Mieux vaut en rire- rubrique décidément inépuisable- n° 198 : Greta n'aime pas les footballeurs professionnels

«Dépêchons-nous d’en rire aujourd’hui, de peur d’avoir à en pleurer demain» Beaumarchais
« L ‘humour est la politesse du désespoir. » Oscar Wilde
« On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. »PierreDesproges

On se souvient tous des péripéties qui ont entouré la traversée de l’Atlantique Nord par Greta Thunberg dans le courant de l’été 2019, puis son retour un peu précipité, depuis l’Amérique du Sud en fin novembre. Ce n’est vraiment pas facile d’être devenue, à son corps défendant, une globe-trotteuse, de la cause climatique quand on tient à conserver son bilan carbone à un niveau aussi proche que possible de zéro.

Si encore, cela avait un effet d’exemplarité et incitait ses contemporains à être un peu moins dispendieux. Mais hélas, jusqu’à présent, les faits semblent lui donner tort, https://www.novethic.fr/flygskam ou pas, les Européens n’ont jamais autant pris l’avion
Bon, comme le dit cet article, cette « honte de l’avion » est plus une attitude morale qu’un mode de vie pour le moment et comme le montre cet autre article paru dans Ouest France, on peut parfois le compendre, https://www.ouest-france.fr/Pour se passer de l’avion, peut-on facilement voyager en train en Europe ?
Et oui ! L’Europe est un continent qui s’étend du Cap Nord au Cap de Gibraltar ( ah ! Non pas Gibraltar ! Ils ont brexité avec les autres!) et de Brest à Brest-Litovsk et malgré l’Union et une succession de plans pluriannuels d’organisation des infrastructures de transport, c’est plutôt l’anarchie dans les transports dès qu’on quitte les grands axes entre le principales capitales. Pour que l’Europe sans avion se fasse, il faudrait soit qu’elle rétrécisse (le souhaitez-vous?), soit qu’on fasse de gros progrès dans l’interconnection et encore même dans ces conditions, cela suppose que nous ayons un rapport au temps beaucoup plus serein. Or tant que le temps sera de l’argent,….

Tiens à propos d’argent, en voilà pour qui ce n’est pas un problème et u coup, ils ne se gènent vraiment pas https://www.ouest-france.fr/PSG : l’avion de la honte

Prendre un Boeing 737 (est-ce bien raisonnable?) pour faire 200 kilomètres, c’est bien des lubies de riches. Et il paraît qu’ils n’en sont pas à leur coup d’essai. Cela promet pour le prochain championnat d’Europe qui se déroule en fin de printemps dans 12 pays différents, au lieu de 1 ou 2 précédemment !

Et dire qu’ils , les dirigeants de l’UEFA, ont placé cet Euro sous le signe de l’exemplarité écologique. Parti comme ça l’est, ce n’est pas gagné d’avance.

Je comprendrais si Greta me disait qu’elle préfère le hockey sur gazon au football !

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Réforme des retraites : solidarité, démographie et durabilité chapitre 2 : les cas particuliers

Dans le chapitre 1, j’ai essayé l’analyse de ce que pourrait être l’amélioration d’un régime universel équitable et pérenne. Et puis, il y a l’analyse des situations particulières et les résistances que leur remise en cause suscitent. Les petites niches sont nombreuses et on a vu au cours du mois de janvier et encore en février, des groupes sociaux descendre dans la rue qu’on aurait jamais imaginer s’abaisser aux pratiques prolétaires de la « manif’ ».

Je ne prendrais qu’un exemple, car il est symptomatique, les avocats.

https://www.reforme.net/Pourquoi les avocats font-ils grève pour leur retraite ?

