque les parquets et les parquets généraux sont invités à les rencontrer pour mieux comprendre leurs attentes.

Cela doit également réjouir tous les écologistes qui, pas toujours aux faits des arcanes de l’administration et de la justice française, voient leurs combats se perdre dans les sables de la complexité bureaucratique et de l’incommunicabilité entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif représenté localement par son administration.

Cela va réjouir enfin tous les citoyens qui se sentent bafouer dans leur citoyenneté en constatant, pollution après pollution, que les lois et règlements ne sont pas appliqués faute d’une volonté ou d’une capacité à les faire respecter.

http://www.justice.gouv.fr/la-garde-des-sceaux-10016/mieux-lutter-contre-les-atteintes-a-lenvironnement-28022.html

Mieux lutter contre les atteintes à l’environnement                                                                      

Publication d’une circulaire de politique pénale adaptée aux enjeux locaux

C’est apparemment un grand progrès en matière de défense de l’environnement mais ce n’est pas une nouveauté. Il y a déjà eu des circulaires qui allaient dans le même sens mais que, faute de moyens, la Chancellerie n’a pas pu faire appliquer. La nouveauté  est ici que les liens entre procédures administratives et procédures pénales vont être renforcés, que les associations de défense de l’environnement seront mieux prises en compte. Il est bon aussi que soit rappelé que les atteintes à l’environnement doivent être prises en tant que contravention directe au code de l’environnement mais aussi pour leurs conséquences notamment pour la santé humaines, comme la référence aux compétences environnementales des pôle Santé Publique semble l’indiquer.

Mais c’est à leurs résultats qu’on juge la portée des textes. C’est pourquoi par exemple qu’il sera intéressant de voir comment le parquet va prendre en compte cette nouvelle circulaire  pour intervenir dans des affaires comme celles-ci

http://www.ouest-france.fr/pesticides-la-famille-dun-viticulteur-decede-porte-plainte-3353561

Pesticides. La famille d’un viticulteur décédé porte plainte

Mais il est vrai que le cas peut être un peu complexe. Par contre, si on en reste à des affaires plus classiques de pollution, voici un cas intéressant à plus d’un titre.

http://www.ouest-france.fr/environnement-le-ruisseau-victime-dune-pollution-lechalote-3242786

Environnement. Le ruisseau victime d’une pollution à l’échalote

Tout d’abord, il s’agit apparemment d’une pollution « accidentelle » d’un cours d’eau donc la recherche des responsables sera assez facile, mais derrière tout cela, il y a une seconde responsabilité. Si ces échalotes se sont retrouvées là, c’est que des légumiers en colère les avaient déversées sur la voie publique (3.500 tonnes tout de même) et qu’il a bien fallu s’en débarrasser d’une manière ou d’une autre et celle-là n’est sûrement pas la plus judicieuse. Il n’y aurait pas cette première atteinte à l’environnement que constituait ce déversement sur la voie publique, la seconde pollution n’aurait certainement pas eu lieu. Jusqu’où ira le parquet dans la recherche des responsables ?

Et je ne sais pas pourquoi, cette affaire d’échalote à Morlaix m’en rappelle une autre, à peine plus ancienne, qui n’est peut-être pas une atteinte à l’environnement mais reste quand même la conséquence du sentiment d’impunité de quelques uns qui considèrent que le domaine public peut servir de défouloir à leur colère, quand bien même celle-ci serait justifiée : l’incendie le Hôtel des Impôts de Morlaix. Excédés, un collectif de citoyens a décidé d’apporter son soutien aux services judiciaires pour que, CETTE FOIS, ils aillent jusqu’au bout

http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/2015/02/20/morlaix-tous-les-19-de-chaque-mois-les-citoyens-sonnent-le-tocsin-659145.html

A Morlaix tous les 19 de chaque mois les citoyens sonnent le tocsin

Ils semblent avoir été en partie entendu puisque dans les jours qui ont suivi cette manifestation de février, une série de garde à vue a été déclenchée par le parquet. Mais il faut soutenir cette vaillance nouvelle du Parquet brestois. C’est pourquoi ce collectif continue et continuera à se réunir et sonner le tocsin, le samedi le plus proche du 19 de chaque mois sur le parvis de la mairie de Morlaix, pour clamer que décidément, ils font confiance à la justice de leur pays mais comme disait Vladimir Oulianov, que « la confiance n’exclut pas le contrôle. » En d’autres termes, la vigilance, n’est pas synonyme de méfiance bien au contraire, elle est un adjuvant de la confiance, dans le domaine environnemental également. C’est pourquoi, en matière environnementale, j’ai confiance dans la justice de mon pays, les yeux grands ouverts.

