La fable express du dimanche soir n°28

branle bas de combat chez René : on repeint les murs du séjour. Aussitôt tout se met en place, les vieux journeaux par terre pour éviter de tâcher le carrelage, les bâches en plastique sur les meubles pour la même raison et enfin les escabeaux car le plafond est haut.

René et Renée- et oui ça existe des couples où tous deux ont le même prénom ou presque- sont prêts pour entamer le chantier. Il ne reste plus qu’une chose : définir qui fait quoi. Le choix est vite fait : « C’est bien simple, tu ponce donc, j’essuie, voilà une répartition raisonnable des cartes, René ! » « T’as raison Renée, pas besoin de discours, c’est la bonne méthode. »

Publié dans En rire | Laisser un commentaire

L’Union Européenne ne serait-elle finalement qu’un Marché Commun ?

Je terminais mon billet de jeudi, consacré aux lobbys de l’agro-alimentaire par une interrogation sur la place des lobbys de manière générale et je relayais les inquiétudes de certaines ONG sur la dérives des pratiques gouvernementales dès lors qu’un pays préside pour six mois aux destinées de l’Union.

Je ne suis pas le seul à m’en émouvoir puisqu’un média très europhile a relayé également cette information https://www.euractiv.fr/PFUE : des ONG s’inquiètent de la place des grandes entreprises dans les préparatifs. Le message d’Euractiv reste cependant modéré et je n’en retiendrais que la conclusion de la jeune eurodéputée d’extrême-gauche qui ironise sur l’Etat en faillite, incapable d’organiser une manifestation d’envergure.

Les énarques qui sont nombreux à ce niveau de l’Etat devraient pourtant se souvenir du cours de déontologie qui a dû leur être donné pendant leur passage dans cette future ex-grande Ecole : ne jamais accepter le moindre cadeau d’entreprises ou de parties prenantes à une politique publique dans le cadre de ses activités professionnelles ou en dehors.

Mais l’école, c’est si loin et le cours de déontologie, s’il existe encore, n’est pas soumis à notation donc n’entre pas en compte dans le classement final.

Publié dans COUPD'GUEULE | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Un lobby dans votre assiette.

Il y a des jours comme ça où les informations se téléscopent sans qu’on l’ait voulu. Ainsi, ces jours-ci, j’ai reçu dans ma boite à lettre électronique (« « my mail box » ce serait plus court mais trop anglophone mais pourquoi pas « bàlé », après tout !) deux alertes visant à peu de chose près la même cible, les lobbys agro-alimentaires auprès des organisations supranationales.

La première alerte venait d’un groupe d’ONG et visait les entreprises chimiques qui fournissent les producteurs de produits agricoles en poisons divers et variés et se limitait à ceci : « Bayer, Cargill et Syngenta sont sur le point d’obtenir un pouvoir sans précédent pour façonner les politiques des Nations unies en matière de production alimentaire, il faut agir vite: https://actions.sumofus.org/a/stop-a-l-alliancetoxique-empechons-bayer-de-sieger-aux-nations-unies?sp_ref=741386700.99.220343.e.0.3&referring_akid=96096.11854181.w6VGmG&referring_source=fwd&source=mlt » Comme information, c’était un peu sommaire pour me mobiliser, mais vous me connaissez, il ne faut pas trop me titiller les neurones et du coup, j’ai cherché à savoir de quoi il retournait. En fait il s’agit d’un événement assez ancien, puisqu’il date d’il y a un peu moins d’un an Le rapprochement entre la FAO et le lobby des pesticides inquiète scientifiques et ONG (lemonde.fr) alors que le nouveau directeur général de la FAO, le Chinois QU DONGYU était en poste depuis un peu plus d’un an. Fallait-il s’inquiéter d’un partenariat officiel entre une organisation internationale et un groupement d’intérêts privés? Pour l’instant les prises de position les plus récentes des organisation dépendant de l’ONU sur la questions des pesticides sont les suivantes :
https://www.fao.org/pest-and-pesticide-management/pesticide-management/code-de-conduite-international-sur-la-gestion-des-pesticides/fr/
https://apps.who.int/Manuel sur l’élaboration et l’utilisation des spécifications FAO/OMS pour les pesticides, Première éd., troisième révisioniris/handle/10665/259819
Si vous avez ouvert les deux liens, vous avez peut-être constaté qu’il n’y avait là pas de quoi s’émouvoir, l’ONU tenait bon le cap dans la lutte contre l’utilisation déraisonnée des pesticides. Certes on ne parle pas d’interdiction mais manifestement l’influence du lobby ne se fait pas encore sentir. Cependant pour qui connait la lenteur et la lourdeur pachydermique des processus décisionnels onusiens, cela ne veut rien dire car il est trop tôt. Donc attendons ce qui va se passer sur ce front dans les prochaines années.

La deuxième alerte vient d’un groupe politique au Parlement européen, le 18 octobre 2021, https://www.social-ecologie.eu/De la ferme à la fourchette : halte au lobbying des industriels de la malbouffe !Ce communiqué de presse est elliptique et peu explicite sur les raisons de cette alerte. Il faudrait pour cela suivre en direct les débats en cours au parlement Européen. Heureusement, les lobbys français de la malbouffe ont maladroitement alertés les médias français sur un sujet qui du coup apparaît comme étant l’actualité européenne en matière de bonne alimentation, la généralisation du label nutri-score à tous les produits alimentaires en Europe.
Le premier média à en parler relaie sans trop barguigner le message dévalorisant envoyé par les gros de l’alimentaire Le 19 octobre 2021 https://www.huffingtonpost.fr/Le bilan du Nutri-score en France alors que l’UE veut l’imposer partoutCela rappelle en plus light, l’attaque frontale menée contre un autre outil de maîtrise de la qualité alimentaire de notre alimentation, Yuka (qui a été condamné en première instance à une amende particulièrement salée comme je l’ai déjà écrit) : «  puisque certains résultats sont sujets à caution, c’est que l’outil n’est pas scientifique donc il est contestable et nous, industriels nous le contestons ». Ce travail de dénigrement fait, chacun peut alors y aller de sa solution fantaisiste qui servira ces intérêts.
Le second média s’est montré plus sourcilleux dans son enquête puisque le même jour il publiat ceci Le 19 octobre 2021 https://www.letelegramme.fr/Pourquoi le Nutri-Score obligatoire fait grincer des dentsLa stratégie de dénigrement des groupes qui sont cités nommément y est plus clairement explicitée de même qu’il est exposé les limites d’un tel outil.

Du coup, je suis allé voir comment cet outil était né, comment il avait été accueilli et quelle avait été sa vie.
Avant sa mise en place expérimentale, il avait fait l’objet comme d’autres outils de notation nutritionnelle d’une évaluation de la part de l’ANSES qui ne fut pas tendre pour ces outils, 23 février 2017 https://www.culture-nutrition.com/L’étiquetage nutritionnel remis en question par l’Anses Seule Nutri-score semblait trouver grâce à ses yeux. Par contre une organisation de défense des consommateurs avait très rapidement eu pour ce label les yeux de Chimène 2 juillet 2019 https://www.quechoisir.orgÉtiquetage nutritionnel Le Nutri-Score soutenu par l’UFC-Que Choisir
Aucune prise de position officielle par contre des géants de l’agro-alimentaire ni de leur représentation officielle l’ANIA. Par contre, un travail de sape semble s’être organisé très rapidement, jouant sur les faiblesses de l’outil, sur la fibre patriotique et l’attachement à nos « bons produits traditionnels » même si cela fait belle lurette que l’industrialisation des processus leur a fait perdre ce caractère traditionnel (les fromages en sont un bon exemple). Cela a permis une sérieuse mise au point, scientifiquement étayée du père de cet outil. Publié le 11 juin 2021 sur le site de l’Institut d National de la Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentaion et l’Environnement, cette longue tribune https://www.inrae.fr/Lobbying et alimentation : le point de vue de Serge Hercberg sur les arguments des anti-Nutri-score mérite d’être lue car elle démonte parfaitement les mécanismes d’insinuation, d’assimilation abusive utilisée pour décrédibiliser l’outil dont ces industriels ne veulent pas. Cela dit, s’ils font de tels efforts, c’est peut-être que cet outil est vraiment utile.

Voilà en deux exemples comment les entreprises tentent d’influencer la décision publique. C’est pourquoi, je peux comprendre que certaines ONG s’émeuvent de voir que le gouvernement français entend faire « sponsoriser » les six mois de sa présidence de l’Union Européenne au premier semestre 2022.