Voilà une profession qui en moyenne gagne bien sa vie , 75,000 euros de revenu moyen, mais dont les revenus sont très inégalement répartis puisque le revenu médian est de 45% inférieur à ce revenu moyen, ce qui en général laisse entendre que ceux qui gagnent bien leur vie la gagnent très très bien et que d’autre, grosso modo, leur dernier quartile sont réduit à un revenu de survie. On parle ainsi d’avocats au RSA au bareeau de Paris. Certes, ceux-là auront du mal à verser 28% de cotisation tous les mois. Mais ils se trouvent dans la situation de tous ces précaires pour qui obtenir une retraite décente est devenu une chimère, les auto-entrepreneurs, les petits paysans éleveurs ou vivant de la polyculture, intermittents du spectacle, etc… pour qui le filet de sécurité de la solidarité nationale doit jouer. Mais pour les autres, la question ne se pose pas dans les mêmes termes. Dans les textes, ce régime n’a rien de bien folichon si on lit les conditions d’attribution d’une retraite à taux plein telles qu’elle sont reprises dans l’article mentionné ci-dessus : « …Le régime des avocats prévoit une retraite à taux plein en justifiant de 172 trimestres d’activité et d’un âge légal de 65 ans.… »

Vous avez bien lu « âge légal à 65 ans » et 43 ans de cotisations , c’est quand même plus que le régime général. ET c’est ça qu’ils veulent défendre ? Quelle vertu !

Mais heureusement qu’il existe d’autre sources d’information et dans ce cas -là, il vaut mieux aller directement à la source , en l’occurence le Conseil National des Barreaux qui publie chauqe année les chiffres clés de la profession https://www.cnb.avocat.fr/fr/les-chiffres-cles-de-la-profession-davocat

et que trouve-t-on dans ce document ?

Premièrement que c’est une profession en croissance démographique rapide , environ 1,500 avocats de plus par an. Effectivement quand on va par ailleurs consulter les statistiques officielles, on trouve la progression suivante :
7,482 avocats en 1970,
39,454 en 2003,
56,176 en 2013,
66,958 en 2018
et encore 69,900 en 2019.
Pas étonnant du coup que «  …Le ratio est aujourd’hui de plus de 4 actifs pour un bénéficiaire. »

voilà donc une profession qui se trouve dans la situation démographique dans laquelle se trouvait la France au moment où fut instauré le régime général. Une telle situation est évidemment confortable .
Mais ce n’est pas tout ! Quand on continue la lecture de cettre interessante plaquette sur les chiffres-clés de la profession, on lit ceci « 5 avocats actifs pour un retraité » et srtout cet aveu écrit en toutes lettres « les avocats partent à la retraite en moyenne à 65 ans », ce qui confirme ce que nous savions déjà mais il n’aurait pas fallu rajouter « et de plus en plus tôt » accompagné d’un petit graphique très explicite : « durée moyenne d’exercice » :
« après 34 ans d’exercice en 2000 »
« après 30 ans d’exercice en 2009 »
« après 29 ans d’exercice en 2017 »

On comprend déjà mieux que les partants veuillent défendre un régime qui évolue ainsi. Bon, ces chiffres sont publiés par le CNB pour attirer de nouveaux professionnels. Mais ceux-ci devraient quand même se méfier. On a en effet connu d’autres régimes, autonomes ou spéciaux qui ont très bien vécu tant que la pyramide des cotisants/retraités était favorable mais sont devenu des assistés dès que la tendance s’est inversé. A cet égard, les jeunes avocats, ceux qui jettent leurs robes avec un bel entrain juvénile devraient méditer le contenu de cet article https://www.la-croix.com/« La caisse de retraite des cultes ne va pas disparaître » Les curés, voilà bien une profession sinistrée en France et sa caisse de retraite va mal . Sa situation est résumé par ce jeu de question réponse extrait de l’article en question : «…..Quel est l’état de santé de la Cavimac qui bénéficie de la solidarité du régime général, avec par exemple un transfert de 107 millions d’euros de la caisse nationale d’assurance vieillesse.
J. D. : La Cavimac n’est pas subventionnée par le régime général, elle fait partie du régime général pour lequel elle gère une population particulière. Toutes nos recettes et toutes nos dépenses sont centralisées avec celles du régime général….. »

Au passage vous apprécierez le jésuitisme de la réponse « nous recevons un transfert de 107 milions mais nous ne sommes pas subventionné. On a sa fierté, non ?

