se désintoxiquer des réseaux « sociaux

Progressivement, j’entends ne plus utiliser les réseaux sociaux pour diffuser ma petite prose . Donc la meilleure façon pour vous, si vous aimez ce que j’écris et que vous voulez continuer, sans effort particulier, à suivre mes petites productions, serait de vous abonnez en cliquant sur le petit bouton en das à droite et fort justement appelé « suivre dominiqueguizien’sblog ». Je vous y espère nombreux et plus vous serez, plus rapidement je me désintoxiquereai des réseaux sociaux

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Impossible n’est pas Anglais

Récemment la chaîne d’information en ligne FranceInfo avait publié un petit quizz sur l’actualité du Brexit. Quizz facile puisque toutes les affirmations étaient vraies même les plus saugrenues. https://www.francetvinfo.fr/ QUIZ. Brexit : ces moments complètement fous se sont-ils vraiment produits pendant les trois ans de négociations ?20190411-

Petits retours et commentaires sur certaines de ces affirmations

1.« Depuis un an et demi, un homme hurle « Stop Brexit » presque tous les jours devant le Parlement britannique. »
Certes, ce n’est pas nouveau puisque la tradition des harangueurs de Hyde Park est une des plus belles traditions démocratiques que le Royaume-Uni aura légué au monde. Mais ce qui est nouveau, c’est qu’ils sont maintenant 6 millions à avoir crié, via une pétition, « STOP BREXIT » et rien ne se passe. On pourrait croire qu’un tel déni de démocratie est impossible au Royaume-Uni. Mais   « IMPOSSIBLE N’EST PAS ANGLAIS. »

2.« Lâchée par le Parlement, Theresa May a promis de démissionner si son accord était adopté. Mais cela n’a pas suffi à convaincre les députés. »
Voilà bien encore une manifestation de cet humour britannique qui adore manipuler le paradoxe : une Prière Ministre qui annonce démissionner si elle a une majorité POUR elle. En général, c’est plutôt l’inverse. Et second paradoxe, voilà une majorité de députés qui NE VEULENT PAS de ses solutions et qui ratent l’occasion de s’en débarrasser. Et la voilà donc condamnée à poursuivre son chemin de croix. Alors, « humour anglais » ou « supplice chinois » ? Partout ailleurs un tel désaveu surtout s’il se reproduit serait impossible mais. « IMPOSSIBLE N’EST PAS ANGLAIS. »

3.« Un journaliste spécialiste du Brexit a admis en direct qu’il n’y comprenait plus rien. »
Ça par contre, c’est parfaitement possible et pas qu’en Grande-Bretagne. Mais ce qui est incroyable, c’est qu’on continue à écouter ces « experts ».

4.« Theresa May a dû défendre son accord sur le Brexit avec une extinction de voix. »
Bon, ça arrive mais je ne suis pas sûr que le journaliste qui a conçu ce quizz se soit rendu compte du quiproquo que pouvait générer cette expression « extinction de voix ».  British understatement !

5.« Plus de 20 membres du gouvernement britannique ont démissionné en moins d’un an à cause des négociations sur le Brexit. »
Dans n’importe quelle démocratie parlementaire, une telle hémorragie aurait dû au moins provoquer un changement de Premier Ministre mais pas ici car « IMPOSSIBLE N’EST ANGLAIS. » Au fait combien de ministres et secrétaires d’Etat ont-ils démissionné du gouvernement d’Edouard Philippe depuis un an ou de l’administration Trump depuis son élection ? « IMPOSSIBLE N’EST PAS……. »(complétez selon vos opinions politiques)

6.« Les députés britanniques ont proposé huit alternatives à l’accord sur le Brexit… Puis les ont toutes rejetées. »
Ben, ça c’est possible et même ça arrive souvent de voter contre ce qu’on a proposé et pas qu’en Grande-Bretagne. Rappelez-vous l’écotaxe votée par TOUTE l’Assemblée Nationale sous Sarkozy et abandonnée à grand frais sous Ségolène Royal face à l’opposition résolue d’une partie de l’opposition, ci-devant majorité !

