Mieux vaut en rire -rubrique décidément inépuisable- n°237 quelques nuances de vert

Quand j’ai lu ce titrehttps://www.lefigaro.fr/TotalEnergies revient dans le vert au deuxième trimestre, j’ai cru que, finalement Total avait réussi sa mue et que l’entreprise pétrolière et gazière etait devenue ce qu’elle prétend vouloir devenir une entreprise de l’énergie propre.

Hélas! Hélas! Hélas ! Je m’étais trompé de vert. La teinte dont il était question était de celles qui plaisent aux financiers, celles des comptes excédentaires, celle aussi des billets de dollars mais aussi des billets de 100 euros.

C’aurait pu être aussi le vert de la trouille, celle d’être rattrapée par les multiples dérapages environnementaux et sociaux que connaissent régulièrement ses filiales à l’étranger.

C’aurait pu être également le vert de la rage, celle de ne pas être crû quand ses dirigeants jurent la main sur le cœur que plus responsables environnementalement et socialement qu’eux, ça n’existe pas !

Hélas! Hélas !hélas ! Je suis daltonien , alors j’ai vu rouge !

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Mieux vaut en rire -rubrique décidément inépuisable n° 236 : Il n’y a pas que lui que ça retourne !

Le Monsieur Prud’homme qui préside aux destinées du gouvernement de la France n’est jamais en panne d’une sentance apparemment pleine de bon sens mais souvent peu trop ronflante. Ce faisant, il reprend la tradition initiée par un de ses prédecesseurs mais autant une « raffarinade » ça disait tout de suite quelque chose, autant il serait difficile de trouver signifante une « castexade » ou même une « castexture ».

Mais voici quand même sa dernière trouvaille https://www.ouest-france.fr/Covid-19 : Pasteur « doit se retourner dans sa tombe », estime Jean Castex . Elle me laisse perplexe. En effet que veut-il dire ?

Fait-il référence au fiasco de l’Institut qui porte le nom de ce génial chercheur dans la course au vaccin anti-COVID 19 ? Dans ce cas, nous lui conseillons de lire le rapport récent de la Cour des Comptes https://www.ouest-france.fr/Covid-19. Des financements pour la recherche sous dimensionnés, tacle la Cour des comptes.

Mais alors peut-être faisait-il référence à cette faillite générale du modèle étatique de la recherche en France ? Mais si tel était le cas, Cela fait belle lurette que Pasteur ne se retourne plus dans sa tombe, lui qui a longtemps oeuvré malgré les bâtons que lui mettait dans les roues la recherche officielle et ne dût son succès qu’à l’appui des brasseurs et des viticulteurs.

Mais si notre Joseph Prud’homme catalan faisait référence à la déconfiture du « pays de l’inventeur du vaccin », il y en a un autre qui doit se retourner dans son tombe, c’est le docteur Jenner, le véritable inventeur de la vaccination, qui lui aussi connu une opposition farouche de l’establishment mdical britannique.

Mais que voulez-vous, Monsieur Prud’Homme est chauvin. En cela il est bien Français !

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Ce ne fut qu’une pause sur les chemins de la transition.

Dans le prologue de ce feuilleton de l’été « les chemins de la transition » , deux personnages, un philosophe et un économiste, définissaient les 5 voies qu’il convenait de prendre pour assurer une évolution aussi harmonieuse que possible vers un monde qui n’aurait plus peur de la catastrophe écologique annoncée.
1 – Vers une réconciliation avec la nature
2 – Vers une civilisation techno-responsable
3 – Vers une culture de l’optimum
4 – Vers un nouveau consensus démocratique
5 – Vers une liberté positive

Depuis que vous me lisez, vous savez que tous les ans, je salue comme il le mérite cet événement, le jour où l’humanité a « consommé » une planète pour satisfaire les besoins inextinguibles des plus avides.

J’ai toujours évité de parler de la façon dont les ONG calculent cette empreinte écologique car comme toute méthodologie expérimentale, les choix qui ont été faits sont forcément sujet à caution.

Par contre ce qui m’importe, c’est que avec cette même méthodologie, on a vu chaque année cette date avancer. Ceci signifie en effet qu’avec les mêmes outils de calcul, on constate que, d’année en année, les Terriens consomment toujours un peu plus vite les ressources que la Terre peut produire en une année, ce qui veut dire que chaque année les Terriens tapent un peu plus dans le capital accumulé depuis des milliers et des milliers d’année.

SAUF… en 2020 où pour la première fois le « jour du dépassement » a reculé et pas d’un peu, de près d’un mois.

Il aurait illusoire le 28 août 2020 de crier victoire et de croire à l’inversion des courbes. En effet, pendant au moins la moitié de l’année, les économies les plus développées du monde avaient tourné au ralenti. Notons quand même que cela apportait de l’eau au moulin des « décroissants » mais comme la méthode de réduction de l’activité n’était pas des meilleures, cela leur faisait une belle jambe.

D’autant plus que 11 mois plus tard, il faut déchanter

En effet quand j’ai lu çahttps://www.actu-environnement.com/Jeudi 29 juillet, l’humanité aura consommé ses ressources naturelles de l’année, je me suis dit « mais enfer et damnation! Le 29 juillet, c’est aujourd’hui! A partir de demain, je vis à crédit, c’est pire que lorsque j’étais étudiant, quand la fin du mois commençait le 20. »

Bon soyons lucide qand même, nous n’avions pas avancé à ce point sur les chemins de la transition pour espérer réellement avoir réussi à inverser la tendance. Mais regardons quand même cette date, le 29 juillet, le jour du passement tombe un 29 juillet, comme en 2019. Est-ce à dire que l’humanité serait en train de faire du surplace dans sa marche vers l’abîme ? Ptêt ben qu’oui, ptêt ben qu’non ! Car n’oublions pas que, rattrapage ou pas, l’année 2021 est encore une année de confinement partiel, que les migrations saisonnières, fortement consommatrices d’énergie fossile pour faire voler des charters archi-bondés, n’ont pas repris, que certaines chaines de production sont bloquées à cause de pénuries (mal venues ?) de pièces détachées indispensables. Cela reste quand même un indicateur qui confirme bien qu’il y a un lien entre ces activités, perturbées, et notre boulimie de ressources naturelles.

Laissons les ONG analyser tout cela avec l’aide ou non des économètres. Peut-être en tireront-ils de nouvelles pistes sur les chemins de la transition écologique.

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Sur les chemins de la transition, on rencontre même des dinosaures

Dans le prologue de ce feuilleton de l’été « les chemins de la transition » , deux personnages, un philosophe et un économiste, définissaient les 5 voies qu’il convenait de prendre pour assurer une évolution aussi harmonieuse que possible vers un monde qui n’aurait plus peur de la catastrophe écologique annoncée.
1 – Vers une réconciliation avec la nature
2 – Vers une civilisation techno-responsable
3 – Vers une culture de l’optimum
4 – Vers un nouveau consensus démocratique
5 – Vers une liberté positive

Dans un précédent épisode, j’évoquais ces nouveaux bateaux à voile qui relevaient le défi du frêt maritime dans émission de CO² Les chemins de la transition ont des semelles de vent.