Si ces jeunes avocats croient que la démographie de leur profession va rester aussi favorable, c’est qu’ils croient réellement que la France est chicanière,mais qu’ils admettent aussi qu’une part croissante de leur profession vive en dessous du minimum vital, car on n’est pas partageux dans cette profession .

Et comme manifestement ils font une appréciation érronée de l’évolution de leur profession, il est à craindre que le ratio passe de 5 à 1 à 4 à 1 puis 3 à 1 puis 2 à 1. A ce moment-là, il sera bien difficile de boucler les comptes. Comptent-ils comme les curés faire appel « au transfert de solidarité » Mais qui dans trente ans sera encore là pour leur rappeler leur égoïsme à courte vue ?

De toute façon, si j’en crois un autre article tiré de « la Croix » https://www.la-croix.com/Pour les avocats, la défense prime sur la vérité

Dans cette révolte des avocats, j’ai bien l’impression que les jeunes avocats, hâves, sont les marionnettes de leurs confrères plus âgés qui, eux, entendent bien profiter de ce pactole qu’ils se sont constitués et dont ils n’auront pas à rendre compte dans 30 ou 40 ans quand les jeunes d’aujourd’hui viendront tendre leur sébile de la solidarité.

Une suggestion ; s’ils ont peur de perdre leur cagnotte, qu’ils la gardent et qu’ils s’en servent soit pour se verser une retraite supplémentaire, ou même mieux pour mettre en place de vraies programmes de solidarité pour les plus jeunes et pourquoi prendre en charge sur cette cagnotte une partie de la sur-cotisation qu’induit le passage au régime général, en faveur des petits cabinets que cette brutale augmentation risquerait, sans cela, de menacer.

PS : ce raisonnement sur l’influence de la démographie sur l’équilibre des régimes spéciaux devrait également interpeller d’autres professions (médicales notamment) dont la démographie risque de passer dans un trou d’air dans les prochaines années.

Se rattacher à un régime universel est certaiement la meilleure garantie à long terme pour les plus jeunes

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L'ENA est morte, vive l'ENA

Alors que dure « l’insoutenable » suspens sur l’avenir de la Haute Fonction Publique (HFP),https://www.acteurspublics.fr/Haute fonction publique : Frédéric Thiriez a rendu sa copie au gouvernement , débat franco-français que nos voisins et amis regardent avec un brin d’étonnement et une bonne pincée d’agacement, les journaux se livrent avec une certaine délectation à un petit jeu qu’on pourrait appeler « enabashing » pour parodier certains syndicats agricoles plus prompts à la victimisation qu’à la repentance.

Dans un article précédent consacré à cette institution, Les Nuls de L’ENA ?, j’avais tenté de démontrer que le procès qui lui était fait, était en fait la mise en accusation du modèle français de sélection de ces élites.

Dans la même veine, un journal économique, en général plutôt sérieux dans le choix de ses titres n’y va pas avec le dos de la cuiller pour enterrer cette école https://www.lesechos.fr/L’ENA n’est plus la grande fabrique à PDG qu’elle était par le passé Par souci de respect de la vérité, j’aurai plutôt titré cet article « l’ENA n’est plus la grande fabrique à PDG qu’elle était devenue dans les années 90 », ce qui réduit singulièrement l’échelle de temps de ce passé auquel fait référence « Les Echos ».