7.« Une économiste s’est déshabillée en direct pour dénoncer « le Brexit qui va laisser le Royaume-Uni à poil ». »
No comment ! de très mauvais goût mais digne de la page 4 du SUN. Tiens voilà encore une chose dont on peut dire que décidément « IMPOSSIBLE N’EST PAS ANGLAIS ! » : les jeunes adolescents boutonneux peuvent depuis deux générations découvrir les secrets de l’anatomie féminine dans le journal quotidien de papa-maman.

8. « Le partisan du « Leave » Boris Johnson a voté pour l’accord sur le Brexit, cinq jours après l’avoir qualifié de « désastre ». » Voir point 6

9. « Pour protester contre le report du vote sur l’accord sur le Brexit, un député a provoqué un scandale en s’emparant du sceptre royal. »
« IMPOSSIBLE N’EST PAS ANGLAIS ! » sauf quand il s’agit de la « Royal family » car alors tout est possible même le pire.

10. « Downing Street a réfléchi à un plan pour évacuer la reine Elizabeth II en cas d’émeutes post-Brexit. » Voir point 9

11. « Pour se préparer au « no deal », le gouvernement britannique a passé un contrat avec une compagnie de ferries… qui n’avait aucun bateau. »
12. « Les douanes britanniques ont estimé que le transport de marchandises à travers la Manche pourrait chuter de 87% en cas de « no deal ». »

Les Anglais sont des gens logiques. A partir du moment où une compagnie sans bateau est chargée de faire le transport transmanche, il est inéluctable que le trafic chute d’au moins 87%

13. « Redoutant des pénuries de nourriture en cas de « no deal », des Britanniques ont fait des réserves de papier toilette et de croquettes pour chat. »
La passion des Anglais pour leurs animaux est presque aussi forte que celle qu’ils portent à la famille royale, c’est pourquoi je vous renvoie au point 9 et 10. Pour le papier toilette, je n’ai aucune explication

Comme vous pouvez le constater, les Anglais font preuve d’une grande inventivité dans le nonsense et font ainsi reculer les limites du possible.

Non décidément « IMPOSSIBLE N’EST PAS ANGLAIS ! »

 Et  leur plus belle victoire ici est d’avoir réussi à chiper à leur meilleur ennemi, Napoléon, une de ses plus fameuses citations : « Impossible n’est pas Français ! »

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Mieux vaut en rire-rubrique décidément inépuisable- n° 169 : une nouvelle victime des changements climatiques, les clichés

«Dépêchons-nous d’en rire aujourd’hui, de peur d’avoir à en pleurer demain. »Beaumarchais
« L ‘humour est la politesse du désespoir. » Oscar Wilde
« On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. »PierreDesproges
« parce que le rire est le propre de l’homme. » Rabelais

Il y a des choses bien établies dans les médias de façon générale, dont l’usage des clichés qui permettent rapidement de situer un contexte sans forcément être obligé de faire de longs développements. Mais voilà, Dame Nature a décidé de se venger des avanies que nous lui avons fait subir ces dernières décennies et de brouiller tous nos repères.

« Avec un ciel si bas qu’un canal s’est perdu
Avec un ciel si bas qu’il fait l’humilité »

Chantait le Grand, l’Immense Jacques Brel pour vanter (venter ?) les charmes discrets des plaines du Nord.
Peine perdue, puisque depuis quelques jours voici ce qu’a décidé le préfet du Nord, département limitrophe de cette belle Belgique https://www.actu-environnement.com/ La majorité du département du Nord en alerte sécheressephp4#xtor=ES-6
Encore un petit effort et la Côte d’Opale aura remplacé la Côte d’Azur. Déjà que depuis deux ans, Le Touquet se prend pour Saint-Tropez avec ses stars politiques se promenant « incognito » en vélo dans les rues.

« Au moins, on aura pris un bon bol d’air ! »
Se console ce brave couple qui ramène sa marmaille, transie et trempée, d’une escapade estivale entre Côte de Granit Rose et Côte des Légendes. Encore un cliché qui tombe, non pas que la pluie ait cessé mais les vents ont tourné et maintenant, au lieu de l’iode maritime, on reçoit l’air parisien https://www.letelegramme.fr/bretagne/ Pollution. Particules fines : nouvelle alerte mercredi en Bretagne-27-02-2019-12218632.php
C’était bien la peine de faire 400 kilomètres en TGV (Train à Garantie Variable, tellement il y a d’imprévus sur les lignes de l’Ouest) Il suffisait de prendre le RER, direction la proche banlieue Ouest.

