Eco-Bretons : un webmedia gratuit entièrement consacré aux transitions écologiques et sociales

Il est rare que sur ce blog, je parle de mes petites aventures militantes et associatives. Mais pour la circonstance, je ferai exception. Depuis 5 ans déjà, je participe à la vie de cette association, Eco-Bretons, qui publie tous les jours que Dieu fait, ou presque, un article, reportage, recette ou information sur ces « bas bruits » qui font bouger la société vers plus d’écologie et plus d’équité sociale. Nous voulons ainsi porter une vision positive de l’écologie, loin des grands tintamarres alarmistes , pour montrer, au contraire, qu’à côté de chez vous, pour peu que vous habitiez un des 5 départements bretons , il se crée tous les jours des solutions pour rendre notre vivre ensemble plus supportable aujourd’hui et pour les générations futures.

Le site c’est ici : http://www.eco-bretons.info/

Cette information est disponible gratuitement en ligne et entend le rester. Pour autant produire quotidiennement cette information a un coût. Lorsque les fondateurs de l’association, qui s’appelait alors Bretagne Durable, sont partis pour créer une revue commerciale, emmenant avec eux les recettes publicitaires, il nous a bien fallu trouver un nouveau modèle économique pour équilibrer notre gestion. Certes des collectivités locales nous ont aidés mais cela n’a pas suffi et d’année en année, les petits déficits d’exploitation ont fini par avoir raison de nos maigres réserves.

Grâce à un DLA (dispositif local d’aide, sorte d’audit gratuit offert aux associations qui veulent rafraîchir leur projet associatif), nous avons défini un plan de développement de l’association dont la première étape est de densifier, autour du site, notre réseau de sympathie. Le premier outil de cette étape est de lancer un financement participatif dont l’objectif est triple :

1° Reconstituer nos réserves pour pouvoir lancer avec plus de sérénité nos nouveaux projets
2° Nous faire mieux connaître en Bretagne et ailleurs
3° Convaincre certaines et certains d’entre vous de faire un petit bout de chemin avec nous

Le financement participatif est porté par la plate-forme HelloAsso et durera du 1° avril (choisir cette date qui plus est était le jour de Pâques montre à quelle point notre sens du marketing est éloigné des critères habituels) au 31 mai 2018.

Pour le financement participatif, c’est ici :

https://www.helloasso.com/associations/eco-bretons/collectes/soutenir-eco-bretons

C’est pourquoi, chère lectrice, cher lecteur, je compte sur toi

1° pour nous donner un petit coup de pouce financier (de 5€ à 100€, ou plus même si tu peux)

2° pour parler de nous dans tes réseaux ( pour faire connaître notre site et aussi, évidemment parler de notre recherche de financement)

3° venir nous donner un coup de main, en adhérant, en nous proposant tes propres écrits pour peu qu’ils touchent soit à une expérience dont tu es le témoin et/ou l’acteur, soit une réflexion qui concerne les transitions écologiques et sociales, soit pour nous faire part d’un événement ou une lutte concernant lesdites transitions.

D’avance merci pour tout, et surtout pour m’avoir lu jusqu’au bout

 

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La caste des intouchables

Un groupe de sénateurs, et dieu1 sait pourtant si ceux-ci sont également des bien lotis de la République, a décidé de s’attaquer à la nouvelle « caste des intouchables de la République », les hauts fonctionnaires https://www.acteurspublics.comDes sénateurs vont enquêter sur la haute fonction publique

L’intention est louable surtout si comme ils l’annoncent leur seul objectif est d’enquêter sur les « mutations de la haute fonction publique et leurs conséquences sur le fonctionnement des institutions de la République ». Il est touchant de constater que ces vieux routiers de la politique se rendent soudain compte d’un mal qui ronge l’appareil de l’Etat depuis quelques décennies déjà.
‘ailleurs les attendus de leur résolution sont bien révélateurs de leur état d’esprit http://www.senat.fr/leg/ppr17-371.html En effet, la plupart des arguments développés en faveur d’une telle enquête mettent surtout en cause la façon dont les institutions de la République se sont peu à peu dévoyées de réformette constitutionnelle en réformette constitutionnelle pour finir par trouver que derrière tout cela, il y a la main invisible, non pas du marché, mais des intouchables. Dans la Chine antique, on appelait cela les mandarins, terme d’ailleurs repris par les étudiants pour réclamer la tête des pontes universitaires …en mai 1968.