Ce constat concernant la forte densité d’énarques à la tête du CAC 40, et notamment d’ancien de l’Inspection Générale des Finances était en effet devenue préoccupant et ceci pour deux raisons. La première raison est que par essence, l’Ecole Nationale d‘ADMINISTRATION a vocation à former une partie de l’encadrement supérieur de l’appareil d’Etat, non à peupler les Conseils d’Administration, et une telle évolution se traduisait par un dévoiement d’un outil que, dans les années 50,60,70 et peut-être encore 80, beaucoup de pays, ayant peu ou prou notre tradition élitiste, nous enviaient. C’était une perte de substance pour l’administration mais aussi un mélange des genres qui pouvait se traduire par de forts soupçons de collusion entre la sphère publique et la sphère privée, sur fond de camaraderie d’école. La deuxième source de préoccupation est plus anecdotique et fait référence aux déclarations à l’emporte-pièce de l’ancienne présidente du jury d’entrée que je rapportais dans mon précédent billet. C’était effectivement inquiétant de constater qu’un nombre important d’entreprise du CAC 40 soient gérés par des gens « ignorants  des conditions de la vie en entreprises, de ce qu’est un modèle économique,… » mais dont surtout on peut regretter « … la faible culture industrielle et microéconomique, la compréhension parfois trop partielle des enjeux géo-politico-économiques mondiaux ».

Que le monde de la grande entreprise commence à mettre un peu d’ordre dans tout cela est donc une bonne chose. Est-ce pour autant la fin du pantouflage ? On n’y est pas encore car dans certains secteurs, les grandes banques, ils sont encore en force, de même que dans toutes les entreprises dont le carnet de commandes dépend largement de la bonne qualité des rapports avec l’Etat.

Le reflux vers la haute administration serait en quelque sorte un retour aux sources et c’est tant mieux. Il faut dire que les double cursus X-ENA dans les années 50/60, HEC(ESSEC, ESCP)/ENA à partir des années 80/90 avaient en quelque sorte consacré que le meilleur moyen de former à la haute administration était d’avoir fait autre chose et pour beaucoup de jeunes gens et de jeunes filles à la tête bien pleine, ce passage par la rue d’Université, puis par Strasbourg, était une ligne de plus sur un CV.

Alors, si l’objet de cet article des Echos est de dire que l’ENA, fabrique à PDG, est en voie de disparition, et que dans la foulée, le rapport Thiriez ouvre de réelles prespectives permettant de rendre efficace la gestion des carrières publiques de cette HFP et donc un retour aux sources de 1945, alors là oui, j’ai envie de dire « l’ENA est morte, vive l’ENA ! ».

A près de 70 ans, on a encore parfois envie d’espérer, mais ceci n’évacue nullement un autre débat de fond qui est la façon dont la France façonne ses élites, mais « ceci est une autre histoire » comme aurait dit Kipling.

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Réforme des retraites : solidarité, démographie et durabilité chapitre 1 : les données générales de la question

Quand je suis entré dans la vie active, en 1973, c’était l’année du coup d’Etat au Chili mais aussi du 1° choc pétrolier. A l’époque bien malin était ceux qui pouvaient prédire quel impact auraient ces deux faits de géopolitique sur l’avenir de nos retraites. 8 ans après, parce que c’était une promesse électorale et que les promesses électorales doivent être tenues, du moins quand on n’a pas exercé le pouvoir depuis trop longtemps, le gouvernement socialiste décidait que ma vie active serait de jure, sinon de facto, reduite de 5 ans, sans qu’on ne mesure à l’époque l’impact d’une telle décision sur l’avenir de notre système de retraite par répartition.

IL faut dire qu’à l’époque la question du financement ne se posait pas vraiment. Malgré quelques à-coups conjoncturels, l’économie française fonctionnait sur un taux de croissance du PIB entre 4% et 7% (5,7% en moyenne pour les années 60) et il y avait alors un peu plus de trois salariés pour financer la pension d’un retraité (un peu plus de 14 millions d’actifs pour un peu plus de 4 millions de retraités). Du coup, pourquoi se priver de faire ainsi un cadeau de fin de vie aux travailleuses et travailleurs ?

