L’Europe comme on l’aime ou comme on la déteste

Chaque jour, l’actualité nous donne des raisons de croire dans les institutions de l’Union Européenne mais aussi de les fustiger. Cette semaine n’a pas échappé à la règle Lire la suite

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Le fantasme de Big Brother ?

Vient d’apparaître dans la presse une information qui est peut-être un canard (maintenant, on dit « fake news »), peut-être un ballon d’essai http://www.ouest-france.fr/leditiondusoir Mark Zuckerberg veut-il être président des USA ?

Inévitablement, s’agissant du patron d’un des réseaux sociaux les plus puissants du monde, le journaliste n’a pas résisté au plaisir de faire ressortir le fantasme de Big Brother, tellement il semble évident à beaucoup que les pratiques des entreprises en réseau se révèleraient intrusives dans nos vies privées. Fantasme ou future réalité ?

Après tout si ce jeune milliardaire entrait à la Maison Blanche, il ne serait pas le premier milliardaire a  le réussir.

Avant lui, il y aurait eu Trump qui avait bâti sa fortune dans l’immobilier, Bush père et son vice-présidente qui avait bâti leur fortune dans le pétrole, Carter qui avait bâti sa fortune dans le négoce de la cacahuète, Kennedy dont le père aurait fait fortune dans la contrebande d’alcool au temps de la prohibition ?

Pour autant la folie immobilière qui faillit mettre les Etats-Unis à genoux en 2007 a-t-elle une chance de reprendre entre 2016 et 2020 ?

Les intérêts pétroliers ont-ils dominé la politique énergétique, environnemental et la diplomatie des Etats-Unis entre 1988 et 1992 et entre 2000 et 2008 ?

Le beurre de cacahuète s’est-il mieux vendu entre 1976 et 1980 ?

La prohibition de l’alcool a-t-elle  été rétablie entre 1960 et 1963 ?

En général la réponse est dans la question, selon l’interprétation que chacun en fait. Il se pourrait donc que dans l’hypothèse évoquée par notre journaliste, ce soit également le cas.

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Le feuilleton de l’été «  les mots valises  » chapitre 4 «  démocratie participative  », épisode 2 Démocratie et débat public,

Le feuilleton de l’été «  les mots-valises  »
Il y a comme cela des mots ou des expressions qui apparaissent, deviennent à la mode et ont un tel succès que, finalement, tout le monde se les approprie. Évidemment, comme il s’agit d’expressions nouvelles, leur signification reste un peu floue et chacun y met ce qu’il veut, un peu comme dans une valise.
Cet été nous nous intéresserons à quatre expressions qui sont dans le ton de ce site  : développement durable, transitions (qui peut être énergétique ou écologique, voire les deux à la fois), innovation ( qui peut-être sociale, technologique, commerciale) et démocratie participative (forcément participative, aurait dit Marguerite Duras)

Le feuilleton de l’été «  les mots valises  » chapitre 4 «  démocratie participative  », épisode 2 Démocratie et débat public, le cas de Bure et de Notre-Dame-des-landes
« La démocratie participative est une forme de partage et d’exercice du pouvoir, fondée sur le renforcement de la participation des citoyens à la prise de décision politique. On parle également de « démocratie délibérative » pour mettre l’accent sur les différents processus permettant la participation du public à l’élaboration des décisions, pendant la phase de délibération. La démocratie participative ou délibérative peut prendre plusieurs formes, mais elle s’est d’abord instaurée sur le terrain de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, avant de s’étendre dans les champs de l’environnement. Dans ces cadres, les associations jouent un rôle central en tant qu’interlocuteurs pour les autorités publiques. En France une Charte de la participation du public publiée en 2016 liste les bonnes pratiques en matière de participation du public ». Voilà ce que dit Wikipédia en préambule de son article consacré à la démocratie participative
De démocratie et de participation à la prise de décision, il fut largement question lors d’un colloque qui eut lieu à La Sorbonne en décembre 2014 et dont vous pourrez trouver le compte rendu en fin de billet dans la rubrique pour aller plus loin. De ces échanges, j’ai retenu un témoignage, celui de la chercheuse qui pilota une conférence de citoyens sur un projet qui malgré cela fait toujours controverse, le site d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure, dit projet CIGEO. Les résultats de cette consultation, exemple trop rare peut-être en France, étaient sans équivoque Démocratie et environnement Partie ¾ Et malgré tout, deux ans et demi après, les forces de l’ordre et quelques centaines de protestataires se sont violemment heurtées cet été. Cela montre les limites de l’exercice, même si du point de vue scientifique tout avait été mis en œuvre pour que le résultat de la consultation soit le plus incontestable possible. Retenons quand même la méthode (mais pour la connaître, il vous faudra ouvrir le lien) qui montre que consulter des individus lambda peut se faire dans de bonnes conditions pourvu qu’on y mette les moyens.