Je ne suis pas sûr que, comme tous les boucs émissaires, ces victimes expiatoires soient vraiment la cause de tous les maux de la République. Il y a peut-être d’abord et surtout le personnel politique lui-même qui devrait regarder midi à sa pendule avant de proclamer que mes autres sont en retard.

Cela dit, ces sénateurs ont raison, même si les raisons qu’ils invoquent ne sont pas forcément les bonnes. En effet, il y a mille exemples pour expliquer que la Haute Fonction Publique est en train de se fourvoyer et comme elle n’est plus le garde-fou de l’impéritie de la classe politique, sa défaillance met aussitôt en évidence les turpitudes que jusqu’à naguère leur vigilance permettait d’atténuer. Dans ce cas-là, comme souvent, comme par exemple en matière de sécurité, ce n’est pas le délinquant qu’on accable mais ceux qui, chargés de les contenir, ont failli.

Si les sénateurs veulent vraiment aller voir ce qui menace la République, qu’ils aillent donc enquêter sur les cousinages fâcheux que provoquent le pantouflage et le dépantouflage, sur l’omniprésence des Inspecteurs Généraux des Finances ENA dans les conseils d’administration des banques, sur l’omniprésence à la tête des grandes entreprises privées des Ingénieurs de Polytechnique qui, pour la plupart sont fonctionnaires à leur sortie d’école surtout s’ils ont parfait leur parcours dans une école dite d’application pour intégrer le corps des Mines, le corps des Ponts et Chaussées ou celui des Eaux et Forêts (ces deux derniers ayant fusionné récemment).. Ils constateront que ces transfuges de la fonction publique ne sont pas toujours partis pour le service de la collectivité. Il suffit de regarder qui dirigent les entreprises du CAC 40, celles qui versent des rémunérations indécentes à leurs dirigeants http://info.economie.lefigaro.frLes patrons du CAC 40 gagnent 70 fois plus que le revenu moyen français Or comment se répartit par origine de formation les patrons de ces 40 groupes ? Ecole Polytechnique : 9, X+école des Mines :6, X+ Ecole des Ponts : 3, ENA, Inspection Générales des Finances 3, ENA « simple » : 3, écoles d’ingénieurs civils:7 , écoles de commerce : 13

Mais me direz-vous, ce sont les meilleurs qui ont émergé grâce au système des grandes écoles et leurs concours, qui récompensent le mérite, ce qu’on appelle la méritocratie et c’est normal qu’ils soient récompensés. Si vous le pensez vraiment, et que nos amis les sénateurs-enquêteurs le pensent aussi, je les invite à lire cet article
https://www.acteurspublics.com/La société du concours consacre l’élu, le technocrate, l’expert et le conseiller du prince”
et si cela ne suffit de compléter leur information en lisant aussi cet article : https://www.acteurspublics.comToujours trop de conformisme chez les candidats au tour extérieur des administrateurs civils Le formatage des esprits va donc très loin puisqu’il touche aussi des fonctionnaires qui, sortis du rang, auraient été remarqués et récompensés pour leur seul mérite.

Nous avons là tous les ingrédients de ce qui a fini par faire la ruine d’un des plus puissants empire du monde, l’Empire du Milieu où la caste des mandarins a fini par saper jusqu’aux fondements le pouvoir impérial chinois qu’il était censé défendre et protéger. Le mal vient sûrement de ce que, ces futurs mandarins français entrent dans le moule du mandarinat très tôt, trop tôt sans aucun doute sans jamais avoir eu à se confronter aux contradictions inhérentes à la vie réelle. C’est donc bardés de leurs certitudes qu’ils avancent et dévoient de sa mission première l’appareil d’Etat quand ils y restent et qu’ils le corrompent lorsque sortis de ses rangs, ils entendent par des jeux de connivence née sur les bancs des écoles, mettre cet appareil au service des nouveaux intérêts qu’ils servent.