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Le Produit Marin Brut, quelle fausse (bonne) idée !

Nous savons tous que pour faire passer une idée, il faut COM-MU-NI-QUER et que souvent la communication est une simplification de l’information.  C’est un peu ce que fait cette ONG environnementaliste en essayant de trouver une approche-choc pour attirer l’attention sur les menaces qui pèsent sur les océans http://www.ouest-france.fr/oceans-une-richesse-de-24-000-milliards-de-dollars-menacee-3353557 Océans. Une richesse de 24 000 milliards de dollars menacée

Il n’est pas sûr que ce message soit clairement audible par le grand public, ce qui en soit ne serait un problème que pour WWF qui aurait ainsi raté sa campagne de communication. Mais le pire serait que cette campagne ait une audience et que les gens croient à la lettre ce que communique WWF.

En effet,  en adoptant cette approche de la valeur des océans, les auteurs de cette campagne accrédite l’idée que la nature est une valeur marchande puisqu’elle a une valeur monétaire. A l’heure où de plus en plus de voix s’élèvent pour dire que toute la vie ne peut se résumer à un seul chiffre, celui du P.I.B, alors que les députés français ont adopté à une large majorité la proposition de loi de la députée écologiste Eva SAS  sur la prise en compte par l’Etat de nouveaux indicateurs de richesse, complémentaire du PIB, alors que, au moins deux prix Nobel d’économie ont dit la même chose, il est paradoxal qu’une organisation dont la raison d’être est justement de dire que le monde ne doit pas être régi par la seule économie, utilise un mode de communication qui singe celui des économètres.

Du coup, on aboutit à un message brouillé et à une communication paradoxale : les bancs de coraux de la Grande Barrière au large de l’Australie sont menacés, alors que justement ces bancs de coraux n’ont aucune valeur marchande.

Une telle évolution n’est peut-être pas étrangère au fait que  WWF s’est appuyé sur les conseils éclairés du cabinet de consultants Boston Consulting Group qui est une  des principales fabriques de la pensée économique des plus grandes entreprises mondiales et à ce titre tête chercheuse du noé-libéralisme et inspirateur notamment de la conversion de ces grands groupes à « l’économie verte » dans sa version greenwashing.

C’est avec ce genre de subterfuges que des cabinets comme le BCG ont réussi à faire prendre pour une solution miracle « les mesures compensatoires », quelle que soit la forme que celles-ci prennent, alors qu’elles ne sont rien d’autres qu’un droit à polluer que s’octroient moyennant finances les puissances économiques de ce monde.

C’est pourquoi le « Produit Marin Brut » est vraiment une  trés mauvaise « bonne idée »

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COP 21 La loi du plus fort

Le sommet de Paris se veut une étape importante dans la prise en compte des changements climatiques par la communauté internationale pour qu’enfin les décisions devenues nécessaires soient prises.

A ce stade-ci, on se retrouve dans la même situation diplomatique qu’avant Copenhague, c’est-à-dire des pays qui les uns après les autres montrent leur bonne volonté, avec plus ou moins de bémols. Il y a d’abord eu ce geste spectaculaire conjoint de la Chine et des Etats-Unis http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/11/12/chine-et-etats-unis-concluent-un-accord-inedit-sur-le-climat_4522109_3244.html Chine et Etats-Unis concluent un accord inédit sur le climat
Puis les prises de position se sont affinées et les contributions positives commencent à arriver http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/cop21-la-russie-et-les-etats-unis-devoilent-leur-objectif-climat-465518.html COP21 : la Russie et les Etats-Unis dévoilent leur objectif climat

Certes, cela reste bien timide mais cela peut se comprendre. Premiers pollueurs, ces pays ne sont pas en première ligne pour affronter les effets dévastateurs des changements climatiques même si chez eux, cela devient de plus en plus visible que les épisodes climatiques extrêmes prédits par le GIEC se multiplient.

