Fable express du dimanche n° 7

Dans son coin Jeannot s’ennuie. Par désœuvrement il craque une allumette et met le feu au petit tas d’herbes sèches qu’il a à ses pieds. C’est joli ces petites flammes qui brutalement embrasent les fétus et les réduisent à des volutes grîsâtres.

Comme cela lui plait, il craque une autre allumettre et recommence le même manège sur une plus grosse brassée d’herbes sèches. De nouveau l’éclair des flammes, puis plus rien.

A force, il entreprend d’allumer des amas de plus en plus gros, tas de feuilles mortes, puis petites meules. A chaque fois, c’est la même excitation et la même fascination. Mais à chaque fois, cela s’éteint.

Mais à force de vouloir toujours plus vint le moment où il alluma une telle meule que le feu ne s’arreta pas tout seul et qu’il eut le plus grand mal à éviter que toute la lande s’embrase.

Il y parvint quand même et fataliste, il lâcha «  Qui trop embrase, mal eteint! »

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Mieux vaut en rire -rubrique décidément inépuisable- n°224 : glanés durant la semaine.

Cela s’appelle agir avec opportunité.

Le Brexit commence à produire ses effets et les flux de marchandises entre l’ile et le continent sont en chute libre. C’est le moment que choisit le ministre des transports pour annoncer ceci https://www.actu-environnement.com/Vers une nouvelle autoroute ferroviaire entre Sète et Calais ?

Soit il aime bien les risques et joue avec les infrastructures comme d’autres jouent en Bourse (il faut acheter en pleine crise), soit il est bien informé sur l’état de l’opinion publique britannique et compte sur un retour de l’enfant ingrat. Mais, cela ne fait pas très sérieux.

Cet article vaut aussi pour le commentaire d’un lecteur qui ne propose rien de mieux, pour acheminer les fruits et légumes du Languedoc vers Paris que d’utiliser les voies navigables. Il risque d’y avoir un peu de déchets à l’arrivée.

Grands naïfs, va !

Les actes malveillants sont monnaie courante sur les réseaux sociaux et je soupçonne même que c’est cela qui les rend aussi attractifs pour certains esprits un peu faibles. Les gens de marketing qui pilotent ces réseaux en sont sûrement conscients. C’est pourquoi cette réaction https://www.lefigaro.fr/Fuite de 530 millions de comptes: Facebook dénonce des «acteurs malveillants» a de quoi faire sourire. On a envie de leur dire notre admiration devant une telle perspicacité !

Une gloire éphémère

Quand on écrit on a toujours intérêt à se relire [cela vaut également pour moi qui laisse encore trop de fautes de frappe dans ces écrits]. C’est du moins ce que doit se dire a posteriori ce journaliste mais pour comprendre tout le sel de la situation, il faut aussi avoir lu le chapeau de son article https://www.ouest-france.fr/Pourquoi Baudelaire, 200 ans après sa mort, fascine toujours

« Né en 1821, Charles Baudelaire est à la fois un poète génial et un homme insupportable, complexe et torturé. Une étoile noire qui fascine toujours…. »

Le génial poète, qui affectionnait Edgar Poë et ses contes macabres, aurait apprécié.

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Les lauriers -verts- sont coupés (comptine enfantine)

Très régulièrement, des organismes divers et variés publient des bilans, des palmarès, des tableaux de bord pour suivre l’état de santé de notre planète et surtout les efforts faits par « celleux » (néographisme genré que j’ai inventé pour montrer combien c’est laid les innovations sémantiques saugrenues) qui sont en capacité d’agir pour la protéger.

A ce petit jeu des lauriers, le gouvernement français pense avoir décroché un bel accessit https://www.geo.fr/Ecologie : quels sont les pays les plus verts du monde ?. Certes, la France n’est pas sur le podium mais une 4° place c’est inespéré pour un pays dont la plus haute autorité en matière de justice administrative vient de constater publiquement la carence en matière d’action concrète contre la détérioration du climat (voir L’affaire du siècle ! sur ce site)

Du coup, cela interroge sur la pertinence de classement et les médias, jamais en reste d’un début de polémique s’en sont donné à cœur joie et je n’en cite qu’un https://www.huffingtonpost.fr/La France « 4e pays le plus vert au monde »? Un classement à prendre avec des pincettes
Il est dommage que trop souvent les journalistes ne fassent leur travail qu’à moitié. J’entends bien que le Huff a raison d’épingler la performance déplorable de la France en matière de transition énergétique (62° sur 76 pays auscultés) et il aurait pu aussi parler de ce que le MIT a appelé « société verte » ( 57° sur 76) mais il aurait fallu aller plus loin dans l’analyse.

Si la France est si mal placée en matière de transition énergétique c’est que non seulement la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique est faible (43° sur 76) mais en plus les efforts pour rattraper ce retard sont particulièrement poussifs (52°sur 76). Il faut y voir là l’incapacité de ce gouvernement et des précédents à trancher entre nucléaire et renouvelables . Depuis, le débat semble avoir été clos en faveur du nucléaire (hélas!).

La « France verte » ne l’est pas tellement puisque elle doit son très médiocre 57° rang à une politique du logement « vert » très timide (50°), un politique forestière encore hésitante (30°) et ce ne sont pas les dernières déclarations du ministère de l’agriculture sur la forêt et les puits de carbone (voir également sur ce site: Promenons nous dans les bois…..) qui vont améliorer la situation. Et puisque nous parlons d’agriculture, celle-ci a du mouron à se faire puisque un des autres paramètres pris en compte par le MIT pour décrire une « société verte », la consommation de viande et laitages est un vrai boulet (61° sur 76). Il est vrai que des éleveurs sont prêts à relever le défi de nous faire manger moins de viande mais de meilleure qualité. Cela se ferait au détriment des importations (favorisées sur le papier par les accords de libre échange CETA avec le Canada et Mercosur avec des pays d’Amérique du Sud) ce qui au passage améliorerait notre balance commerciale et le bilan carbone global de la barbaque que nos compatriotes ingurgitent. Mais il faudra payer plus cher pour manger moins à budget familial constant.

Mais alors me direz-vous, pourquoi la France est-elle ainsi classée 4° meilleure nation verte au monde par un organisme aussi sérieux que le MIT (auteur rappelons-le du premier rapport d’alerte écologique en 1972) ?

Cela tient au fait que sur les trois autres piliers de l’étude, elle obtient des résultats honorables, 13° en ce qui concerne les émissions de carbone malgré une performance moyenne de l’agriculture en matière de GES, voire très honorables, pour les innovations propres. Mais c’est surtout sur le dernier pilier qu’elle excelle : en ce qui concerne la politique climatique. Paradoxal si on considère le succès de « l’affaire du siècle »? Pas vraiment si on regarde les critères pris en compte : actions prises en application de l’accord de Paris (11°), taxation du carbone (1°), stratégie pour une agriculture durable (1°), et mesures «vertes » des plans de relance post-COVID (3°).

Sur ce point quelques remarques qui relativise fortement les classements. Premièrement, sur ces quatre critères, il s’agit essentiellement des annonces gouvernementales et non des résultats obtenus; ce sont des paris sur la montée des semences et il y a souvent beaucoup du discours aux actes, surtout dans une gouvernance très technocratique. Deuxième remarque, les trois derniers piliers sont fortement dépendants des politiques de l’Union Européenne : la PAC, qui malgré ses lacunes criantes, reste un cadre très en avance sur le reste du monde en matière de transition écologique de l’agriculture (au royaume des aveugles, les borgnes sont rois) et le Green New Deal de Mme Van der Leyen était, jusqu’à ce que Old Joe Biden dégaine son plan à 2.000 milliards de dollars, ce qu’on faisait de mieux, sur le papier, en matière de transition environnementale. Mais pour l’instant, à peine les deux-tiers des Etats-Membres l’ont ratifié. Cette importance des politiques communautaires explique que sur les 20 meilleures nations du panel, 10 soient membres de l’Union Européenne. Le mérite de la France est donc limité.

Mais comme tous les schémas d’analyse multifactorielle, cet index pour un futur vert est criticable notamment dans le choix des critères retenus mais aussi par le poids relatif qu’on accorde à chacun d’eux. Ainsi le choix fait par le MIT d’accorder 15% à chacun des 4 premiers piliers et 40% au dernier est très critiqué et l’Institut se défend en disant qu’il a privilégié les critères d’avenir. Quelle confiance dans la volonté de nos dirigeants d’aller au bout de leur discours !

