MEDEF : l’illusion de l’effet de ruissellement

Le gouvernement actuel croit réellement que l’enrichissement des plus riches va avoir un effet positif sur le désapauvrissement des plus pauvres.C’est une théorie économique qui a connu ses heures de gloire mais qui ne reste pour l’instant qu’une théorie. La réalité est tout autre et le patron des patrons l’a illustré, à sa façon, provocatrice, brutale, arrogante et méprisante http://www.francesoir.fr/La baisse du taux du CICE en 2018 « pas acceptable », selon Gattaz

Ainsi le cadeau fiscal qui lui avait été fait sous le quinquennat précédent ne doit pas être remis en cause. Et ce malgré un résultat bien en deçà des attentes, de l’avis même d’un journal qui, en général n’est pas hostile aux thèses de cette fraction du patronat https://business.lesechos.fr/CICE : un bilan mitigé !

Je n’aurai pas la cruauté de rappeler à cet arrogant quémandeur, la promesse qu’il faisait il y a juste 4 ans (le 10 octobre 2013) pour obtenir précisément ce « petit » coup de pouce http://tempsreel.nouvelobs.com/Pierre Gattaz s’engage à créer 1 million d’emplois en 5 ans mais..

La promesse évidemment ,n’a pas été tenue puisque de toute façon son auteur ne se souvient pas de l’avoir faite. Qu’aurait-il dit si à l’époque, quelqu’un au gouvernement ou au Parlement s’était manifesté dans la presse pour exiger que le volume d’emplois créés par les entreprises bénéficiaires du CICE soit contrôlé jour après jour. Je suppose que cela aurait été un beau tollé, une levée de bouclier d’une certaine presse sur l’air de « Il y en a marre de cette méfiance permanente vis-à-vis de ces patrons qui n’encaissent pas ses avantages fiscaux de gaieté de cœur mais parce qu’ils sont viscéralement engagés dans la bataille pour l’emploi. ».Il n’en a rien été et c’est peut-être dommage car de son côté l’arrogant et irritant personnage ne s’est pas privé de faire une sortie remarquée dans le cadre des négociations sur la refonte de l’assurance-chômage http://www.francesoir.fr/#FaisTonGattaz: Pierre Gattaz veut « un contrôle journalier » des chômeurs, Twitter trouve l’idée absurde et la tourne en dérision Pas étonnant, avec tous les sous-entendus que suppose sa remarque, que les réseaux sociaux se soient déchaînés.

Comme vous le voyez, l’idée que si les riches deviennent plus riches, les pauvres deviendront moins pauvres par effet de ruissellement puisque les premiers n’auront de cesse de faire en sorte que leur prospérité soit partagée, a plus qu’un peu de plomb dans l’aile. Dans la réalité, les choses sont un peu différentes : l’égoïsme est un moteur puissant de l’activité humaine et d’autant plus puissant qu’on a besoin de protéger ce que l’on est ou que l’on a. Ainsi, s’agissant des plus riches d’entre nous, leur réflexe premier n’est pas la redistribution mais bien l’accaparement et si possible un peu plus encore. Ils viennent encore d’en donner la preuve ces jours-ci en obtenant que l’Etat, qui, il est vrai, avait été, chose exceptionnelle, un peu sévère avec les entreprises très très rentables, reviennent à la raison et leur restitue ce qu’il avait « indûment » prélevé https://www.ouest-france.fr/Taxe invalidée : l’État doit dix milliards

Dans une période de disette budgétaire, réclamer ainsi le reversement de 10 milliards d’euros a quelque chose d’indécent. Un tel manque de solidarité évidente semble laisser croire que le pari actuel fait par le gouvernement est un pari un peu hasardeux.

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Brèves de compteur n°112 le mythe du tout électrique

A Paris, comme dans toutes ls métropoles mondiales, c’est la folie. Tout le monde veut son mode de transport « propre », c’est à dire électrique . On avait déjà l’Autolib’ sur le modèle du vélib’. Voilà maintenant que ce serait la guerre autour du scooter électrique http://www.lejdd.fr/Le boom des scooters électriques en libre-service à Paris

Certains même, pleins de bonnes intentions, pensent avoir inventé le système écologiquement et socialement idéal https://www.actu-environnement.com“ Face à l’urgence de la pollution de l’air, nous proposons une offre de mobilité alternative ” sans se rendre compte que quelque part, ils sont en train d’inventer un hybride monstrueux entre Uber et le pousse-pousse. Mais comme cela part d’une bonne intention, on ne leur en voudra pas trop ! Transporter, c’est un métier qui ne s’improvise pas!