C’est pourquoi, il est bienvenu qu’au plus niveau de l’Etat, on essaye d’interdire l’accès à ces castes qu’on appelle les Grands Corps (IGF, Cour des Comptes, Conseil d’Etat) de jeunes gens frais émoulus de l’ENA pour n’en réserver l’accès qu’à ceux qui, nourris d’une expérience que donne vint ou trente ans de carrière administrative, seront à même d’apporter l’expertise qu’exigent ces fonctions de contrôle et de pilotage des grandes institutions de l’Etat
https://www.acteurspublics.comLe Président déterminé à réformer la sortie de l’ENA
https://www.acteurspublics.comLe gouvernement veut reprendre la main sur les jeunes énarques
Il y a là quelques pistes à creuser, me semble-t-il, par les sénateurs pour mieux cadrer l’influence de la Haute Fonction Publique et qui vaudront sûrement mieux que toutes les règles de déontologie qui, de toutes façons, ne reçoivent dans les faits qu’une application limitée

1Je mets ici une minuscule à cette expression fort usitée pour ne pas être accusé de lèse-laïcité par quelque obscur tabellion de la bien-pensance républicaine

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NDDL : jeter le bébé avec l’eau du bain !

Quel gâchis ! A en croire madame la préfète de Loire-Atlantique et les associations représentatives des occupants de la ZAD, les choses se mettaient doucement en place et on avançait vers des solutions viables dans l’occupation intelligente de ce bout de territoire d’un peu plus de 1,500 hectares1. Tous ceux qui auraient un projet de vie crédible sur ce territoire pourraient y rester. Il fallait juste prendre le temps de trouver les bonnes méthodes.

Mais Patatras ! En intervenant, brusquement, brutalement et massivement, l’Etat est peut-être en train de mettre tout cela par terre.

Je veux bien croire qu’il y ait eu sur la ZAD des personnes qui n’avaient rien à y faire, qui, s’étant trompé de combat, s’étaient donc trompé de lieu. Mais ce n’est parce qu’une pomme est un peu gâtée, qu’il faut donner un grand coup de pied dans tout le panier. Or c’est ce que viennent de faire les forces de l’ordre, en démantelant, les premiers bâtiments d’un projet en devenir, les cent noms.

Il reste à espérer qu’ils en resteront là et que tout ne sera pas détruit, car après, il faudra bien reconstruire, et surtout reconstruire avec ceux qui, justement, ont un projet de vie sur la ZAD.

Les moyens d’aboutir existent et les idées ne manquent pas. Plusieurs, armés de leur expérience comme José Bové ont proposé leur modèle, le Larzac, mais à cette époque, on ne disposait pas des outils de mobilisation dont on dispose maintenant.

L’idée d’une gestion collective de la terre mérite d’être creusée, d’autant plus que les pouvoirs publics étant propriétaires, par expropriation, de très importantes surfaces, la solution du bail emphytéotique de 99 ans est une piste qu’on ne peut pas négliger mais qui suppose de la part du preneur, l’existence d’une vision commune. Mais pour ceux que l’idée même d’un contrat de 99 ans avec l’Etat révulse, pour des raisons philosophiques ou autres, d’autres opportunités s’offrent. Face à un collectif d’occupants ou même plusieurs projets complémentaires, on peut très bien imaginer un autre collectif se portant acquéreur des surfaces préemptées par l’Etat et les collectivités locales ; après tout, c’est le principe de fonctionnement d’organismes comme Terre de Liens https://terredeliens.org/ et finalement des zones humides, cela ne doit pas valoir bien cher en terres agricoles. Et si cela ne suffisait pas, le financement participatif peut y contribuer aussi. Des exemples récents montrent que l’appel à la solidarité militante fait souvent des miracles.

Mais tout cela demande du temps pour se mettre en place. Et ce temps, il faudra le prendre. Se précipiter pour tout saccager et rendre toute solution intelligente impossible pourrait alors laisser croire que ceux qui possèdent actuellement ces terrains expropriés, soit ne veulent pas voir émerger d’autres formes d’organisation économique et sociale, soit n’ont pas vraiment renoncé à utiliser cette zone pour des projets d’infrastructures (un aéroport par exemple), soit pour ces deux raisons à la fois.

En attendant, en évacuant sans discernement tout ce qui bouge, ceux qui donnent les ordres aux forces du même nom qui, elles n’agissent « qu’avec une méthode »celle qu’on leur a ordonné d’appliquer, sont en train de jeter le bébé des espoirs d’un monde différent avec l’eau sale des violences extrémistes.

Ce faisant, ils prennent le risque de jeter dans les bras de ces extrémistes, des tas de gens de bonne volonté qui n’ont pour l’instant comme seul tort, de croire encore en des jours meilleurs.

Lourde responsabilité et funeste erreur de jugement.

