« Europe unique objet de mon ressentiment…….  » Acte 1 Dans un Etat de droit, les juges disent le droit

Beaucoup d’entre nous on découvert ce qu’était une anaphore le soir du débat d’entre deux tours de …2012 lorsque sous les yeux ébahi de NS, FH se lança dans sa longue tirade « moi président… » etc, etc..
La littérature française nous offre d’autres exemples de cette figure de style , qui personnellement me plaît bien car elle donne du corps à une démonstration. Je pense notamment à ce fameux courroux de Camille dans le Horace de Corneille :
« Rome unique objet de mon ressentiment,
Rome à qui ton bras vient d’immoler ton amant
Rome qui t’a vu naître et que ton cœur adore
Rome enfin que je hais parce qu’elle t’honore… »
Avouez que ça a quand même un autre souffle qu’un rap fût-il de IAM ou un slam fût-il déclamé par Grand Corps Malade
Mais pourquoi vous parles-je ainsi de littérature et de figures de style qui ne sont quand même pas notre quotidien ? Tout simplement, ai-je envie de dire, parce que la teneur des débats qui ont un peu animé la campagne des présidentielles laissait apparaître que la majorité des candidats faisaient profession de rejeter l’Europe, plus par dépit que par réelle détestation et que ce courroux, dont nous verrons s’il est juste ou non, n’est pas sans rappeler celui de la sœur d’Horace dont la haine de Rome ne se nourrit que du chagrin d’avoir perdu son amant, tué sous les coups de son propre frère.
Donc au fil de cette chronique de quelques jours, j’essaie de montrer que ce n’est pas tant l’Europe qu’il faut détester mais la façon dont ses institutions fonctionnent, bien ou mal et plutôt que de faire de grandes théories je me contente de m’appuyer sur quelques exemples tirés de l’actualité récente. Lire la suite

Publié dans pour l'Europe | Tagué , , | Laisser un commentaire

Nourrir le monde : une démarche vertueuse

Cela fait déjà quelque temps que je suivais, d’un peu loin certes, l’évolution de la société Nutriset et de son produit vedette, la Plumpy Nut , présentée comme une solution miracle aux crises de dénutrition grave que connaissent les enfants des pays en guerre, en Afrique notamment et puis en lisant ce titre Santé. La pâte d’arachide du normand Nutriset lutte contre la famine j’ai été pris d’un doute : et si cette société n’était en fait qu’une illustration désagréable de la mondialisation des processus de production ? JE M’EXPLIQUE : les arachides sont produites dans les pays de la zone Sud, sauf exception. Il faut donc les importer d’Afrique ou d’Amérique centrale ou du Sud vers la Normandie, où elles sont triturées et mélangées à d’autres produits dont certains sont produits en Normandie (lait et poudre de lait), d’autres plus loin (certains huiles végétales, sucre), pour être ensuite expédiées intégralement dans des pays de la zone Sud. Aberration écologique, économique et sociale donc, puisque le bilan carbone est assez désastreux, que les emplois créés en Normandie ne compensent pas les emplois non créés en Afrique. Mais voilà, ce n’est justement pas le schéma privilégié par la société puisque, après avoir conçu et développé ce produit en France, implante des unités de production au plus près des lieux de consommation. A l’époque du Nouvel Ordre Economique Mondial, c’est à dire au siècle dernier, on aurait appelé cela du transfert de technologie et de l’échange Sud-Sud, ou si vous préférez, de périphérie à périphérie. Cela n’enlève rien au mérite de l’entreprise française, ni même à son activité qui peut dès lors se redéployer sur d’autres champs d’activité qu’elle peut explorer grâce aux savoir-faire acquis sur ce produit. Cela assure même un débouché à des productions nationales (poudre de lait). Cela contribue, aussi peu que cela soit, c’est important, à la bonne image de la France dans les régions concernées, c’est ce qu’on appelle la soft diplomacy. C’est donc du gagnant-gagnant et à mon avis cela participe de la mondialisation maîtrisée.

Publié dans l'économie comme on la voudrait, mondialisation quand tu nous tiens | Tagué , , , | Laisser un commentaire

L’économie circulaire est-elle un cercle vicieux ?

On peut recycler beaucoup de choses mais pas tout. Notamment, nous avons un problème avec les sacs en plastique, en polyéthylène particulièrement, dont on sait plus quoi faire, qui auraient parait-il créer un sixième continent flottant dans l’Océan Pacifique. C’est  à un point tel que n’importe quel ministre en charge de l’environnement, en panne de bonne idée, croit montrer sa bonne volonté et son efficacité en interdisant l’usage des sacs plastiques. Evidemment de telles décisions, éminemment politiques, ont des conséquences économiques importantes, d’une part parce qu’elles permettent l’émergence de nouvelles filières de production d’emballages plus écologiques mais surtout parce que d’autre part, elle condamne une partie de la pétrochimie qui a beaucoup investi dans des outils de production coûteux et peut-être pas totalement (c’est le cas de le dire) amorti. C’est pourquoi, quand j’ai vu ce titre d’article Cet asticot va-t-il sauver les océans du plastique ? je n’ai pas résisté à sa lecture. Bon, pour tout vous dire, je n’ai pas vraiment été convaincu par la solidité scientifique du processus, mais faisons quand même le pari que cela peut fonctionner : ce serait un bon moyen de se débarrasser de ce fléau de nos décharges et de nos littoraux.