Il y a même la maire de paris qui veut carrément bannir les véhicules à moteur thermique https://fr.news.yahoo.com/Fin des voitures essence en 2030: Anne Hidalgo peut-elle réussir son pari? A cette date, c’est à dire 6 ans après les Jeux Olympiques, elle sera en train de terminer son 4° mandat, pense-t-elle, ou alors cette déclaration n’est qu’une vantardise de Gascon, quelle n’est pas !

Tout cela évidemment part d’un bon sentiment et répond à l’angoisse urgente des urbains (la peur des particules fines) et de toute la planète (le réchauffement climatique). Mais c’est prendre le problème par un seul bout. Or dès qu’on parle écologie, chaque question abordée a au moins plusieurs bouts. Un autre bout est évidemment, l’origine de cette électricité que nous allons consommer. C’est d’ailleurs ce que nous dit un expert « Les voitures électriques devraient marcher aux renouvelables » Certes, il prêche un peu pour sa paroisse puisqu’il est un important acteur du marché des renouvelables. Il n’empêche que sa remarque est frappée au coin du bon sens. En effet, si, pour limiter les émissions de particules fines et de gaz à effet de serre, on fait tourner des centrales au fuel ou au gaz qui en produisent aussi, le bénéfice n’est pas évident. Pour ce qui est du nucléaire, la question se pose en des termes différents mais l’alternative n’est guère plus réjouissante. D’ailleurs, je sens dans cette frénésie des pouvoirs publics français à passer très vite au tout-électrique, les mêmes arrières-pensées qui les ont poussés dans les années 70 et 80 à promouvoir au-delà du raisonnable le chauffage électrique dans toutes les constructions neuves.

Il serait bon qu’en la matière on garde un peu de retenue, d’autant qu l’économie de la loi sur la transition énergétique repose en partie sur une réduction forte de notre consommation électrique.

Et manifestement, ce n’est pas fini puisque face à l’angoissante perspective de la fin des hydrocarbures, l’industrie aéronautique s’y met aussi https://www.ouest-france.fr/Le prototype d’un avion hybride électrique promis pour 2022

On n’est donc pas sorti de l’auberge, comme on dit.

Toutefois des études commencent à sortir sur cette question et si vous souhaitez aller plus loin sur ces questions, vous pouvez toujours lire ce dossier préparé par le ministère français en charge de ces questions (climat, énergie, transport) : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/Analyse coûts bénéfices des véhicules électriques/Les voitures J’ai lu, je ne suis pas entièrement convaincu par ces résultats mais cela constitue une base de départ d’un débat qui est loin d’être clos.

Mais pour clore provisoirement cette échange, je laisse le dernier mot à madame la Maire de Paris : « Anne Hidalgo. La voiture individuelle, « ce n’est plus le schéma d’aujourd’hui » »
Là, je suis totalement d’accord avec elle et c’est vrai pas qu’à Paris

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Mieux vaut en rire -rubrique inépuisable- n°133

« Dépêchons-nous d’en rire aujourd’hui de peur d’avoir à en pleurer demain. »Beaumarchais
« Pour ce que le rire est le propre de l’homme. »Rabelais
« On peut rire de tout mais pas avec tout le monde. » Pierre Desproges
« L’humour est la politesse du désespoir. » Oscar Wilde

Voilà un petit florilège d’informations qui pourraient être dramatiques mais on il vaut mieux rire tellement elles soulignent la bêtise ou l’inconstance de l’âme humaine

A contre-temps, tout le temps
Partout dans le monde, les gouvernements s’ingénient à nous faire travailler le plus vieux possible parce que le gouffre des retraites ou des fonds de pension leur donne le vertige. Mais voici que le gouvernement polonais vient de prendre la décision suivante https://www.ouest-france.fr/La Pologne baisse l’âge de la retraite : c’est la ruée Evidemment, comme ils/elles se disaient qu’une telle aubaine ne pouvait peut-être pas durer, les Polonais et le Polonaises se sont précipité-e-s pour en profiter, surtout les Polonaises car c’est à elles que le plus beau cadeau a été fait. Le côté dramatique de cette décision, c’est sa raison d’être : renvoyer les femmes à la maison. Là encore, les dirigeants polonais vont à contresens de tous les autres. Vouloir revenir en permanence sur ce que les prédécesseurs ont fait n’est pas la définition même du mot réactionnaire ?