Cela dit comme le MIT est un organisme sérieux , il propose en annexe de son rapport un autre classement où les cinq piliers péseraient le même poids et au sein de chaque pilier, chaque critère serait pris avec la même importance. Et là, les choses changent : si l’Islande reste meilleure nation, le Danemark 2° et la Norvège 3°, par contre la France passe alors de la 4° place à la 10°. C’est honnête mais il n’y a plus lieu de faire des cocoricos déplacés.

Je ne résiste pas au plaisir de mettre en comparaison le texte du projet de loi Résilience Climat censé mettre en œuvre les propositions de la Convention citoyenne sur le Climat https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b3875_projet-loi On comprend mieux alors ce que je veux dire quand j’écris qu’il y a loin du discours aux actes (je vous renvoie aussi au articles publiés sur ce site en février-mars 2021 sur ce sujet).

Pour ceux-et-celles qui veulent aller plus loin, voici le lien avec le rapport du MIT: Green Future Index

post-scriptum pour celle/ceux qui aime les bilans et les tableaux de bord en voici deux autres

1°)https://www.novethic.fr/découvrez le visage d’un cac40 qui payerait sa facture carbone
amusant mais un peu anecdotique pour le moment faute d’outils comptables pertinents

2°) plus sérieux, le troisième rapport de l’ONG Climat Chance https://www.ouest-france.fr/Climat. Pourquoi les villes font mieux que les États dans la lutte contre le réchauffement
Dommage que Climate Chance n’ait pas les moyens d’investigation du MIT, dommage que le MIT ne se soit pas emparé de ce sujet, les initiatives des collectivité territoriales, car il semble clair maintenant que l’adage « penser global, agir local » est plutôt efficace pour traiter les risques dans l’urgence.
Ci après le lien vers le résumé du rapport 2021 de Climate Chance https://www.climate-chance.org/comprendre-observatoire/bilan-mondial-de-laction-climat-des-territoires/

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Redistribuer les dividendes de la crise

Le plan de Biden pour relancer l’activité économique dans son pays ressemble vraiment à la politique des grands travaux accompagnés de mesures sociales de grande ampleur voulue par Franklin D. Roosevelt qui lui donna le joli nom de New Deal. Mais la comparaison entre les deux démarches ne s’arrête pas là. En effet, pour financer cette politique et la suite, Roosevelt n’avait pas hésité à imposer lourdement les plus hauts revenus, instaurant même une tranche sommitale à 90%. De même, les profits des entreprises avaient été ponctionné à des taux qui aujourd’hui seraient considérés par les grands patrons comme confiscatoires.

Or, c’est exactement ce que veut faire Biden en relayant les appels lancés depuis l’Europe pour une taxation des multinationales https://www.lemonde.fr/Les Etats-Unis lancent le combat pour une taxation minimale des multinationales
C’est Bruno Le Maire qui doit être content. En effet, cette initiative, si elle va jusqu’au bout lors du G20, va fortement aider les Etats-Membres qui sont favorables à ce qu’on appelle les taxes GAFA à imposer en Europe une trève dans le dumping fiscal qui empoisonne tant la convergence des politiques économiques des 27.

Après tout, cela ne serait qu’un juste retour des choses. Les économies nationales ont souffert et continuent à souffrir des effets de la pandémie, mais tout le monde n’est pas forcément logé à la même enseigne et certains, comme par hasard les plus gros, tirent allègrement leur épingle du jeu.

La généralisation des relations via Internet a engraissé ces GAFA mais ils ne sont pas les seuls. La grande distribution, alimentaire essentiellement, a également bien vécu depuis le début de l’année 2020. Les industries du luxe ne semble pas avoir trop pâti, puisque, les inégalités s’accroissant, les riches et très riches, qui sont leurs clients quasi exclusifs, n’ont jamais été aussi nombreux, ni aussi riches. Enfin, il y a les heureux gagnants du loto sanitaire, ceux qui ont eu la chance d’avoir le bon produit au bon moment pour imposer sur un marché, en pleine panique, leurs règles et leurs tarifs. Il serait donc normal que ces profits exceptionnels soient taxés, de façon exceptionnelle.

Tiens, à ce propos, vous avez peut-être vu la dernière enquête sur les très riches en France https://www.ouest-france.fr/Classement Forbes 2021 : la France compte quatre nouveaux milliardaires, dont le PDG de Moderna
La lecture en est instructive. Je ne reviendrai pas sur les abonnés de ce classement qui doivent leur fortune soit au luxe, soit à la grande distribution, soit aux nouvelles technologies principalement. Les grandes lignées industrielles sont réduites à la portion congrue. Je préfère m’intéresser aux nouveaux happy fews qui entre pour la première fois dans ce palmarès, qu’entre eux, ils jugent prestigieux. Quatre entrants, le patron d’une des entreprises qui a décroché le gros lot en matière de vaccin, un actionnaire de l’entreprise qui a fourni en test COVID une partie de la planète, le fondateur d’une des entreprises régulatrices des trafic sur le cloud où actuellement, télétravail, téléprocédure, télé-achats obligent, il y a un peu d’embouteillage. Le quatrième est un peu une anomalie  quoique dans le monde confiné qui est le notre, le camping-car est peut-être le symbole pour beaucoup, de la liberté qu’on attend « au bout du tunnel ». Cela illustre bien ce que je disais concernant les gagnants de la crise.

Toutefois, je relativise car ces fortunes sont calculées essentiellement sur la valeur boursière d’un patrimoine composé principalement d’actions. Or il n’y a rien de plus volatil qu’un cours de bourse. Il n’empêche, c’est quand même là que s’est accumulé ces derniers mois une partie des richesses produites et c’est donc là qu’il convient d’aller puiser puisqu’ailleurs, il n’y a pas grand chose à gratter en plus.

J’ai même envie de dire qu’on pourrait faire de cette politique fiscale conjoncturelle une politique fiscale perenne. C’est une question de justice sociale mais plus pragmatiquement c’est surtout une question de rééquilibrage des flus économique. En cela, je m’inspire de ce que disait John F. Kennedy, qui n’a jamais été un grand penseur de gauche :« Si la société libre ne parvient pas à améliorer le sort de la majorité des pauvres, elle ne pourra pas sauver la minorité des riches. » JFK

Il est d’ailleurs assez drôle de noter que sur une chaîne d’information en continu, un commentateur, connu pour ses positions ultra-libérales a manifestement tordu cette citation pour en faire à peu près ceci : « Vouloir abaisser les riches, ce sont les communistes, nous nous voulons relever les pauvres. » ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Ne cherchez pas qui fait de l’idéologie.

Pour ma part, je me contente de faire des petits compte d’apothicaire. Si comme on dit 1% possède 99% du patrimoine, ce n’est pas en amputant, ne serait-ce de 20% ce dont bénéficient les 25% qui sont au milieu qu’on arrangera le sort des 74% qui ont le moins. Par contre ponctionner ces mêmes 20% sur la petite pointe de la pyramide, ne mettra pas celle-ci sur la paille et l’effet peut-être décisif pour la base. Finalement pour paraphraser JFK, cette peut-être la meilleure option pour que cette infime pointe sauve l’essentiel. Car comme le disait le même JFK « Ceux qui rendent une révolution pacifique impossible rendront une révolution violente inévitable. »

Les plus grandes fortunes américaines l’ont compris qui appuient la proposition de Biden de les taxer plus. Il n’y a rien d’altruiste là-dedans, surtout si dans deux ou trois ans, on oublie tout cela.

On en parlera donc à ce moment-là sachant que la plupart des Etats auront encore des difficultés à boucler leur budget national.

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L’affaire du siècle !

Peut-être vous souvenez-vous de cette pétition éclair qui en décembre sidéra le monde politique et médiatique. Imaginez ! Plus de 1.200.000 signatures recueillies en ligne en 7 jours, ce qui fait un rythme hallucinant de 2 signatures à la seconde toutes les secondes de ces 7 journées, nuit et jour, dimance et jour férié compris. On avait peine à y croire et certains peinent encore !