Publié dans l'économie comme on la subit | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Rémunérer les compétences certes mais rester décent !

La rémunération des très hauts fonctionnaires, voilà bien un sujet d’accord, au-delà des querelles corporatistes qui enveniment le débat actuel sur la gestion des cadres dirigeants de l’Etat : elle n’est plus suffisamment attractive, eu égard aux responsabilités assumées et surtout par comparaison au traitement que le secteur privé réserve à ses cadres dirigeants.

Pour éclairer le débat, rendons grâce à la DGAFP de publier ceci https://www.acteurspublics.fr/Combien ont gagné les agents les mieux payés des ministères en 2020 qui permet de fixer un peu les choses. Sans surprise, il existe des différences entre ministères (de 150.000 euros par an à la Culture à 265.000 euros à l’Ecologie). Cela permet de tordre un peu le cou à la légende qui voudrait que les cadres de Bercy aient profité de leur proximité avec le Grand Argentier pour se servir. Ces différences s’expliquent certainement par la différences des responsabilités exercées (volume budgétaire géré, nombre de fonctionnaires sous les ordres, sensibilité des politiques publiques menées) mais il n’est pas exclu que les régimes indemnitaires particuliers liés à certains corps d’origine de ces hauts fonctionnaires n’ajoutent pas un peu à ces différences de traitement.

Il n’en demeura pas moins qu’avec une rémunération mensuelle moyenne de 16.500 euros (un peu moins de 200.000 euros par an), les 110 hiérarques de l’Etat concernés par cette enquête disposent d’une rétribution confortable, notamment si on la compare à ce que touche officiellement leur ministre ou secrétaire d’Etat https://fr.wikipedia.org/wiki/Rémunération_des_acteurs_institutionnels_en_France

Ceci étant posé, il convient maintenant de voir ce qui se passe dans le privé. En la matière, la situation est plus complexe à analyser car à ma connaissance, il n’existe pas de compilation de même nature et même si les grandes entreprises se sont dotées, dans le cadre de leur RSE, d’un comité des rémunérations, je n’ai pas pu trouvé d’études permettant cette comparaison. Toutefois, j’ai trouvé ceci https://www.waage.fr/PRÉSIDENT DIRECTEUR GÉNÉRAL (PDG) SALAIRE ET RÉMUNÉRATION. Cette étude à l’avantage de concerner toutes tailles d’entreprises dès lors que la société dont chacune dépend s’est dotée d’un président directeur général. Pour le coup, l’éventail est très large et si le bas de la pyramide (82.000 euros) fait un peu pâle figure, l’arrogance du sommet de celle-ci, à près de 5 millions par an, paraît effectivement hors de proportion avec ce que nous venons devoir dans les ministères. Toutefois, il convient de jeter un coup d’oeil plus attentif au graphique qui accompagne cet article pour constater que plus de 80% des rémunérations de PDG se trouvent dans la tranche 250.000/350.000. C’est effectivement plus que ce que la fonction publique peut offrir. Certains diront que c’est la prime de risque liée à l’entrepreneuriat privé. Cela reste cependant à établir, dans la mesure où les réunions des Conseils des Ministres le mercredi matin sont aussi redoutables pour les uns que les réunion de Conseils d’Administration ou de Conseils de surveillance pour les autres.

Néanmoins, il y a un dernier élément, ou presque que je voudrais verser à ce dossier et qui concerne un secteur où a priori, les inégalités salariales ne devraient pas avoir cours, celui de l’économie sociale et solidaire. L’exemple qui m’a été fourni concerne certes une branche très particulière de l’économie coopérative, les coopératives agricoles https://basta.media/« Mieux vaut que tu ne saches pas » : les confortables revenus des dirigeants des coopératives agricoles. Si on prend l’extrait du registre des rémunérations figurant en encarté dans cet article, on constate que les dix cadres les mieux payés d’une coopérative agricole d’envergure à peine régionale ont une rémunération globale supérieure aux dix cadres les mieux payés du ministère de l’agriculture sous la tutelle duquel ces coopératives sont pourtant placées.

Evidemment, cela ne clôt pas le débat récurrent sur la rémunération des dirigeants mais si ces quelques chiffres peuvent contribuer à une réflexion sur la signification de la rémunération des cadres dirigeants, j’en serais heureux.

Au moins, on ne parlerait plus ici de l’indécence des rémunérations perçues par certains sportifs, parfois de haut niveau, certains animateurs radio et télé, parfois de caniveau, qui restent pour moi un phénomène inexpliqué dans un pays que la moindre inégalité de traitement, la moindre injustice subie met en émoi.

Publié dans administration publique | Tagué , , | Laisser un commentaire

« Homme libre, toujours tu chériras la mer »

Baudelaire avait raison de même qu’Eluard qui aurait pu écrire aussi cela « la mer est l’avenir de l’homme. »

Compte tenu de sa richesse et de son immensité, il est évident que le monde océanique est un enjeu majeur dès lors qu’on évoque la crise écologique qui nous pend au nez.

Notre président qui dispose de bons logiciels d’analyse de l’opinion l’a bien compris, ce qui lui a permis une belle envolée lyrique https://www.lemonde.fr/A Marseille, Emmanuel Macron promet de mieux protéger les mers françaises lors du Congrès mondial de l’UICN à Marseille. Cela va dans le sens de ces interventions publiques dans les forums internationaux dès lors qu’il est question de l’avenir de la planète ou plutôt de l’Humanité sur cette planète.

Et histoire de bien enfoncer le clou, il récidive quelques jours plus tard en faisant fuiter par un de ses affidés l’information suivante https://www.letelegramme.fr/Brest choisie pour accueillir le « One Ocean Summit » début 2022. Génial le premier sommet mondial pour l’Océan et en plus en France et encore mieux à moins de six mois des échéances électorales majeures pour le pays. Manifestement il est très concerné par l’avenir de tout ce qui vit sur l’eau, dans l’eau, sous l’eau.

Mais hélas, il y a aussi cela https://www.francetvinfo.fr/Grands fonds marins : la France investit dans l’exploration minière, un sujet sensible. C’est un autre grand sujet qui passionne, lui, les sphères économiques depuis plusieurs décennies, l’exploitation du sous-sol sous-marin . Peut-être est-ce là l’illustration du « en même temps jupiterien » : on peut être à la fois POUR la protection de tout ce qui vit dans l’eau et POUR le pillage et le saccage de tout ce qui existe au fond de l’eau. C’est hélas oublié un peu vite que l’eau et ce qu’il y a au fond de l’eau fonctionnent en symbiose, que la vie dans l’eau dépend de la préservation des sous-sols, qui sont à la fois, nursery, garde-manger et abri anti intrusion pour de nombreuses espèces. Manifestement, l’existence de cet autre « en même temps » n’a pas encore atteint les neurones de ces esprits pourtant bien faits mais peu habitués encore à analyser des fonctionnements systémiques complexes.

Publié dans développement durable | Tagué , | Laisser un commentaire

Faut-il se méfier d’une Chine affaiblie? Ou « la Chine, à qui perd gagne »

Certains avait commencé à sourire en décembre 2019 en voyant la panique qui semblait avoir gagné les autorités chinoises confrontées à un début d’épidémie de nature inconnue. En effet, l’économie de l’une des principales zones industrielles était à l’arrêt, des millions de personnes étaient enfermées chez elles (on redécouvrit le sens du mot confinement à cette occasion). Bref ! Tout allait mal dans la Chine triomphante et on allait bientôt voir que ce n’était là qu’un « tigre de papier », pour reprendre la terminologie maoïste appliquée à un autre empire.

On a bien vu en deux ans ce qu’il en était. Même si les chiffres officiels ne retracent pas forcément la réalité chinoise, il semble bien que l’Empire du Milieu (déjà ce nom devrait faire réfléchir) ait mieux surmonter la crise sanitaire dont il est l’origine (géographique au moins en attendant les résultats d’une hypothétique commission d’enquête de l’OMS) que n’importe quel autre pays.