Le poids des mots, le choc des images
Dans la galaxie gravitant autour de la FNSEA, il y a la fondation FARM qui œuvre pour faire entrer l’agriculture africaine dans le XXI° siècle sur un fond de libéralisme économique . Récemment emportés par l’enthousiasme, ils ont produit cet article dont le le titre laisse songeur Tous entrepreneurs ! Mais où sont les travailleurs ?  Ainsi donc, les entrepreneurs ne seraient pas des travailleurs. Ce serait quoi alors ? Des fainéants ? Un comble quand même dans un des lieux de la pensée ultra-libérale

boire un petit coup c’est agréaaaable (air connu)
La buvette de l’Assemblée Nationale était aussi fameuse que le restaurant du Sénat, c’est à dire un haut-lieu de l’hédonisme à la française, une institution en quelque sorte. Vous vous doutez bien que ce qui faisait la renommée de cet estaminet de luxe n’était sûrement pas la qualité de son café mais plutôt la diversité et la richesse de sa cave. C’est pourquoi, je reste navré de lire ceci https://www.ouest-france.fr/Les députés boivent moins, l’Assemblée vend son vin Cela dit, c’était un peu à prévoir : une Assemblée plus féminine, plus jeune et plus sportive, laissait augurer une moindre appétence pour la dive bouteille. Mais en arriver à liquider (si on peut dire) la cave, cela dépasse l’entendement. Le mal devait être grave. Tu parles, c’est encore pire que ça : ces jeunes cadres dynamiques et performant-e-s ne délaissent pas le jus de la treille pour des boissons hygiéniques mais, ô comble de l’horreur, pour la bière et pour …un soda à base de feuille de coca.Pouah ! C’est dire si les valeurs gastronomiques de la France sont en danger. Pourvu que le Sénat tienne le coup. Cela dit, si dans leur mauvais goût, ces nouveau-elle-xs (ça devient compliqué de genrer) député-e-s continuent à montrer un goût prononcé pour les boissons petillantes aux saveurs bizarres, ils peuvent toujours essayer cela https://www.ouest-france.fr/Le lait pétillant débarque dans les rayons C’est d’origine anglaise, c’est à dire une forme de reconnaissance de la qualité particulière du produit.

Pour finir en coup de vent
Et je ne saurais terminer ce tour de l’actualité dont il vaut mieux sourire pour ne pas en pleurer sans citer le titre de cet article https://www.alternatives-economiques.fr/Le méthane, grand oublié des États généraux de l’alimentation Lu comme ça, c’est un peu ésotérique et abscons et pour tout dire d’un goût douteux : mêler la nourriture aux flatulences des ruminants est effectivement d’un goût douteux ; mais après tout, c’était peu-être l’objectif de son auteur, nous dégoûter de la consommation de produits carnés. Bon appétit !

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Brèves de compteur n° 111 : Financer la transition énergétique

L’accord de Paris qui a scellé la COP 21 pêche par au moins un point. Les engagements pris par les Etats ne sont pas financés. Comme l’a souligné le sénateur français Ronan Dantec, président du réseau Climate Chance lors du 2° Sommet de ce réseau à Agadir, le financement ne pourra venir que de ceux qui ont de l’argent. C’est apparemment une lapalissade mais c’est surtout une véritable gageure pour les responsables publics du monde entier (sauf les [ir]responsables de quelques Etats voyous qui n’ont signé pas l’accord ou l’ont dénoncé depuis)

Du coup, tout le monde monte au créneau, à commencer par l’appareil des Nations Unies http://www.novethic.fr/isr-et-rse/Christiana Figueres met au défi la communauté des PRI d’investir 700 milliards de dollars dans les énergies propres d’ici 2020 Madame Figueres est la secrétaire exécutive de la Convention Cadre des Nations-Unies sur le Climat qui, à ce titre, cornaque toutes les COP. Les PRI , c’est également un programme des Nations Unies pour promouvoir la finance responsable. Manifestement, c’est le lieu idoine pour monter les dossiers mais manifestement certains traînent un peu les pieds et pour l’instant, il manque au bas mot 400 milliards de dollars pour que le compte soit bon. Retenez bien ce chiffre, il nous resservira tout à l’heure.