On peut trouver sympathique et un peu anecdotique, l’aventure de Graine de Sail mais ne je doute pas que d’ici quelques années, cette petite graine aura germé et que de jolis navires sillonneront les océans, à la vitesse du vent, pour livrer ce que nous ne pouvons pas produire chez nous ou amener vers d’autres contrées ce que nous pouvons produire mais pas elles. Quant aux cargos à voile, je répète qu’il convient de rester circonspect et de se souvenir des « exploits » techniques comme ce navire qui fut à sa mise à l’eau considéré comme le plus grand bateaux à voile de l’époque « le France II » https://fr.wikipedia.org/wiki/France_II_(voilier). A l’époque, la propulsion hybride avait montré ses limites et l’aventure tourna court. Etait-ce une question de taille, d’inadéquation des solutions techniques ou de perte d’intérêt économique de ce type de trajets ? Les promoteurs des cargos veliques de demain devraient, je pense, se poser ce genre de questions si du moins, ils veulent que leurs projets croisent les 5 chemins de la transition définis ci-dessus

Tiens pendant que j’y suis, je vais continuer un petit moment avec ces bateaux des records puisque le Télégramme de Brest et de l’Ouest y consacre un « dossier de l’été ». Au fur et à mesure que ce journal ouvre les différents volets de son dossier, je me rend compte de l’absurdité ultime de ces projets . Tenez prenez l’exemple de ces super-tankers,https://www.letelegramme.fr/Des navires de 500 000 tonnes : record absolu, ils ont défrayé la chronique dès le milieu des années 70 pour ensuite mieux effrayé les chroniqueurs suite aux catastrophes écologiques que leurs naufrages ou échouages ont provoqué. Ils finissent de rouiller dans quelques fjords isolés, un peu comme finit « le France II » avant de servir de cible d’entrainement à la marine américaine.

On aurait pu penser que ces mésaventures avaient guéri les armateurs contre les méfaits du gigantisme. Il n’en est rien puisque au début de l’année, les armements français se mettaient de nouveau en évidence, en battant un autre record https://actu.fr/normandie/Record mondial au Havre : ce navire amiral a transporté 21 433 conteneurs !. La série est en cours, comme sont d’ailleurs en cours également les largages de conteneurs en plein océan par des cargos plus ou moins en détresse. Un conteneur ça fait des dégâts moins visibles qu’une marée noire, donc on en parle moins [il n’y a pas de « belles » images à montrer] mais je ne suis pas sûr que le contenu de certains d’entre eux ne se révèlent pas plus nuisibles en fin de compte que quelques milliers de tonnes d’hydrocarbure.

Car n’oublions pas qu’on met de tout dans ces boites en métal, des chaussures de sport comme des bouteilles de cognac, des produits chimiques extrèmement dangereux comme des des jouets en plastique. On n’est donc pas au bout de nos peines.

Peut-être conviendrait-il que les concepteurs de ces projets, architectes navals, chantiers navals et armateurs méditent sur le sort des dinosaures qui dominèrent le monde préhistorique parce qu’ils avaient su grandir plus vite que les autres mais qui disparurent aussi, victimes semble-t-il, de leur gigantisme, inadapté à un monde en mutation.

Pour le fun, essayez de cocher dans ma petite liste initiale les cases que parviennent à remplir les supertankers des années 70, les porte-conteneurs géants des années 2020, voir même le voilier hybride du début du XX° siècle.

Alors ? Quel résultat ?

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n° 2000

Wouah! Ceci est le 2.000eme billet que je publie sur ce blog depuis que je l’ai ouvert il y a 10 ans 2 mois et 3 jours.

J’en suis tellement abasourdi que j’en reste muet…ce qui chez moi est chose rare!

A demain donc, dès que j’aurai retrouvé ma voix (ma voie?)

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Les chemins de la transition nous emmènent revisiter l’économie et la démocratie

Certains veulent opposer économie et écologie, l’une étant vertueuse, l’autre pas et selon que vous soyez dans une sphère ou dans l’autre, la vertu et le vice s’inverse. Peut-être serait-il bon de revenir aux fondaments de l’une et l’autre science afin de constater s’il y a vraiment un tel antagonisme. L’article ci-après https://lecourrier.ch/L’économie, clé de la transition durable commence à explorer la voie de l’économie et permet à certains de [re]découvrir que l’économie ce n’est pas ce que nous avons connu les 100 dernières années et qu’il peut exister un autre schéma que extraire-transformer-consommer-jeter

Mais procédons par étapes et commençons par un peu d’étymologie. Ecologie,  « le discours sur la maison » et économie « la gestion de la maison ». Bon, voilà, il y a déjà un point commun « la maison commune », notre bonne vieille Terre. La première vise donc à analyser toutes les composantes de cet environnement et voir comment celles-ci interagissent entre elles ; la seconde se donne pour but de répondre aux besoins de la société grâce à l’allocation optimale des facteurs de production.

Comme on dit maintenant, cela a-t-il des chances de « matcher » ? Manifestement oui, puisque dès qu’il s’agit d’optimiser l’utilisation des ressources, qui in fine viennent toutes de cet ensemble qu’on appelle faute de mieux la Nature, l’écologie sera appelé à la rescousse pour analyser si la satisfaction optimale des besoins se fait sans utilisation déraisonnable des ressources.

Encore convient-il de définir ce qu’est la satisfaction optimale des besoins, qui n’est pas nécessairement la maximisation du plaisir qu’on en retire et là, normalement l’économie devrait nous aider.

Force est de constater que contrairement aux idées reçues, l’écologie est actuellement mieux outillée que l’économie pour répondre aux missions qui lui sont assignées. En effet, ce qui manque à l’économie c’est un véritable outil d’analyse de la satisfaction des besoins : les indicateurs de richesse, les PIB se situent dans une optique purement maximaliste où « mieux » égale « toujours plus ». Il manque les outils de mesure de ce qu’on pourrait appeler la satiété. Et même les tentatives de définir des indicateurs de mesure du bonheur n’y réponde qu’imparfaitement. Il y a donc là tout un champ de recherche ouvert à l’économie, à condition de ne pas le laisser aux seuls économistes patentés qui, pour la plupart, ne sont souvent que des économètres, c’est à dire des comptables et non des scientifiques.

Mais puisque aussi bien en écologie qu’en économie, nous avons mis « la maison commune » au cœur de la réflexion, il vient aussitôt à l’esprit une autre préoccupation qui est la place de l’être humain dans cette maison et comment collectivement ces êtres humains contribuent à s’approcher de cet optimum qui devrait être un peu le Graal des écologistes comme des économistes. C’est le sens de la réflexion autour de l’écologie politique. En la matière, le discours est très pluriel et on tatonne encore beaucoup. Ce nouveau manifeste https://www.marianne.net/Chloé Ridel : « Le temps de l’écologie républicaine est venu ! » pense, après d’autres, avoir trouver la pierre philosophale . Mais il ne s’agit que d’un manifeste de plus qui n’invente rien mais a le mérite de rappeler quelques fondamentaux oubliés. Ainsi concernant l’Etat, il a le mérite de rappeler son ambivalence, du moins en France. Etat stratège d’une part et Welfare State de l’autre. D’un côté, il répare dans l’urgence les gros accidents du quotidien et tente d’atténuer les inégalités et de l’autre il fait de la prévention à long terme en anticipant sur les risques à venir qu’il convient de conjurer. Mais pour autant, il est apparu à l’épreuve de ces derniers mois que L’Etat ne peut pas décider de tout, et que dans bien des domaines la société civile c’est à dire tous les corps intermédiaires y compris les médias, mais aussi toutes les formes d’organisations volontaires avaient un rôle prépondérant à jouer parce que c’est à leur niveau que l’action est la plus efficace. C’est en quelque sorte la mise en œuvre de la maxime de base du mouvement écologiste « Penser global agir local ». En l’occurence, ce serait « l’Etat pense, la société agit. » Reste à définir alors qui inspire l’Etat et le contrôle et comment la société se donne les moyens d’agir.

Tout cela exprime la multiplicité de chemins qui restent à explorer.

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La fable express du dimanche n° 20

Avec l’été, revient le temps des régimes, de la perte de poids , de la taille de guêpe. Mais ne croyez pas qu’il en soit ainsi que depuis que nos contemporains ont pris l’habitude d’exhiber leurs corps haves sur les plages.

Déjà à l’époque antique, on célébrait la perfection de la silhouette mais comme les régimes alimentaires n’étaient pas toujours équilibrés, nombreux étaient les Hellenes à s’arrondir aux niveau des hanches et du ventre.

Heureusement, la médecine était là et surtout le plus grand des médecins de l’époque Hippocrate. Il avait effectivement inventé un régime qui permettait en un rien de temps à un ventripotent satrape de ressembler à un charmant éphèbe. L’inconvénient de ce régime était qu’il était très très spartiate et mettait les nerfs des patients à rude épreuve.