Et dire que j’écris tout ça le 12 avril 2019 depuis Antibes-Juan-les-Pins alors que dehors il fait frisquet et que la pluie menace. Encore un cliché qui tombe sur la douceur du printemps sur la « French Riviera ».

Mais heureusement que certaines valeurs sures demeurent.

« Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver »
Chantait le Grand, l’Immense Gilles Vignault pour vanter le charme profond des plaines du Grand Nord Et de fait que pouvait-on lire le 8 avril 2019 ? Ceci https://www.tvanouvelles.ca/ Encore une autre tempête dans la région de Québec2019/04/08/
Une tempête de neige à Québec, quoi de plus normal, non ? Sauf que début avril, ce n’est quand même pas si courant que ça. Mais le cliché a la vie dure et ça dure depuis longtemps, depuis Voltaire même et ces « quelques arpents de neige. »

Cela dit, imaginez que là aussi le cliché vole en éclat et que demain, à Quebec, il fasse aussi sec que dans le Nord-Pas-de-Calais et que les vents marins apportent sur le Saint-Laurent les miasmes venus de la lointaine Bretagne.

Bon je préfère arrêter là avant de manipuler de nouveaux clichés.

Et si vous trouvez que les dérèglements climatiques sont un sujet trop sérieux pour qu’on en rie , je vous renvoie à ce que j’écrivais il y a quatre ans afin que vous puissiez bien vous convaincre et surtout convaincre vos proches de la situation dramatique où nous nous trouvons COP 21/ Si après cela, ils ne comprennent pas que le climat se dérègle !

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Ethique et TIC

Il n’y a pas de mois sans que plusieurs des grands opérateurs sur Internet ne se signalent par des pratiques que la morale d’avant le numérique réprouve. Cela ne veut pas dire que les médias d’avant le numérique aient été totalement exempts de toute tare. Mais justement parce qu’ils connaissaient les défauts de certains d’entre eux, ils ont mis en place collectivement un corpus de règles de savoir-être qui peuvent être considéré comme un code d’éthique.

Rien de tel encore sur Internet et c’est donc souvent l’opinion publique qui force la main à certains d’entre eux et les oblige à modifier leurs pratiques. Parfois, ce sont les Etats qui s’en mêlent quand leurs intérêts vitaux (les impôts non perçus) sont en cause ou lorsque les intérêts de leurs ressortissants sont gravement lésés. C’est ainsi qu’après de longues négociations, une directive sur les droits d’auteur et les droits voisins a été adoptée au niveau communautaire afin d’éviter le pillage sans vergogne par certains médias des fruits de la création intellectuelle. C’est ainsi que, exaspéré par la frilosité des institutions européennes, le ministre français de l’économie vient de déposer sur le bureau de l’Assemblée Nationale, un projet de loi visant à mieux taxer l’activité de ces entreprises sur le territoire national.

Mais plus fondamentalement, commence à se dessiner un nouvel axe de développement du numérique, l’intelligence artificielle, dont je vous ai déjà brièvement entretenu. Nul ne sait ce qui en sortira et comme pour toutes ces innovations de rupture,  génie génétique, nanotechnologie dont on mesure mal les développements possibles, il devient urgent de mettre en place des outils de contrôle afin d’éviter que cela ne se transforme en cauchemar, façon Frankenstein ou Dr Folamour. Des comités d’éthique sont là aussi indispensables.

Mais au-delà des grandes déclarations, la crédibilité de ces grandes organisations se mesure à la façon dont concrètement, elles les mettent en œuvre.

Voici deux exemples pour illustrer deux démarches diamétralement opposées.

Le meilleur moyen de défendre la propriété intellectuelle des journalistes, des photographes ou des vidéastes qui fournissent une grande partie du contenu véhiculé par Internet est sûrement de mettre en place un moyen simple pour identifier rapidement l’auteur et donc lui ouvrir un compte alimenté dès que l’œuvre est utilisée (une forme de SACEM automatique en quelque sort). Le corollaire est évidemment de payer les supports qui les véhiculent. C’est pourquoi la démarche du moteur de ce moteur de recherche est intéressante https://www.euractiv.fr/«Droits voisins» : le moteur de recherche Qwant propose de rémunérer la presse française_c59e2fd7a9-9a8aa4641a-114988483Qwant s’est créé sur le postulat qu’on pouvait faire accéder un maximum de personnes à un maximum de contenu sans systématiquement les espionner. Cette démarche est donc dans la logique des choses.