Ce message est aussitôt relayé au niveau français par le bras armé du gouvernement, dès qu’il s’agit d’énergie, l’ADEME http://www.novethic.fr/isr-et-rse/l’ADEME appelle le monde de la finance à se mobiliser sur la transition énergétique de l’industrie Le message est à peu près le même, sauf que s’adressant au financier tout-venant, c’est à dire par nécessairement « écologiquement responsable », l’Agence lui parle le langage qu’il comprend : « c’est rentable et ça prépare l’industrie du futur. ». Comment, dans ces conditions, ne pas céder aux sirènes de la transition énergétique, colonne vertébrale semble-t-il de toute transition écologique ? D’autant plus qu’un argument comme celui-ci :« Il faut profiter de la modernisation de l’industrie française pour gagner en performance énergétique. Tel est l’enjeu de l’industrie du futur »va dans le sens du projet caressé au plus niveau de l’Etat, moderniser la France. Ainsi, si l’ADEME était entendu, ce serait faire d’une pierre deux coups.

Cela vaudrait mieux d’ailleurs car au niveau européen, la volonté politique n’y est pas vraiment. En effet, j’ai déjà eu l’occasion de souligner ici que les Etats-Membres sont loin d’avoir tous la même stratégie énergétique, en fonction de leurs ressources naturelles et/ou de leurs infrastructures industrielles et le poids du passé continue à peser lourd dans le financement des politiques énergétiques de ces pays https://www.euractiv.fr/L’Europe dépense toujours plus de 100 milliards par an dans les énergies fossiles Le chiffre est fort. Retenez-le car il nous servira plus loin.

Comme pour l’instant, l’Europe ne peut pas être d’un grand secours, certains se tournent vers les collectivités locales pour prendre le relais ou du moins pour les mettre également à l’attelage. C’est le cas des cerveaux bien pleins, à gauche, de la boite à idées Terra Nova qui y va de ses propositions, http://tnova.fr/notes/pour-des-transitions-energetiques-locales, un peu trop technocratiques à mon goût, mais qui iraient dans le bon sens si elles permettaient de mobiliser localement l’épargne disponible.

Tiens, voilà une nouvelle piste, l’épargne des Français. Cela tombe bien, car elle se porte bien http://info.economie.lefigaro.fr/Patrimoine financier des ménages : la France arrive en 15ème position Avec des avoirs moyens par ménage à ce niveau (un peu plus de 55.000 euros), on est loin du seuil d’assujettissement à l’ISF, avant qu’il ne devienne l’an prochain l’ISI. Donner un coup de pouce aux plus grosses fortunes pour qu’elles viennent investir en France est un raisonnement qui peut se tenir même si le pari est un peu risqué au vu des expériences étrangères. Donner un vrai coup de pouce à tous les patrimoines, même les plus petits, qui prendraient le « risque » (limité quand même) d’investir dans des projets de production d’énergies à partir de ressources renouvelables serait pour le coup une bonne opération, pour tout le monde, les épargnants, la planète et même le gouvernement qui trouverait là une occasion de mettre en valeur une autre image que celle dont on veut l’affubler. Gageons qu’il y aura bien dans l’Assemblée Nationale ou au Sénat, un-e parlementaire astucieux-se pour y penser . Réorienter ne serait-ce que 1% de ce patrimoine financier vers ces investissements écologiquement responsables permettrait de mobiliser au bas mot 10 milliards d’euros. Retenez bien ce chiffre, il nous servira tout à l’heure.

Et ça, ce n’est qu’en considérant seulement la France. Si maintenant au passe au niveau planétaire, puisque c’est de toute façon à ce niveau, et à ce niveau seulement, que des solutions viables peuvent émerger, voyons ce que cela donne et intéressons-nous uniquement aux plus riches pour reprendre la lapalissade de Ronan Dantec. Du côté des très très riches, cela va bien même très très bien http://actualites.nouvelobs.com/Toujours plus riches, toujours plus nombreux : les millionnaires se portent bien 63.500 milliards de dollars à se partager entre 16,5 millions de millionnaires, cela fait de jolis matelas moyens. Là aussi, un « risque » minime de 1% peremettrait de mettre sur la table 635 milliards de dollars. Retenez bien ce chiffre car il va nous servir tout de suite.

Bon , vous avez tous les chiffres en tête maintenant. Bien ! sachez alors que le 10 décembre 2017 (incidemment, c’est le 69 anniversaire de la signature de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme), le plus haut sommet de l’Etat a convoqué à Paris le ban et l’arrière-ban de la finance mondiale pour lui parler financement de l’accord de Paris. Question : quelle suggestion lui feriez-vous dans ce cadre ? Vous avez trois heures…

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Brèves de compteur n° 110 la paille et la poutre

Cela fait longtemps que je ne vous ai pas parlé du nucléaire, je veux dire spécifiquement du nucléaire. L’arrivée concomitante de trois informations m’y incite pourtant.