Le deuxième exemple de consultation citoyenne en matière d’infrastructure ayant un impact majeur sur l’environnement fut le « référendum » organisé par le préfet de Loire-Atlantique au sujet du projet ô combien controversé, d’aéroport sur la zone à aménager de Notre Dame des landes. Pour justifier le périmètre de la consultation le préfet avait utilisé un argument très valable : » il ne faut consulter que les gens concernés par le projet. » Je rajouterai volontiers, « il fallait consulter toutes les personnes concernés par le projet. »
Mais alors qui étaient réellement concernés ? Si on se limite à l’impact environnemental direct sur la faune et la flore, ce sont les habitants de la zone et eux seuls qu’il fallait consulter quitte à définir très précisément les limites de l’écosystème en cause. Si par contre, on voulait valider l’impact économique de ce projet, il fallait prendre en compte l’ensemble de la zone de chalandise du projet de futur aéroport car sa construction et sa mise en service auraient des impacts sur les habitudes de voyage d’une grande partie du Grand Ouest,et sur le niveau de fréquentation d’aéroport importants comme Rennes, Brest, Angers. Mais on n’a pris en compte que l’échelle u département dont la moitié Sud n’était pas directement intéressée. Et c’est en s’appuyant sur cette consultation mal calibrée que certains veulent s’appuyer pour dire que la démocratie participative a tranché. Décidément, la démocratie participative est un rude exercice quand elle n’est pas un prétexte pour passer outre à une forte opposition.

Reste une question que je ne traiterai pas ici mais qu’on a rencontré lors de nos pérégrinations dans les dictionnaires : l’entreprise est-elle un lieu de la démocratie ?

Pour aller plus loin :
Colloque  « La Démocratie  face aux enjeux environnementaux : la transition écologique » 11 et 12 décembre 2014
Démocratie et environnement. Partie ¼
Démocratie et environnement Partie 2/4
Démocratie et environnement Partie ¾
Démocratie et environnement partie 4/4

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Brèves de compteur n° 102 énergies renouvelables, la panacée ?

On connaît le rôle joué par les universitaires dans la prise de conscience des risques écologiques. On connaît également leur aptitude à trouver des solutions, intellectuellement satisfaisantes, aux problèmes qu’ils soulèvent. Le réchauffement de la planète les a donc fortement inspiré. Tout naturellement, une étude a été faite sur la capacité, théorique, des différents Etats à limiter ce réchauffement en limitant les émissions de gaz à effet de serre et la solution, c’est évidemment les énergies renouvelables, sous toutes leurs formes. Bonne nouvelle, passer au tout renouvelable, c’est faisable dans le laps de temps que nous laissent les experts du GIEC 100% d’énergies renouvelables en 2050 dans 139 pays
L’information est donc réjouissante mais comme le souligne le journaliste dans la conclusion de son article, il y a un hic : les éoliennes ne se fabriquent pas avec du vent, pas plus que les panneaux photovoltaïques ne poussent dans les champs grâce au soleil. Ce développement exponentiel d’équipement va consommer des métaux, des terres rares et … de l’énergie dans des proportions que nos économies actuelles ne connaissent pas. Comment y faire face sans tension. C’est à cette question que tente de répondre une autre étude, commanditée par la Banque Mondiale cette fois et qui dit que c’est jouable mais à certaines conditions https://www.actu-environnementLa Banque mondiale évalue les besoins en métaux d’un futur bas carbone dont la plus importante est que les pays où se trouvent ces ressources naturelles aient une stratégie de développement et une gestion durable de ces ressources. Compte tenu du poids respectif de ces Etats et des grands groupes énergétiques, qui progressivement s’accaparent le secteur des énergies renouvelables, il n’est pas sûr qu’on ne retrouve pas avec ces minerais, les mêmes comportements néo-coloniaux que ceux qui fit naître l’exploitation pétrolière ou du minerai d’uranium. A défaut, on n’aurait que remplacer un comportement prédateur par un autre comportement prédateur.