De l’autre côté, Le principal moteur de recherche, dont les méthodes inquisitrices sont de plus en plus sur la sellette, sent qu’il doit diversifier son activité et l’un de ces axes de redéployement est d’utiliser ses savoir-faire dans la manipulation des algorithmes pour  contribuer à des programmes d’Intelligence artificielle. Avoir choisi le domaine militaire n’est pas du point de vue financier, un mauvais choix puisque depuis maintenant plus de 75 ans, le complexe militaro-industriel est certainement le plus puissant moteur de l’économie américaine. Par contre du point de vue moral, ça a un peu rué dans les brancards dans ses équipes de développeurs dont la philosophie, très californienne, ne considère pas la production d’armes comme une activité honnête.
Pour parer au plus pressé, dans ces cas-là, que fait-on ? On et en place un comité d’éthique. Mais on ne se refait pas et si votre morale est, disons « malléables », la composition de ce comité d’éthique le sera aussi. Hélas, ça se voit dans un monde où rien ne reste longtemps caché . Et voilà comment ça se termine : https://www.novethic.fr/ INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : UNE SEMAINE APRÈS AVOIR ÉTÉ CRÉÉ, LE COMITÉ ÉTHIQUE DE GOOGLE EST DÉJÀ HORS COURSE-147101.html

L’éthique dans les TIC, c’est une exigence, ce n’est pas du Toc.

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L’Europe dans le monde : Perdre sa naïveté !

Dans un précédent article Messieurs Salvini, Di Maio et consorts, n’est pas Marco Polo qui veut!, je commentais la décision des dirigeants italiens d’ouvrir en grand leurs infrastructures portuaires au projet chinois de « route de la soie », considérant que cette décision, loin de renforcer la souveraineté de l’Italie, à la défense de laquelle les deux principaux leaders italiens se disent viscéralement attachés, risquait dans un avenir proche renforcer la dépendance de l’économie italienne au commerce unilatéral avec la Chine.

Quelques jours plus tard, l’annonce du rachat de deux entreprises françaises du numérique par des fonds d’investissement anglo-saxons m’avait encore fait réagir La licorne est un mythe français considérant que l’essentiel, dans une économie globalisée, n’est pas tant d’innover que d’avoir la capacité de conserver les centres de décision liés aux conséquences économiques de ces innovations

 Aujourd’hui 4 avril, c’est l’organisme public Business France qui se félicite de l’importance des investissements étrangers en France, y voyant là un signe de l’attractivité retrouvée de la France : https://www.latribune.fr/ Investissements étrangers : l’attractivité de la France se confirme
Du point de vue de la création de richesses et par conséquent d’emplois, c’est sûrement une bonne nouvelle, mais des évènements récents, concernant des investissements de groupes étrangers en France, récents ou de longue date, ont montré que souvent, cela se traduisait par une perte d’autonomie de l’économie locale, les centres de décision stratégiques se situant ailleurs dans le monde avec des préoccupations et des centres d’intérêt qui font fi de la situation économique et sociale que leurs décisions pourraient engendrer ici. Or, la souveraineté d’un Etat, quelle que soit sa taille réside également, si ce n’est principalement sur sa capacité à maîtriser les différents paramètres qui contribuent au bien-être de ses ressortissants. La prospérité de ceux-ci en fait partie même si ce n’est qu’une condition nécessaire mais pas suffisante du bonheur.

Nous voilà donc avec trois exemples qui vont dans le même sens et qui tendent à démontrer que les axiomes principaux qui sont la base de la mondialisation libérale, ne sont plus vérifiés.