Du coup, quand je lis cet article https://www.lesechos.fr/Les coûts de production en Chine flambent à un rythme record depuis 25 ans, je me dis que cet aveu de faiblesse de la Chine peut paraître surprenant. En effet, ce qui a fait la force de l’économie chinoise dans les années 90 et la première décennie de ce siècle, ce n’est pas son avance technologique mais bien le différentiel de compétitivité lié à des coûts de production extraordinairement bas. Est-ce à dire que progressivement la Chine arriverait à un niveau tel que, à son tour, elle pourrait être concurrencée, par le bas, par des pays à plus bas coût, dans le même temps qu’elle perdrait en attractivité pour les entreprises capitalistes des pays occidentaux qui y verraient là une belle opportunité de redorer leur blason de respectabilité en rapatriant une partie de leur processus de production ?

Il est certain cependant que la Chine traverse actuellement une crise majeure, comme d’ailleurs la plupart des économies développées, liée à une reprise trop brutale de l’activité qui a asséchée les reserves de carburants fossiles. Etant plus dépendante que les autres du fait de son statut d’atelier du monde, la Chine souffre actuellement plus que les autres. Mais il convient de ne pas oublier qu’en Chinois, comme en japonais, l’idéogramme « crise » signifie également opportunité. Le fait que cet article La Chine face au casse-tête de la neutralité carbone | Atlantico.fr nous dise que la Chine est déjà le premier pays en matière de production de voitures électriques et en passe d’être le numéro mondial pour ce qui est des énergies renouvelables montre cette capacité culturelle à faire face à l’adversité. En 1974, face au premier choc pétrolier, les communicants français s’étaient bien essayé à cela avec le slogan « En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées! » Hélas, le résultat le plus tangible fut la réalisation du fantasme d’ingénieurs polytechniciens, la France nucléaire. C’est là une différence culturelle majeure au niveau des élites nationales.

Mais pour revenir à la Chine, la seule raison d’espérer tient dans la nature du régime dont l’autoritarisme, et le mot est faible, est un frein certain à la créativité. Or pour passer d’une économie d’imitation, même si au passage on améliore les technologies utilisées, à une économie d’innovation, qui permettrait à la Chine d’assoir réellement son leadership mondial, il faut que l’Université chinoise soit capable de générer des innovations de rupture, c’est à dire d’avoir des chercheurs qui délibérément se mettent en rupture avec la science officielle pour défricher de nouveaux champs de la connaissance. C’est peut-être là la principale faiblesse de la Chine, mais je dis bien « peut-être ».

En effet, je n’oublie jamais, s’agissant de la Chine que Confucius n’est pas le seul à avoir façonné l’âme chinoise. Dans les élites chinoises, un autre philosophe est tout aussi très présent, Sun Tzu dont « l’art de la guerre » a été lu et commenté largement au fil des siècles. De la lecture de ce petit opuscule, j’ai personnellement retenu beaucoup de choses dont cette citation qui en dit plus long qu’une longue analyse sur ce qu’il faut penser de ces aveux de faiblesse à répétition des autorités chinoises : “Il faut feindre la faiblesse et l’infériorité, et encourager l’arrogance de l’ennemi (…) Quand vous êtes capable, feignez l’incapacité. Quand vous agissez, feignez l’inactivité. Quand vous êtes proche, feignez l’éloignement… » 

Publié dans l'économie comme on la subit, mondialisation quand tu nous tiens | Tagué , , | Laisser un commentaire

Sauver la biodiversité : quand on veut, on peut – mais quand on veut pas, on fait pas !

La COP 15 de la biodiversité (à ne pas confondre avec la future COP 26 du climat) touche à sa faim, sur un cri d’alarme, de grandes déclarations de principes et très peu de décisions concrètes. Comme d’habitude, ai-je envie de dire. Et pourtant, dieu-sait si les observateurs en avait souligné l’importance https://www.letelegramme.fr/Pourquoi la COP15 biodiversité est cruciale pour l’avenir de la planète.

Heureusement, il y en a d’autres qui s’en préoccupent, certains par altruisme environnemental, d’autres en fonction de leurs intérêts bien compris. Mais comme aurait dit un ancien dirigeant chinois, Den Zao Ping, connu pour son pragmatisme «  Qu’importe que le cat soit noir ou gris, pourvu q’il attrape les souris ! ».

Les marins pêcheurs des côtes françaises, avec l’aide des organismes français de recherche océanographiques en apportent ces deux preuves
https://www.energiesdelamer.eu/coquilles Saint-Jacques en baie de Seine et en baie de Saint-Brieuc : record absolu
https://reporterre.net/La langouste est de retour en Bretagne
.

A chaque fois, c’est le même scénario. Confrontée à la raréfaction de l’espèce et face à une perspective de chômage définitif, la profession avait deux options possibles : accélérer le process d’élimination pour passer à autre chose ou mettre la pédale douce afin de permettre à la nature de réparer toute seule les dégâts qu’ils lui avait causé. La seconde option, fruit d’une tradition de patience propre à cette profession, l’a donc enmporté et tout le monde s’en réjouit, sauf peut-être les coquillages et les crustacés eux-mêmes dont le funeste destin n’est que reporter dans le temps.

Mais dans le même temps, alors même que la COP n’avait pas encore éteint ses lampions, le Journal Officiel de la République Française publiait cette série d’arrêtés le vendredi 15 octobre, veille de week-end de chasse donc
Arrêté du 12 octobre 2021 relatif à la capture de l’alouette des champs (Alauda arvensis) au moyen de pantes dans le département de la Gironde pour la campagne 2021-2022
Arrêté du 12 octobre 2021 relatif à la capture de l’alouette des champs (Alauda arvensis) au moyen de pantes dans le département des Landes pour la campagne 2021-2022
Arrêté du 12 octobre 2021 relatif à la capture des vanneaux et des pluviers dorés dans le département des Ardennes pour la campagne 2021-2022
Arrêté du 12 octobre 2021 relatif à la tenderie aux grives et aux merles noirs dans le département des Ardennes pour la campagne 2021-2022
Arrêté du 12 octobre 2021 relatif à la capture de l’alouette des champs (Alauda arvensis) au moyen de pantes dans le département du Lot-et-Garonne pour la campagne 2021-2022
Arrêté du 12 octobre 2021 relatif à la capture de l’alouette des champs (Alauda arvensis) au moyen de pantes dans le département des Pyrénées-Atlantiques pour la campagne 2021-2022
Arrêté du 12 octobre 2021 relatif à la capture de l’alouette des champs (Alauda arvensis) au moyen de matoles dans le département des Landes pour la campagne 2021-2022

Arrêté du 12 octobre 2021 relatif à la capture de l’alouette des champs (Alauda arvensis) au moyen de matoles dans le département du Lot-et-Garonne pour la campagne 2021-2022 .
Même si le volume de prise est encadré, cela représente quand même une hécatombre de plusieurs dizaines de milliers d’oiseaux par an, juste pour le plaisir. Que cela se fasse au nom du bien-être animal, comme je l’ai entendu, dépasse l’entendement. Que cela se fasse aussi au nom de la préservation des coutumes locales est également sujet à caution. Toutes les coutumes ne sont pas forcément bonnes. Il en est même d’archaïques et de barbares comme celles-ci au même titre que la crucifixion de chouettes sur les portes de granges pour conjurer le mauvais sort ou la chasse à courre. Et qu’on ne vienne pas dire non plus qu’il ne s’agit pas là d’espèces menacées. Certes l’alouette des champs n’est pas classée par l’UICN dans les catégories les plus critiques mais elle quand même identifiée en catégorie LC, c’est à dire légèrement critique avec cette appréciation «  L’Alouette des champs est une espècerépandue et généralement commune, non menacée. Cependant, les suivis de populations menés récemment montrent une nette baisse numérique, et des nicheurs et des migrateurs. »

Gouverner c’est anticiper et c’est le rôle de l’administration de faire en sorte qu’une situation critique ne se transforme pas en situation dramatique. Notons à cet égard que le signataire de ces arrêtés est « le directeur de l’eau et de la biodiversité » , mais on peut raisonnablement penser qu’il n’a signé cela qu’avec l’aval de sa ministre, qui protège parait-il la nature et notre environnement naturel et que celle-ci n’a rien ordonné sans l’accord pressant du Président. Il fut un temps où le ministre en charge de l’écologie démissionnait parce qu’il ne supportait plus la présence obsédante du lobby de la chasse. C’était il y a moins de 5 ans.