Mais dans d’autres pays les effets se font déjà beaucoup plus sentir sauf que jusqu’à présent, ceux-ci n’avaient pas voix au chapitre, soit parce qu’ils ne le voulaient pas, soit parce qu’ils ne le pouvaient pas. Ils se réveillent et cela change un peu les choseshttp://www.novethic.fr/empreinte-terre/climat/isr-rse/climat-en-amont-de-la-cop-21-des-pays-en-developpement-publient-aussi-leur-contribution-nationale-14.html climat : en amont de la COP 21, des pays en développement publient aussi leur contribution nationale

On aurait donc toutes les raisons d’être optimiste pour le mois de décembre 2015. Nous en avions tout autant six mois avant le sommet de Copenhague. On connaît le résultat décevant qui en est sorti.

En effet, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’abord et avant tout d’une négociation internationale où les intérêts des puissances financières des Etats présents pèsent parfois plus que l’intérêt des citoyens de ces Etats et le retournement de situation qu’on a constaté à la fin de l’automne 2009.

D’ailleurs, cela a déjà commencé aux Etats-Unis où les mentalités n’ont manifestement pas changé. http://www.novethic.fr/empreinte-terre/climat/isr-rse/etats-unis-comment-les-climato-sceptiques-essaient-d-imposer-leur-loi-143219.html Etats-Unis : comment les climato-sceptiques essaient d’imposer leur loi. Dans un pays où même les théories de Darwin n’ont pas droit de cité dans tous les universités de tous les Etats, au nom de croyances religieuses, cela n’est guère étonnant, sauf qu’en l’occurrence, cela fait bien les affaires de ceux qui ne pensent justement qu’à « ça » : faire des affaires.

La partie n’est donc pas gagné d’avance et tout va résulter du rapport de force. Tout va donc dépendre de la mobilisation des uns et des autres. Bien sûr, les ONG françaises se sont déjà mobilisées comme ATTAC https://france.attac.org/se-mobiliser/changeons-systeme-pas-climat, Les Amis de la Terre http://www.amisdelaterre.org/Mobilises-pour-et-apres-la-COP21.html mais aussi des associations d’élus comme L’ARENE http://www.areneidf.org/page-th%C3%A9matique/conf%C3%A9rence-paris-climat-2015-cop-21%C2%A0-quelle-mobilisation-de-l%E2%80%99arene. Cela ne suffira sans doute pas si d’autres ne s’y mettent pas aussi. A cet égard, un renfort de taille peut venir des entreprises elles-mêmes. En effet certaines ont bien compris que leur survie est liée à la survie de la planète et pour elles, la RSE, ce n’est pas seulement un beau rapport, ce sont aussi des opportunités d’évolution à condition de savoir gérer correctement leur innovation. C’est pourquoi des réflexions comme celle reprise dans l’article ci-dessous peuvent se révéler levier intéressant pour faire évoluer les stratégies d’entreprises et donc modifier le rapport de force http://www.novethic.fr/empreinte-terre/economie-circulaire/isr-rse/innovation-la-frugalite-nouvelle-responsabilite-de-l-entreprise-143177.html L’innovation frugale, nouvelle responsabilité de l’entreprise ?

Evidemment, ce mode de penser a ses limites, la première d’entre elles est inhérente au système capitaliste lui-même. En effet, la frugalité ne doit pas être que dans l’innovation mais aussi dans la motivation. Tant que le but du capitalisme sera la maximisation du profit, tout le reste sera vain ou d’un effet très limité. Or, il est devenu urgent d’avoir des solutions très efficaces.