La question a commencé à se poser dans la décennie suivante avec le livre blanc sur les retraites rédigé par le commissariat au plan à la demande du premier ministre Michel Rocard, dont le sous-titre était éloquent « garantir dans l’équité les retraites de demain ». En effet, la croissance supérieure à 5% était déjà un lointain souvenir et quand on « faisait 2% », on était content, le départ en retraite des classes nombreuses du baby-boom (1947-1954) commençaient à se profiler à l’horizon de la décennie et l’espérance de vie ne faisait qu’augmenter tous les ans, d’environ un trimestre par an.

Depuis les choses n’ont fait que s’accentuer puisque les « boomers » comme les appellent méchamment les adolescents climato-activistes, arrivent à la retraite en rangs serrés, que l’espérance de vie (mais dans quel état parfois) atteint les 80 ans et que 1,2% de croissance du PIB est salué comme une « performance exceptionnelle » de l’économie française. Du coup, le nombre de cotisants par retraité a fondu comme neige au soleil , 1,2 environ ( 17,8 milions d’actifs pour 15,6 millions de retraités) avec en plus des perspectives de croissance du gâteau à partager quasiment nulles.

Tout ceci pour dire que les principe d’équité et de solidarité consubstantiels à notre régime par répartition sont soumis à rude épreuve, mais un principe étant un principe, le respect de ces deux exigences s’imposent à tous de façon indépassable et que c’est de la responsabilité des pouvoirs publics et des partenaires sociaux conjointement de faire en sorte que les mécanismes de fonctionnement, SOUS CES DEUX CONTRAINTES, pérenne soient trouvés.

Le respect du premier principe, l’équité c’est évidemment que tout le monde soit logé à la même enseigne et en premier lieu, cela veut dire qu’un euro cotisé ouvre les mêmes droits à pension quel que soit le statut du salarié au moment où il cotise. Mais l’application mécanique d’une telle régle serait de l’égalitarisme qui est à l’équité ce que les maisons closes furent au foyer conjugal. En effet il convient de combiner ce principe avec l’autre principe cardinal, la solidarité pour aussitôt admettre que ce droit à pension induit que chacun doit avoir la possibilité de jouir d’un revenu de remplacement suffisant dans la dernière partie de sa vie en fonction de la pénibilité de sa vie salariale antérieure (principe secondaire de compensation) mais surtout en fonction des perspectives de « restant à vivre en bonne santé » que chacun peut avoir. Voici donc deux paramètres, la pénibilité et l’espérance de vie post-professionnelle qui doit venir amender le principe de base d’égalité de rendement de l’euro cotisé. Tout le reste est un peu de la littérature !

Evidemment, dit ainsi, la mise en œuvre d’une telle réforme pourrait recueillir l’assentiment d’une majorité de Français si le débat n’avait pas été pollué par une question qui n’aurait pas dû se poser à ce moment-là, l’équilibre du financement.

Bien évidemment, les paramètres du financement ayant tous évolué défavorablement, résoudre cette question est un peu la quadrature du cercle.

Plusieurs pistes sont évoqués :

travailler plus longtemps qui présente l’avantage d’une part d’allonger la période de contribution de chacun tout en diminuant mécaniquement la période de paiment. En effet, ce n’est pas parce que vous travaillerez un an de plus que vous vivrez une année de plus, ce serait plutôt le contraire. Naturellement, ce n’est pas l’option que spontanément les organisations représentaives des salariés vont privilégier.

Cotiser plus : la recette est bête, simple et efficace, plus vous payez, plus vous avez de chance d’arriver à l’équilibre. Cette simplicité se heurte toutefois à une autre question tout aussi simple et tout aussi bête : qui paye ?