Publié dans COUPD'GUEULE | Tagué | Laisser un commentaire

Mieux vaut en rire -rubrique décidément inépuisable- n° 238 : la foire aux immortels

Peut-être avez-vous lu cet album d’Enki Bilal « la foire aux Immortels » qui met en scène des dictateurs terrestres mais surtout des dieux immortels à bord d’un vaisseau spatial. Si cela ne vous dit rien, voici un lien vers la page Wikipedia qui vous en dira plus https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Foire_aux_immortels

Mais pourquoi, me direz-vous, veut-il absolument nous faire lire une BD totalement délirante ? A ceci je répondrais « parce que l’actualité de certains est tout aussi délirante » ce qui est en soi inquiétant.

En effet, quand j’ai lu ceci https://usbeketrica.com/Plusieurs milliardaires de la Silicon Valley financent une nouvelle start-up pour trouver la formule de l’immortalité, je n’ai pas m’empêcher de faire le rapprochement avec un autre délire de gens riches, et parfois ce sont les mêmes : aller sur Mars ou une autre planète pour sauver la Terre

Jeff Bezos rêve d’envoyer l’humanité dans l’espace

Elon Musk : son projet pour coloniser Mars se complique …

Grand bien leur fasse de dépenser leur argent à ce genre de bêtise mais grands dieux (si je puis dire) qu’ils n’aboutissent pas dans leurs projets (de ce point de vue, mes craintes sont minces cependant).

Imaginez donc, des êtres humains (sont-ils d’ailleurs encore humains?) dérivant indéfiniment entre les galaxies. L’horreur ! Et cela me rappelle ce bon mot d’un humoriste américain (dont on ne peut plus citer le nom compte tenu des turpitudes dont il est accusé) : « l’éternité, c’est long, surtout à la fin. ».

Mis pour revenir à mes transhumains (tiens cela ressemble à transhumance. Serait-ce un mouvement moutonnier?), tout ce que je leur souhaite s’ils vont jusqu’au bout de leurs délires de Dr Folamour, c’est qu’il ne leur arrive pas ce que craint le principal chercheur lancé dans cette quête faustienne désespérée « L’un des principaux problèmes est que la reprogrammation ne fait pas que rajeunir les cellules, elle modifie également leur identité, par exemple en transformant une cellule de la peau en cellule souche »

Imaginez que cette reprogrammation transforme Mr Bezos en un clone de Greta Thunberg ou Mr Musk en sosie de J-L Mélenchon ! Pour le coup, on pourrait s’amuser, pas eux.

Publié dans En rire | Laisser un commentaire

L’innovation est parfois une révolution

Il n’est pas une semaine sans qu’une publication à tendance plutôt écologique ne publie un article mettant en avant une innovation qui est tout sauf nouvelle.

Cette semaine j’ai ai trouvé deux
https://www.geo.fr/Inde : l’industrie du jute veut croire en son nouvel essor, comme alternative au plastique  
https://reporterre.net/Le pari de deux Bretons : pêcher sans consommer de pétrole .

Présentée ainsi, la production et la transfomartion du jute sont parées des plus beaux atours écologiques : pas ou peu d’engrais, peu d’eau et ça remplace le plastique. On aurait tort de faire la fine bouche. Mais il va falloir beaucoup d’effort arketing pour faire aboutir la démarche car dans l’esprit de beaucoup d’Occidentaux, le jute, c’est avant tout le sac de jute, celui dans lequel on mettait auparavant le charbon ou les pommes de terre. Pa strès glamour, vous en conviendrez. Mais à une époque où on nous prédit une pénurie de coton, on est prêts à filer le parfait amour avec n’importe quel textile.

Quant à la pêche en catamaran, là non plus rien de bien nouveau. Dans les années 80, j’en connais certains qui allaient faire le plein de homards auprès d’un pêcheurs des Scillys (iles Sorlingue en Français) qui disposait d’un magnifique bateau à deux coques pour effectuer son travail. Certes, il utilisait un moteur diesel mais il avait compris que la plage qu’offre un catamaran est infiniment plus ergonomique que le pont d’un bateau à coque unique. Dans le même ordre d’idée, à la même époque, j’ai connu un plaisancier qui faisait de jolis tableaux de pêche au bar (à l’époque il y en avait encore sur les côtes) à bord de son catamaran à voile. Et que dire des pêcheurs polynésiens qui naguère encore utilisaient leurs pirogues à balancier et à voile pour ramener des pêches fabuleuses.

Que conclure de tout cela ? Que l’être humain a abandonné des techniques et des produits immémoriaux parce qu’il a cru que son « génie » avait inventé quelque chose de plus efficace. En termes quantitatifs, ce n’était pas forcément faux mais cette course au « toujours plus » a montré ces limites.

Et qu’il s’agisse de l’utilisation du jute pour la fabrication de produits plastiques ou du développement de nouveaux bateaux de pêche utilisant l’nergie du vent, par les voiles, ou par des éoliennes de type hélicoïdale comme le dernier beau de Cousteau, c’est en mariant une science issue de siècle d’expérience avec une autre science issue de l’innovation technologique qu’on arrivera, dans certains cas, à retrouver cet équilibre qui est le fondement du concept de développement durable.

Un dernier mot pour expliquer le titre de cet article. Madame Lagarde, qui sous ses airs austères de grande trésorière de l’Europe, a un certain sens de l’humour a dit une fois, raillant les révolutionnaires de tous poils : «  Une révolution, c’est quand on fait un tour de 360° »
Eh oui !

Publié dans développement durable | Laisser un commentaire

Le nucléaire c’est comme les virus, même petits, c’est dangereux !

Et voilà ! Le sujet revient sur le tapis. Je ne parle pas du vaccin mais bien du nucléaire. Voilà bien un sujet qui permet de jouer avec les peurs plus ou moins irraisonnées, dans un sens comme dans l’autre. Au lendemain, du premier choc pétrolier, on « avait des idées » et l’énergie nucléaire connaissait son âge d’or par trouille de manquer d’énergie. Un peu plus de 10 ans plus tard, malgré les barrières anti-nuage du bon Professeur Pellerin, une partie des Français mettaient fin à leur idylle atomique tétanisés par la catastrophe de Tchernobyl. Ils deviennent même majoritairement opposés à cette énergie à la vue de la centrale de Fukushima malmenée par un tsunami pourtant prévisible. Et maintenant, la perspective d’un cataclysme écologique due aux émissions de CO² a permis aux nucléophiles de faire passer l’énergie atomique pour une énergie « verte » au motif qu’elle n’émet rien que de la vapeur d’eau. Cela a suffi à convaincre une part croissante des Français que c’était là peut-être LA solution transitoire à nos problèmes. Ceci explique le forcing effectué à Bruxelles par la diplomatie française pour faire reconnaître l’électricité nucléaire comme une énergie écologique afin de bénéficier des aides du Green Deal de la Commission. C’est aussi ce qui explique la décision du Président de favoriser le redémarrage du nucléaire en France mais en version « petits ».

Enfin, quand on dit « petits », il s’agit quand même de centrales au moins aussi imposantes que les centrales à cycle combiné gaz comme celle de Landivisiau dans le Finistère-Nord. Industriellement, cela reste donc des usines avec l’impact potentiel que cela peut avoir sur l’environnement à 50 kilomètres à la ronde. D’ailleurs, je vous invite à lire cette enquête de France Info qui fait bien le point sur ces installations https://www.francetvinfo.fr/France 2030 : quel avenir industriel pour les SMR, ces « petits » réacteurs nucléaires vantés par Emmanuel Macron ?. Si vous avez l’article jusqu’au bout, vous avez pu constater qu’il n’y avait rien de mirifique là-dedans, juste la volonté des ingénieurs français de rester dans la course quoiqu’il en coûte.

Mais cela peut suffire à remettre en selle une filière qui est actuellement plutôt mal en point. En effet, même s’il y a des promesses de « mieux gérer les déchets », il y aura toujours des déchets et pour l’instant, il n’y a pas de solution pour les traiter si ce n’est les cacher dans de grands trous. Quant à la technologie du nucléaire sans déchets, même si des accélérateurs de particules viennent de réaliser des prouesses techniques, ce n’est pas demain la veille qu’on en verra l’émergence. Cela d’ailleurs ressemble de plus en plus à la recherche de la pierre philosophale, c’est dire.