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Lobby’s Champions League : Monsanto bat Avril 1à 0

Si vous vouliez avoir la preuve que Bruxelles est parfois un gigantesque champ de foire où les plus habiles bonimenteurs (dedans il y a « menteurs ») et les plus tenaces lobbyistes arrivent toujours à leurs fins et que ce qui se croient en terrain conquis en prennent pour leur grade.

Commençons donc par les agro-carburants, ceux qu’on appelle de faussement « bio-carburants » en France. Ils avaient, il n’y a guère, le vent en poupe. Il faut dire que les groupes d’influence de l’agro-industrie n’avaient pas lésiné sur la démonstration que c’était vraiment l’alternative écologique aux carburants fossiles jusqu’à ce que les parlementaires s’aperçoivent que ce n’était pas vrai et les effets négatifs de cette fausse bonne solution l’emportaient nettement sur les aspects positifs.

http://www.novethic.fr/lapres-petrole/mobilite-durable/isr-rse/agrocarburants-le-desaveu-de-l-union-europeenne-143207.html

agrocarburants : le désaveu de l’Union Européenne

Et tout le savoir-faire en matière de séduction des pouvoirs publics du patron de la FNSEA n’a pas réussi à masquer ces évidences. Résultat : les entreprises qui vivaient largement des avantages accordés à ces carburants se voient remises à leur juste place. Donc au niveau de la compétition européenne, le champion français Avril, aux destinées de laquelle préside le susnommé patron syndical, vient de se prendre une tôle de première grandeur. Mais il lui reste le championnat national où ses arrières semblent encore bien assurés.. jusqu’à ce que des parlementaires réveillés par leurs collègues européens, se rendent compte qu’il est temps de mettre fin à cette rente fiscale qui est accordée aux adjuvants d’Avril

De l’autre coté, il y a une entreprise qui discrètement est en train de passer par les ailes puisque au centre la défense est renforcée. Par une longue passe lobée, les entreprises productrices d’OGM, Monsanto en tête, sont en train de contourner le principe de l’interdiction générale en introduisant le principe des importations à la carte

http://www.euractiv.fr/sections/sciences-legislation/les-importations-la-carte-dogm-se-precisent-313780

Les importations à la carte d’OGM se précisent

Vieille technique des Horaces et des Curiaces ou diviser pour mieux régner mais ça marche toujours car il y a toujours un parmi 27 qui va jurer ses grands dieux que pour son économie c’est vital.

Le match n’est pas encore joué mais on peut s’attendre à ce que certains marquent contre leur camp.

Le pire c’est que dans cette autre compétition européenne, le champion sera ..américain.

Résultat Monsanto 1- Avril 0

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Gaspillage alimentaire : quel M-E.L(1)i M-E.Lo !

Voilà un député, Monsieur Garot qui propose une loi qui devrait satisfaire tout le monde.

http://www.ouest-france.fr/gaspillage-alimentaire-un-enjeu-ethique-economique-et-ecologique-3332223

Gaspillage alimentaire. « Un enjeu éthique, économique et écologique »

Le propos est clair, le principe est lumineux et généreux et qu’on veuille aller vite est la preuve que ce monsieur a de l’énergie à revendre, sauf que…. jusqu’à il y a peu il était à la fois le bras droit du ministre de l’agriculture en tant que ministre délégué à…l’alimentation, et le bras droit de la ministre de l’écologie en tant que n° 2 du courant de cette dame au sein du Parti Socialiste, c’est-à-dire les deux destinataires de son rapport. On se demande pourquoi il ne l’a pas fait alors si c’était aussi urgent. Certains ont décidément l’esprit d’escalier après avoir eu celui de l’ascenseur au moment des désignations ministérielles. Mais comme le dit un livre sacré d’une religion très répandue en Europe, « Il y a plus de joie dans la maison du Père pour un pêcheur converti que pour… »

L’enjeu est, dans l’ordre, éthique, puis économique et enfin écologique. Ce classement n’est pas sans signification

Ethique d’abord, donc on fait appel à la morale, en fait à la culpabilité. Mais qui est coupable ? le consommateur ? le marchand ? Puisque cela finit à la poubelle, c’est forcément le consommateur.