Beaucoup finissaient filiformes mais agités de mouvements convulsifs incontrôlables.

Moralité : « grâce à sa science médicale, Hippocrate a transformé la graisse en tics. »

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Les chemins de la transition passent de branche en branche

Nous avons vu dans un précédent épisode que les chemins de la transition écologique passait par la campagne. Nous avons vu dans un autre épisode que les mêmes chemins passaient aussi par la forêt.

Du coup, la publication de cette étude https://www.actu-environnement.com/Depuis 1936, la diversification des cultures améliore la production et la biodiversité tombe à point nommé pour montrer que, très très souvent, les chemins de la tranisition écologique se croisent pour le meilleur et…le meilleur.

En effet, si cette étude montre que la monoculture intensive est certainement le pire système en terme d’efficacité globale, elle montre aussi que plusieurs schémas agronomiques différents peuvent se montrer beaucoup plus efficaces dès lors qu’on prend en compte d’autres paramètres que le seul rendement à l’hectare.

Mais ce qui est intéressant surtout, c’est qu’il apparaîtrait [je mets ici un conditionnel car, malgré l’abondance de sources convergentes, nous ne sommes pas encore dans le domaine de la certitude absolue] que le modèle le plus efficace est celui qui associe les cultures au sol et la plantation d’arbres, méthode qu’on a résumé d’un mot l’agroforesterie.

Ce qui a de passionnant dans cette pratique, c’est qu’elle a de multiples déclinaisons et peut s’appliquer à peu près partout aussi bien dans les zones saheliques, que dans les plaines céréalières, dans les ceintures maraichères que dans les pays de pâturage. Il suffit de regarder comment la nature vit et se défend pour adapter aux conditions géologiques et climatiques locales ce concept simple qui depuis la nuit des temps associe arbres et plantes.

On voit qu’on est loin ici des concepts marketing du genre « je salis la Terre, je plante des arbres pour compenser », n’importe quels arbres, n’importe où et de préférence tous les mêmes pour faciliter la plantation.

On est loin aussi des concepts utilitaristes de plantations massives d’arbres pour alimenter une filière industrielle au détriment de la biodiversité.

On est plutôt dans le respect des équilibres territoriaux, loin des excès qui en général font basculer des systèmes apparemment équilibrés.

Pour illustrer cette démarche, je vous ai trouvé cette petite vidéo Coat Bro Montroulez, ça chauffe! – YouTube La SCIC qui gère ce projet n’a pas vocation à fournir en énergie tout le Pays de Morlaix mais n’alimente que certaines chaufferies collectives. Elle combine l’exploitation de plantations ad hoc , des sauleraies, limitées par nature à des zones plutôt humides peu propices à la culture et la récupération des taillis provenant de l’élagage des haies vives et des petits bosquets qui parsèment le paysage agricole du pays. Evidemment, plus les agriculteurs replanteront de haies vives, plus la ressource sera abondante et c’est là que le système peut devenir vertueux. En effet les haies apportent, un gite pour une multitude d’espèces animales, une barrière naturelle à l’écoulement des eaux, ce qui en période de fortes précipitations est un bon ralentisseur de crues, un abri naturel pour les animaux d’élevage vivant une partie de l’année en pature et enfin un abri contre les vents dominants pour protéger certaines cultures un peu fragiles.

Mais tout cela, nos anciens le savaient déjà. La différence est que maintenant, on dispose d’outils plus performants pour couper, débiter, acheminer, broyer et finalement brûler, ces masses ligneuses qui souvent pourrissaient faute de pouvoir être correctement utilisées.

Les chemins de la transitions écologique passent souvent, en même temps par la tradition et l’innovation. Mais vous commencez à être habitué à ce constat, non ?

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L’art du déni

La sécurité nucléaire est une chose avec laquelle il ne faut surtout pas rigoler. Même si pour des raisons économiques, l’exploitant français a commencé à tangenter avec la ligne rouge en prolongeant encore de quelques années la durée de vie de ses réacteurs vieillissants, il reste quand même conscient que tout n’est pas possible dans une activité où le moindre manquement peut se révéler catastrophique. Il faut dire qu’en la matière, EDF est bien encadré par des agences publiques qui veillent au grain et comme si cela ne suffisait pas des réseaux militants sont là pour rappeler à l’ordre le cas échéant.

Tout ceci pour dire que cette réaction d’EDF https://www.lesechos.fr/Pour EDF un arrêt du réacteur EPR de Taishan s’impose peut se comprendre malgré un contexte commercial plutôt contraire. En effet, il n’y a guère, EDF avait fait de ces réacteurs la vitrine de sa « petite merveille technologique », l’EPR. Compte tenu des énormes enjeux financiers, il fallait cependant que le risque pris par les autorités chinoises soit démesuré. Ce qui est surprenant du coup dans cette affaire, c’est l’attitude de l’exploitant chinois qui semble nier la réalité du danger encouru en continuant l’exploitation d’une installation qui manifestement donne des signes de faiblesse. Comme souvent dans ce cas, les autorités se retranchent derrière une réglementation et des normes qui pour le coup leur conviennent bien. Avoir un thermomètre bien gradué permet parfois de nier la fièvre.

Ce petit déni chinois, sauf il se révèle persistant serait finalement assez bénin et correspondrait encore aux standards de communication de crise adoptés par la filière nucléaire dans le monde entier depuis les premiers incidents connus. Rappelez-vous les nuages de Tchernobyl arrêtés aux frontières par le Professeur Pellerin.

Plus grave par contre est le déni persistant de la Chine à reconnaître la moindre responsabilité dans la pandémie qui infecte la planète entière depuis près de deux ans maintenant. Et dans ce domaine, les autorités chinoises ont un peu hausser le niveau « artistique » de leurs dénégations https://www.lesechos.fr/Covid : la Chine refuse une enquête de l’OMS dans les laboratoires de Wuhan. En effet, l’attaque étant souvent la meilleure défense, les personnes autorisées à s’exprimer au nom de la patrie n’ont pas hésité à parler de l’arrogance d’une instance internationale qui fut naguère plus docile. On voit là que le grand stratège Sun Tzu a fait des émules, qui pratiquait volontiers l’art du paradoxe pour mieux déstabiliser ses éventuels adversaires en prêtant à ceux-ci les qualités et les défauts qui étaient siens.

En la matière, il semblerait que d’autres s’en inspirent aussi pour nier leur responsabilité. Je pense en particulier aux protagonistes de ce qu’on appelle l’affaire Pegasus. Si je parle de cette ténébreuse affaire, c’est parce qu’elle vient d’être évoquée par un responsable de la sécurité informatique française pour signifier que la France est en train de connaître une attaque bien plus dangereuse https://www.lemonde.fr/La Chine dans le viseur de la France dans le cadre d’une « virulente » cyberattaque. Bien que les auteurs soient identifiés, bien que leurs liens avec les autorités chinoises soient avérés, celles-ci nient toute implication. Seriez vous surpris ?

Du coup, cette citation https://www.lemonde.fr/Damien Hirst : « L’art sert à nier la mort » piquée au vol dans ma revue de presse quotidienne prend un tout autre relief. La négation peut devenir un art, mais un art mortifère à terme.

Passons à autre chose, c’est l’été !

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Eoliennes en mer :tirer les leçons du passé

C’est peu de dire que les premiers parcs éoliens en mer en France ont du mal à démarrer. Depuis que les marins-pêcheurs se sont mis en tête de mettre les bâtons dans les roues du projet, il ne se passe pas de semaine sans qu’il y ait un incident . Le dernier en date est assez cocasse si on regarde bien qui il met en scène https://france3-regions.francetvinfo.fr/Eolien en baie de Saint-Brieuc : l’euro-député Peter van Dalen à la rencontre des pêcheurs En effet, le dit député européen néerlandais est le même qui bataillait avec véhémence au Parlement Européen pour maintenir le droit des pêcheurs hollandais de pêcher à l’électricité, c’est à dire d’électrocuter tout être vivants dans l’eau dans périmètre assez vaste. Pour les fileyeurs français, c’est donc pire que le diable. C’est le même aussi qui dans un rapport a préconisé d’installer les futures fermes éoliennes dans les zones maritimes protégées. Pour les pêcheurs de coquilles Saint-Jacques, si respectueux des zones de reproduction de ces coquillages, c’est encore pire que le diable. Et pourtant leurs représentants l’ont accueilli à bras ouverts parce qu’il venait les soutenir. Comprenne qui peut.