Mais il y a plus grave. Ce qui faisait la force de la filière nucléaire française est en train de partir en charpie. La sécurité nucléaire n’est plus ce qu’elle était, c’est du moins ce que nous dit Reporterre https://reporterre.net/Nouveaux réacteurs nucléaires : les exigences de sécurité en baisse. Je veux bien admettre que ce média est de parti pris mais les faits qu’ils rapportent sont de nature à nous faire douter de la sureté des procédures. Les avanies récentes de certaines installations sont d’ailleurs là pour confirme nos craintes et ce n’est pas l’autorisation de redémmarage de cette centrale https://lenergeek.com/nucléaire : après 6 mois d’arrêt, le réacteur n°2 de la centrale de Chooz redémarre qui sera de nature à les lever quand on lit les raisons pour lesquelles elle avait été mise à l’arrêt.

La seule raison d’espérer que la nouvelle génération de réacteurs retrouve un haut niveau de sécurité est que pour l’instant la seule installation de SMR en activité est issue des technologies militaires en vigueur dans la propulsion de navires de guerre. Tiens, cela me fait penser qu’une nation viscéralement anti-nucléaire comme l’Australie vient de passer avec armes et bagages dans le camp des marines nucléaires, aux dépens de l’industrie militaire française. Comme les ingénieurs français considèrent que les SMR sont avant tout un produits d’exportation, voilà peut-être un débouché qui s’ouvre pour ces installations, à condition de ne pas s’associer aux Britanniques, ni aux Américains. Restera pourtant la question des déchets, mais l’Australie est grande, n’est-ce pas ? Je retire cette dernière proposition, particulièrement indécente car bien que désertique, le centre de l’Australie n’est pas vide.

Publié dans développement durable | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Le sol, aire du solaire ?

Une relation de web a mis ce petit message sur la Toile, message qui aurait été reçu par moult exploitants agricoles ou propriétaires terriens et que je retranscris en copie d’image.

Sur Internet, je n’ai pas trouvé trace de ce signataire Location Terre France mais en tapant « location-terres-photovoltaïque » sur mon moteur de recherche universellement préféré, voici ce que j’ai obtenu. :

Location de terrain pour ferme et champs photovoltaïque – Eco … https://www.ecosolutionenergie.com › location-terrain-… Le principe est simple, le centrale photovoltaïque au sol installé sur votre terrain de plus de 5 Hectare plat génère une production électrique qui est revendue …

Louersonterrain.fr https://www.louersonterrain.fr Louez vos terrains pour y installer une centrale photovoltaique. … Nous étudions l’éligibilité de votre projet de location de terrain et nous vous …

Le photovoltaïque agricole : rentabilité en 2021 | Terre Solaire https://terresolaire.com › … › Rentabilité 2 août 2021 — Son montant est fixé à 160 €/kWc pour une puissance inférieure à 36 kWc (ou 102 panneaux sur une surface d’environ 184m²) et de 80 €/kWc pour …

Location de terrain champ photovoltaique – Eco Solution … https://ecosolutionenergie.jimdo.com › location-terrain-… Le principe est simple, le champ photovoltaïque installé sur votre terrain de plus de 0,3 Hectare plat génère une production électrique qui est revendue à EDF …

Il y a donc manifestement une forte offre de services de ce côté et pour nombre d’exploitants agricoles en difficulté, cela peut apparaître comme un moyen encore plus facile que la méthanisation d’avoir un revenu de complément sans grand effort. Il est évident que si un nombre conséquent d’exploitants agricoles ou de propriétaires terriens cèdent à ces sirènes, cela peut devenir problématique dans certaines régions .

C’est sûrement pour cela que deux sénateurs ont fait cette proposition de loi https://www.euractiv.fr/Agriculture et énergies renouvelables : vers une filière des « énergiculteurs » ?. Comme le rappelle fort justement l’auteure de cet article, l’agriculture est déjà fortement présente dans le secteur des énergies renouvelables soit parce qu’elle a dédié une partie de ces productions à cet effet -c’est le cas des agrocarburants produits à partir de betteraves ou de maïs qu’on appela abusivement biocarburants à leur début pour les rendre plus acceptables-, soit parce qu’elle valorise ses sous-produits avec toutes les dérives que j’ai déjà décrites précédemment dans le cadre de la méthanisation. Du coup, je crois modérément aux vertus cumulées de l’agrivoltaïsme, ou agrovoltaïsme, dans la mesure où le système agro-industriel a déjà montré sa capacité impressionnante à transformer un mécanisme apparemment vertueux en gigantesque cochonnerie.

Mais j’y crois quand même modérément car, bien encadré, cela peut être une bonne solution pour les terres difficilement exploitables. Affaire à suivre donc car dans la situation actuelle, aucune piste ne peut être abandonnée si on ne veut pas se retrouver avec l’absence d’alternative que serait les « mini » centrales nucléaires. Tiens voilà un sujet dont je pourrais parler demain.

Publié dans l'économie comme on la subit | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Du sucre dans mon réservoir !

Il y a 3 ans, une telle annonce https://www.lesechos.fr/Le prix du gazole bat son record historique en France aurait mis dans la rue des centaines de milliers de personnes.

La situation n’était évidemment pas la même puisque ce qui à l’époque avait provoqué l’ire des protestataires était une augmentation des taxes. Or si on regarde l’évolution des taxes sur les produits pétroliers https://www.ecologie.gouv.fr/fiscalite-des-energies, force est de constater que depuis cette date celles-ci n’ont pas bouger sauf en ce qui concerne le fuel, où cette forte progression des taxes va accélerer l’abandon de ce mode de chauffage particulièrement polluant.

Donc si aujourd’hui des records sont battus ou en passe de l’être cela tient à d’autres causes parmi lesquelles, le prix du produit brut, les coûts de transformation et de transport et la marge des distributeurs.

Or que constate-t-on ? Les commentateurs unanimes ne parlent que de la brusque tension sur les marchés mondiaux des produits pétroliers. Je veux bien l’entendre mais je ne suis pas naïf au point de croire que les grands distributeurs de produits pétroliers n’ont pas pris la précaution de passer des contrats à long terme à des prix relativement stables. L’instantanéité de la réponse à la pompe me laisse un peu dubitatif sur ce point.

En outre, quand bien même ces distributeurs seraient asse ballots pour se soumettre intégralement aux fluctuations du marché à court terme, je constate que lors de la précédente flambée du prix des carburants à l’automne 2018, les cours des différents « crus » de pétrole étaient supérieurs au cours actuels. Du coup, je me dis que certains doivent avoir profité de la situation pour améliorer leur propre position. Ne restent donc plus pour cela que les raffineurs, transporteurs et distributeurs.

A cet égard, je trouve que le journal qui a publié l’article qui servi de base à ce billet a l’esprit vraiment mal tourné de mettre comme autre article de référence sur le même sujet ceci : RECIT -ZOOM –Le futur siège à 1 milliard d’euros de TotalEnergies dévoile ses aménagements

« Honni soit qui mal y pense ! » comme on dit au Royaume-Uni.

Publié dans l'économie comme on la subit | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Pour être acceptable, il faut être respectable

Personne ou presque ne veut d’enfouissement de déchets radioactifs près de chez soi, personne ou presque ne veut même de l’installation d’une centrale nucléaire près de chez soi, sauf bien entendu quelques maires et quelques commerçants qui y voient là une source non négligeable de revenus complémentaires pour leur budget communal ou leurs commerces. De plus en plus, les ruraux renâlent à accepter de nouveaux parcs éoliens sur leur territoire communal. A peine entamé, le déploiement de l’éolien offshore est déjà contesté lui aussi par les usagers de l’espace maritime, pêcheurs professionnels ou de loisir et plansanciers . Un mouvement de révolte se lève également dans les campagnes contre les grandes unités de méthanisation qui poussent actuellement comme champignons en automne. Il n’est pas jusqu’au grandes fermes photovoltaïques qui ne provoquent des réactions épidermiques.

Je ne parle ici que des sources d’énergie dites décarbonées, les autres, charbon, fuel et même gaz, sont en effet disqualifiées d’office au nom de la limitation de la catastrophe climatique qui nous pend au nez.

Du coup, le grand sujet de préoccupation des décideurs politiques est l’A.C.C.E.P.T.A.B.I.L.I.T.E des projets, car comment faire pour respecter les promesses de l’Accord de Paris si rien ne trouve grâce aux yeux des Gaulois râleurs que nous sommes.

La ministre en charge de cette question lance des pistes de réflexion sur ce sujet et notamment sur la filière qui, actuellement est devenu un point de clivage politique, l’énergie éolienne https://www.actu-environnement.com/Barbara Pompili veut améliorer l’acceptabilité de l’éolien pour booster sa croissance. Les solutions qu’elles proposent sont le plus souvent de pur bon sens. Mais le bon sens et la logique financière ne vont pas souvent de pair . Comme l’explique une des animatrice de la révolte des maires ruraux, ce n’est pas tant l’éolien qui pose problème que la façon dont on l’a mis en œuvre.