Mais passons sur ces calculs d’apothicaire et ne retenons que ce que disait cette pétition. Les pouvoirs publics sont largement responsables de ce que deviendra notre planète dans les prochaines décennies car leurs décisions ou leur absence de décision pèsent lourdement dans cet avenir. Et c’est au nom de ces générations futures qu’ils ont entamé une action contre l’Etat français et non contre un gouvernement en particulier). Cela répondait, par avance aux répliques desdits gouvernants sur le thême « nous avons fait ce que nous avons pu. Il n’y avait pas d’autres alernatives. »

Evidemment, c’est faux et ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis et pourrait se passer en Europe, est là pour l’illustrer.

C’est particulièrement patent Outre-Atlantique où le changement d’administration est très remarqué. On passe du « je ne fais rien parce que je n’y crois pas » du sortant, par une action très volontariste, sur le papier du successeur https://www.novethic.fr/JOE BIDEN veut dépenser 2000 milliards de dollars pour des infrastructures plus justes et plus résilientes

Il y a trois lignes directrices dans ce plan : la défense de l’emploi, la défense des plus défavorisés, la défense de la planète [vous les ranger dans l’ordre que vous voulez, selon vos sensibilité, social-démocrate, ultra-gauche, écologiste]. Mine de rien, Old Joë est en train de nous refaire le coup du New Deal de Roosevelt, mais cette fois-ci il le peint en vert pour en faire un Green New Deal.

Tiens ! Ça ne vous rappelle rien cette appelation ? C’est pile poil le nom retenu par la Commission Européenne pour son plan de 750 Milliards d’Euros [850 milliards de dollars environ].

Présenté plus tôt dans le courant de l’année 2020, le plan européen pourrait revendiquer une certaine antériorité et avoir inspiré le plan états-unien, sauf que les contours de ce plan peinent encore à émerger et quand hier je m’inquiétais de voir les efforts de pays comme la France pour introduire l’énergie nucléaire dans le volet « vert » du plan de relance, on comprends qu’on est malgré tout assez loin des ambitions états-uniennes qui visent à positionner les Etats-Unis comme chef de file de la révolution de l’énergie propre.

En effet quand on voit par exemple la détermination que met l’administration Biden à développer l’éolien offshore, on comprend mieux la colère du ministre luxembourgeois de l’environnement [ voir le billet d’hier]
https://www.energiesdelamer.eu/l’administration Biden : 30 GW d’éolien en mer d’ici 2030, 3 Mds$ de prêts, mais pas seulement ! – PARTIE ¼
https://www.energiesdelamer.eu/l’administration Biden : nouvelles zones pour l’éolien en mer et création d’emplois – partie 2/4
https://www.energiesdelamer.eu/l’administration Biden : 110 GW d’éolien en mer d’ici 2050 et investissement dans les infrastructures portuaires – partie ¾
https://www.energiesdelamer.eu/l’administration Biden : sciences environnementales en 1ère ligne pour atteindre les 110 GW d’éolien en mer d’ici 2050 – partie 4/4

Pour bien fixer les choses, je rappelle que l’EPR de Flamanville, qui a déjà coûté si cher (19 milliards d’après la Cour des Comptes) ne représente que 2,66 GW de puissance installée. Le programme états-unien prévoit un investissement de 12 milliards par an jusqu’en 2030 pour atteindre une puissance installée de 30 GW

Franchement, il n’y a pas photo !

Vite! Vite que les instances européennes prennent leurs décisions et qu’au sein du Conseil européen une majorité se dégage pour dire que quand c’est vert, c’est vert !

Les générations futures apprécieront.

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L’addiction aux drogues dures.

Tous les addictologues vous le diront : plus longue a été une addiction à un produit toxique mais qui apparemment fait du bien, plus profonde a été cette accoutumance, plus il est difficile d’y mettre fin. Les intoxiqués deviennent d’ailleurs d’une grande inventivité pour justifier la continuation de leurs pratiques à risque.

Je prie les lecteurs que cette introduction peut avoir choquer mais je n’ai pas trouvé une meilleure analogie pour décrire ce mal français qui s’appelle la dépendance à l’énergie d’origine nucléaire.

En effet, après Tchernobyl, puis après Fukushima, une majorité des Français avaient manifesté une volonté de sortir progressivement du nucléaire. Mais une fois l’alerte passée, il semblerait qu’ils veuillent revenir à ce petit confort euphorisé par une électricité peu chère (comparée à nos voisins européens) https://lenergeek.com/France : vers revirement des opinions en faveur du nucléaire ?

L’energeek peut effectivement pavoiser car certains de ses rédacteurs ont beaucoup oeuvré à ce revirement. Il faut dire que la campagne de communication a été massive et de très longue haleine et tous les arguments ont été bons : les énergies renouvelables ne sont pas fiables (et les centrales nucléaires à l’arrêt en même temps, est-ce plus fiable?), les énergies renouvelables ne sont pas écologiques (elles tuent les petits oiseaux, elles font du bruit, elles émettent des ondes et elles détruisent les paysages), et enfin la production d’énergie nucléaire n’émet pas de carbone dont c’est bon pour le climat, donc c’est écologique, etc… Dans des billets précédents, j’ai déjà tenté de faire un sort à ces « informations ». Mais voilà qu’un ex-ministre écologiste vient mettre son grain de sel dans le débat en vantant la sécurité des installations. Compte tenu des alertes récentes, dont certaines émanaient de l’agence de sécurité nucléaire, je lui laisse la responsabilité de ce jugement. Mais en vieux routier de la politique, le dit député ex-ministre ne parle que du risque immédiat, celui qui a fait si peur aux Français ; il omet sciemment le principal risque à moyen et long terme de cette production d’énergie, les déchets qui peuvent rester très dangereux pendant des siècles et des siècles. Et s’il pense aux générations futures, qu’il est cela aussi en tête quand il nous parle de sécurité.

Et les grands intoxiqués qui conseillent nos dirigeants sont en passe de réussir cet exploit, faire classer comme investissements en faveur d’une transition bas carbone, dit investissements verts, le nucléaire. C’en est au point que l’hydrogène qui pourrait être produit à partir des centrales nucléaires serait classé comme « hydrogène vert », donc vertueux.

Evidemment cela fait bondir certains de nos amis européens https://www.ouest-france.fr/Finance verte : « Il n’y a plus de limites à l’obsession française pour le nucléaire »

Il est vrai qu’il a raison d’avoir peur ce ministre écologiste luxembourgeois car entre la centrale lorraine et les centrales wallones, il est bien mal entouré. Il a surtout raison de pousser un coup de gueule contre les manœuvres des lobbyistes nucléocrates français car, comme il le dit si bien, l’argent restera rare même si le plan de relance européen est énorme (j’y reviendrai demain) et tout l’argent qui sera mis dans la relance du programme nucléaire français sera autant de moins qui pourrait être consacré à d’autres alternatives qui présentent moins d’inconvénient, l’éolien en mer par exemple ; et en l’occurrence, on ne peut pas soupçonner ce ministre luxembourgeois de travailler en sous-main pour ses intérêts nationaux, compte tenu de l’importance du littoral maritime luxembourgeois.

Notez toutefois que, parlant finances, un ministre luxembourgeois devrait se montrer circonspect compte tenu des facilités accordées par son pays aux banques de toutes l’Europe et à leurs clients. Voilà une autre forme d’intoxication dont l’économie de son pays ne put plus se passer tant elle est devenue dépendante à cette rente bancaire.

Et pour terminer sur mon analogie initiale, c’est un peu comme si un alcoolique chronique venait faire reproche à un cocaïnomane de ne pas se soigner.

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Fable express du dimanche n°6

Dans son atelier d’Amsterdam, l’ébéniste Renato Dellecarti travaillait inlassablement à peaufiner ces petits bijoux mobiliers qui avaient fait sa réputation . Il y mettait tellement de soin que ces commodes étaient appelées des « méthodes ».

Mais il était d’un soin maniaque ; il ne fallait pas le moindre grain de poussière autour de son établi, notamment quand il allait s’apprêter à vernis une de ces petites merveilles. Alors, cela prenait l’aspect d’un vrai ballet des objets : un coup de papier un peu rêche, un coup de chiffon, un coup de papier à poncer, un coup de chiffon pour ramasser la poussière.