La première est un peu austère et pour tout dire, même carrément anecdotique. Elle est extraite du journal Officiel qui est, comme chacun sait, le premier journal que je lis tous les matins, sauf le lundi, quand j’ouvre mon ordinateur. Or que me propose-t-il ce J.O. ( qui n’est pas 2024) ce dimanche 15 octobre un arrêté que vous pouvez trouver ICI
Peu importe d’ailleurs son contenu qui est du pur jus de cerveau de technocrate (au sens premier du mot « le gouvernement des techniciens ») mais l’intérêt réside plutôt dans son intitulé « Arrêté du 29 septembre 2017 portant homologation de la décision n° 2017-DC-0591 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 13 juin 2017 fixant les règles techniques minimales de conception auxquelles doivent répondre les locaux dans lesquels sont utilisés des appareils électriques émettant des rayonnements X » Déjà, rien qu’en lisant ces trois lignes on a peur. Et puis, une fois remis de mes émotions, je me dis : mais bien sûr, l’atome ne sert pas qu’à faire des bombes (pas la guerre espérons-le, d’où vaste abîme de perplexité sur une arme qui coûte cher pour ne pas servir), ni à produire une énergie (pas bon marché et très sale, si on songe à ce qu’on va laisser à nos arrière-arrière-arrière-etc… petits enfants), mais qu’il est également utile pour nous soigner. Les hôpitaux sont remplis d’engins plus ou moins radioactif et on se sent rassuré que l’autorité de sûreté nucléaire pousse la précaution aussi loin. Avec le nucléaire, on n’est jamais assez prudent.

Ah ouiche ! La prudence de l’ASN, parlons-en. Quelques jours avant que cet arrêté ne soit publié, c’est à dire quand même quelques mois après que l’ASN ait pris la décision qui vient d’être homologuée, elle a rendu un avis qui ne laisse songeur sur la rigueur de ses précautions http://7seizh.info/Flamanville : L’ASN couvre les défauts de la cuve de l’EPR En effet, cela fait des mois que tout le monde sait que ce chantier est bourré de malfaçons. Certes le risque est minime mais en matière nucléaire, le risque, même minime, peut avoir des conséquences incalculables. Lisez donc cet article qui est, certes un peu tendancieux mais pas tant que ça finalement.

Et cerise sur le gâteau, voici que les piscines de refroidissement sont devenues de vraies passoires http://www.lci.fr/societe/Des militants de Greenpeace déjouent la sécurité et s’infiltrent dans la centrale de Cattenom Je sais, bien, les piscines, ce ne sont pas le cœur nucléaire de la centrale. Il n’empêche, c’est à cause d’une défaillance des piscines que Fukushima a été si grave, c’est parce que la piscine de refroidissement n’était plus correctement alimentée que la centrale de Blaye a dû être arrêté en catastrophe. Normalement, l’ASN aurait dû réagir ; eh bien, non ! C’est la justice qui a dégainé la première, les intrus de Greenpeace comparaîtront en janvier prochain.

Vous comprenez maintenant le titre de mon billet ?

 

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« Négocier au niveau de l’entreprise est une exigence démocratique »

L’un des points d’achoppement de la négociation sur la remise à plat d’une partie du Code du Travail porte sur le bon niveau d’établissement du dialogue social. Pour les uns, le dialogue social, c’est à dire en fait la négociation sociale, ne peut se faire qu’au niveau national, concédant cependant que toutes les branches d’activité n’ont pas les mêmes contraintes ni les mêmes marges de manoeuvre et donc que la branche peut être le bon niveau, pour autant qu’on y obtienne de meilleures conditions pour les salariés. A l’inverse, pour les autres le bon niveau de négociation est l’entreprise puisque c’est à ce niveau seulement qu’on peut prendre en compte la réalité de la situation économique, des conditions de travail mais ils concèdent cependant que, afin d’éviter une concurrence stérile entre entreprises du même secteur, la branche est un niveau acceptable de négociation, permettant d’établir des règles de concurrence loyales.

La branche semble donc un niveau de convergence possible mais faut-il pour autant évacuer l’idée que l’entreprise est LE niveau où doit se nouer le dialogue social ?