Faire des réserves : l’idée est déjà plus astucieuse. Comme on ne sait pas de quoi demain peut être fait, encore moins pour les 50 ans à venir que pour les 50 dernières années, cela peut s’avérer judicieux de ne pas redistribuer tout ce qui a été collecté afin de pouvoir faire face à d’éventuelle années de vaches maigres. Ceci pose un certain nombre de question. La première tient au respect du principe de base de notre système par répartition : les actifs d’aujourd’hui payent les retraites des actifs d’hier, pas celles des actifs de demain, mais cela peut se discuter, en application d’un prinicpe supérieur peut-être, la solidarité entre les générations. La seconde tient à l’usage qu’on peut faire de cette cagnotte. L’argent ne se garde pas sous un matelas, il faut le faire vivre et travailler, pas nécessairement le faire fructifier, au sens productiviste que lui donne un gestion de fonds comme Black Rock. Cela mérite réflexion et j’y reviendrai plus loin

Enfin, considérer que la modification démographique de la France impose que la solidarité nationale s’applique à la prise en compte des conséquences du vieillissement de notre population induit presque naturellement qu’une partie du revenu ou si vous préférez, du niveau de vie, des personnes retraités doit être pris en charge, non par le régime par répartition, mais par un autre mécanisme organisant la solidarité nationale, les revenus de transfert issus du budget général de l’Etat. Et si ce qui est actuellement fait est insuffisant, prévoir un renforcement des lignes budgétaires ad hoc n’est plus un option à exclure. En tout cas rien de plus stupide que de fixer d’entrée de jeu que la part du PIB consacrée aux vieux doit progressivement descendre de 14% à 12,9% https://www.lesechos.fr/Réforme des retraites : les chiffres de l’étude d’impact qui fâchent

car cela suppose que d’ici 2050, on considère que la proportion de vieux aura diminué, ou que leur standard de vie doit diminuer.

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Mieux vaut en rire-rubrique décidément inépuisable- n° 197 ; l'école de la Légion d'Honneur

«Dépêchons-nous d’en rire aujourd’hui, de peur d’avoir à en pleurer demain» Beaumarchais
« L ‘humour est la politesse du désespoir. » Oscar Wilde
« On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. »PierreDesproges

Des esprits chagrins se sont plaints de ce que, lors de la dernière promotion de la Légion d’Honneur, un ancien haut fonctionnaire, Enarque patenté, ait été fait chevalier de cet ordre, qui fut glorieux, même si depuis des lustres l’Honneur (celui que François 1° ne perdit pas à Pavie) n’y est plus forcément Légion, au profit de son pluriel « les honneurs », qui sont aux pusillanimes ce que le hochet est aux bambins.

Que lui reprochait-on en fait ? D’être le représentant en France du plus grand gestionnaire de fonds du monde, Blackrock et qu-à ce titre, c’est « la Finance » si chere à notre ex-président « de gôche » qui était honorée.
Certes, gérer 7,000 milliards de dollars dans le monde, mais « seulement » 25 milliards en France, cela sent un peu, voire même beaucoup le soufre.

D’ailleurs, ils le savent bien les patrons de cette pieuvre tentaculaire, que leur réputation est plutôt pourrie. Du coup, pour se refaire un semblant d’honneur (Encore!), ils multiplient les déclarations de bonne conduite écologique et notamment climatique, puisque cela est à la mode et que l’opinion publique, celle qui fait les réputations, y est, pour l’instant, totalement acquise. La dernière en date n’est pas la moindre, https://www.novethic.fr/Blackrock critique le bilan environnemental de Siemens, impliqué dans une immense mine de charbon australienne
C’est bien mais que feront-ils pour que cela change ? C’est l’an prochain qu’on pourra en juger, si du moins d’ici là, nous ne serons pas passé à autre chose.

Tiens ! Pendant que j’y suis, je me fendrais bien d’un petit conseil, présomptueux que je suis, à Mr Larry Fink, le patron de Blackrock. Puisque après les émissions de CO², l’autre sujet écolo qui fâche est l’usage de pesticides, cela ne serait pas mal de « critiquer le bilan environnemental de Bayer, depuis que cette firme a racheté le très sulufureux Monsanto ».