Cela devint tellement obsessionnel qu’un jour excédés, ces apprentis suspendirent par dérision sur la devanture de l’atelier le calicot suivant

« Renato Dellecarti, fabrique de méthode »

devise « Je ponce, donc j’essuie. »

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Mieux vaut en rire – rubrique décidément inépuisable- n° 223 : Des bulles dans mon cognac

Les Ecossais ont pris beaucoup d’avance sur nous en matière de développement des énergies à partir de sources renouvelables, notamment des vents marins. Assez régulièrement, on peut lire sur l’excellent site spécialisé « énergies de la mer » des informations de ce type : https://www.energiesdelamer.eu/2Simply Blue energy et Subsea 7 s’associent pour créer un parc éolien flottant au large de l’Ecosse C’est normal, l’Ecosse et entourée de trois côté par la mer et dans ses latitudes les vents sont assez réguliers et plutôt forts.

Mais l’énergie éolienne n’est pas la seule spécialité de l’Ecosse. Il y a aussi la production de boissons fortes à partir de malt.

C’est pourquoi tout naturellement, les Ecossais sont arrivés à la conclusion qui s’imposait https://www.energiesdelamer.eu/L’industrie écossaise du whisky utilisera l’hydrogène des parcs éoliens en mer Cela s’appelle la valorisation des ressources locales et le fonctionnement en circuit court.

Du coup, en lisant le même jour, sur le même site, cette information https://www.energiesdelamer.eu/OW ET TERNA ENERGY collaboreront pour développer des parcs éoliens offshore flottants en Grèce je me suis pris à rêver d’ouzo produit lui aussi à partir d’hydrogène décarboné.

Et tant que j’y suis, allons jusqu’au bout de la réflexion. Il y a en France des projets très avancés de fermes éoliennes offshore au large des côtes charentaises. Et il semblerait que dans le Golfe de Gascogne, cela pourrait se révéler très intéressant aussi. Du coup, pourquoi ne pas rêver de distilleries de cognac et d’armagnac chauffées de la même façon.

Je ne doute pas que les spécialistes du marketing alimentaire en profiteraient pour coller à ces productions spiritueuses l’étiquette «  production durable  décarbonée». Et je ne doute pas que certains en profiteraient pour abuser en arguant que chaque centilitre bu est un effort fait pour la planète.

Ils auraient tort : hydrogénés ou non, les alcools forts restent à boire avec modération.

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Les grandes manœuvres dans les médias

Une grande réorganisation des groupes de médias est en cours en France autour essentiellement de deux pôles , le groupe M6, c’est à dire principalement les trois chaines de télévision M6, W9 et 6Ter et les radios autour de RTL, et le pôle médias de ce qui reste de l’empire Lagardère c’est dire notamment Europe 1, Paris Match et le Journal du Dimanche. Comme on le voit ce ne sont pas des petits morceaux. Mais le plus intéressant dans l’affaire c’est également l’identité des candidats à la reprise .

En ce qui concerne le groupe M6/RTL, il y a vraiment du beau monde : https://www.europe1.fr/Qui sont les six candidats au rachat du groupe M6 ?
Il y a d’abord le trio Niel-Pigasse-Crapton, les deux premiers s’étant déjà illustré dans le rachat du Monde en 2010 avant de créer avec le troisième un petit groupe média Mediawan qui serait le leader dans la production de fictions françaises, ce qui peut s’avérer utile dans le cadre de la montée en puissance de la plate-forme de streaming SALTO. Rappelons aussi que Xavier Niel est le patron du réseau de télécommunication Free et Matthieu Pigasse est banquier d’affaires.
Il y aurait aussi le groupe TF1 toujours propriété du groupe Bouygues, lui aussi fortement impliqué dans les réseaux de telécommunication.
Il y aurait également le groupe Vivendi, c’est à dire le groupe Bolloré mais je reviendrai plus loin sur ce cas.
Il y aurait enfin monsieur Kretinsky qui s’est fait connaître en France par une arrivée tonitruante dans le capital du groupe Le Monde. Il s’est également porté acquéreur des dernières centrales à charbon de France, histoire de rester dans la continuité de ce qui fit sa fortune dans son pays d’origine la République Tchèque. Il a également acquis Elle, Marianne et plus récemment le pôle magazines people du groupe Lagardère.

Justement, venons-y au groupe Lagardère qui fait l’objet d’une belle bataille entre trois poids lourds de la finance française https://www.lemonde.fr/Les destins d’Europe 1, de « Paris Match » et du « JDD » et les tractations entre Lagardère, Arnault et Bolloré
Manifestement la première fortune de France, Bernard Arnault, ne souhaite pas laisser les coudées franches au patron de l’un des plus puissants groupes de médias de France, Vincent Bolloré ; En effet la galaxie Bolloré, c’était jusqu’à présent, dans les médias Vivendi et son gigantesque catalogue de films, le groupe Canal + et Havas, un nom qui compte dans le domaine de la publicité.
Mais cela ne lui suffisait pas ; il voulait plus. Faute de pouvoir mettre la main sur les restes de ce qui fut naguère le groupe Matra, il s’est emparé d’une autre empire de presse https://www.lemonde.fr/Vivendi annonce avoir signé « une promesse d’achat » pour acquérir 100 % de Prisma Media C’est plus qu’un lot de consolation.
Accessoirement, je citerai quand même cette dernière information https://decouverte.challenges.fr/Drahi contrôlera 92% d’Altice Europe après son OPA qui ne vous dira rien si vous ne savez pas que Mr Drahi, c’est d’abord et avant tout le patron du groupe de télécommunication SFM, que Altice Europe c’est essentiellement BFM et RMC (télévision et radio) et qu’il y a plus d’un an, il s’est dessaisi de sa participation dans Libération au profit d’une fondation, censée garantir l’indépendance du titre, mais qu’il a financé largement au départ.

Mais vous allez me dire pourquoi tout cet étalage des mouvements de regroupements dans les médias français ?

A ceci, une raison principale. C’est l’annonce assez déstabilisante de l’état de la presse en Europe https://www.sauvonsleurope.eu/La liberté de la presse en Europe réalisé par « reporters sans frontières » qui place la presse française dans une position peu enviable, juste avant les pays d’Europe Orientale. Certes les journalistes français ne sont pas menacés physiquement, ni empêchés mani militari d’exercer leur métier ( du moins tant que la loi Darmarin ne sera pas votée), mais quand même le pouvoir économique de ces patrons de presse est tel qu’il est de nature à brimer leur liberté.

Notamment, un de ces patrons de presse s’est beaucoup illustré ces dernière années :
2015 Canal+ : Bolloré accusé d’avoir censuré un documentaire
2016 Crédit Mutuel: plainte contre Bolloré pour censure – Le Figaro
2017 Bolloré, l’affairiste par la censure – Chronique des médias – RFI
2021 Edgar-Yves : double censure d’une blague sur Bolloré et la …
« Il y a une vraie censure qui vient d’en haut » : Canal+ accusée …
Certes, ce ne sont que des articles de presse émanant de médias concurrents mais cette accumulation fait quand même tâche dans le paysage.

Et puis surtout compte tenu des intérêts commerciaux, financiers et industriels de ces patrons de presse d’un noiuveau genre, on ne peut pas totalement évacuer l’hypothèse qu’ils se servent de ces tribunes pour influencer, l’opinion publique voire le pouvoir politique en faveur de leurs intérêts privés.

Cela dit ce ne serait pas nouveau. Déjà, avant guerre, les grands patrons industriels avaient leurs journeaux et c’est justement pour lutter contre ces manipulations de la vie démocratique qu’à la fin de la seconde guerre mondiale, les gouvernements issus du Conseil National de la Résistance avaient édictés des règles très strictes en ce qui concerne la possession de journeaux et les concentrations dans la presse, règles bien oubliées depuis :1945, c’est si loin !

Par contre 2022, c’est tout proche et le journal Le Monde n’a peut-être pas tort de lancer un début d’enquête sur les conséquences politiques de ces grandes batailles dans les médias https://www.lemonde.fr/Emmanuel Macron et la bataille des magnats des médias

N’oubliez quand même pas à qui appartient Le Monde !

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On sonne le tocsin !