1C’est à peu prés la surface agricole que perd chaque année l’Ile de France http://www.bfmtv.com/planete/1600-hectares-terres-agricoles-perdus-annee-ile-de-france-329960.html

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Mieux vaut en rire-rubrique décidément inépuisable- n°147 les calculs bizarres et indigestes

« Dépêchons-nous d’en rire aujourd’hui, de peur d’avoir à en pleurer demain. » Beaumarchais
« L ‘humour est la politesse du désespoir. » Oscar Wilde
« On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. »Pierre Desproges
« parce que le rire est le propre de l’homme. » Rabelais

Ces enquêtes qui nous baladent

Quand il leur manque de la matière dans l’actualité, les quotidiens nous infligent des enquêtes-classements parfois déroutantes mais instructives et parfois totalement ineptes. Celle-ci fait partie de la seconde catégorie https://www.ouest-france.frOù partir en week-end en Europe à pas cher ?
En effet, à quoi cela peut-il bien rimer de vouloir passer le même week-end à Cracovie et à Lille, à Riga et à Athènes ? Passer deux jours dans une ville étrangère, cela veut quand même dire goûter aux spécialités locales et manger différemment de chez soi. Alors pourquoi prendre un café, un sérieux de bière, accompagner ses repas de vin de table ordinaire, alors que la bière et tellement meilleure à Prague qu’à Athènes, surtout pour déjeuner, que le vin grec est sans commune mesure avec le vin russe, qu’il vaut mieux boire un thé à Moscou qu’un café, que le café du Nord est sûrement plus réputé que le café balte. Mais voilà, puisqu’il fallait comparer à tout prix, on arrive à ce genre d’absurdité. Après tout, tant qu’à rechercher le toujours moins cher, on aurait pu également faire ce genre d’enquête : il vaut mieux « Prendre son café à Riga, son sérieux de bière à Lille, ses repas à Riga, la navette d’aéroport à Moscou, les transports en commun à Budapest et dormir à l’hôtel à Lisbonne » et ça vous coûterait 226,58€ que « Prendre un café à Riga ou Lisbonne, une bière à Prague, ses repas arrosés d’un vin de table quelconque à Athènes , prendre la navette aéroportuaire à Vilnius, le pass 48 heures à Cracovie ou Varsovie, et dormir à l’hôtel à Riga » ce qui vous coûtera quand même 123,60€. Absurde , non ? Mais tant qu’à faire des comparaisons ineptes…..

Tiens ! À tout prendre, il aurait peut-être été préférable de faire ces comparaisons à partir des habitudes de consommation des touristes , c’est à dire prendre son café dans une franchise présente dans le monde entier et qui vend très cher des cafés quelconques aux compositions bizarres, prendre une bière blonde de préférence, vendue par un brasseur américain, belge ou néerlandais dans le monde entier, faire ses repas dans une officine de restauration rapide d’une enseigne présente sur les cinq continents et dormir dans ces hôtels bon marché d’une des chaînes internationales. Ces comparaisons auraient un peu de sens puisqu’il s’agirait de la même façon « mondialisée » de consommer qu’on retrouve aussi bien à Riga qu’à Lisbonne, à Prague qu’à Lille, à Moscou qu’à Budapest. Mais alors me direz-vous, pourquoi se déplacer si c’est pour manger et manger les mêmes choses qu’à la maison ? Bonne question !!

les bizarreries culinaires

Tiens, puisque je viens d’évoquer à demi-mot, la plaie de la malbouffe mondiale, je voudrais vous signaler deux innovations, que je n’ose qualifier de gastronomiques, ni même de culinaires, deux innovations , disons, alimentaires.

La première est étonnante de complexité : https://www.ouest-france.frPrès de Saint-Brieuc. Avec son burger, Jonathane est vice-champion de France

Tant qu’à faire, il aurait pu aussi y ajouter du caramel au beurre salé, un crumble de gâteau sablé, ou des copeaux d’artichaut avec une émiettée d’araignée. On peut vraiment mettre de tout dans un petit pain rond et c’est ce qui leur rend indigeste.

Indigeste peut-être pas mais intrigant tout de même, voici un autre petit pain rond garni : http://www.letelegramme.frPrimel Gastronomie. Un burger surgelé végétarien Le sandwich à la viande hachée, sans viande, voilà déjà un concept bizarre mais en plus surgelé. Il n’y a pas que le sandwich qui soit givré.