Avant de trancher cette question, il convient de définir ce qu’on entend par entreprise et d’identifier la diversité que recouvre ce mot générique. L’entreprise est fondamentalement une entité où se rencontrent des moyens de production, hommes et femmes avec leur force de travail, leurs compétences et leur savoir-faire, plus ou moins d’argent, des machines parfois très simples parfois très sophistiquées, pour produire des biens et/ou des services destinés à être vendus à quelques clients ou une multitude de clients, dans des conditions de concurrence plus ou moins parfaites avec d’autres entités de même nature.

Ainsi définie, l’entreprise recouvre des réalités très différentes : l’artisan travaillant seul ou avec un ou deux compagnons est une entreprise tout comme l’est le groupe Renault-Nissan ou Amazon ou une coopérative laitière comme Sodiaal. Encore qu’en ce qui concerne ces derniers exemples, on peut se demander s’il ne faudrait pas aller plus dans le détail et vérifier qu’il ne s’agit pas déjà de mosaïques d’entreprises.

Cette diversité étant actée, posons-nous maintenant la question de la légitimité et de l’opportunité de nouer la négociation sociale au niveau de l’entreprise

la question de la démocratie

commençons par là ! Qu’entend-on par démocratie ? Selon la définition d’Abraham Lincoln, c’est « le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple » . Appliquée à l’entreprise qu’est-ce que cela peut donner ? Notons d’abord qu’il y a deux groupes de personnes, donc deux « peuples » si on veut : ceux qui possèdent l’entreprise et ceux qui y travaillent. Ces peuples sont en général disjoint sauf dans deux cas de figures : les Sociétés COopérative et Participative (SCOP, anciennement Société Coopératives Ouvrières de Production) et les entreprises sans propriétaires du capital que sont les mutuelles et les grosses associations, où là les deux « peuples » sont d’une part les personnes qui y travaillent et d’autre part les personnes qui y ont intérêt, mutualistes dans le premier cas, dirigeants bénévoles et adhérents dans le second cas.

Mais restons-en au cas le plus général : à qui doit s’appliquer cette maxime démocratique ?

droits et devoirs similaires et ou réciproques
Les propriétaires et les salariés (puisque c’est ainsi qu’on appelle généralement les gens qui travaillent dans une entreprise) n’ont pas les mêmes droits et les mêmes devoirs du moins dans la loi telle qu’elle existe actuellement. Cela est manifeste notamment dans le domaine qui nous concerne actuellement, le gouvernement de l’entreprise. Les décisions stratégiques, financières ou autres sont du ressort des seuls propriétaires ou de leurs mandataires. A l’inverse, ils n’ont que peu de comptes à rendre, sauf au moins une fois par an aux représentants du second « peuple » dans le cadre du Comité d’Entreprise quand il en faut un. Par contre entre eux les propriétaires ont les mêmes droits, du moins s’ils ont la même part de la propriété commune. Quant aux salariés, vous avez biens compris que leurs droits et devoirs étaient l’exact correspondant en creux des précédents. Il est donc vain de parler de démocratie dans l’entreprise. Pour que cela soit, il faudrait, outre l’existence de droits et devoirs similaires, deux autres conditions nécessaires mais non suffisante:
capacités d’agir équivalentes
niveau d’information équivalent
Ceci étant acquis, il resterait encore quelques petites questions sans réponse , qui n’ont rien d’anecdotique
que signifie la démocratie dans une entreprise artisanale ?
Que signifie la démocratie dans une entreprise de 100,000 salariés ?

Vous voyez bien que même si était résolues toutes les questions juridiques resteraient ces questions qui montrent toute la difficulté d’organiser la démocratie dans l’entreprise en fonction de la taille de celle-ci, ce qui est commun à tous les cercles de la démocratie.

Donc l’entreprise n’est pas le niveau pertinent pour mener une véritable concertation sociale entre égaux (en droits, en devoirs, en pouvoirs et en accès à l’information)

Mais pourtant en Allemagne ? Justement en Allemagne, il existe la cogestion

Alors?  Chiche ? C’est la conclusion inéluctable de la volonté farouche d’imposer l’entreprise comme lieu privilégié de la négociation sociale

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Brèves de compteur n°109 grandes manœuvres dans les réseaux

Cela fait un bout de temps que ça bouillonne sur les marchés de l’énergie tellement les mutations en cours sont importantes. Du coup, les rumeurs succèdent aux rumeurs, les études succèdent aux études pour se confirmer ou se contredire tant il est vrai que sur ces marchés plus que sur d’autres, l’information est une denrée chère. Ces temps-ci voient le retour en grâce du solaire, naguère décrié, parce que ..chinois, trop cher, trop inconstant, etc… Lire la suite

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