En effet, les premiers projets dans la première décennies de ce siècle étaient de taille modeste (la technologie était encore balbutiante) implantée plutôt loin des zones habitées et surtout très dispersées.

A partire de 2007, on a vu paraître au J.O. des arrêtés autorisant des projets qui auraient dû alerter les autorités réglementaires à l’origine de ces autorisations. Il n’était pas rare qu’au cours de la même année, il y ait des arrêtés d’autorisation concernant plusieurs projets portés par des sociétés différentes mais toutes logées à la même adresse, ou plusieurs projets de parcs, chacun de de taille réglementaire (aux alentours de 12MW) mais tous implantés sur la même commune et parfois sur des parcelles apparemment contigües. Manifestement de gros opérateurs étaient à l’oeuvre pour couvrir le territoire d’ensembles éoliens de plus en plus gros car ils ne savent faire que cela puisque pour eux « big project= big money ».

Il suffit d’aller en plaine de Bauce ou dans les plaines picardes ou les vallons des Hauts de France pour comprendre le sens de cette densification. A partir d’une certaine densité, ce qui individuellement était supportable, est devenu inacceptable. Et du coup, les anti-éoliens viscéraux, ceux par exemple qui croient durs comme fer que l’énergie nucléaire est une énergie propre, ont eu beau jeu de surfer sur cette exaspération pour tenter de jeter le bébé avec l’eau du bain.

Des contre-exemples existent pourtant qui montrent que quand le projet est bien muri, il est même plébiscité par les habitants. J’ai déjà eu l’occasion de parler de quelques exemples dans ma région. La coopérative de Béganne dans le Sud de la Bretagne en est un bel exemple comme la démarche de la communauté de commune du Méné ou comme pourrait l’être celle de l’ile de Sein si EDF ne l’avait pas entravé. Dans le même région, nombreuses sont les communes qui accueuillent une voire deux fermes éoliennes et ne rechignent pas à en accueillir une supplémentaire, pour peu que l’emplacement soit judicieusement choisi, la taille correctement pexplicitée de même que les contraintes de l’emprise au sol.

A partir du moment où les principes fondateurs d’une démarche écologique vertueuse sont respectés, à partir du moment où les intérêts fondamentaux des riverains sont respectés et leurs observations prises en compte dans la mesure du posible, cela devient tout de suite plus acceptable. Tout ici est donc une question de respect, de l’autre, de la nature, de l’avenir. Pour être acceptable, ces projets doivent être respectueux donc respectables.

La ministre n’est pas la seule à être turlupinée par les questions d’acceptabilité des projets d’énergie renouvelable ; les sénateurs, grands défenseurs de la cause de la ruralité se sont également émus de cette question mais à propos d’une autre filière, la production d’énergie (chaleur et électricité) à partir de méthaniseur de déchets organiques https://www.actu-environnement.com/Méthanisation : des sénateurs livrent leur vision du « modèle français ». Là aussi, on trouve à la base un processus vertueux que j’ai déjà largement décrit dans des articles précédents. Il s’agit de la valorisation des déchets organiques que peut produire une exploitation agricole pour les transformer en kilowatts utilisables d’abord sur l’exploitation et accessoirement dans l’environnement immédiat. Mais alors pourquoi ses sages du Palais du Luxembourg se sont-ils sentis obligés de faire des préconisations pour rendre ces installations plus fréquentables ? Eh, bien, c’est comme pour l’éolien, des grands groupes industriels, s’appuyant parfois sur des grands opérateurs comme des « coopératives » agricoles se sont mis en tête d’industrialiser le processus et la conséquence immédiate a été la concentration de nuisances d’une part, et d’autre part le dévoyement du projet initial. De tels monstres de méthanisation ne peuvent se contenter des déchets et débris agricoles et par conséquent on en vient à puiser dans les productions agricoles proprement, maïs essentiellement, pour alimenter la machine. L’effet est dévastateur pour l’équilibre des productions agricoles entre alimentation des bestiaux et alimentation des digesteurs. Certes pour les exploitants qui acceptent ces installations sur leur territoires, cela constitue un apport financier appréciable et rend viable des exploitations qui, sans cela, seraient en situation plus précaire. Et ce sont bien les seuls à apprécier. Le manque de respect de l’environnement naturel et humain explique qu’ils sont de plus en plus difficile à accepter.

Ici aussi, pour être acceptable, il faut être respectueux donc respectable.

Du coup, on est en droit de s’inquiéter de cette annonce https://www.energiesdelamer.eu/Haliade X de GE : une nouvelle étape pour la 14 MW. En effet, il faut s’imaginer la taille d’une telle turbine qui a la même puissance installée que les premières fermes éoliennes terrestres. Cela n’est hélas pas surprenant puisque, dès le départ, le modèle français de fermes éoliennes offshore était de type industriel. Une puissance installée de 400 à450 MW représente environ une quarantaine de fermes éoliennes terrestres. A ce rythme , il n’est pas impossible que les fermes éoliennes offshore dépassent les 1000MW et pour le coup on aurait alors à faire à des installations qui vont fortement pertuber l’environnement marin. Raison de plus pour fixer des règles très strictes pour ces implantations et les faire respecter. Le cas de la baie de Saint-Brieuc, les manquements évidents du porteur industriel du projet et les réactions violentes des marins pêcheurs sont là pour en témoigner. Dans ce cas particulier, le projet est d’autant moins acceptable que les promoteurs du projet ne semblent pas avoir été très respectables.

Publié dans développement durable | Tagué , | Laisser un commentaire

La fable express du dimanche soir n° 27

Au XVII° siècle, les Jésuites portugais apportaient au Japon, outre leurs croyances, une spécialité typiquement lusitanienne, les beignets de poissons et de légumes. Les Japonais qui, en matière de gastronomie n’ont rien à envier à personne, magnifièrent ces petites fritures pour en faire une de ces merveilles de la cuisine nipponne , le tempura.

Mais par un juste retour des choses, la recette vient de faire le chemin inverse. Il faut dire que c’est devenu une tradition pour les grands chefs français d’aller faire un petit tour dans l’archipel du Soleil Levant afin d’y puiser quelques inspirations susceptibles de corser un peu leur palette gustative.

Cela n’est pas toujours réussi. Ainsi, un chef, dont je tairai le nom par charité, eut un jour l’idée de faire des tempura avec des champignons mais par n’importe lesquels, de ceux qui se gorgent de sauce dès qu’on les y trempe.

Et il eut l’idée encore plus desastreuse de faire cette innovation pour une petite assemblée de parlementaires gastronomes au palais aiguisé et à la langue bien pendue.

Et le grand moment arriva. Posés sur un plateau, ils étaient là, « six et ronds », les « gros tempura aux morilles ». Affligé, un sénateur ne put s’empêcher de s’écrier « Quelle époque ! quels mœurs! » Hélas, il ne parlait pas latin.

Publié dans En rire | Laisser un commentaire

Il faut que la pieuvre s’étouffe !

Mes dieux ! Quelle semaine stressante pour tous les accros des réseaux . Ceal a commencé par un dézinguage en bonne et due forme par une ex-cadre d’un des réseaux les plus influents https://www.ouest-france.fr/Frances Haugen met Facebook face à ses contradictions et pousse le Congrès à agir qui aurait pu faire vaciller le livre d’image1 mais cela n’a pas vraiment fait ciller monsieur montagne de sucre2 qui en matière de vraies et fausses nouvelles est un peu un expert, c’est à dire quelqu’un qui à force d’en voir tous les jours en connait presque tous les arcannes sans qu’il en soit pour autant plus compétent à en analyser la portée philosophique ou morale même si sa réponse fait un peu dialogue de cour de récréhttps://fr.euronews.com/« Ce n’est pas vrai » : Mark Zuckerberg se défend des accusations de Frances Haugen, ce qu’est d’ailleurs son réseau pour beaucoup, même s’ils en ont passé l’âge .