Et puis, il y a l’acceptabilité de ces projets, de plus en plus nombreux et de plus en plus gigantesques. Même à une plus petite échelle et alors que l’espace est loin d’être saturé, il y a déjà des vents de rejet, pas toujours motivés par des raisons avouables mais qui ont l’oreille des juges administratifs, en France du moins Morbihan. Le juge administratif annule un projet de parc éolien  Qu’en sera-t-il lorsque la densité des parcs éoliens sera double, triple voire décuple ? C’est un autre point de blocage qu’on ne peut ignorer.

Il ne faut pas non plus oublier un point, qui fut pourtant longuement développé dans le rapport Stern en 2014, l’importance des investissements nécessaires pour arriver à cet objectif de 100% renouvelables. En me fondant sur les chiffres publiés par actu-environnement, j’arrive à un total assez vertigineux de 29,600 milliards d’euros d’ici 2050 soit environ un effort continu de 1,000 milliards par an pendant 30 an. Il ne va pas falloir mollir.

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Le feuilleton de l’été « les mots valises » chapitre 4 « démocratie participative », épisode 1 quand les mots-valises sont des « malles »à double fond

Le feuilleton de l’été « les mots-valises »
Il y a comme cela des mots ou des expressions qui apparaissent, deviennent à la mode et ont un tel succès que, finalement, tout le monde se les approprie. Évidemment, comme il s’agit d’expressions nouvelles, leur signification reste un peu floue et chacun y met ce qu’il veut, un peu comme dans une valise.
Cet été nous nous intéresserons à quatre expressions qui sont dans le ton de ce site : développement durable, transitions (qui peut être énergétique ou écologique, voire les deux à la fois), innovation ( qui peut-être sociale, technologique, commerciale) et démocratie participative (forcément participative, aurait dit Marguerite Duras)

Le feuilleton de l’été « les mots valises » chapitre 4 « démocratie participative », épisode 1 quand les mots-valises sont des « malles »à double fond

Pour le dernier mot-valise de l’été, je m’attaque à quelque chose de périlleux, la démocratie, qui plus est, participative. Si je m’écoutais, je dirais qu’il s’agit là d’un pléonasme mais ce faisant, je donnerais un avis personnel et , du coup, je ferais preuve d’un manque de rigueur scientifique qui détonnerait dans ce feuilleton qui jusqu’à présent s’est voulu plutôt objectif. S’il est des mots que tout le monde emploie à tout bout de champ, sans forcément qu’on s’accorde sur leur sens, « démocratie » en fait partie, comme « liberté », « bonheur » ou « égalité ». On peut s’en sortir par une boutade, comme l’avait fait Churchill « La démocratie est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres. » C’est drôle, c’est tellement britannique mais ça n’apporte rien. J’en reviens donc à mon approche classique par le dictionnaire, qui me dit ceci :
a) Système politique, forme de gouvernement dans lequel la souveraineté émane du peuple.
b) État ayant ce type de gouvernement.
c) Système de rapports établis à l’intérieur d’une institution, d’un groupe, etc., où il est tenu compte, aux divers niveaux hiérarchiques, des avis de ceux qui ont à exécuter les tâches commandées.
Il est inutile de s’attarder sur le point b) qui n’apporte rien de concret mais intéressons-nous un instant au point a) et c). La définition a) est explicite dès lors qu’on aura défini ce qu’on entend par souveraineté et elle aurait mérité d’être complétée par ce qu’en disait Abraham Lincoln « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » car en fait il s’agit bien de cela. Et c’est pour cette raison que le point c), que les auteurs du dictionnaire ont cru bon d’ajouter, devient intéressant. En effet, que nous disent-ils ? Primo que la démocratie n’est pas qu’un mode de fonctionnement de la sphère publique puisqu’elle concerne toute forme d’organisations sociales, entreprise, association sans but lucratif ou groupement informel, deuxio qu’il est un système où on demande un avis mais pas où on laisse décider ni agir, et tercio, que dans ces organisations il y a une hiérarchie, des gens qui commandent et des gens qui exécutent. On s’éloigne un peu de la souveraineté populaire.