Et dire que ce sont deux « innovations alimentaires » inventée en Bretagne, un pays qui dispose de tant de bons produits frais. A tout prendre, quitte à paraître décalé, je préfère encore un bon jambon-beurre à condition naturellement que le cochon ait été élevé sur paille, que le pain soit complet et bio et que le beurre soit salé, naturellement. Essayez ! Ça vaut le déplacement. Un petit week-end en Bretagne, alors ?

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La vraie privatisation de la SNCF

Comme toujours dans les phases initiales de négociations, où les positions des protagonistes ont tendance à être radicales et clivantes, le premier mois d’échanges entre l’Etat et les syndicats sur la réforme de la SNCF a donné lieu à des prises de position outrées. Quand les uns lient la dette abyssale et le statut des cheminots, ils font, maladroitement ou non, un amalgame qui ne pouvaient qu’exciter TOUS les syndicats . Quand en s’emparant abusivement du rapport Spinetta, les autres crient à la privatisation du service public et à la braderie d’une entreprise publique, ils anticipent sur une décision qui n’a pas été prise, histoire de faire monter la pression. Mais tout ceci est « de bonne guerre » comme on dit. En fait qu’en est-il ? La dette de la SNCF est estimée à 54 milliards d’euros et même si le statut des cheminots était le plus avantageux du monde, il en aurait fallu des années et des années de gabegies statutaires pour creuser un tel trou. Or la SNCF quoique vieille dame maintenant n’existe pas depuis assez longtemps pour expliquer cela.

Mais au fait quel est-il ce statut autour duquel circulent tant de rumeurs malveillantes ? N’étant pas un spécialiste du statut, j’ai essayé de me renseigner à droite et à gauche sur son contenu. Il m’est difficile de dire ce qu’il en est sauf qu’il y a l’emploi à vie (sauf faute grave) mais cela n’a pas empêcher l’actuel président de la SNCF de réduire de 12.000 postes l’effectif de son entreprise en 8 ans. Il y a aussi quelques petits avantages en nature, comme un régime de retraite avantageux, mais qui tend à se rapprocher du régime général depuis que le nombre d’annuités exigées a été augmenté. Il y a bien aussi un régime de protection sanitaire intéressant et la possibilité de voyager gratuitement mais cela ne va pas chercher très loin et quand on compare avec d’autres professions et d’autres entreprises, cela fait partie des petits avantages que certaines branches ont réussi à négocier. Donc, si on en croit les syndicats le statut n’est pas un sujet. Mais alors, me direz-vous, pourquoi se hérissent-ils dès qu’on parle d’y toucher ? Cela mériterait peut-être quelques explications. En effet, pourquoi prendre le risque d’une grève longue et forcément coûteuse si ce statut n’apporte pas grand avantage à ses bénéficiaires ?

La réponse des syndicats est limpide : « Mais vous n’avez rien compris, nous nous battons pour le service public et contre la privatisation du chemin de fer ! » Sur la défense du service, j’attends de voir les propositions (les vraies, pas celles de début de négociation) pour estimer, à mon niveau, si le service piblic est réellement en danger. Mais pour ce qui est de la privatisation, je m’étonne que les syndicats ne réagissent que maintenant car de fait la privatisation a déjà commencé et personne ou presque n’en a parlé.

Sans fausse modestie, j’avais déjà évoqué à demi-mot le sujet dès juillet 2010  dans ce billet : des grandes manoeuvres en perspectives dans les transports Publics/Privés
A l’époque, on ne connaissait pas encore l’ampleur des dégâts provoqués par cette vague de contrats  de partenariat public-privé (PPP) dont la seule raison d’être, du côté de l’Etat, était de contourner les règles communautaires de calcul de l’endettement public en mettant « hors-bilan » le engagements sur le très long terme pris par l’Etat pour financer ses investissements. Pour les consortiums privés, l’intérêt étaient encore plus évident et plus immédiat. Il s’agissait de s’assurer une rente à long terme à partir d’un investissement en partie financé par l’Etat et garanti contre pertes potentielles.
En 2015, on voyait déjà plus clair et l’état des marchés passés depuis 2004 faisait apparaître que la SNCF avait un grand utilisateur de ces contrats https://www.lesechos.frMarchés publics : les 10 plus grands partenariats public-privé  Encore convient-il de noter que dans cet inventaire ne figurait pas le plus gros contrat de ce type passé par la SNCF http://www.lemonde.frLa LGV Tours-Bordeaux, première ligne ferroviaire sous concession privée

Ainsi c’était 4 gros marché représentant plus de 15 milliards d’euros qui avaient été passé selon ce mécanisme du partenariat publioc-privé.