En effet peut-être n’y pensera-t-il pas spontanément? En effet, compte tenu de ce qu’on apprend dans les écoles que ces gens-là ont fréquentées, il n’est pas acquis que leur culture écologique soit très développée.

Qu’à cela ne tienne, il existe en France une officine qui peut les aider https://www.novethic.fr/formations-finance-climat-investissement-responsable/finance-verte-atelier-pratiquefinance verte : construire un portefeuille avec la taxonomie européenne.html

Génial ! En 1 journée et demi, on peut apprendre comme investir sans se tromper dans ce qui va rapporter sans pour autant faire de vous un candidat potentiel aux Prix Pinocchio des « Amis de la Terre ».

Quand on a un parcours académique comme le monsieur dont je parlais au début de cet article, une journée et demi de formation en plus dans un parcours aussi long, c’est une simple formalité. Alors pourquoi s’en priver ?

Et pour l’organisme de formation , quel honneur (« ENCORE! » excedé) d’avoir un chevalier comme élève !

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Mieux vaut en rire-rubrique décidément inépuisable- n°196 « honni soit qui mal y pense

«Dépêchons-nous d’en rire aujourd’hui, de peur d’avoir à en pleurer demain» Beaumarchais
« L ‘humour est la politesse du désespoir. » Oscar Wilde
« On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. »PierreDesproges

Le 19 novembre 2018, le monde abasourdi apprenait que le patron du plus grand groupe automobile mondial venait d’être arrêté comme un vulgaire trafiquant d’armes. Depuis, les vicissitudes de ce monsieur font régulièrement la une de l’actualité jusqu’à sa rocambolesque évasion de la fin 2019. Comme tout le monde en parle, j’aurais pu m’éviter d’ajouter mon grain de sel s’il n’y avait eu cette information, https://www.lesechos.fr/Renault passe au rouge pour la première fois depuis 2009
Comme j’ai plutôt bon esprit et que je suis enclin à la mansuétude, mon esprit en général plus lent, a rapidement fait le lien entre le départ de l’un en 2018 et la déconfiture de l’autre.
Voilà un magnifique argument pour ce monsieur pour justifier les bonus plantureux qu’il se versa et qu’on devait paraît-il encore lui verser pour partie : « Tout ça, c’était grâce à moi ! Sans moi, on voit le résultat! »
Voilà aussi un magnifique argument pour son successeur afin de justifier des émoluments encore plus confortable que ceux de son prédécesseur : « Compte tenu d’où je vais devoir partir, si je réussis ce sera un miracle ! »

Bref, ces gens sont tellement importants que le sort d’une entreprise aussi gigantesque que l’ancienne Régie Nationale des Usines Renault dépendrait exclusivement ou essentiellement de leur talent !

Ce serait faire fi de la conjoncture, des cycles industriels, de tous ces impondérables qui font le délice du monde des affaires.
C’est faire également fi des dizaines de milliers de personnes qui font tourner cette boutique. Ceux-là, par contre ont du souci à se faire. En effet, ces deux messieurs ont fondé leur réputation en partie sur leur capacité à rétablir les compte de leurs boîtes sur le dos de leurs salariés qui deviennent par milliers des « ex-salariés ».

Bien évidemment, tout ceci, les pseudo-déclarations auto-satisfaites des deux messieurs comme les rumeurs de licenciements massifs, relève de la politique-fiction et, paraît-il, dans la vraie vie, cela ne se passe pas ainsi.
« Honni soit qui mal y pense ! »

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Les Nuls de L'ENA ?

Quand on recrute une présidente de jury nourrie à l’idéologie néo-libérale et ayant baignée toute sa carrière dans le jus du « business first », que pensez-vous obtenir comme appréciation concernant le candidats sinon un regard néo-libéral et bourré de référence à la seule vie de l’entreprise ?