A cet égard, je vous invite à lire la note que l’économiste social-libéral Jean Pisani-Ferry vient de publier sous l’égide du Think tank Terra Nova : http://tnova.fr/notes/ l’Europe face aux nouveaux impérialismes l-europe-face-aux-nouveaux-imperialismes-l-analyse-de-jean-pisani-ferry

Il s’agit là d’un formidable aveu[1]. Seule l’Europe croirait encore aux bienfaits de la libre circulation des marchandises et des capitaux à travers le monde et à la vertu du respect des règles édictées par les accords multilatéraux sur le commerce international. Comme il le dit lui-même, nous sommes maintenant « dans un nouveau paysage dans lequel la puissance compte davantage que les règles et le bien-être du consommateur »

L’économie n’est pas un cercle autonome mais une arme au service de la puissance et l’exemple qu’il prend concernant l’utilisation à des fins diplomatiques, par l’administration américaine, des règles économiques que les Etats-Unis édictent est suffisamment parlant pour que j’ai nul besoin de rajouter un commentaire à ce commentaire.

Il est donc grand temps que l’Union Européenne prenne conscience qu’à force de vouloir respecter des règles édictées par d’autres (les Etats-Unis) à une autre époque (l’après-guerre) , elle risque fort de perdre le peu de souveraineté qu’elle a pu acquérir en se dotant d’outils comme une monnaie commune et une banque centrale, d’autant qu’apparaissent de nouvelles puissances (La Chine, demain l’Inde et toujours la Russie) qui, elles, n’ont jamais accepté ces règles et considèrent que l’économie est au service de leur volonté de puissance, c’est-à-dire d’un projet politique qui n’a rien à voir avec le projet politique censé sous-tendre la construction européenne.

Au nom de ce projet politique justement , il est donc grand temps que les instances de l’Union cessent de considérer que le libéralisme économique est un dogme intangible. Il est grand temps en quelque sorte de cesser d’être naïf.


[1] Son désarroi est tel qu’il en est réduit à citer Lenine et pas dans n’importe quelle citation, dans sa définition de l’impérialisme : « L’impérialisme se définit par cinq critères : la concentration de la production, la fusion entre capital bancaire et capital industriel, l’exportation de capitaux, les cartels transnationaux et le partage du monde entre les puissances capitalistes »

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Les limites de l’intelligence artificielle ( ou de l’intelligence tout court)

A force de nous rabâcher que l’Intelligence Artificielle (IA pour tout le monde désormais) était la « Nouvelle Frontière » du développement économique, nous allons peut-être finir par le croire. Toutefois il conviendra quand même de définir un peu plus précisément les contours du concept. Pour ce que j’en ai compris, l’intelligence artificielle serait aux activités intellectuelle ce que les robots et machines-outils étaient aux travaux manuels, c’est-à-dire , à la fois une aide et un remplaçant en mieux , mais peut-être me trompe-je ?

Cela dit si on veut parler d’intelligence artificielle, mieux vaudrait d’abord se mettre d’accord sur ce qu’on appelle intelligence. Dans ce genre de cas, le réflexe de tout internaute est…d’aller su Wikipédia. C’est donc ce que j’ai fait. Voici le lien pour que vous puissiez en profiter : https://fr.wikipedia.org/wiki/Intelligence
Bon, j’en suis sorti plus « intelligent » mais j’aurai bien du mal à vous donner une définition sur laquelle nous pourrions tous être d’accord.

Donc, je vais parler de quelque chose que nous n’avons pas défini. C’est pourquoi je fais mienne, la compréhension que j’ai donné plus de ce qu’est l’IA.

Application sur deux exemples sortis de l’actualité de ce jour.

Le premier concerne un des nouveaux géants de l’économie numérique qui utilise déjà à grande échelle les algorithmes pour  « répondre au mieux à nos attentes en fonction de nos centres d’intérêt » : https://www.ouest-france.fr/« Fake news ». Une campagne publicitaire du gouvernement français bloquée sur Twitter Bigre me dis-je, Twitter vient de prendre le gouvernement français en flagrant délit de diffusion de fausses nouvelles. Allons voir. Et on a vu. En fait, le Service d’Information du Gouvernement fait ce qu’il fait à chaque élection, il lance une campagne civique d’incitation au vote en direction des jeunes et pour cela, il utilise ce qu’il considère, à tort peut-être, comme un vecteur « jeunes », Twitter. Mal lui en a pris, donc.
Alors que s’est-il passé dans ce système artificiellement intelligent ? A-t-il considéré que l’abstention est aussi un acte politique et donc qu’appeler à voter était de la propagande électorale ? Grande subtilité et dans ce cas, je dis « chapeau bas ! » face à une telle intelligence politique.
A-t-il tout simplement appliqué une règle lexicale qui dès qu’il voit le mot « élections » dégaine la nouvelle procédure de lutte contre la propagation de fausses nouvelles en période électorale ? Dans ce cas, je serais bien déçu. C’est ça, l’intelligence artificielle ? Ben, mon vieux c’est beaucoup de tintamarre pour pas grad chose en fin de compte.
Mais je n’exclus toutefois pas, comme le suggère le journaliste qu’il s’agisse là d’un geste de mauvaise foi d’un génat du Web, qui apprécie peu, d’être taxé en France et éventuellement soumis à la nouvelle réglementation européenne sur les droits d’auteurs et droits voisins. Dans ce cas, ce serait la manifestation d’une forme perverse d’intelligence, humaine pour le coup.