Mais si ce parlementaire peut ainsi se pavaner, c’est qu’il peut se targuer d’un assez fort soutien populaire dans son pays . Il faut dire que au large des Pays-Bas, il s’en passe de drôles. Je vous ai parlé des mega-projets au large de Rotterdam, destinés en fait à produire l’hydrogène dont aura besoin la zone industrialo-portuaire la plus importante d’Europe. Un tel gigantisme a naturellement rencontré une forte opposition populaire mais vu les enjeux économiques, les pouvoirs publics bataves sont passés outre.
Il faut dire que l’éolien offshore est au cœur de leur stratégie comme le montre le graphique en annexe à cet article https://www.energiesdelamer.eu/L’ALLEMAGNE : les professionnels se rebiffent en attendant un ajustement aux objectifs 2030 et 2040 En effet, non seulement le littoral des Pays-Bas accueille actuellement plus de 50% des puissances installées en Europe, Royaume-Uni compris mais encore, cela représente 75% de la capacité éolienne du pays. Comme toujours la densification provoque un rejet. Et pour aller vite on a fait fi du consentement populaire. Et dans ces cas-là, il est vite fait pour un démagogue de se jeter sur ce mécontentement pour se forger une stature de défenseur des biens communs à bon compte( à condition bien sûr de tenir compte un peu des dits biens communs, ce qui, nous l’avons vu, n’est pas le cas)

C’est d’ailleurs ce que semblent avoir compris les pouvoirs publics danois qui, malgré leurs grandes ambitions en la matière et une assez longue expérience ont pris le temps de l’explication, aidés en cela par des structures de concertation et de recours incontestées et cela semble payer ttps://www.energiesdelamer.eu/VESTERHAV SYD ET VESTERHAV NORD : LES TRAVAUX PEUVENT COMMENCER

C’est en pensant à tout cela, gigantisme non maitrisé, mécontentement local, mépris ou concertation avec tous les usagers de la mer, risque de récupération démagogique, que les autorités françaises devraient se lancer dans le nouveau chantier de l’éolien offshore français https://reporterre.net/La Méditerranée, le prochain front de l’éolien en mer ?

En Occitanie, les marins n’ont pas le sang moins chaud qu’en Bretagne !

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Les chemins de la transition ont des semelles de vent.

Dans le premier épisode de ce mini-feuilleton de l’été , deux personnages, un philosophe et un économiste, définissaient les 5 voies qu’il convenait de prendre pour assurer une évolution aussi harmonieuse que possible vers un monde qui n’aurait plus peur de la catastrophe écologique annoncée.
1 – Vers une réconciliation avec la nature
2 – Vers une civilisation techno-responsable
3 – Vers une culture de l’optimum
4 – Vers un nouveau consensus démocratique
5 – Vers une liberté positive

Je vous ai déjà longuement entretenu des avantages et inconvénients de l’énergie éolienne pour produire de l’électricité, que ce soit sur terre ou en mer. J’ai essayé de montrer comment, selon la façon dont on mettait en œuvre cette technique, les projets arrivaient ou non à cocher les 5 cases, notamment la culture de l’optimum et le consensus démocratique. L’actualité du mois de juillet 2021 me fait d’ailleurs penser que j’aurai bientôt à en reparler.

Mais ici, je voudrais parler d’un autre usage du vent aussi ancien, si ce n’est plus, que les moulins à vent et leurs avatars modernes. Il s’agit, vous l’avez deviné peut-être de la poussée vélique, celle qui ramena Ulysse en Ithaque, Colomb dans un Nouveau Monde et des Mélanésiens au Paradis sur Terre.

Il ne s’agit pas des excentricités de quelques égotistes mégalomanes qui visent à faire le plus vite possible le tour de la planète « quoi qu’il en coûte ». Il s’agit plutôt des délires rationnels de gens a priori sensés afin de redonner un avenir présentable à une activité qui n’a plus forcément bonne presse. Certes, le fret maritime ne fait pas encore l’objet d’une même détestation que le transport aérien, de marchandises comme de personnes, mais les privilèges exorbitants dont il bénéficie en matière d’exonération fiscale de leurs carburants, comme d’ailleurs les aéronefs, sont fortement menacés. Or, si on décidait de taxer les carburants marins au même niveau que le diesel de votre voiture, il n’est plus sûr que ce soit encore rentable d’aller fabriquer en Chine des voitures « françaises » pour les vendre sur tout le continent européen.

Par conséquent, il fallait trouver la parade. Et comme toujours, c’est dans les vieux chaudrons qu’on fait les meilleures soupes et avec un peu d’imagination et beaucoup de moyens financiers, les ingénieurs sont en train de réinventer la marine à voile. https://www.lesechos.fr/La propulsion vélique des cargos, futur du transport maritime mondial ? Cela représenterait quand même quelques pourcents de moins dans le bilan des émissions de CO² et vu comment celles-ci sont reparties en flèche en 2020 dès qu’on a lâché les chevaux, ce ne serait pas du luxe d’essayer d’inverser la courbe et déconnecter un peu la courbe de production de CO² de la courbe d’évolution de l’économie. Mais, et c’est là où le bât blesse, de telles solutions ne visent pas à remettre à plat notre modèle de production et de consommation, mais plutôt de donner une petite chance de survie à un modèle qui autrement partait directement dans le mur. En d’autres termes, ceux qui promeuvent de telles solutions pensent sincèrement que polluer un peu moins leur donne le droit de polluer encore . Funeste erreur.

A l’inverse, d’autres, plus modestes, ont adopté un schéma radicalement différent de développement et leur expérience devient maintenant intéressante à suivre https://www.ouest-france.fr/Brest. Le voilier cargo Grain de Sail arrivé à bon port, après un périple de 17 500 km En effet tant que l’entreprise bricolait avec des navires inadaptés pour organiser une forme de cabotage vertueux, on pouvait trouver cela sympathique, mais maintenant qu’apparaissent des bateaux ad hoc, conçus pour accomplir jusqu’au bout le schéma de développement vertueux voulu au départ, cela devient passionnant. Et il sera intéressant de voir comment, avec le temps « Grain de Sail » arrivera à rester sur les 5 chemins vertueux de la transition. Là est tout le pari et l’exemplarité ou non du modèle.

Pour conclure, vous avez compris que dans mon esprit, les cargos véliques de Michelin CGM et consorts, ne cochent pour l’instant aucune des cases notamment pas la troisième qui est la recherche de l’optimum. Pourtant les ingénieurs, qui sont en général des bons matheux devraient savoir qu’une optimisation multifactorielle sous contrainte, ne correspond jamais au maximum d’un quelconque de ces facteurs.

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Sur les chemins de la transition, on rencontre plus de chameaux que de licornes

Ils n’ont plus que ce mot-là à la bouche. « Ils » se sont les journalistes économiques et « le mot » c’est licorne. C’est à croire que ces gens, supposés être hyperrationnels puisqu’ils ne parlent que de choses hyper-rationnelles comme la finance, les parts de marché le retour sur investissement, sont, pour la plupart, restés au stade infantile des contes de fée et des animaux merveilleux tels qu’on en rencontre chez Merlin et dans « chateaux et sortilèges ».

Mais de quoi nous parlent-ils donc ? Ils nous parlent en fait d’entreprises, dont certaines sont à peine sorties des limbes mais qui grâce aux talents de communication de leurs dirigeants ont été capables d’obtenir que les marchés financiers, leur prêtent, ou leur donnent, suffisamment d’argent pour que la valeur, au cours spéculatif , de leurs actions dépasse le milliard de dollars.