Je vous avais promis pour aujourd’hui un billet sur les grandes manœuvres dans les médias, mais comme toujours l’actualité prime.

En effet, il y a depuis hier de grandes manœuvres dans les transports et ça fait du chahut et ça réveille certains débats rituels dans notre République.

Comme chacun, ou presque, le sait, à partir du Jeudi soir avant Pâques, toutes les cloches de France entament leur migration annuelle vers Rome. Or cette année, c’était un fait acquis, les cloches de St Sulpice, de St Séverin, de Notre-Dame même étaient empêchées de voyage pour cause de « mesures de ralentissement territorialisées » car la République Française est un Etat laïc et donc le motif religieux n’est pas considéré comme dérogatoire. Les cloches d’Ile de France mais aussi celle des beffrois et campaniles de Picardie, d’Artois, du Hainaut et des Flandres étaient donc confinées.

Et puis voilà extension de ces mesures à l’ensemble du territoire et du coup ce sont toutes les cloches de France qui se trouvent empêchées de partir, malgré la dérogation accordée par l’Etat italien aux règles de la quarantaine.

Aussi la conférence des dignitaires religieux de France a publi un communiqué demandant une décision de clémence et autorisant exceptionnellement ce voyage aller-retour en s’appuyant sur l’argument suivant : « puisque les nantis parisiens pourront aller s’exiler en province dans leur résidence secondaire pour des vacances d’un mois, pourquoi interdire à nos valeureuses cloches qui depuis des siècles sont en première ligne face à tous les dangers, de faire un si court déplacement, d’autant plus que vivant quasi-recluses depuis que les églises sont désertées, elles font preuve, à leur corps défendant, d’un grand civisme. » Le président attend parait-il, l’avis du conseil supérieur des cultes avant de prendre sa décision.

Cela dit, une autre polémique est en train d’enfler. En effet, toutes les cloches de France ne sont pas confinées. En effet, en vertu du concordat, les cloches d’Alsace et de Moselle peuvent se déplacer. C’est en effet, une conséquence du maintien du statut concordataire que les autorités ne peuvent pas s’opposer à un déplacement dès lors qu’il a un motif religieux. Aussitôt, l’Union Française des Amicales Laïques et Républicaines a publié un cinglant communiqué, rappelant les précédents glorieux des cloches de la Commune de Paris et exigeant l’égalité de traitement sur l’ensemble du territoire de la République et le texte se termine par cette phrase définitive : « Si la loi crée cette inégalité, il faut changer la loi. »

Les cloches resteront donc et déjà une dépêche d’agence m’indique qu’un collectif des confinés en province menace d’intervenir sur les parvis des églises pour obtenir que ces cloches se taisent, ce bruit est tellement néfaste au repos des citadins épuisés. Il risque d’ailleurs d’être rejoint par une mystérieuse « congrégation évangélique de l’angélus de 11 heures » qui va également manifester sur les parvis, dans le Trégor breton dans un premier temps, puis dans le Léon voisin afin de réclamer le départ des cloches dès jeudi soir.

Curieuse période qui voit, pour des raisons différentes, se constituer une coalition surprenante de laïcards, de bo-bo irreligieux, et d’intégristes illuminés afin de faire partir des cloches pour trois jours.

Devrais-je leur dire que cette histoire de cloches vagabondes est purement allégoriques. C’est pas demain la veille qu’on verra des tonnes de bronze voler.

Et dire que tout cela se passe le premier jour du si joli mois d’avril.

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Something is rotten in Medialand

Pendant que la bataille fait rage pour le contrôle des médias en France (voir le billet de demain), il s’en passe de belles dans des publications qui ont parfois pignon sur rue depuis des décennies.

Il y a d’abord le cas de France Soir. Quotidien national issu de la Résistance, il fut dans les années 50 et 60 le journal le plus vendu en France sous la houlette d’un très grand patron de presse Pierre Lazareff. On en est bien loin maintenant. Après une longue déchéance on aboutit en octobre à l’acte final du journalisme à France-Soir avec le licenciement des quatre derniers titulaires d’une carte de presse.
Ceci permit à France Inter (du groupe Radio France société anonyme appartenant à l’Etat français) de poser cette question le 21 octobre 2019 https://www.franceinter.fr/France Soir est-il encore un média ?
Un an plus tard, la question s’est transformée en affirmation . Ainsi le 11 octobre 2020 Libération (propriété depuis 2020 d’une fondation dotée au départ par le groupe Altice) titrait https://www.liberation.fr/«FranceSoir» : ceci n’est plus un journal
Un dernier épisode vient peut-être mettre un terme définitif à cette drôle de saga médiatique puisque le 29 janvier 2021 la ministre de la Culture, tutelle financière de la presse, annonçait :
https://www.leparisien.fr/Roselyne Bachelot souhaite un réexamen du statut de France Soir

C’est vrai que cela fait bizarre un journal sans journaliste. C’est un peu comme un restaurant sans cuisinier, une boulangerie sans boulanger, ou une voiture sans chauffeur. Tout cela existe mais on sait de quoi il retourne. La porte est dès lors grande ouverte à toutes les dérives et quand on garde le statut de site internet très fréquenté, cela aboutit à un curieux mélange d’informations un peu racoleuses et de fausses nouvelles, sciemment on inconsciemment véhiculés.

Et bien figurez-vous qu’on a l’impression que cela va recommencer avec un autre titre emblématique de la presse française, Science et Vie. Combien d’adolescentes et d’adolescents se sont-ils découverts une vocation scientifique en feuilletant cette revue dont la haute tenue intellectuelle faisait sa réputation même au-delà de nos frontières. Mais voilà un événement récent vient de mettre la presse en émoi. De Challenges (propriété du groupe Perdriel qui édite également Sciences et Avenir) au Figaro ( propriété de Socpresse, contrôlée en partie par le groupe Dassault) Tout le monde s’émeut :
https://decouverte.challenges.fr/Science et Vie: démission de la quasi-totalité des rédacteurs
https://www.lefigaro.fr/La quasi-totalité des rédacteurs de Sciences et Vie démissionne
Voilà donc une nouvelle publication sans journalistes. S’agissant d’un contenu scientifique, il y a de quoi s’inquiéter, surtout par les temps qui courent. Depuis le début de la pandémie, nous avons déjà tellement vu et lu de billevesées à tournure « scientifique » émanant de sites plus ou moins bien identifiés qu’il est à craindre que ce même contenu frelaté se retrouve également sur ce site, bénéficiant alors de l’aura de sérieux qu’aura conservé (pour combien de temps?) cette publication.

Si ces craintes sont fondées on pourra effectivement dire qu’il y a vraiment quelque chose de pourri au pays des médias.

PS : à l’intention des journalistes qui s’émeuvent des journaux sans journalistes, autant par conscience politique que par intérêt corporatiste, je tiens juste à signaler ce petit détail : relisez bien attentivement les deux articles que j’ai cité ci-dessus. A part peut-être les intertitres et le chapeau, c’est quasiment du copier-coller. Heureusement que les rédacteurs ont eu l’honnêteté de signer [ACPM]. Grandeur et misère du journalisme au quotidien !

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Fable express du dimanche n°5

Hier c’était grande marée et qui dit grande marée dit pêche à pied. Cette fois-ci, c’était un peu particulier. Cela faisait plus d’un an que ce couple de gentils septuagénaires n’étaient plus allés au bord de l’eau et près de 6 mois qu’en fait ils vivaient en auto-confinement ; c’était la conséquence combinée de la peur du COVID, d’un hiver rude et de grosses complications médicales personnelles. Evidemment, ils ont un peu abusé mais le choc fut rude, car ils n’étaient plus habitués au grand air surtout la charmante petite dame qui en revint un peu groggy, d’avoir pris trop d’air trop rapidement. SMS désolé de son époux aux enfants :  «  En revenant de la pêche mon petit oiseau se sent sonné. »

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Les lendemains qui déchantent de la start-up nation

Quand il a lancé ce slogan « France start-up nation », beaucoup n’ont pas compris ce que Jupiter voulait dire. Puis on s’y est fait progressivement : ça voulait dire « France, pays de l’innovation, de l’entrepreneuriat à tout-va et si possible dans les secteurs d’innovation ». Bon, il fallait s’y faire ; il avait rêvé que le Val de Loire ressemble à la Silicon Valley, que la Côte d’Azur vive au rythme californien et que les rivages de l’Atlantique soit aussi décalés que la Côte Pacifique du côté de Seattle.