ET c’est ce qui effectivement arrivé en 2019. Evidemment, une publication dont ce sont également les présupposés idéologiques s’en fait l’écho à sa façon https://www.valeursactuelles.com/Le zéro pointé en économie des candidats de l’ENA On peut en effet regretter que desfuturs dirigeants de la France soient à ce point ignorants « les candidats de la vie en entreprises, de ce qu’est un modèle économique,… » mais surtout « … la faible culture industrielle et microéconomique, la compréhension parfois trop partielle des enjeux géo-politico-économiques mondiaux »

Mais à qui la faute ? On peut faire des tas de reproches à cette école, et mes ecrits récents et plus anciens démontrent que j’en suis rarement avare, mais en tout cas, on ne peut pas lui reprocher ces lacunes, puisqu’il s’agit d’un constat fait sur le concours d’entrée. Du coup, ce qui est en cause, c’est le système de préparation des ces « futures élites », mais qui sont déjà l’élite quand ils préparent, puisque si on considère les parcours des jeunes qui postulent à l’entrée de cette école, l’immense majorité vient juste de sortir d’une grande école de commerce ou équivalent (ESSEC, HEC, ESCP-Europe, Science-Po…) où justement ils sont censés avoir appris ce qu’est « la vie en entreprise », « un modèle économique », « une culture industrielle et microéconomique ». Cherchez l’erreur !

Il semble du coup que madame la présidente se soit trompé de jury de concours et cela est confirmé par la suite de son propos. Il est inconvenant de reprocher à des candidats aux plus hautes fonctions publiques de ne parler que de la « République sociale » et de « la priorité donnée à la réduction des fractures territoriales et des inégalités et à la lutte contre la précarité » car c’est justement ce qu’avaient en tête les créateurs de l’ENA en 1945, dans le droit fil des réflexions menées au sein du Conseil National de la Resistance et qui fut résumé dans ce programme au nom merveilleux, « les jours heureux »https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_du_Conseil_national_de_la_Résistance C’est donc tout à leur honneur de mettre de l’avant ces préoccupations qui sont quand même une des raisons d’être d’un Etat moderne….sauf bien sûr pour les néo-libéraux pour qui l’Etat est en soi le mal absolu.

Je serai finalement assez content que ces candidats ne soient pas tout à fait sur le modèle voulu par madame la présidente s’il n’y avait cette tare initiale de ne pas connaître la réalité de la vie quotidienne de leurs concitoyens. Mais je leur reprocherai surtout de céder, par conformisme ou par inétrêt, à la tentation à vouloir absolument entrer dans le moule ce qui a eu pour effet que « la richesse et la diversité des candidats semblent estompées ».

Mais ceci n’est pas nouveau et s’applique à l’immense majorité de celles et ceux qui entrent dans le système des grandes écoles à la française.

Alors, après, elle a beau jeu de préconiser«  la détection de « leadership » lors de la sélection : des candidats « capables de douter et de remettre en cause leurs idées » et « disposant d’un sens éthique et d’une confiance en soi mesurée (ni trop humbles ni trop arrogants) »

Elle touche là un des points sensibles du mode de sélection de ses élites par notre pays, leur incapacité à douter et leur confiance en soi démesurée. Cela est vrai pour une forte minorité d’énarques, mais aussi pour une forte minorité de polytechniciens, de diplômés des trois grandes écoles de commerce ou de celles et ceux qui sont passés par Normale Sup et cela touche surtout celles et ceux qui sont sortis de ces écoles dans le haut du classement (en gros le ou la major et les 10 premiers).

Le seul point positif à retenir de cette opinion sans nuance, retranscrite par Valeurs Actuelles, c’est peut-être ce constat  « Les élèves ne savent pas toujours « travailler ensemble et coopérer ». Dans un système qui prône la sélection à outrance comme vertu cadirnale, rien de plus normal.

Nous avons donc là un bel aveu d’échec collectif d’un système dont l’ENA n’est que la pointe la plus aigue mais aussi la plus visible.

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