Présenté comme ça, le concept de licorne fait tout de suite beaucoup moins rêver, d’autant que dans la vraie vie économique, celle où on produit des biens et des services utiles qui s’achètent justement parce qu’ils servent à quelque chose, lesdites entreprises ont souvent encore tout à prouver. C’est en effet toujours un sujet de surprise pour moi d’apprendre qu’une entreprise peut « valoir » en capital plus 10 fois son chiffre d’affaires. Il est certain qu’il y a là-dedans des gens qui vont se faire avoir. Cela me rappelle assez fortement la bulle spéculative qui avait accompagnée l’arrivée des premières entreprises Internet au tournat du siècle.

Plutôt que louer les qualités de bonimenteurs financiers des start-uppers, peut-être vaudrait-il mieux encenser les entreprises innovantes qui, sans faire de bruit et avec leurs moyens propres, développent des innovations utiles mais aussi vertueuses du point de vue du développement durable. C’est le sens de cet article https://objectifaquitaine.latribune.fr/Oubliez les licornes, regardez les chameaux, ces entreprises expertes de la croissance organique !

Et comme un fait exprès, la même journée, l’actualité économique nous apportait deux exemples pour illustrer ce constat.

Dans un premier temps, la presse a salué l’avénement d’une nouvelle bébête mythique https://www.ouest-france.fr/La start-up Younited pourrait devenir une nouvelle licorne française

Une société spécialisée dans le crédit à la consommation, c’est bon pour la croissance, ça. S’il y en avait plus, il n’y aurait plus de problème de relance, les Français même ceux dont le bas de laine (plutôt une socquette dans leur cas) aura fondu pendant la crise, pourront de nouveau accéder aux joies du gaspillage marketé.

Dans le même temps, plus discètement, la même presse vantait les mérite d’une autre innovation technologique, une de ces applications qui fleurissent sur nos smartphones https://www.ouest-france.fr/L’application de lutte contre le gaspillage « 0gaspi » se déploie dans l’Ouest

Une application qui vous aide à consommer moins ! Mais dis donc, coco, c’est pas bon pour la croissance, ça ! Et c’est pas avec de telles innovations que la relance va être assurée.

Bon à ce stade je rappelle ce qui est le chapeau de ce minifeuilleton consacré aux chemins de la transition

Dans le premier épisode de ce mini-feuilleton de l’été , deux personnages, un philosophe et un économiste, définissaient les 5 voies qu’il convenait de prendre pour assurer une évolution aussi harmonieuse que possible vers un monde qui n’aurait plus peur de la catastrophe écologique annoncée.1 – Vers une réconciliation avec la nature2 – Vers une civilisation techno-responsable3 – Vers une culture de l’optimum4 – Vers un nouveau consensus démocratique5 – Vers une liberté positive

Maintenant, à vous de voir laquelle des deux correspond le mieux aux voies de la transition écologique.

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L’hydrogène est une bouffée d’oxygène

Dans les semaines passées, je vous ai déjà parlé à deux ou trois reprises de l’utilisation de l’hydrogène comme solution palliative à notre addiction aux énergies carbonées. Je ne retire rien de ce que j’ai écrit alors, y compris les restrictions que j’ai pu avoir quant à la tendance au gigantisme de certains projets.

Mais avec la publication du programme de la Commission pour sauver la planète, il y a eu la publication de deux rapports, l’un d’un cabinet de consultants financés par l’industrie pétrolière, l’autre émanant d’un aboratoire de recherche pour le compte d’ONG et paradoxalement tous les deux m’aménent à la même conclusion et cela m’améne à préciser mon sentiment quant à cette mervielle gazeuse.

Mais commençons par ce qui apparaît être une bonne nouvelle ttps://www.energiesdelamer.eu/DNV va étudier le projet d’hydrogène vert de LHYFE et Centrale NANTES Cela confirme ce que j’avais déjà écrit. L’éolien en mer est en fait ce qu’on pourrait appeler un précurseur de l’hydrogène et le moyen le plus efficace de produire de l’hydrogène « vert ». La bonne nouvelle est qu’on est en train de passer de la théorie à la pratique ce qu’aucune étude n’a encore pu prendre en compte dans les projection pour l’avenir. La substitution de l’hydrogène aux hydrocarbures est incontestablement une bouffée d’oxygène pour la planète, ….si toutefois les choses devaient se passer de façon vertueuse.

Or c’est justement de développement vicieux dont nous parle les deux études dont j’annonçais la parution ci-dessus.

Afin de ne pas vous faire languir et sachant votre appétance à la fois pour les analyses scientifiques et pour la langue anglaise, je vous mets ici les liens vers ces deux études :
https:// rapport Hydrogen4EU charting pathways to enable net zero.pdf
https://www.fossilfreepolitics.org/news-resources/hijacking-recovery-hydrogen
Si toutefois, vous êtes, comme moi, relativement hermétique à la littérature scientifique et trop paresseux dans la moiteur de cet été pour lire en directe 30 à 40 pages d’Anglais technique, le plus simple est de se reporter à des articles rédigés par des personnes qui, elles, auront lu ces documents[du moins, je l’espère, sinon c’est à désespérer du métier de journaliste]

Commençons par le plus polémique https://reporterre.net/L’hydrogène, joker de l’industrie fossile pour toucher les subventions européennes Dommage que Reporterre se soit laissé aller à un titre aussi racoleur car la réalité est peut-être moins crapoteuse que de jouer aux gagne-petit en courant la subvention comme n’importe quel exploitant agricole céréalier, producteur de betteraves ou installateur de panneaux photovoltaïques sur toiture de résidence secondaire, mais elle n’en est pas moins terrible.

Si je suis bien le raisonnement du reporterre, les grands pétroliers seraient en train de jouer un jeu tordu en promouvant une énergie qui apparaît à 180° de leurs intérêts actuels, histoire de nous appâter, un peu comme un dealer qui irait donner ses pilules de mort à la sortie des écoles, histoire de rendre des gamins accros et une fois qu’il serait devenu évident que l’hydrogène EST LA solution, ajouter benoitement « mais cela ne sera possible qu’avec un petit coup de pouce du gaz naturel. » C’est en plus subtil la même stratégie que les nucléocrates qui ont presque réussi à convaincre les autorités françaises que pour décarboner l’économie française, on ne pouvait se passer de l’atome.

Si telle est la stratégie des pétroliers, j’avoue que leur hydrogène « bleu » me paraît bien plus « gris » que « vert ». L’hydrogène serait donc un ballon d’oxygène pour les pétroliers. Inconcevable, non ?

Et bien non justement, ce n’est pas inconcevable puisque c’est justement la thèse développée par l’étude de Hydrogen4EU pour le compte de Deloitte et un consortium de pétroliers https://www.euractiv.com/Europe could save €2 trillion by 2050 with low-carbon hydrogen, says report
Partant d’une demande présentée comme gigantesque, l’étude n’a pas besoin de beaucoup de développement pour démontrer que même si on multipliait par dix, voire par vingt les capacités actuelles de l’énergie verte, la demande ne pourrait être satisfaite sans recourir, un peu, à l’hydrogène « gris », carboné, et beaucoup, à l’hydrogène « bleu », décarboné a posteriori. Evidemment conclut hypocritement l’étude, on pourrait importer de l’hydrogène. En pleine crise d’autonomie, quelle horreu !

Mais pourquoi me direz-vous nous faudra-t-il tant d’hydrogène ? Pour deux raisons. La première a déjà été évoquée dans un de mes précédents billets, ce sont les besoins des industries qui jusqu’à présent vivaient sur l’énergie des hydrocarbures. La deuxième concerne le développement des transports et pas n’importe lesquels, les transports sur de grandes distances de charges lourdes, ce qui concerne principalement le fret routier longue distance, le transport maritime et le transport aérien. Donc, si nous avons besoin de tant d’hydrogène, c’est pour continuer à produire les mêmes produits que maintenant avec à peu près les mêmes processus de consommation-destruction, c’est continuer à faire venir du bout du monde des marchandises qu’on pourrait produire localement, c’est continuer à faire faire le tour de l’Europe à une tonne de tomates, de céréales, de viande bas de gamme et de divers aromates pour livrer dans mon asseitte des raviolis insipides.