Nous n’y étions pas tous préparés mais ceux qui étaient déjà dans le bon wagon en pouffaient de jouissance. Et à croire les comparaisons internationales, ils avaient surement raison https://www.lesechos.fr/Brevets : la France sur le podium européen de la nouvelle révolution industrielle Mazette! Il y a de quoi se percher sur ses ergots et cocoricoter comme nous sommes si prompts à le faire. Mais après tout, pour la seconde économie de l’Union Européenne et la deuxième ou troisième Nation européenne si on y inclut le Royaume-(encore) Uni, c’est son rang normal. C’est l’inverse qui aurait été décevant. Pour autant, il ne faut pas bouder son plaisir n’est-ce pas, dans ces temps moroses.

Eh bien, si ! Boudons car n’est-ce pas là le bel arbre qui cache la chêtive forêt? En effet, quasiment au même moment paraissait une autre comparaison internationale, beaucoup moins glorieuse, celle-là https://www.sudouest.fr/Sciences et maths : le niveau des élèves français est l’un des pires d’Europe et de l’OCDE Ah ! Sacrebleu ! La male peste soit de ces gazettes porteuses de si vilaines nouvelles. Quelle chute du piédestal ! La Roche Tarpéienne de la cancritude était donc si proche du Capitole de l’Innovation ! Comme dirait l’autre, ceci remet quand même l’église au centre du village. La fameuse start-up nation n’est le produit que d’une petite élite qui maintient dans son microcosme confortable l’illusion que la France est encore une grande Nation tandis qu’au bas de l’échelle, loin de ces « premiers de cordée », une fraction croissante des jeunes générations devient au sens littéral du terme, ignare. Entre les deux, le « ventre mou » survit vaille que vaille s’agrippant du bout des ongles au marchepied de l’ascenseur social, qui de toute façon est en panne, tout en serrant les fesses pour ne pas tomber dans la trappe à exclusion.

Voilà en quelques images, ce que nous disent ces deux informations. Elles nous disent également que si la machine à enseigner ne se remet pas à marcher dans le bon sens, la start-up risque de tomber en panne.

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Grands diseux, p’tits faiseux !

Harcelés par les ONG pro-climat, les banques françaises, les unes après les autres prennent des engagements pour ne plus financer les énergies fossiles, considérées comme les principales causes des dérèglements climatiques dont nous commençons à subir les effets dévastateurs.

Ainsi le 7 juin 2019 l’une des principales banques française prenait cet engagement solennel : https://www.lemonde.fr/Le Crédit agricole s’engage sur une sortie totale du charbon
Certes, cela ne concernait que le charbon, ce combustible roi du XIX° siècle et de la première moitié du XX° siècle et non les hydrocarbures mais cela avait suffi pour que les dites ONG applaudissent du bout des doigts.

Un peu plus tard, ce fut la principale cible française de ces attaques militantes qui s’engagea le 12 mai 2020 : https://www.novethic.fr/BNP PARIBAS renforce ses engagements de sortie du financement du charbon
Bon, là encore, on ne parlait QUE du charbon et non des hydrocarbures mais c’était un pas de plus par rapport au précédent engagement de cette banque qui, pourtant, ne datait que de novembre 2019. Mais en lisant bien entre les lignes, on pouvait déceler que l’exclusion ne devait pas toucher grand monde, donc l’engagement n’était pas très contraignant.

Enfin, dernière en date, celle qui manifestement trainait des pieds s’est engagé en octobre 2020, mais ces critères d’exclusion de financement sont tels que des observateurs se sont crus autorisés à faire ce commentaire https://reclaimfinance.org/Société Générale: une approche à compléter pour enrayer le développement des fossiles
Certes, il est question ici d’hydrocarbure mais, est-ce un hasard, cette banque était la plus engagée dans le soutien aux exploitations charbonnières un peu partout dans le monde.

Bon, me direz-vous, vous faites la fine bouche ! Tout n’est pas parfait en ce bas monde ! Il fallait bien commencer par quelque chose et tout cela va dans le bon sens puisque les banques s’engagent à réduire leur financement aux producteurs et utilisateurs primaires d’énergies fossiles.

Je suis d’accord ! Je suis d’accord !

Ou plutôt, j’étais d’accord jusqu’à ce que je tombe en mars 2021 sur cet article https://www.lefigaro.fr/Depuis l’accord de Paris, les banques ont augmenté leur financement d’énergies fossiles
Peste ! Aurais-je été trompé ? En fait, la réponse est mitigée. Le constat est fait par des ONG rendues impatientes par l’urgence de la catastrophe. Il y a manifestement eu du retard à l’allumage après l’accord de Paris en 2015 et il n’aurait pas encore été rattrapé. Ça, c’est la version gentille des faits.
Mais de toute façon, compte tenu de la nature des engagements pris par les unes et par les autres-le charbon pas les hydrocarbures, le pétrole et le gaz mais pas le charbon, et on ne touche pas aux sources pour l’instant irremplaçables- est telle que ce n’est pas demain la veille que ces banques -j’en ai cité trois mais il y en a d’autres encore plus mal côtées- atteindront à l’excellence écologique. Ça , c’est la version plus hard de la situation.

Compte tenu du fait que, malgré les avertissements de la COP 21, elles aient augmenté leurs engagements dans ces secteurs, j’aurai tendance, et pourtant ce n’est pas ma nature, à opter pour la version hard.

Comme on dit en parler picard : « grands diseux, p’tits faiseux. », en bon Français « Ce ne sont que des hâbleurs ! »

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Le retour de l’Etat stratège

Il y a près d’un an, le 17 Juin 2020, France Stratégie, lointaine héritière du glorieux Commissariat Général au Plan avait publié sur son site cette tribune, qui était en quelque sorte un plaidoyer pro domo https://www.strategie.gouv.fr/La planification : idée d’hier ou piste pour demain ? Pour celles et ceux qui s’intéressent un tant soit peu à l’histoire de nos institutions, cet article présente l’immense mérite de remettre en perspective ce que fut cette expérience inédite dans l’histoire administrative de la France. Il en montre également les limites et milite pour qu’on en conserve quelque part, les éléments de méthode qui se sont révélés efficaces.

Manifestement, ce billet a été lu en hauts lieux puisque quelque mois plus tard, à défaut de faire renaître le Commissariat Général au Plan, la Présidence de la République a créé la fonction de Haut-Commissaire au Plan par décret n° 2020-1101 du 1er septembre 2020.
On notera que le rôle de ce HCP est défini très succinctement dans le texte et cela laisse donc toute latitude à son titulaire pour en faire soit une sinécure de fin de carrière, soit une ardente obligation.

On en sut un peu plus sur ses intentions lors de la présentation de sa méthode devant le Conseil Economique et social le 22 septembre 2020 https://www.gouvernement.fr/sites/default/files/contenu/piece-jointe/2020/10/2020.09.22_discours_au_cese_version_prononcee.pdf discours dont je retiens principalement une phrase : « il est plus efficace de convaincre que d’imposer. » qui résume assez bien la démarche très politique de ce HCP.

Depuis, il lui faut prendre ses marques et il n’a produit que peu de notes de problématiques. Toutefois, il semble s’instaurer entre lui et le CESE un semblant de méthode de travail https://www.lecese.fr/content/le-cese-et-le-haut-commissariat-au-plan-debutent-leur-collaboration-de-travail Mais le sujet abordé, « le COVID 19 durera-t-il ? » , n’augure pas forcément bien de la vision à long terme qu’il pourra donner à ses travaux.

Car en fait, il s’agit bien de cela, à travers ce HCP, mobiliser toutes les énergies, sur une base de préférence consensuelle, en vue d’objectifs à atteindre dans 5, 10 ou 15 ans, en définissant au passage, les moyens à mettre en œuvre et les étapes à franchir. Comme on le voit, le HCP a encore des marges de progrès.