Economique ensuite. Là on fait appel à notre porte-monnaie, en fait à notre pouvoir d’achat. Ignorant de consommateur, si tu dépensais moins en bouffe, tu pourrais te payer un machin électronique très cher et inutile tous les ans. Ou alors, tu pourrais moins nous les casser avec tes revendications salariales

Ecologique enfin. Ah tiens ! on se rend enfin compte que gaspiller des produits alimentaires, c’est épuiser inutilement la terre. Et si c’était la priorité numéro 1. Décidément comme on dit dans les publicités « nous n’avons pas les mêmes valeurs ! »

Evidemment comme ce monsieur est socialiste, donc de gauche (rires dans l’assistance !), il met aussi les entreprises à contribution, c’est-à-dire ici les grands de la distribution. L’idée est a priori intelligente sauf que…non !

http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/gaspillage-alimentaire-pourquoi-obliger-les-supermarches-a-donner-ne-resoud-rien_1670961.html

Gaspillage alimentaire: pourquoi obliger les supermarchés à donner ne résout rien

Mettre en avant des contraintes logistiques ou réglementaires et le faire dire par ceux qui devaient être les principaux bénéficiaires, c’est du lobbying grand art. Mais en fait la vraie raison de l’opposition de la grande distribution n’est pas là. S’il y a du gaspillage alimentaire, n’est-ce pas surtout parce que la grande distribution l’organise. Les consommateurs ne sont pas complètement idiots mais ils sont soumis à un  tel matraquage qu’il est souvent difficile d’y résister : quand on vous propose le 3° à -25% et le 4°tion pro à -50% si vous en prenez quatre d’un coup, au début vous résistez puis à la fin vous vous dites « Ah, c’est trop c.. ! de toute façon je les mangerai. » Sauf que quand vous arrivez au 4°, il a vraiment une sale gueule ou il est « périmé » (sur l’étiquette seulement mais ça vous ne le savez pas). Et je passe sur les packs de 12 au lieu des packs de 6 etc….

S’il y a quelque chose à faire dans la loi, c’est un peu comme pour les produits manufacturés : « interdire la péremption programmée » comme on interdit l’obsolescence programmée.

C’est dommage qu’il n’y ait pas eu dès le début du quinquennat un grand ministre de la consommation qui aurait eu à la fois la fibre sociale et la fibre écologique, et du poids au sein de ce gouvernement. En effet, c’est ce qu’il aurait fallu car une telle rareté aurait nécessairement accompagné cette loi sur la consommation écologiquement et ethiquement responsable d’actions pédagogiques pour accompagner ces changements de mentalités sans lesquelles aucune transition écologique n’est possible.

Au lieu de cela on a « ça »

Et du coup, on a en face des grands patrons de la grande distribution qui se la joue tranquille et ce permettent même parfois quelques provocations bien sentyies comme celle-ci

http://www.larevuedudigital.com/2014/06/12/e-leclerc-ce-nest-pas-au-client-de-decider-de-ce-que-nous-mettons-sur-le-marche/

E.Leclerc : « ce n’est pas au client de décider de ce que nous mettons sur le marché »

Voilà quelqu’un qui sait communiquer et qui vous dit droit dans les yeux, la RSE, c’est pour les autres. Le client n’est pas roi, sauf que le client il a un seul moyen d’action : aller acheter ailleurs, s’il le peut car dans un système aussi concentré (oligopolistique diront les cuistres qui se croient économistes), le choix reste malgré tout limité.

Une loi pour rien, une loi pour du beurre ? Peut-être sauf si les ministres savent lire entre les lignes et que les parlementaires savent que quand une certaine presse dit que ce n’est pas possible, cela veut dire « ce n’est pas souhaitable pour nos annonceurs. »

(1) : M-E.L comme Michel-Edouard Leclerc

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Petite arithmétique électrique

D’abord pour fixer les idées donnons les ordres de grandeur actuels en matière de production électrique :

 

2010 (source Wikipedia)