Donc l’hydrogène serait un vrai ballon d’oxygène pour le transport aérien, le fret routier, le fret maritime, les multinationales de l’agro-alimentaire, etc… mais peu la planète puisque finalement rien n’aurait changé dans notre façon de dilapider les ressources naturelles qui ne sont ni des hydrocarbures, ni l’air que nous respirons.

Vous comprenez mieux maintenant pourquoi je parlais de développements vicieux : ils existent et ils sont déjà au cœur des stratégies de certaines entreprises et de certains gouvernements.

Par contre, l’hydrogène sera sans conteste une bonne affaire si son développement s’accompagne d’une remise à plat de nos modes de production et de consommation. Mais cela nous le savons déjà, l’avenir de notre planète n’est pas que dans l’innovation technologique, il est surtout dans l’innovation sociale. J’y reviendrai quand il sera temps de parler de sobriété.

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La fable express du dimanche n°19

Ceci est un peu une histoire de ma famille. En effet, ma mère avait pour nom de jeune fille Gouin. Son père était donc Gouin comme son grand’père et son arrière grand’père.

La tradition veut que dans la famille un de ces Gouin ait été cuisinier dans un grand restaurant au début du siècle passé. La tradition dit qu’il savait à peu près tout faire en cuisine, les viandes comme les poissons, les sauces naturellement et même des desserts succulents.

Mais il y avait quelque chose qu’il ne réussissait jamais, c’était son pain. Enfin quand je dis qu’il ne réussissait jamais, aujourd’hui sa piètre performance apparaîtrait normale. En effet, ses baguettes étaient croustillantes au sortir du four mais moins de trois heures après, elles étaient aussi sèches que le vent du Sud.

Tiens, à ce propos, j’ouvre une parenthèse : avez-vous remarqué que lorsqu’on parle de « baguette fraiche » quand elle est bien chaude. La langue française doit être incompréhensible aux étrangers.

Bon, je referme la parenthèse est je reviens à mon aïeul.

Ses baguettes étaient si mauvaises au bout de 3 heures que les mauvaise langues, qui ne manquent pas autour des fourneaux, disaient avec un fin sourire: « Le pain Gouin se mange chaud ! » …… sauf évidemment dans l’extrême Sud où il se congèle.

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Mieux vaut en rire -rubrique décidément inépuisable – n°234 Ne pas dire toute la vérité est-ce mentir ?

Le combat médiatique fait rage dans le monde de la production d’énergie et parfois la nature des débats dérape un peu.

Sur mon site nucléophile préféré [rires], j’ai lu cette opinion https://lenergeek.com/l’éolien en mer français est-il vraiment moins cher que le nucléaire ? (tribune)
Premier élément de la discussion : l’éolien en mer est financé par nos impôts : C’est exact mais les derniers appels d’offre montrent que les prix proposés se rapprochent des prix de marché et que comme dans d’autres pays d’Europe, les prochains marchés se feront sans subvention. Dans le même temps l’Etat investit près de 1 milliards d’Euro pour racheter à AREVA et la Caisse des Dépôts et Consignations un peu plus de 15% du capital d’Orano afin de permettre à la première citée de faire face à ses engagements [ses pénalités] dans le chantier EPR en Finlande, très en retard.
Deuxième élément de la discussion : la durée de vie des fermes éoliennes en mer n’est que 25 ans. C’est exact mais il faut noter que les nouvelles installations sont en train d’être certifiées par une agence internationale justifiant de la recyclabilité de l’intégralité des éléments. Dans le même temps, en comparant avec la durée de vie des centrales nucléaires, il ne faut pas oublier que, faisant peu de cas des alertes émises, l’autorité régulatrice a autorisé une exploitation au-delà des délais normaux moyennant des « petits » travaux de remise à niveau. Cette durée de vie ne comprend pas non plus les délais de construction de ces nouvelles centrales EPR [rires et quolibets dans la foule]. Elle ne comprend non plus les délais de déconstruction. Or je vous ai déjà parlé de la centrale de Brennilis, arrêtée en 1987 et toujours pas démantelée. On parle maintenant d’un chantier jusqu’en 2040 https://www.letelegramme.fr/Le démantèlement de la centrale de Brennilis toujours plus cher Evidemment, dans son argumentation , l’auteur de l’article oublie aussi les surcoûts qui vont avec ses délais à rallonge.

Il oublie aussi que, EPR ou non, l’industrie nucléaire est devenu une activité mure et que ses principaux gains de productivité globale sont derrière elle. Dans le même temps l’énergie éolienne voit l’avenir en rose https://www.meretmarine.com/Le coût de l’éolien flottant va baisser de 70 % d’ici 2050, prédit le DNV GL Après tout ce n’est que la continuité de la tendance constatée ces dernières années https://www.energiesdelamer.eu/IRENA : en dix ans, le coût de l’électricité a baissé de 48% pour l’éolien offshore

S’il n’y avait pas derrière ces lignes de gros enjeux économiques et environnementaux, une prise de position aussi caricaturale pourrait faire sourire. Je pourrais même ajouter que s’il avait la fibre réellement écologique ET sociale, il aurait dû prendre argument de ce qui se passe actuellement en Baie de Saint-Brieuc pour dire que ,non maitrisées, ces installations en mer peuvent produire des atteintes graves à l’environnement marins.

Tiens pour achever de vous faire sourire, je vous rajoute la présentation de l’auteur de l’article d’Energek telle qu’ele figure sur le site

RÉDIGÉ PAR : LIONEL TACCOEN. Lionel Taccoen a été représentant d’EDF auprès des Institutions Européennes de 1987 à 2000. Président des Groupes de Travail d’Eurelectric (Association des compagnies d’électricité européennes) « Marché Intérieur de l’électricité » et « Relations Internationales » de 1989 à 2000. Président élu du Comité consultatif de l’énergie auprès de la Commission européenne (1998-2001). Professeur des Universités associé de 1998 à 2004. Fondateur de la Lettre « Géopolitique de l’Electricité ».

Cela pourrait être un beau profil de lobbyiste !

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Les chemins de la transition passent aussi par la forêt

Dans le premier épisode de ce mini-feuilleton de l’été , deux personnages, un philosophe et un économiste, définissaient les 5 voies qu’il convenait de prendre pour assurer une évolution aussi harmonieuse que possible vers un monde qui n’aurait plus peur de la catastrophe écologique annoncée.
1 – Vers une réconciliation avec la nature
2 – Vers une civilisation techno-responsable
3 – Vers une culture de l’optimum
4 – Vers un nouveau consensus démocratique
5 – Vers une liberté positive

C’est un passage obligé pour toutes les entreprises qui ne savent pas quoi faire pour reverdir leur image ou qui, ne voulant rien changer à leurs pratiques ont trouvé ce moyen bien commode de communiquer positivement quand même : PLANTER un arbre.

C’est vrai que dieu sait si on nous a rebattu les oreilles avec ces arbres qui « captent » le carbone et restituent de l’oxygène, comme si ce mécanisme vieux comme la photosynthèse venait seulement de livrer ses secrets.

Du coup, on nous a vanté les mérites des grandes forêts équatoriales, en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie. Certes on savait la forêt équatoriale africaine en mauvais état du fait de l’exploitation massive de l’industrie du bois. On savait aussi qu’en Indonésie la forêt n’allait guère mieux du fait des défrichements massifs pour les besoins des plantations à usages industriels (palmiers à huile, etc…). Mais du moins, restait l’Amazonie que son seul gigantisme aurait dû protéger de tels avatars. Hélas, il nous faut déchanter https://www.huffingtonpost.fr/L’Amazonie commence à émettre du CO2 au lieu d’en absorber

Avec de telles catastrophes, il faudrait un miracle ou de titanesques efforts du reste du monde pour rétablir l’équilibre et faire en sorte que la planète trouve des poumons de secours.