Mais comment cela fonctionne-t-il ?
Prenons le cas le plus simple, la ligne LGV Bretagne-Pays-de-la-Loire qui représente un investissement de 3,3 milliards d’euros et voici comment le décrit la SNCF : http://www.lgv-bpl.org/mise-en-oeuvre-projet/choix-partenariat-public-prive

En quelques mots, SNCF et les collectivités locales apportent plus de la moitié du financement, un groupe privé, ici Eiffage, apporte le reste et conçoit, construit et entretient un tronçon de voie qu’il loue à l’entité ferroviaire qui gère les voies, charge à elle de trouver des sociétés de transport pour percevoir les péages qui équilibreront ses comptes . Vous noterez que la note  de SNCF- réseau, si elle est prolixe sur les conditions de réalisation du chantier, est d’une grande discrétion sur le montant de la location de la ligne. C’est dommage, car c’est ce montant qui, pour une durée de 25 ans quand même, constitue la dette réelle de l’entreprise puisque le loyer est dû quoi qu’il arrive. En ce qui concerne la LGV vers Bordeaux, le montage est similaire sauf que, comme le trafic est mieux garanti, le concessionnaire, ici Vinci, perçoit directement les péages, comme sur les autoroutes. Ce sont donc ainsi plusieurs tronçons de lignes ferroviaires très rentables à terme qui , de fait sont privatisées, sans d’ailleurs qu’on ait entendu les syndicats s’offusquer, à l’époque. Il est vrai qu’il ne s’agissait que de construire les voies et non d’y faire rouler des trains.

Ce n’est que tardivement, en février 2018 pour la CGT, en mars 2018 pour la « gauche républicaine » qu’on s’est aperçu du danger :
http://www.ulcgt7-8lyon.frRapport Spinetta : l’analyse de la CGT Cheminots
http://www.gaucherepublicaine.orgSNCF : C’est le public qui finance et qui prend des risques et ce sont des actionnaires privés qui toucheront les dividendes

Certes les PPP comme on les nomme n’explique pas toute la dette mais ils sont symptomatiques d’une démarche déjà ancienne de manque de rigueur dans la gestion des investissements. Si on y rajoute les lubies des élus locaux, et la « virgule de Sablé » à 36 millions voulue par F.Fillon  n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, tout le monde est un peu responsable de cette situation. Entretemps, même si globalement les trains arrivent, sauf incident, à destination et à l’heure, ce sont les usagers qui en payent le prix et ce sont les enfants et petits enfants de ces usagers qui payeront le prix fort de l’abandon d’une entreprise.

Cela aurait pourtant eu de la gueule, une grande grève unitaire contre la privatisation d’une partie du réseau. Hélas, tout cela est passé à l’as et il y a parmi les élus qui actuellement stigmatisent le projet de réforme plus d’un qui a mis la main à la poche sur le budget de sa collectivité ou celui de l’Etat pour que ce « hold-up sur les rails » se fasse. Que chacun regarde devant sa porte son petit tas de poussière. Pour le moment, nous, usagers mais aussi contribuables, nous continuerons à payer, que les trains roulent ou pas.

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Les parties prenantes de l’entreprise : « est bien fou du cerveau qui prétend contenter tout le monde et son père. » (La Fontaine)

Dans mon précédent billet, je souriais un peu des classements effectués par quelques médias à partir des mêmes données statistiques de l’Education Nationale dans l’optique d’une orientation des jeunes pour le baccalauréat. Aujourd’hui, je vais parler plus sérieusement de ce qui se passera après le baccalauréat et quelques années complémentaires d’études : l’entrée dans la vie active. Lire la suite

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Mieux vaut en rire-rubrique décidément inépuisable-n°146 : que vaut la valeur?

« Dépêchons-nous d’en rire aujourd’hui, de peur d’avoir à en pleurer demain. » Beaumarchais
« L ‘humour est la politesse du désespoir. » Oscar Wilde
« On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. »Pierre Desproges
« parce que le rire est le propre de l’homme. » Rabelais

Aujourd’hui pour se détendre un peu on va parler de l’analyse de la valeur mais sans y accorder plus de valeur que cela Lire la suite

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