Deuxième exemple et cette fois-ci, c’est le gouvernement français qui est à la manœuvre : https://www.ouest-france.fr/societe/securite-routiere/radars/securite-routiere-400-super-radars-seront-installes-en-2019-6291299
Au début, à lire toutes les performances qu’on prêtait à ces nouveaux robots-gendarmes, j’ai cru à un poisson d’avril. Il faisait en effet tout ce que les conducteurs redoutaient qu’il fït et en même temps, on ne pouvait pas lui faire ce que beaucoup de conducteurs révaient de lui faire. Mais non, j’ai dû me rendre à l’évidence, il ne s’agit pas d’un canular, puisque l’information parue sur les fils d’info dans la nuit du 1° au 2 était repris dans la PQR les 2 et 3 avril. Voilà donc un engin capable de remplacer les gendarmes dans toutes les situations de contravention ou un délit au code de la route et en plus il pourra flasher simultanément 8 files de circulation, ce qu’aucun pandore, même le plus zélé n’arrivera jamais à faire.

Mais sachant que ses lointains ancêtres qui, certes,  comparé à lui, avait l’intelligence d’un primate, étaient capables de flasher à plus de 110 Km/h un tracteur, j’ai encore quelque doute sur la fiabilité de l’engin. En plus on pourrait prendre quelques situations extrêmes où le discernement est nécessaire pour distinguer la faute de l’attitude la plus anodine ? Je prends juste un exemple .
A deux cents mètres, notre super-radar repère un conducteur tenant son volant de la main gauche, la main droite près de l’oreille ? Téléphone-t-il ou bien, profite-t-il d’être loin de tout autre véhicule pour, discrètement s’évacuer un bouchon de cérumen ?  Bon je veux bien l’exemple est extrême mais un avocat un eu retors peut le plaider.
Notez que cela peut parfois donner des résultats cocasses. Vous avez tous eu l’occasion, à un moment ou un autre, d’être dépassé, toutes sirènes hurlantes par un véhicule des forces de police et de gendarmerie, sans que rien ne semble justifier une telle hâte. Verbalisés par super-robot, certains auraient peut-être du mal à expliquer que cet excès de vitesse n’était justifié que par le fait de revenir suffisamment tôt au commissariat ou à la caserne afin de ne pas devoir imputer de nouvelles heures supplémentaires au budget de l’Etat.

Notez que là aussi, la machine n’est pour rien dans tout cela. Cette sophistication sort tout droit de l’intelligence, grande certes, mais un peu perverse de ceux qui ont imaginé un tel robot.

Finalement on y revient toujours : l’IA n’est jamais que le fruit de l’intelligence humaine. C’est à la fois rassurant…et inquiétant.

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La licorne est un mythe français

Les Européens, et singulièrement les Français, ont du mal à digérer que les Etats-Uniens, puis les Chinois aient réussi à constituer des mastodontes économiques en surfant sur la vague de l’économie numérique. En développant le concept de Frenchtech, le gouvernement actuel a l’ambition de faire émerger, comme il dit, les GAFA de demain, en France.

Pourquoi pas, après tout ? Les informaticiens français ne sont pas moins bons que les autres, meilleurs même pour ce qui est de la maitrise des algorithmes sans lesquels aujourd’hui, il n’y a pas de start-up sérieuse. Nous avons aussi des business angels, qui ne sont pas plus maladroits que leurs collègues, si on en croit leurs fortunes respectives.