Mais une telle solution et surtout les horizons qu’elle ouvre à certains n’est pas sans poser un certain nombre de questions
La première est : cela ne va-t-il pas contribuer à réhabiliter la filière pétrochimique qui indépendamment de ce produit impossible à éliminer, est en soi une activité extrêmement polluante?
La deuxième est : s’il s’agit de larves, leur culture à grande échelle, et ce sera nécessairement le cas puisque la charge d’élimination est gigantesque, ne risque-t-elle pas de créer une prolifération difficile à maîtriser? Quand je lis qu’il s’agit d’un parasite de la cire d’abeilles, je me dis, sans plus creuser cette piste, que ces pauvres ouvrières n’ont pas besoin de cela tellement leur existence est déjà menacée par ailleurs.
La troisième est : les chimistes s’étant déjà mis en tête de recréer artificiellement l’enzyme, si enzyme il y a, par quel procédé chimique y parviendra-t-on? Et notamment, ce procédé ne sera-t-il pas plus nocif que la pollution contre laquelle il prétend lutter.

Pour ce qui est de la première question, continuons à innover dans les emballages recyclables, notamment ceux élaborés à partir de ressources renouvelables (amidon de maïs, de pomme de terre, de canne à sucre, algues).
Pour les deux autres questions, appliquons le principe de précaution sans laquelle toute innovation est, on le sent, un pari un peu risqué.

Publié dans développement durable | Tagué , | Laisser un commentaire

Le vice et la vertu

Voici un bon sujet de philosophie pour l’épreuve du baccalauréat « Est-il plus moral d’utiliser des moyens illégaux pour dénoncer des actes immoraux ou d’utiliser des moyens légaux pour masquer des actes immoraux? » Si cet examen de fin d’études secondaires existait en Suisse, cela aurait été un bon sujet de réflexion pour nos jeunes voisines et voisins helvètes  et elles et ils auraient pu s’appuyer sur l’exemple d’un des joyaux de l’économie suisse, la banque :
HSBC : la Suisse refuse l’entraide fiscale à la France : « Dans l’affaire d’évasion fiscale de HSBC, le Tribunal fédéral estime que Berne ne peut ni ne doit aider Paris sur la base de données volées. »
Ainsi, un sonneur d’alerte a risqué sa carrière pour dénoncer ce que vulgairement on appellerait des magouilles financières et qu’ici on nommera optimisation fiscale et cela n’aura aucune suite puisque le fruit de son exploit est disqualifié par la décision de juges fédéraux qui disent en substance  » Des types comme lui ne sont pas des héros, ce sont juste des voleurs! »  Mais que pouvait-il faire d’autre puisque son employeur refusait de rendre public ces faits.
Il paraît que cette ère est terminée et que vive la transparence! A regarder ce combat d’arrière-garde du tribunal fédéral, j’en doute, les habitudes sont trop anciennes et les intérêts en jeu trop énormes;

Publié dans COUPD'GUEULE | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Un climat incertain

Cela fait deux décennies que le GIEC dit que le climat va se dérégler et que les causes de ces dérèglements sont dus largement à l’activité humaine. Au fur et à mesure que ses travaux s’affinaient, se précisaient les différents scénarios possibles, du moins pessimiste au plus catastrophique. Or que voyons-nous se passer ? Certes nous ne descendons pas dans la pire catastrophe mais le chemin que prend notre planète n’est pas celui de la vertu et nous sommes en train de flirter avec une situation irréversible
Tous les indicateurs du réchauffement climatique sont au rouge .
Si j’en crois les conclusions de cet article, le plus inquiétant n’est-il pas que non seulement le climat se dérègle mais encore que cela remet en cause les programmes de prévision météorologique ? C’est très ennuyeux, puisque jusqu’ici, la précision des prévisions du GIEC, paradoxalement, nous rassuraient quand même un peu puisque les excès climatiques  se passaient comme ils avaient été annoncés. Connaître son malheur à l’avance est une façon de l’atténuer, l’ignorer par contre renforce l’angoisse de son occurrence. Seul moyen de se rassurer serait donc de tout faire pour revenir dans une zone de plus fortes certitudes, là où les modèles météorologiques fonctionnent encore correctement.

Mais c’est dans ce contexte qu’intervient une nouvelle source d’incertitude
Climat : l’incertitude américaine pèse sur les négociations
En effet, tout ce que je viens d’écrire est tout simplement nié par les gens qui entourent le Président des États-Unis d’Amérique , dont l’attitude récente sur des sujets très sensibles a été pour le moins inquiétante, surtout par son imprévisibilité. Connaissant le poids de l’activité économique en Amérique du Nord dans les émissions de gaz à effet de serre, la position de la délégation américaine dans les négociations sur le changement climatique est cruciale, comme celle de la Chine ou de l’Europe. L’humeur fantasque du locataire de la Maison-Blanche est donc un facteur supplémentaire incertitude. Ce qui se passe actuellement autour de la solidité de son mandat revêt donc une certaine importance qui dépasse largement les remous du marigot washingtonien.

Publié dans développement durable, mondialisation quand tu nous tiens | Tagué , , | Laisser un commentaire

L’économie circulaire n’est pas une vis sans fin

Il me semble qu’il y a quelques mois, j’avais commencé à esquisser l’ébauche d’une pensée sur l’économie circulaire Les miracles de l’économie circulaire ?
Lire la suite

Publié dans développement durable, l'économie comme on la voudrait | Tagué , , | Laisser un commentaire

Le journal des bonnes nouvelles ou le paradoxe hollandais

L’ex-président François Hollande avait fait du redressement économique de la France le marqueur de son quinquennat. Faute d’avoir réussi à convaincre de la réussite de son action, il a finalement renoncé à se présenter. Lire la suite

Publié dans démocratie, je dis ton nom | Tagué , | Laisser un commentaire