Mais ce n’était pas fini puisque le lendemain, et sans qu’il y ait de lien de cause à effet entre les deux éléments, tous les réseaux de ce monsieur tombaient en carafe https://www.ouest-france.fr/Facebook : une panne qui tombe très mal, Mark Zuckerberg pleine tourmente et c’est là qu’on a vu deux choses extraordinaires aux conséquences potentiellement diamétralement opposées. La première est la dépendance quasi-totale d’une part importante de la population à cette addiction nouvelle qu’on pourrait appeler la « réseautite ». Pour certains c’est purement addictif comme les drogues , le tabac, le jeu ou l’alcool peuvent l’être c’est à dire la recherche angoissée d’un moment de bien-être que procure sa consommation. Pour d’autres, c’est devenu un impératif économique vital puisque leur communication commerciale est fondée là-dessus. Cela laisse de beaux jours à ces réseaux. L’autre conséquence est la très grande fragilité des puissances financières de ces nouveaux gourous puisqu’en une heure, ils peuvent voir fondre leur richesse « potentielle » de l’équivalent du budget du ministère de la justice français https://www.huffingtonpost.fr/Avec sa panne, Facebook s’écroule en Bourse et Zuckerberg perd 7 milliards.

Mais tout ceci n’est que spéculation intellectuelle puisque la réalité est beaucoup plus prosaïquement inquiétante comme nous le montre cet articlehttps://www.ouest-france.frFacebook et Google sont derrière l’installation du plus long câble sous-marin du monde, long de 45 000 km. Je vous invite à ouvrir le lien car la carte qui l’illustre est plus parlante qu’un long discours. Tel qu’il est représenté, le réseau de câbles dont il est question semble insérer le continent africain comme dans une nasse ou un gigantesque chalut. Cela illustre à la perfection l’impression de pieuvre qu’inspire l’omniprésence de ces réseaux sociaux dans la vie privée ET publique d’un nombre croissant de nos contemporains. Après tout l’autre grande messagerie, chinoise elle, au nom apparemment enfantin ne compte-t-elle pas presque autant d’abonnés en Chine même qu’il y a de Chinois, ce qui est un comble.

Convient-il donc de considérer comme simple péripéties, ce qui s’est passé dans la semaine du 4 au 10 octobre et admettre que, de toute façon, ces faisceaux façonnent fatalement la fiction de nos foyers ?

Heureusement les choses ne sont pas aussi ineluctables qu’il y paraît puisque les révélations de la lanceuse d’alerte semble avoir réveiller les parlementaires états-uniens, que certains addicts ont pris conscience cette semaine de la profondeur de leur addiction, que de plus en plus de gens s’inquiètent du pouvoir d’influence que cela génère en même temps des dégâts psychologiques et sociaux que cela provoque. Il y a donc de la régulation dans l’air mais comme pour toutes les situations monopolistiques ou oligopolistiques, la solution passera soit par un socialisation de l’outil (autre nom pour nationalisation mais qui dans un tel contexte est en soi un non-sens) soit par un dépeçage de ces réseaux en des entités plus petites et donc plus facilement controlables. Cela passera aussi et surtout par une réglementation plus sévère un peu comme il y en eu dans différents pays à la fin du XIX° siècle quand il fallut mettre le hola aux dérapages incessants de la presse écrite alors en plein essor et qui avaient inventé l’ancêtre du fakenews, le « canard » ou bobard journaleux.

Ce n’est pas le plus simple car par essence ces réseaux sont transnationaux mais servent parfois (souvent?) des intérêts nationaux et la mise en œuvre de normes juridiques internationalement admises ne sera pas chose aisée. Il n’y a qu’un mouvement citoyen mondial qui pourrait y contraindre les puissants de ce monde. Or actuellement seuls ces réseaux sociaux peuvent permettre une telle mobilisation, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes de cette affaire.

1C’est la tracduction à peu près littérale de « facebook »

2C’est la traduction à peu près littérale de « Zuckerberg »

Publié dans démocratie, je dis ton nom | Tagué , | Laisser un commentaire

La fable express du dimanche soir n° 26

Cela a toujours été une grande émotion de découvrir le département de l’Aveyron. Mais depuis que les ingénieurs des ponts et chaussées se sont mis en tête de réaliser de nouvelles prouesses, cela devient un véritable émerveillement.

Combien de vacanciers, plus ou moins pressés sont restés ébahis devant ce spectacle grandiose et arachnéen des arches suspendues au-dessus du vide et sont revenus éblouis en disant : « Quand je suis arrivé sur le viaduc, j’en ai eu le souffle coupé. »

Mais j’ai envie de le dire que quand même, en gagnant ainsi un peu de temps, ils perdent beaucoup car passer par la ville elle-même est en soi un choc esthétique. Moi-même, en découvrant « l’avenue de Millau », j’en ai eu les bras coupés.

Publié dans En rire | Laisser un commentaire

Le retour de l’Etat de droit.

En matière de droit du travail et de protection des salariés, la France pouvait s’enorgueillir d’avoir une legislation particulièrement en pointe, même si depuis une décennie ou deux cette auréole a tendance à se ternir. Il n’en demeure pas moins que son SMIC fut et reste un modèle du genre.

En effet, aucun salarié ne peut percevoir un salaire horaire ou mensuel inférieur à ce barème qui est revalorisé plus ou moins en fonction de l’évolution du coup de la vie.

Du coup aucun employeur ne peut payer ses employés en dessous du SMIC sans tomber sous le coup de la loi , tous les employeurs sauf un…..l’Etat lui-même. Empétré dans ses grilles indiciaires d’un autre âge qui permet de payer ses agents avec des points et muselé par le gel de la valeur de ces famaux points, l’Etat peine à suivre le mouvement et il arrive qu’ une revalorisation même minime du SMIC fasse mécaniquement passer les salaires les plus bas en-dessous de ce seuil. Et à chaque fois, les « experts » de la Direction Générale de l’Administration et de la Fonction Publique font des acrobaties pour remonter les derniers barreaux de l’échelle au-dessus de cette ligne fatidique. La revalorisation en cours n’échappe pas à la règle et la mécanique étant bien huilée, tout va rentrer dans l’ordre. C’est pourquoi, on a du mal à comprendre cette déclaration au ton auto-satisfait de la ministre des fonctionnaires https://www.lesechos.fr/ Amélie de Montchalin : «Le 1er octobre, aucun fonctionnaire ne se retrouvera en dessous du SMIC ». Il n’y a pas de quoi se vanter pourtant de constater que l’Etat respecte le droit du travail, ni d’avouer par là-même que l’Etat paye bien mal ses agents de base. Mais manifestement, cela n’éffleure pas l’esprit de cette ministre et de ses conseillers en communication. Il est vrai qu’elle a déjà beaucoup à faire avec les drames picrocholins générés par la réforme de la Haute Fonction Publique. Alors, la base, pensez donc qu’elle l’avait un peu oubliée !

Publié dans administration publique | Tagué , | Laisser un commentaire

 » Franchement, vivement qu’ « ils » aient notre niveau de développement. »

A écouter certains, dans les franges les plus fangeuses des marigots politiques des pays dits développés, les « autres », c’est à dire tous ceux qui ne sont pas nés natifs de ces pays dits développés, devraient venir prendre chez nous des leçons de civilisation avant d’oser prétendre être comme nous.

Parmi les critères modernes de la civilisation, il y a bien entendu l’égalité hommes-femmes. Il y a aussi le niveau d’éducation et fait nouveau, lié vraisemblablement à la nouvelle grande trouille millénariste, la lutte contre le réchauffement climatique. Il y a bien sur d’autres joyeusetés du même tonneau qui pourraient être exciper pour montrer que finalement l’homme « développé » peut encore apporter beaucoup à ces pauvres « en voie de développement ».

SAUF QUE

quand on fait passer cette assurance au cruel test des réalités, il y a parfois des surprises.

  1. Sur l’égalité hommes femmes

Quoi de plus symbolique de l’égalité entre les sexes que l’accession aux fonctions électives dans une démocratie. Cette semaine, l’Islande a frémi d’aise en apprenant qu’elle était la première démocratie où le nombre de femmes élues au Parlement était supérieur au nombre d’hommes https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_les-femmes-sont-majoritaires-au-parlement-islandais . La joie fut de courte durée d’une part parce que les commentateurs s’étaient trompés dans le décompte des sièges mais surtout parce que d’autre part, ce n’est pas le premier pays où le pourcentage de féminisation parlementaire est supérieur à 50% comme nous l’indique ce tableau. https://data.ipu.org/Pourcentage de femmes dans les parlements nationaux Les chiffres sont éloquents : il y a 5 pays qui franchissent cette barre, le Rwanda, suivie de Cuba, du Nicaragua, des Emirats Arabes Unis et du Mexique, un pays africain, trois pays de cette Amérique Latine qu’on dit si machiste et un états musulman. Le premier pays « occidental » n’arrive qu’en 6° position, juste en dessous de la barre, c’est la Nouvelle-Zélande. Si on descend dans le classement on retrouve très loin les Etats-Unis (71°) en compagnie de l’Afghanistan (74°) et de l’Irak (77°). Le rapprochement est cruel. Je sais bien que cela ne suffit pas à dire la qualité des rapports sociaux inter-genres, il n’empêche que cela rend un peu caduc le discours sur l’apport civilisationnel.