A cet égard, l’annonce faite par l’Union Européenne aurait de quoi réjouir https://www.ouest-france.fr/L’Union européenne va planter 3 milliards d’arbres pour absorber ses émissions de carbone s’il n’y avait derrière quelques arrières-pensées mercantiles de certains pays, dont la France, pour lesquels la forêt doit rester avant tout la base d’une industrie prospère. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, s’ils ont le même état d’esprit que leurs collègues brésiliens, gabonais ou indonésiens, il est inéluctable que cet effort de reboisement ne produira pas tous les effets escomptés…si tant est que 3 milliards d’arbres soit la bonne solution.

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Les chemins de la transition vus de la planète « Finance »

Dans le premier épisode de ce mini-feuilleton de l’été , deux personnages, un philosophe et un économiste, définissaient les 5 voies qu’il convenait de prendre pour assurer une évolution aussi harmonieuse que possible vers un monde qui n’aurait plus peur de la catastrophe écologique annoncée.
1 – Vers une réconciliation avec la nature
2 – Vers une civilisation techno-responsable
3 – Vers une culture de l’optimum
4 – Vers un nouveau consensus démocratique
5 – Vers une liberté positive

Voici comment tracent ces chemins de la transition écologique ceux qui vivent de spéculations sans fondement avec la vie réelle et qui jouent avec de l’argent qui ne leur appartient pas pour amasser encore plus d’argent pour pouvoir jouer encore plus.

Les trois exemples que je vais citer résume à peu près ce que, au-delà des grandes déclarations sur les investissements décarbonés et les ESG (voir pour cela le billet Investissements responsables : après les pionniers, les carnassiers), les gens de finances ont retenu des alertes répétées concernant la détérioration de nos systèmes climatiques.

Money MUST make money

Dans ce monde un peu secret, très discret et finalement très très opaque, les fonds souverains, c’est à dire les bas de laine des Etats, jouent un rôle prépondérant du fait de leur poids. C’est pourquoi ceux que ces jeux d’argent passionnent scrutent leurs faits et gestes avec intérêt (si je puis dire). Voici donc les dernières nouvelles du front https://www.lesechos.fr/Après la crise, les fonds souverains se tournent plus vers la Chine et les Etats-Unis que vers l’Europe
Pour tout vous dire, peu me chaut de savoir que le capitalisme communiste d’Etat attire plus que le capitalisme libéral occidental. Ce qui me choque là-dedans, c’est que contre vents et marées, malgré les alertes sur la trop grande gourmandise des investisseurs, c’est encore la maximisation du revenu qui est privilégié sur tout autre critère et à un niveau que ni vous, ni moi ne pouvons imaginer, plus de 7,5% par an [ce qui assure un doublement de l’investissement en un peu plus de 8 ans]. Le but des Etats devrait être de préserver leurs réserves et non de piller les économies mondiales. Je suis naïf.

Laisser faire, laisser passer

Tiens ! Justement à propos des Etats, en voilà qui ont décidé de ruer dans les brancards en imposant aux grands groupes financiers plus de transparence dans leur mouvements de fonds entre Etats. C’est bien la moindre des choses puisque c’est par ces mécanismes que lesdits groupes échappent à l’impôt. Et voici comment cette initiative a été salué par une des nombreuses publications qui ne vivent que d’informations financières https://www.optionfinance.fr/La mauvaise idée de l’Europe
Mauvaise idée pour qui ? La menace de se détourner des marchés européens peut paraître risible, mais manifestement, eux ne rigolent pas !

Dans ces monnaies tout n’est pas virtuel !

Je n’ai jamais eu confiance dans le bitcoin, ni dans aucune autre de ces monnaies qu’on qualifie de virtuelle. Peut-être est-ce parce que justement elles sont virtuelles, peut-être aussi parce qu’elle sont le jeu de spéculation sans aucun lien avec la réalité économique qu’elles sont censées représentées. Par contre, ce qui n’est pas virtuel, c’est les conséquences écologiques de cette frénésie sur le web https://www.ouest-france.frComment des ordinateurs servant au bitcoin surchauffent l’eau d’un lac aux États-Unis

Comme vous le voyez, ces trois exemples ne cochent aucune des cases de nos chemins vers la transition. Manifestement, il ne faudra pas compter sur la planète « finances » pour venir au secours de la planète tout court, n’en déplaise à certaines de mes connaissances qui croit dur comme fer que la finance peut être responsable. Pour cela, il faudrait alors changer les financiers. Autant demander à un loup de se changer en agneau !

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Les chemins de la transition passent aussi par la campagne.

Dans le premier épisode de ce mini-feuilleton de l’été , deux personnages, un philosophe et un économiste, définissaient les 5 voies qu’il convenait de prendre pour assurer une évolution aussi harmonieuse que possible vers un monde qui n’aurait plus peur de la catastrophe écologique annoncée.
1 – Vers une réconciliation avec la nature
2 – Vers une civilisation techno-responsable
3 – Vers une culture de l’optimum
4 – Vers un nouveau consensus démocratique
5 – Vers une liberté positive
Dans les campagnes le débat fait rage entre d’une part les partisans d’une agriculture productiviste qui croit dur comme fer qu’elle a vocation à « nourrir le monde » et d’autre part, ceux qui prône une agriculture qui se souviendrait qu’elle vit de la nature, avec la nature et au milieu de la nature. Pour l’instant, un des archétype du premier modèle est l’agriculture bretonne. Il est tellement prégnant encore dans ces campagnes que le ministre de l’agriculture, qui manifestement ne [re]connaît pas l’autre modèle, se croit obligé de lui apporter la caution gouvernementale https://www.ouest-france.fr/Bretagne. À Carhaix, le ministre de l’Agriculture a défendu le « modèle » breton

Mais quel est-il ce modèle ? L’article le décrit très sommairement, mais je préfère ne retenir que cette ultime déclaration dudit ministre « opposer agriculture et environnement, c’est un non-sens. » En effet, si on se fonde sur le deuxième modèle que j’ai présenté en quelques mots ci-dessus, cela devrait être un non sens .

SAUF QUE

la réalité est un peu différente si j’en crois cet article https://splann.org/ La Bretagne, première région émetrice d’ammoniac en France

Ah zut ! Quand on connaît les méfaits de ce gaz dans l’air que nous respirons, dans l’eau que nous buvons sous forme d’azote, on ne peut pas ne pas opposer environnement et agriculture, enfin une certaine forme d’agriculture.

Tiens à propos de ce média, Splann !, qui a publié cette enquête, son histoire mérite d’être contée. Reportons-nous à son acte de naissance https://www.franceinter.fr/Avec « Splann ! », des journalistes bretons unissent leurs forces dans un contexte local tendu

Bizarre, bizarre, ces journalistes sans patron qui acceptent vraisemblablement des piges de misère pour pouvoir écrire librement sur des sujets dont les médias ayant pignon sur rue osent à peine parler.

Il faut dire que le passé, et le passif est lourd entre les journalistes et certains exploiteurs agricoles. Il n’est pas surprenant de retrouver dans le collectif à l’origine de Splann ! Une journaliste qui a eu maille à partir et même plus avec eux https://www.europe1.fr/Morgan Large, journaliste d’investigation : « J’ai peur qu’on mette le feu à ma maison »

Cela donne un relief particulier à cette déclaration de la présidente des agriculteurs de Bretagne : «  Assumer, produire, dialoguer, ce sont les mots que nous cultivons ici ». Manifestement, en matière de dialogue, ce n’est pas de la culture intensive.