Et pourtant, on peut avoir de quoi être inquiet face à l’incapacité des créateurs à conserver les rênes de leur bébé. Déjà il y a quelques années, les premiers qui s’étaient engagés dans l’aventure du commerce en ligne, ont rapidement passé la main, parce qu’un plus gros qu’eux leur faisaient des ponts d’or qui ressemblaient plus à des mises à la porte dorées.

Dans la presse économique de ces jours-ci, deux articles le confirment :
 https://www.lesechos.fr/ BlackRock s’offre le français eFront
https://www.lesechos.fr/ La nouvelle licorne française de la Fintech s’appelle Kyriba
Je dois avouer que je ne connaissais pas ces deux entreprises avant qu’on nous annonce qu’elles valent plus de 1 milliards d’euros

Bon, voilà de quoi se réjouir, non ? Voilà des entreprises d’origine française qui arrivent à faire une percée dans ce monde jusque ici inaccessible, des « winning few » qui en général parlent plus avec l’accent californien qu’avec l’accent de Ménilmontant.

Il y a juste un bémol qui calme aussitôt mon enthousiasme. C’est entreprise « valent » respectivement 1,2 milliards et 1,3 milliards uniquement parce qu’elles viennent faire l’objet d’une prise de possession par des fonds d’investissement anglo-saxon

Et d’ailleurs les mouvements auxquels cela a donné lieu mérite d’être conté (j’ai failli écrire compté)

Commençons par le début : une start-up française qui est devenu leader dans son créneau de marché, les activités de placement hors marché pour faire court, donc du très haut niveau en matière de services financiers, est racheté en 2015 par un fonds d’investissement où on trouve également une chaîne de pressing pas vraiment start-up : https://www.boursier.com/ eFront : racheté par Bridgepoint

Valorisée à l’époque à 300 millions de dollars, c’est une affaire vraiment prometteuse . Et de fait, elle le fut puisque 4 ans plus tard, à peine, ce fonds d’investissement revend le bijou à 1.300 millions de dollars :  http://www.bridgepoint.eu/ Bridgepoint sells eFront to BlackRock  

Blackrock, tout le monde connait. C’est ce qui se fait de mieux en termes d’opérateur financier au niveau mondial. Il paraît que cet achat n’est pas que spéculatif et qu’ils en ont l’usage pour en faire un numéro 1 mondial des services financiers, une sorte de GAFA réservé aux initiés de la finance en quelque sorte. Cherchez l’erreur !

Mais l’histoire n’est pas finie pour autant puisque le fameux fonds d’investissement britannique, à peine réussi sa juteuse plus-value sur la « petite » start-up française utilise sa trésorerie pour acquérir une autre petite merveille de l’ingénierie financière française . Mais admirez comment on présente la chose dans la presse économique :   https://www.lesechos.fr/ La nouvelle licorne française de la Fintech s’appelle KyribaLa start-up devient licorne « française » justement au moment où elle passe sous contrôle d’une entreprise « britannique » et encore, on n’ose pas trop dire qu’elle passe sous contrôle puisque officiellement, on préfère dire ceci  https://www.latribune.fr/ Nouvelle licorne franco-américaine, Kyriba lève 160 millions de dollars

Deux points me chiffonnent quand même dans cette histoire.
Comment avec une mise de 160 millions, prend-on le contrôle d’une entreprise dont la « valeur » est alors estimée à 1.3000 millions de dollars ?
Pourquoi la BPI, qui est quand même la force de frappe financière de l’Etat français se retire du capital, au moment où justement l’entreprise semble avoir atteint la taille critique ? N’y avait-il pas d’autres solutions, françaises ou européennes ? Mais franchement choisir un fonds britannique au moment où le Brexit met la City hors-jeu de l’Europe, est-ce bien la meilleure façon de bâtir des GAFA européens ?

Ou bien, tout cela n’a-t-il aucun sens car :

a)BREXIT ou pas, les fonds britanniques ne connaissent pas les frontières

b)A l’heure de la mondialisation, le concept d’entreprise nationale, dans le monde de l’informatique et de l’économie numérique n’a aucune signification, sauf quand un Etat, en l’occurrence, les Etats-Unis usent de sa puissance impériale pour imposer des règles de boycott à des entreprises, surtout quand elles ne sont pas américaines.

Beau sujet de réflexion pour les candidats aux élections européennes, beau thèmes de négociation dans le cadre du G7 !

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