Notons cependant que le Président de la République n’est pas le seul à vouloir afficher une volonté de retravailler les perspectives à moyen et long terme de la Nation, des partis politiques aussi s’en mêlent. Il en est même un qui en a fait la colonne vertébrale de sa propagande : file:///C:/Users/carrefour/Downloads/Livret-planif_vdef-1.pdf Là aussi, il est question de vision à moyen et long terme, là aussi il est question de débats citoyens et de décisions consensuelles, là aussi il est question d’incitations mais aussi de coercition . Cela serait bel et beau si derrière tout cela, il y avait de leur part, une démonstration de la capacité à organiser et à accepter un débat citoyen contradictoire et ses conclusions quelles qu’elles soient.

Mais il y a quand même l’idée, commune manifestement, que l’Etat ne peut plus rester un spectateur, vigilant certes mais spectateur tout de même, des évolutions économiques et sociales qu’imposent essentiellement des pouvoirs économiques sur lesquels Il n’a plus prise. Dès lors, faut-il dès lors recréer le Commissariat Général au Plan avec ses dizaines de commissions, ces centaines de dirigeants économiques, politiques et syndicaux mobilisés pour produire les grandes orientations de demain?

Peut-être mais aussi peut-être pas car la France dépérit déjà d’un surcroît d’organismes de toutes sortes qui souvent font doublons et qui rarement s’écoutent les uns les autres. Je ne prendrai que deux exemples, d’organismes déjà cités, le CESE et France Stratégie. Je vous mets ici le lien vers les pages de leurs publications :
Les travaux publiés par le CESE https://www.lecese.fr/travaux-du-cese/travaux-publies?page=0
34 rapports en 1 an qui mis bout à bout et synthétisés offrent déjà un beau panel de propositions pour lesquelles il y a eu consensus au sein du CESE
Les publications de France Stratégie https://www.strategie.gouv.fr/publications
50 rapports,notes d’analyse ou documents de travail publiés ces 12 derniers mois

Si vous rajouter à cela les rapports que produisent les parlementaires des deux assemblées, les nombreux travaux que produisent la dizaine de think tanks sérieux existant en France, il y a là surabondance de matière grise pour décrire les futurs possibles de la France, de son économie, de sa structure sociale, de sa capacité à préserver à long terme ses ressources naturelles, de sa capacité à rester autonome, vivace et solidaire pour reprendre les termes du HCP

Si Commissariat Général il doit y avoir, ce sera surtout pour produire à partir de là quelques scénarios et d’organiser autour le débat public. La Convention Citoyenne pour le Climat a montré que correctement organisées et documentées, de telles assemblées pouvaient produire des programmes d’action cohérents.

Voilà pour un HCP qui y croirait une ardente obligation. Le reste ne sera que parole verbale et idées de papier.

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Mercenaires de luxe ? Gourous du libéralisme ? Ou tout simplement apprentis sorciers ?

Cela fait maintenant près de trois décennies qu’il ne peut plus se faire un projet de réforme, aussi bénin soit-il, dans l’administration française sans qu’aussitôt apparaissent la figure magique du CONSULTANT.

Personnellement, je les ai rencontré pour la première fois en 1997, lors d’un projet de réorganisation d’une direction d’administration centrale. Ce n’était pas un gros cabinet, ils écoutaient ce qu’on leur disait et je ne sais pas si c’est leur influence sur les patrons de cette DG ou les consignes données dès le départ par ces dits patrons, mais toujours est-il que l’architecture finale correspondait pile-poil à ce que cabinet et direction pensait. Cest sûrement ça le miracle du consulting. Pour que mon histoire soit complète, je préciserai quand même que depuis, la même direction a subi quatre nouvelles réorganisations en vingt ans qui se sont traduites par une augmentation du nombre des services, sous-directions et bureaux, là où le sens de la réforme allait vers l’allégement du poids des administration centrale.

Cette petite anecdote personnelle ne sert ici que d’entrée en matière à un sujet plus vaste, l’envahissement par les grands groupes d’auditeurs des allées du pouvoir partout où il y a du pouvoir.

Actuellement, le mal touche les services de la Commission Européenne. On y connaissait de longue date le poids des lobbys, ce qui influencent sans conseiller. Par contre, il semblerait que l’irruption des grands cabinets d’audit soit une chose nouvelle https://www.euractiv.fr/section/la facture faramineuse de la Commission européenne avec les Big Four
Retirons ce qui relève de l’exagération journalistique, en l’occurrence 30 voire même 40 millions d’euros n’a rien de faramineux vu le budget de l’Union. Il n’en demeure pas moins que la progression exponentielle des budgets qui sont confiés à ces quatre usines à produire de la « pensée unique » devient préoccupante. Elle l’est d’autant plus que ces entreprises travaillent aussi et surtout pour des grands groupes privés et que volens nolens il y a risque sérieux de conflits d’intérêts à répétition. C’est d’autant plus risqué que deux de ces entreprises se sont reconstruites sur les débris du scandale de maquillage des comptes qui causa la perte l’entreprise Enron et de ceux qui la conseillèrent alors.

C’est d’autant plus scabreux que ces entreprises se sont également illustrées par leur capacité à conseiller des stratégies de contournement des réglementations nationales et communautaires.

Du coup, un sérieux examen des procédures et garanties déontologiques internes et contractuelles s’impose et les investigations de la Cour des Comptes européenne ne vont permettre d’éclairer la chandelle des Commissaires et des parlementaires que partiellement https://www.euractiv.fr/La Cour des comptes européenne examine les contrats passés par la Commission avec des consultants En effet, par essence celle-ci ne pourra dire que deux choses, si les marchés ont été passés conformément aux régles de l’Union, et là-dessus on peut compter sur le savoir-faire des Big Four pour être resté dans les clous d’une part et d’autre par si la dépense était opportune. Du coup, on est impatient de voir ce que dira la Cour des Comptes sur l’opportunité de recourir à des « experts » extérieurs dès lors que les différentes directions générales de la Commission sont considérées être déjà des nids d’experts.

En creux, ce recours massif aux consultants, dans la sphère publique comme dans la sphère privée, pose la question de fond de la capacité de ces organisations à générer leur propre expertise et surtout à la conserver. Pour mémoire, la fonction publique française a créé, il y a vingt ans à peu près, deux nouveaux statuts, qui sont autant de débouchés de carrière pour ses cadres supérieurs, les directeurs de projet et les experts de haut niveau. Dès lors, de deux choses l’une, soit ces postes n’ont pas de réalité et ne servent que de voies de garage ou de recyclage à des cadres burn-outés, soit ils correspondent réellement à des savoir-faire reconnus et dans ce cas, on ne comprend pas très bien ce que viendraient faire des consultants dans ces mécanismes de transformation de la fonction publique.

Tiens, puisque j’en suis à parler de la fonction publique française, il est intéressant de constater que sous ce quinquennat, plus qu’avant les cabinets prospèrent aux frais de l’Etat et que l’un d’entre eux est particulièrement choyé https://www.lemonde.fr/McKinsey, un cabinet dans les pas d’Emmanuel Macron Ne dit-on pas que c’est ce cabinet-là qui a conçu, orchestré et mis en musique la politique de vaccination de la France. Comme on le voit, ce n’est pas une intervention anecdotique. Elle est même très politique. Ah oui, très politique elle l’est même puisque celui qui au sein de ce cabinet dirigeait la manœuvre ne cache pas son appartenance active à une organisation politique https://www.consultor.fr/Vaccin covid : ce juppéiste surprenant consultant McKinsey du gouvernement Qu’il se soit déclaré « macro-compatible » peut dès lors revêtir une certaine importance.

Mais le plus dérangeant dans l’histoire est que, non content d’inspirer l’action publique, il ambitionne à prendre directement des responsabilités politiques majeures https://www.letelegramme.fr/« Je serai candidat pour la présidence du Conseil départemental du Finistère » Maël de Calan A ce stade, on ne peut plus parler de mercenaire de luxe, ni même de gourou du néo-libéralisme, mais peut-être plutôt d’apprenti-sorcier. A mélanger ainsi les fioles, on risque parfois l’accident.