Restons-en là pour le moment et intéressons-nous au qualificatif qui fait de ce mot un mot valise : participatif.Notez que l’adjectif participatif est en soi devenu un mot « passe-partout » puisque non seulement, la démocratie peut être participative, mais le financement peut lui aussi être participatif comme une nouvelle forme d’économie qui peut être soit participative, soit collaborative, selon les auteurs. Le mot a manifestement une charge émotionnelle forte pour avoir autant de succès
Et là, surprise, quand on regarde le dictionnaire, on trouve ceci, dans l’ordre :
1) Qui concerne la participation dans une entreprise.
2) Qui implique une participation active des protagonistes dans une action, une activité.
3) Relatif à la participation, c’est-à-dire l’action de contribuer à quelque chose, d’en faire partie.
Voilà encore l’entreprise qui pointe le bout de son nez, en premier, mais au fait de quoi parle-t-on avec cette « participation dans une entreprise » ? vraisemblablement s’agit-il du mécanisme de répartition d’une partie des bénéfices imposée par le Général de Gaulle au milieu des années 60 et dont les mécanismes ne laissent que peu de marges de décision aux bénéficiaires de ces dites « participation aux bénéfices. C’est donc pour notre démocratie, une fausse piste. Reste les définitions 2) et 3) qui se ressemblent fort ; elles impliquent toutes les deux un apport actif, qu’on suppose positif, à un ensemble dont on fait partie. C’est déjà plus éclairant.

Du coup, on comprend mieux la définition de la démocratie participative qu’en donnent deux sites qui se sont beaucoup intéressés à cette question :
http://www.participation-et-democratie.fr/it/dico/democratie-participative
« 
La démocratie participative désigne l’ensemble des procédures, instruments et dispositifs qui favorisent l’implication directe des citoyens dans le gouvernement des affaires publiques. »
http://www.toupie.org/Dictionnaire/Democratie_participative.htm
« La démocratie participative désigne l’ensemble des dispositifs et des procédures qui permettent d’augmenter l’implication des citoyens dans la vie politique et d’accroître leur rôle dans les prises de décision. »
Mais dans ces définitions, qu’est-ce qui est important , la démocratie c’est à dire le gouvernement, la prise de décision ou la participation à l’élaboration de la décision et/ou de sa mise en oeuvre ?Faut-il alors parler de démocratie participative ou plus simplement de démocratie délibérative ? La première prise dans son sens le plus large implique en effet, une participation à la décision et à sa mise en œuvre alors que la seconde réduit cette participation à l’élaboration d’une décision ou au refus d’une décision prise ailleurs. Dans cette dernière acception, on retrouve la démocratie participative telle que l’avait envisagée Ségolène Royal,et telle que la pratique d’ailleurs les partis politiques les plus démocratiques lorsqu’ils demandent à leurs militants de prendre part à l’élaboration du programme politique . Dans le premier cas, on retrouve la démocratie active telle qu’elle se pratique dans certaines collectivités qui délèguent à des structures élues (comités de quartier par exemple) une partie du budget de la collectivité pour mettre en œuvre un ou des projets de ces comités. Il serait d’ailleurs intéressant que, dans le cadre de la disparition de la fameuse « réserve parlementaire », les élus de la Nation réfléchissent à un dispositif permettant de remplacer cette aide indispensable à nombre de projets associatifs ou de petites communes, par un dispositif géré localement, en toute transparence par une structure ad hoc élue.

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CAC gagnant

J’ai lu ceci dans la presse http://info.economie.lefigaro.fr/societes/CAC 40: plus de 52 milliards d’euros de profits au premier semestre et j’ai trouvé cela choquant.