Il faut dire que depuis les années 60, les dirigeants agricoles ont fait rentrer dans le crâne de deux générations d’agriculteurs, qu’ils n’étaient plus des paysans mais des exploitants agricoles. Il est difficile dès lors de changer d’habitude. Et pourtant, la situation financière de la plupart d’entre eux est tellement peu reluisante que leur descendance directe ne veut plus faire partie de ces exploités agricoles que leurs parents sont devenus.

Et de nouvelles populations viennent s’installer à la campagne avec des schémas de production un peu différents https://www.ouest-france.fr/Bretagne. L’agriculture bio se développe à grande vitesse Il s’agit parfois de fils d’expoitants agricoles en rupture avec le modèle de papa mais aussi souvent de personnes jusue là étrangères au monde agricole et qui s’implantent avec autant de bonnes idées que d’inexpérience.

C’est pour eux par exemple que se mettent en place des actions d’acompagnement comme celles-ci https://www.lemonde.fr/Des futurs agriculteurs en « couveuse » pour valider leur projet d’installation qui font la part aussi belle aux projets novateurs qu’à des approches plus courantes des pratiques agricoles. Il est intéressant de noter que ces formations-actions sont portées tout autant par les pouvoirs publics que par des initiatives privées

Par contre, tel n’est pas le cas de celle-ci, https://www.lemonde.fr/Dans les Yvelines, une nouvelle école d’agriculture version « start-up nation » soutenue à bout de bras par un des acteurs les plus actifs de l’économie du Net et grand financeur par ailleurs de ce qu’on appelle des start-up. L’utilisation à outrance des technologies liées à la manipulation d’informations en dit long sur le rapport aux rythmes naturels qu’entend promouvoir cet institut.

Manifestement, dans l’agriculture aussi, il existe des choix diamétralement opposés d’évolution qui sont autant d’options différentes pour réussir ou non la transition écologique.

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Les chemins de la transition : ce n’est pas pour eux !

Certains s’esbaudissent de voir un milliardaire, ex-vendeur de disques sulfureux (punk par exemple), aller flirter avec la stratosphère afin de faire la promotion commerciale de ce genre de sauts de puces galactiques à 200.000 dollars. Nul dout que les mêmes vont s’extasier en apprenant qu’un autre milliardaire, ex-vendeur de livres par correspondance, plus riche encore que le précédent, sera allé faire plusieurs fois le tour de la Terre juste pour le plaisir de dire que non seulement il est l’homme le plus riche du monde mais aussi le plus haut.

Mais les gazettes qui vont relater ces « exploits » resteront muettes sur ce que chacune de ces escapades auront coûté en carburant brulé inutilement. Et surtout, n’allez pas croire que le CO² ainsi rejeté ira se perdre dans l’espace intergalactique. Non, il reste bien enfermé dans la chape qui entoure notre planète.

Et pourtant ces mêmes gazettes se sont faites très alarmistes pour relayer il y a deux ou trois ans le mouvement de boycott des vols aériens lancé depuis les pays scandinaves, au point de nous culpabiliser de vouloir prendre l’avion pour aller passer quelques jours aux Baléares (faire autrement prend pourtant plus de quelques jours).

Manifestement les oukases qu’on attribue un peu vite à des « despotes verts » ne concernent pas tout le monde puisque cela ne fait sourciller personne que déjà près de mille personnes soient prêtes à se délester de ce qui représente 15 ans du revenu moyen d’un Français quand même. Et parmi celles-ci, je ne mettrai pas ma main au feu qu’il n’y a pas au moins deux ou trois stars de cinéma, promptes par ailleurs à signer moult manifestes pour sauver la planète.

La transition écologique[voir les 5 critères que je fais mien dans le billet de vendredi dernier], ce n’est pas pour eux !

Mais ils ne sont pas les seuls puisque d’autres se moquent comme d’une gigne de « la honte du vol aérien » et même de la (pourtant timide) loi Climat et Résilience et organisant leurs déplacements aériens à travers la France sans tenir compte de l’interdiction désormais des vols de moins d’une heure https://www.optionfinance.fr/Luxaviation observe un boom des vols d’affaires en France

C’est à croire que LEUR TEMPS est plus précieux que NOTRE CLIMAT.

Mais cela, ils le peuvent, parce que leurs moyens financiers leur permettent d’affronter sans broncher cette dépense qu’un être normal trouverait exorbitante. C’est d’ailleurs ce qui caractérise leur mode de fonctionnement, ce qu’on appelera pour faire image, le luxe. Ce n’est rien d’autre que la capacité de pouvoir gaspiller car « tel est leur bon vouloir » et que « je peux me le permettre ».

Voilà une raison de plus de vouloir que se réduisent les inégalités trop flagrantes. Plus les riches sont riches, plus leur contribution aux dégâts sur la planète croît de façon exponentielle. Quand justice sociale et sécurité environnementale se rejoignent, ma foi, il n’y a plus à tergiverser.

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Vers un juste retour des choses

Quand un Président dit : « quoi qu’il en coûte ! » tout le monde comprend que ça va être du sérieux et que pour une fois l’Etat ne va pas tergiverser et ne pas mégoter [pardon madame Pompili]. Cela dit, il aurait aussi bien pu dire « Quoiqu’il m’en coûte ! » car l’effort a été fait bien que cela aille totalement à l’encontre de la doxa libérale concernant l’équilibre budgétaire.

Pour l’instant, encore sous l’effet euphorisant de ce dopage, l’économie française ne ressent pas encore l’angoisse des remboursements qu’il va falloir faire.

Certains «économistes optimistes ont beau dire que la dette publique est même un bien pour l’économie, je reste sceptique sur la perénnité de leurs schémas.

Il va donc falloir de l’argent, beaucoup d’argent même pour boucher le trou. Une des solutions envisageables est de réduire la valeur de la monnaie donc de laisser courir un peu l’inflation mais cela a ses limites car en général, l’augmentation continue des prix est un impôt invisible prélevé sur les plus humbles et pas sûr que cela se fasse sans vague cette fois-ci.

Une autre solution est d’aller chercher l’argent là où il est, c’est à dire dans les réserves des Français notamment ceux dont le patrimoine a le plus profité de cette crise dont on espère qu’elle va bientôt toucher à sa fin.

Cela tombe bien car l’assiette de cet impôt sur les riches n’arrete pas de grandir et cela devrait donc rendre la récolte plus abondante https://www.ouest-france.fr/La France compte désormais 109 milliardaires, contre 95 l’an dernier

En effet, non seulement, ils sont plus nombreux mais en plus chacun s’est fortement enrichi en moins de deux ans, les plus riches ayant encore mieux profiter que les autres.

Les Français en sont d’accord qui à 66% se déclarent favorables à une imposition (provisoire?) des plus riches.

Il y aura donc un débat sur qui sont ces plus riches. A partir de quel niveau de patrimoine peut-on considérer qu’on est devenu un contributeur nécessaire au redressement de nos finances publiques.

D’ailleurs ce taux de 66% de gens favorables à un impôt sur les grandes fortunes m’interroge. Pourquoi existe-t-il quand même 1/3 des Français interrogés pour penser qu’il NE FAUT PAS aller chercher l’argent là où il se trouve ? Sont-ils fatalistes et considérent-ils que de toute façon, « ces gens-là » trouveront toutes les combines pour contourner l’obstacle ? Sont-ils dogmatiques et pensent-ils que la richesse génére de la richesse et que l’effet de ruissellement les rendra heureux aussi par contrecoup ? Mais aussi pensent-ils peut-être qu’ils pourraient être concernés car leur bas de laine a un peu gonflé ? Vaniteux, va ! Mais cela me renverrait alors à la question précédente : qui est riches ?

Pour éviter d’avoir à trancher, ne taxons que les plus riches, c’est plus vite rentable, c’est socialement plus acceptable et cela rétablirait un peu d’équilibre dans la société, car n’oublions pas que la plupart des périodes de grands bouleversements ont été précédés d’une période plus ou moins longue où progressivement, les richesses d’une société se sont concentrées dans un nombre de mains de plus en plus réduit. Du coup, même les plus riches ont à y gagner, de peur d’avoir en tout perdre.

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