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Fable express du dimanche n°4

Les courses transatlantiques à la voile sont volontiers baptisées pour faire la publicité de leur promoteur. Ainsi le tour du monde en solitaire s’appelle le « Vendée Globe » parce que le Vicomte de Villiers, surnommé « l’agité du bocage » l’avait voulu. La « route du Rhum » s’appelle ainsi pour rappeler qu’elle arrive aux Antilles et ce n’est pas pour rien que Le Havre-Carthagène s’appelle la « Transat Jacques Vabre » au lieu de « route du café ». On me dit qu’un fabricant de plats cuisinés aurait eu l’idée d’organiser une course qui contournerait le Cap Horn pour aller du port de pêche de Valparaiso à un autre port de pêche du Sud-Finistère et il voudrait l’appeler « Chili-Concarneau ».

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Mieux vaut en rire -rubrique décidément inépuisable- n° 222 : Ils sont incorrigibles !

La nouvelle administration états-unienne a réussi son premier pari : faire voter un plan de relance sans précédent : 2.000 milliards de dollars. Le chiffre est tellement énorme qu’on reste coi un instant avant de constater que c’est environ 2/3 du PIB de la France. Pour un plan de relance, c’est un plan de relance. Certes, il aurait pu prendre une forme différente, c’est à dire une sorte de New Deal du XXI° siècel avec force investissements publics pour moderniser et « verdir » les infrastructures publiques. Non le choix a été fait de faire directement des chèques aux ménages, si « durement touchés dans leur pouvoir d’achat par la pandémie ». Bref, on va faire une relance par la consommation . Le pari semble en partie raté https://www.lefigaro.fr/États-Unis : une bonne partie des chèques de relance va atterrir en Bourse

Notez que du point de vue écologique, que les ménages états-uniens ne se précipitent pour consommer à tout-va ne me désole pas plus que cela vu le niveau de gaspillage déjà atteint avant le début de la pandémie.

Mais franchement creuser le déficit public pour que les ménages aillent boursicoter, cela doit faire mal aux tripes du Trésor Public à Washington. Le pire est évidemment que cela serve à spéculer sur les monnaies virutelles, où arrivant de toute façon trop tard, ces petits investisseurs vont se faire rincer par les requins de la finance qui ont déjà faits leur pelotte depuis longtemps.

Le mythe de l’argent facilement gagné a la vie dure au pays de Wall Street.

Décidément incorrigibles, ces Yankees !

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Si c’est ça les entreprises de demain……

L’Institut de l’Entreprise, officine de réflexion des grandes entreprises françaises (il suffit de voir les instances dirigeantes), s’est lancé dans une série d’articles visant à démontrer que les entreprises de demain n’ont rien à voir avec les entreprises d’hier. L’exemple de cette semaine est particulièrement croquignolet https://www.institut-entreprise.fr/Entreprises de demain – Coca-Cola x GROUPE SOSD’un coté nous avons l’un des principaux fabricants de boissons gazeuses sucrées dont tous les diéteticiens nous disent le plus grand mal, et de ce fait, érigé, contre son gré au rang d’archétype mondial d’une certaine malbouffe. De l’autre un conglomérat de l’action sociale qui grâce au flair et à l’entregent de son fondateur, l’archétype de « l’entrepreneur social », a réussi à prendre une place incontournable sur tous les créneaux de ce qu’on appelle le « CARE » où on est sûr que l’argent public sera là.

L’un, malgré ses rodomontades sur son engagement sociétal et la notoriété de sa marque, sait qu’il a un déficit d’image et a donc besoin de se donner un vernis de responsabilité dans la société. L’autre, malgré ses indéniables succès commerciaux dans ses créneaux sociaux a manifestement besoin d’une reconnaissance en tant qu’opérateur économique qui compte et rien de tel que de safficher avec l’une des marques les plus connues.

Après on habille cela avec un discours sur la convivialité, la solidarité avec les territoires en deshérence et le tour est joué. Dans l’esprit, cela va dans le même sens que la loi PACTE qui en modifiant le Code Civil a permis aux sociétés capitalistes d’afficher qu’elles ont aussi du cœur et que leur action a un sens dans l’environnement social où elles sevissent.

Si c’est ça les entreprises de demain, franchement celles d’hier n’étaient pas toujours terriblement séduisantes mais au moins elles ne se fardaient pas.

Notez ! Pour justifier cette alliance, il y a bien une autre explication. Le Groupe SOS était très présent dans les métropoles et le centre-ville. S’appuyer sur un grand groupe industriel pour s’implanter en zones rurales et dans les banlieues où manifestement l’Etat envisage d’investir encore massivement (pour lutter contre les fractures territoriales), voilà une opportunité qui ne se dédaigne pas. D’un autre côté, aider une structure associative à créer ou maintenir plus sieurs centaines de lieux qui vont devenir autant de lieux de distribution de vos produits est également une opportunité qu’un marchand de boissons ne peut dédaigner. Si cette explication tient, alors finalement l’entreprise de demain, ce ne serait rien d’autre qu’une joint venture entre deux commerçants plutôt futé. Que le produit soit une catastrophe diététique, que les cafés n’aient aucune consistance locale du coup importe peu. Ils sont là pour faire du business.

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Bon appétit, malgré tout !

Je vous ai déjà parlé sans doute de la passion des plus grosses fortunes nord-américaines pour les viandes végétales. On pourrait mettre cela sur le compte de l’esprit « Côte Ouest »Californie-Oregon-Washington et la mode bio-vegan. Par contre, je ne vous ai peut-être pas encore parler de cette particularité de la fortune de l’ex- « homme-le-plus-riche-du-monde » https://www.lesechos.fr/Bill Gates, premier propriétaire agricole des Etats-Unis
En général, ces gens-là ne font rien innocemment surtout quand il s’agit d’argent, de beaucoup d’argent. Ce soudain intérêt pour la terre nourricière confirme ce cri d’alarme lancé par plusieurs ONG : la propriété foncière est en train de se financiarisée et 70% des terres appartiendraient à 1% de la population. Je ne sais pas si ceci est vrai mais c’est très plausible et en général ce genre de situation d’accaparement excessif n’augure jamais rien de bon et parfois cela se termine mal pour tout le monde.

J’aurai pu en rester et me dire que ce qui se passe aux Etats-Unis doit rester aux Etats-Unis. Mais voilà, l’actualité a rattrapé ma réflexion et voici qu’en France nos « petits » milliardiares s’y mettent aussi https://www.novethic.fr/Xavier Niel lance une école gratuite d’agriculture et s’attire les foudres de la profession
Cela pourrait être drôle de voir la FNSEA pousser des cris d’orfraie face à cette « financiarisation de l’agriculture », alors que par ailleurs certains de ses membres éminents auraient investi massivement dans les achats de terre en Europe Orientale et en Afrique.

Vous noterez qu’à chaque fois, nos capitalistes purs et durs se parent d’idéaux écologiques et responsables pour justifier leurs initiatives. Au XIX° siècle, si cela avait été à la mode, ils auraient défendu la naissance du chemin de fer contre les diligences au nom du bien-être animal de ces pauvres chevaux ereintés par des courses exténuantes sur des chemins cahoteux. Mais comme la mode était au progrès technique, c’est au nom de celui-ci que leurs prédécesseurs, les banquiers Pereire et consorts financèrent ce qu’ils savaient être la future affaire très rentable du demi-siècle.

Je crains pour nos assiettes que nos Picsou modernes fassent un peu le même raisonnement et parient sur le fait que demain, comme hier, il faudra de toute façon nourrir les hommes et comme il est ancré dans les esprits qu’il faut manger bio et si possible non carné, pour préserver la planète, ils occupent massivement le terrain. Connaissant leurs méthodes et leur logiciel interne, nul n’est besoin d’être grand clerc pour comprendre que demain, nous mangerons tous de la nourriture biologique industrielle, oxymore peu ragoûtant, et des steacks végétaux dont la composition restera un sujet d’interrogation. J’en viens à plaindre notre belle jeunesse qui, parce qu’elle ne supporte pas la souffrance animale, est prête à se jeter à corps perdu dans les bras de ces prédateurs qui ne voit dans un steack vegan qu’un petit tas de billet vert. J’en viens presque à regretter ces agri-industriels de la FNSEA qui, à coup d’ « agriculture raisonnée » ou d’ « agriculture de conservation », essaient vaille que vaille de préserver un tant soit peu des pratiques paysannes.

Oh ! Mon Dieu ! J’en viens à prendre la défense de la FNSEA. Aurais-je mange de la vache folle ?

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