2012 (source http://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/mix-energetique-de-la-france
Nucléaire 75,6%, Nucléaire 74.8%,
Combustion de fossiles 10,3% Combustion de fossiles 8.8%
Energies de sources renouvelables (EnR) 14,1% Energies de sources renouvelables (EnR) 16.4%
Dont hydro-électricité 11,4% Dont hydro-électricité 11,8%
Dont éolien+ photovoltaïque 1,6% Dont éolien+ photovoltaïque 3.5%
Dont biomasse+ autres 1,1% Dont biomasse+ autres 1,1%

Posons donc comme base de départ pour faire simple que, au moment où la pétition de principe a été validée, le nucléaire représentait 75% de l’électricité produite, l’électricité d’origine fossile (pétrole, charbon ET gaz) 10% et les énergies renouvelables, 15% dont 11,5% d’hydro-électricité et 3,5% d’énergie éolienne photovoltaïque, etc…

Ensuite posons la pétition de principe politique : ramener à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici… peu importe puisque le délai n’est pas un paramètre du raisonnement

 

Hypothèse 1 : L’une nous dit : « La capacité de production nucléaire doit rester inchangée et Fessenheim ne sera fermée que si on ouvre Flamanville. » à moins que ce soit l’inverse. Si on veut que la part du nucléaire revienne à 50%, cela induit mathématiquement que la production globale d’énergie devra augmenter de 50% (simple règle de trois). Cela induit aussi que les autres sources d’électricité devront multiplier par 3 leur contribution énergétique. Si vous ne voulez pas augmenter l’empreinte carbone, faite une croix sur les fossiles. L’hydraulique, l’éolien le photovoltaïque et la biomasse doivent donc augmenter de 500%. Si vous n’aimez pas les grandes fermes éoliennes de plus de 30MW, les champs de panneaux qui bouffent des centaines d’hectares, l’éolien en mer de 400 MW et les grosses usines de méthanisation qui drainent tout ce qui est méthanisable 50 kilomètres alentour, cela va être difficile à atteindre…. Ou alors il faudra accepter des centrales à gaz un peu partout car c’est la source fossile la moins polluante. A Landivisiau et ailleurs, on n’est pas d’accord.

 

Hypothèse 2 : les plus raisonnables disent «  il faut limiter la consommation d’énergie au niveau actuel. » Ils ont raison compte tenu de la courbe de progression inquiétante de la consommation électrique sur les 20 dernières années. Dans ce cas ramener la part du nucléaire à 50% signifie diminuer l’activité des centrales de 1/3 (simple règle de trois), soit en fermant une centrale sur trois soit en mettant à l’arrêt un réacteur sur trois dans chaque centrale. Mais cela veut aussi dire, doubler la part des autres sources d’électricité. Comme le but du jeu, c’es toujours de réduire les émissions de gaz à effet de serre, cela veut dire au minimum multiplier la part des énergies renouvelables par 2,33, ce qui est envisageable sauf à considérer que le développement de l’hydro-électricité est lié à l’acceptabilité de nouveaux grands barrages sur des cours d’eau de moins en moins appropriés. Supposons que cette énergie est à son apogée actuellement, cela veut dire que cette progression des EnR ne peut être le fait que de l’éolien, du photovoltaïque, de l’utilisation de la biomasse ou de la géothermie qui devront connaître une croissance de  571%. Difficilement supportable encore, en l’état actuel de la technique.

 

Hypothèse 3 : les réalistes disent « il faut réduire notre consommation d’énergie d’au moins 25% pour que cela soit viable. » 50% d’origine nucléaire, signifie alors diviser par deux l’activité des centrales et si nous conservons les mêmes hypothèses que précédemment, cela veut dire une progression de l’ensemble vent-soleil-biomasse-géothermie de 350% ; C’est effectivement raisonnable mais alors adieu voiture électrique, bonjour rénovation thermique des bâtiments et toutes les chasses au gaspi, comme on disait dans le temps.