  1. la lutte contre le réchauffement climatique

Là, la comparaison est moins simple et les résultats peut-être moins surprenants. En effet, on sait que les pays développés doivent leur développement au fait qu’ils ont beaucoup contribué aux désordres climatiques actuels et qu’ils ont beaucoup de mal à se sevrer de cette drogue qu’on appelle l’énergie. Il n’empêche que de lire ceci https://lenergeek.com/réchauffement climatique : dans le monde, seule la Gambie est dans les clous de l’accord de Paris devrait rendre plus humble les beaux parleurs qui du haut de leurs tribunes à Washington, Paris, Toronto, Londres ou Berlin envoient au monde entier des messages comminatoires sur la nécessité de se serrer les coudes et éventuellement aussi la ceinture.

Bon, si l’actualité me donnait d’autres exemples aujourd’hui, je pourrai multiplier les petits signaux qui montreraient que l’état civilisé n’est peut-être pas du côté que l’on croit. A l’occasion, j’essaierai de trouver d’autres petites perles du même carat.

En attendant, je ne résiste pas à mettre de l’avant cette petite dernière https://www.francetvinfo.fr/La meilleure baguette de Paris est celle d’un ancien sans-papiers La baguette parisienne ! La quintessence de l’art de vivre à la française ! Et c’est un étranger, Makram Akrout, qui fait la meilleure et qui plus est, ce n’est pas n’importe quel étranger , c’est un de ces parias arrivés clandestinement pour « voler le pain des Français ». Cela me rappelle ce sketch de Fernand Raynaud https://fr-fr.facebook.com/Le-Philosophe-192974427671/videos/le-pain-des-français-fernand-raynaud-1972/2067488296470/ Nul doute que ce grand humaniste aurait apprécier le croustillant de la situation. Et dire que ce jeune Tunisien va livrer le pain tous les matins pendant un an à l’Elysée, de quoi dégouter certains à la droite extrême de vouloir s’y installer.

En général j’évite toute forme de plaisanterie sur les patronymes car la plupart sont désobligeantes mais ici, si j’en crois au moins un « non candidat » il faudrait que ce boulanger change de prénom Maurice pour Makrat par exemple et tant qu’à faire qu’il change son patronyme et transforme l’ « Akrout » en « Lamie » par exemple. On voit tout le ridicule de la proposition de cet histrion.

Publié dans COUPD'GUEULE | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

Son cousin d’Amérique.

Parfois, pour parler de nos amis Canadiens, certains emploient l’expression « nos cousins d’Amérique », à la fois pour signifier une grande proximité culturelle parce que linguistique, mais aussi marquer une certaine condescendance -ce ne sont quand même pas nos « frères », encore moins le richissime et mythique « oncle d’Amérique.

Evidemment je ne garderai de cette expression que l’empathie qu’elle suggère, surtout si je l’applique au cas qui va suivre.

Voici un jeune politicien, pétri de progressisme et nourri au lait de la pensée libérale, très ouvert sur les questions dite « de société » mais qui concernent quand même principalement l’intimité des gens. Or ce politicien à peine quadragénaire est quelqu’un d’ambigu, incapable parfois de mettre en accord ses paroles et ses actes. Vous vous dites « mais pourquoi me parler de ces « Acadiens » alors qu’il nous décrit le Président français ». Et bien c’est là où vous vous trompez car il s’agit du Premier Ministre canadien qui manifestement à du mal avec l’écologie https://reporterre.net/Justin Trudeau, le dirigeant canadien, promet l’écologie… en soutenant à fond l’industrie pétrolière . C’est à croire que son cœur bat à l’unisson avec la planète mais que son cerveau entend les sirènes de groupes d’intérêts puissants. Et dans ces cas-là, le cerveau se montre plus puissant que le cœur.

Et bien figurez-vous que l’actualité fait bien les choses car, mutatis mutandi, le même journal écologiste aurait pu titrer de la même façon pour…..le Président français. En effet, il y a quinze jour, il était à Marseille pour dire tout le bien qu’il fallait faire à la nature et particulièrement à la faune sauvage https://www.liberation.fr/Biodiversité A Marseille, Macron se place au sommet de la nature car c’était là aussi un enjeu vital pour la planète, du moins si nous voulions continuer à y habiter. Bon, les ONG ont un peu fait la fine bouche car faire un peu ce n’est évidemment pas assez mais globalement la presse saluait la bonne prestation écolo du Président.

Las, quelques jours plus tard, faisant fi d’un avis du Conseil d’Etat, pourtant peu enclin à prendre des positions en pointe en matière d’écologie et de défense de l’environnement, il décidait de se fâcher un peu plus avec les protecteurs de la biodiversité, les vrais, non pas les « protecteurs-prédateurs », en autorisant de nouveau des pratiques de chasse un peu barbares https://www.novethic.fr/le gouvernement veut relancer les chasses traditionnelles malgré leur interdiction, comme s’il n’avait rien retenu du départ fracassant de son premier, et seul jusqu’à présent, vrai ministre de l’écologie.

Ce n’est pas grand chose me direz vous comparativement aux enjeux écologiques majeurs et vous aurez peut-être raison, sauf que, en cherchant un peu on trouve de nombreux autres exemples de de décalage entre le discours et les actes dès qu’il s’agit d’écologie, depuis les extractions de sable coquilliers en Bretagne, l’avenir de l’énergie nucléaire, l’usage des glyphosates et autres produits phytosanitaires nuisibles et j’en oublie certainement.

J’en déduis donc qu’on peut être tout à la fois, jeune, « progressiste », intelligent et faire n’importe quoi dès lors que enjeux financiers privés et enjeux écologiques s’opposent. L’écologie serait-elle incompatible avec le « progressisme » des deux côtés de l’Atlantique ?

Publié dans développement durable | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Le lait n’est pas un liquide transparent.

Ce n’est pas la première fois que je vous entretient de ce magnifique fromage industriel qui s’appelle Lactalis. Pour une entreprise qui a élevé le secret des affaires en religion d’Etat au point de ne jamais publier ses comptes, c’est un peu de malchance d’être aissni de temps en temps mise en lumière https://www.francetvinfo.fr/Camembert, roquefort, beurre… Comment Lactalis brouille les étiquettes de ses produits laitiers . Et comme vous avez pu le lire, cet article ne fait que détailler ce que beaucoup disaient déjà. Mais cette fois-ci, le journaliste en rajoute dans le détail croustillant. La « petite entreprise familiale », par exemple, est certes une entreprise familiale puisque le clan Besnier contrôle strictement le capital de sa société. Mais « petite » quand on est peut-être la plus importante multinationale du fromage, c’est poussé un peu loin la litote.

Et manifestement, ce n’est pas la seule petite approximation a laquelle se livre ce groupe familial. Il faut dire que la famille s’était fait connaître dans les années 70 en inventant cette marque à priori saugrenue « Président ». Comme cela se faisait à une époque électorale intense, l’idée d’associer des produits laitiers à un séquence démocratique avait un petit côté « je sollicite vos suffrages en toute simplicité démocratique ». Dommage qu’ils aient crû intelligent d’y associer des couronnes ducales ou princières, c’était une faute de goût.

Mais franchement quarante ans après, qu’un groupe industriel triche à ce point sur ses marques, sur l’etiquettage, sur les labels de qualité rappelle d’autres pratiques que nous apprécions de moins en moins. En effet, finalement ce « président » se comporte un peu comme beaucoup de politiciens ceux dont la devise est « les promesses n’engagent que ceux qui y croient. » Du coup, les polititiciens ont provoqué de la défiance qui se traduit de plus en plus dans les urnes par l’abstention.

Tiens, ce ne serait pas idiot de s’abstenir aussi de consommer ce dont on ne sait plus ce que c’est. C’est à vous de voir.

Publié dans COUPD'GUEULE | Tagué , , , | Laisser un commentaire