 

Bon, tout cela n’est que petits jeux mathématiques un peu basiques mais dont les conséquences sont, on le voit, très lourdes sur le mode de vie de nos concitoyens et sur les modalités d’intervention de la puissance publique. Cela vaut le coup d’un beau débat démocratique sur nos choix technologiques. La loi sur la transition énergétique repasse en seconde lecture à l’Assemblée Nationale. Plutôt que d’ingurgiter des batailles d’amendements auxquelles nos citoyens ne comprennent pas grand-chose, on pourrait essayer ce type de pédagogie, certes un peu sommaire, mais peut-être plus efficace.

Et puis, il y a la méthode ADEME qui, à son corps défendant, apporte un autre éclairage à ce débat, mais ceci est une autre histoire dont je parlerai demain

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Le Monopoly a été inventé pendant la Grande Crise. Que produit celle-ci ?

La crise de 1929 a été déclenchée aux Etats-Unis par l’éclatement de ce qu’on n’appelait pas encore une bulle financière. C’est la spéculation, boursière surtout, et un peu immobilière déjà, qui en était la cause. On en connaît les effets macro-économiques mais peut-être sait-on moins que c’est à cette époque qu’un jeu inventé au début du XX° siècle pris réellement son essor, le Monopoly et surtout que c’est un chômeur qui à partir de 1931 en développa les règles. En fondant ce jeu sur les mécanismes qui avaient poussé à la crise, c’était en quelque sorte exorciser le démon mais aussi donner l’impression à chaque joueur qu’il peut être un vainqueur du système, par procuration. C’est ce qui explique vraisemblablement le succès de ce jeu qui, si on y regarde de près, est profondément immoral et cruel, comme tous les jeux de société, depuis les « petits chevaux » jusqu’au « Risk ». Et depuis plus de 80 ans , en famille ou entre amis, certains, très nombreux, passent des soirées entières à essayer de ruiner leurs parents ou leurs enfants, à taxer leurs meilleurs copains, avec le secret espoir de devenir LE SEUL, l’unique, le MONOPOLE.

C’est un peu comme dans la vraie vie, me direz-vous, sauf qu’ici pour la plupart d’entre nous cela reste du virtuel et comme « c’est pour du beurre », ce n’est pas grave.

Mais le succès d’un tel jeu, aux délices duquel j’ai souvent cédé quand j’étais plus jeune, est symptomatique d’une vision du monde largement répandue et sa large diffusion contribue à en renforcer l’implantation.

C’est pourquoi j’ai été interpellé par un article paru lors du Salon de l’Agriculture

http://www.ouest-france.fr/farming-simulator-le-jeu-qui-vous-donne-envie-de-devenir-agriculteur-3219013

Farming Simulator. Le jeu qui vous donne envie de devenir agriculteur

Comme je ne suis pas un passionné des jeux video, je n’avais jamais entendu parler de cela et pourtant c’est parait-il un carton sur le marché français, puis états-uniens, après avoir conquis le marché allemand. Mais le peu que j’en lis dans cet article ne me donne pas envie d’y mettre le bout de mon clavier. Imaginez un peu : vous commencez comme « petit exploitant » et le but c’est d’être un agro-businessman en ayant bouffé toutes les exploitations des environs, avec les plus gros tracteurs et toutes ces sortes de choses qui vont avec le modèle d’exploitation ( c’est ici que ce terme prend tout son sens) que promeut Xavier Beulin et sa clique. Je suis d’ailleurs surpris que ce ne soit pas la FNSEA qui soit à l’origine de ce jeu.  Donc, je vous le déconseille.

PAR CONTRE, si vous pensez que LA crise est le moment de changer nos logiciels internes, je vous invite fort à lire cet article

http://www.eco-bretons.info/ecomag/initiative/un-jeu-coop%C3%A9ratif-pour-d%C3%A9couvrir-less

UN JEU COOPÉRATIF POUR DÉCOUVRIR L’ESS

Il y est question d’un jeu aussi mais dont les règles semblent beaucoup plus en phase avec les solutions qu’il nous faudra trouver pour sortir par le haut et réussir les transitions nécessaires. Je vous invite aussi à aller sur le site de financement participatif. Les promoteurs du projet ne sont pas gourmands financièrement parlant mais il est vrai qu’il s’agit d’un je de plateau. Comme le Monopoly en somme !

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