Si j’avais été sur Twitter, j’aurai pu écrire «#Neymar, le pouvoir d’achat footballistique du CAC 40 est en baisse ». Mais peut-on rire de tout cela ? J’explique d’abord mon faux tweet : en 2016, avec les bénéfices engrangés an premier semestre 2016, les entreprises du CAC 40 auraient pu acheter 295 Paul Pogba alors qu’en 2017, avec les bénéfices du premier semestre elles n’auraient pu acheter que 232 Neymar.

Vous allez me dire que c’est une drôle d’idée de vouloir mettre ensemble le mercato et le marché financier. Pas tant que cela quand on y réfléchit un peu. Le football est devenu un business qui, cette année, semble avoir définitivement perdu la raison. Les sommes brassées dépassent l’entendement et comme il s’agit avant tout de marketing ou de merchandising, il faut bien se dire que ces sommes dépensées seront bien récupérées d’une façon ou d’une autre, soit sur les droits de retransmission, soit sur la vente des produits dérivés, soit sur le prix des places dans les stades. Or parmi les supporters, les gens aisés ne sont pas la majorité. Je suis sûr même qu’il y a parmi eux des étudiants qui bénéficient des APL. Le hold-up qu’on va effectuer sur leur pouvoir d’achat, en profitant de leur passion risque d’être bien supérieur à 5 euros par mois et personne ne protestera car comme je viens de le dire, c’est une passion et contre ça, on ne peut rien, surtout pas les tribuns politiques. C’est d’ailleurs là dessus que jouent les patrons des grands clubs et surtout les états-majors de requins qui les entourent.

Mais quel rapport avec le CAC 40 me direz-vous ? J’en vois plusieurs. En premier lieu, le gigantisme des sommes en jeu effraie et dégoûte à la fois. Payer un gamin immature qui tape dans un ballon le prix d’un Airbus A 320-200 est aussi immoral que de voir que 40 grandes sociétés sont capables de soutirer aux marchés qu’elles exploitent (car c’est bien le mot), le quart de ce que l’Etat français va prélever dans le même temps sur l’ensemble de l’économie française. De telles accumulations ne peuvent durer éternellement. En deuxième lieu, ces sommes en jeu sont la preuve que dans ces milieux, la seule valeur qui existe est l’argent; le sport, la compétition d’un côté, le service rendu à des clients sur un marché deviennent des alibis secondaires. Une telle fièvre obsessionnelle ne peut durer éternellement. En troisième lieu, il y a ce que j’évoquais rapidement plus haut : l’origine de ces sommes pharaoniques. D’une manière où d’une autre, par petites sommes ou par gros marchés, cet argent est prélevé dans la poche de millions de personnes et cela n’est pas en soi immoral, mais cela le devient quand ces prélèvements se transforment en gigantesques excédents que rien ne peut justifier. Quelque part, il y a bien une spoliation. Et de tels vols en bandes organisées ne peuvent durer éternellement.

La question est : combien de temps cela va-t-il durer ? Et plus cela tardera plus le retour de bâton risque d’être violent. Aïe!Aïe!Aïe !

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Brèves de compteur n° 101 Un drôle d’effet rebond.

Cocorico ! L’efficacité énergétique de la France n’arrête pas de progresser :
« L’efficacité énergétique de l’économie française a progressé de 1,4% par an depuis 2000. »
C’est mieux que l’inverse certes mais il n’y a pas de quoi pavoiser. En effet, à ce rythme, on n’est pas prêt d’avoir diminué de moitié notre consommation énergétique comme le prévoient certain-e-s dirigeant-e-s politiques. Et puis surtout, ce qui est important dans l’évolution de notre consommation d’énergie, ce n’est pas temps l’intensité énergétique de notre économie que son volume global. Or si on en croit cet article, cette performance n’a permis de réduire la facture énergétique que de ,03% par an. Si comme on nous l’annonce, la croissance du PIB (donnée à prendre avec des pincettes comme vous le savez) dépasse durablement les 1,5% par an, il en faudra plus, beaucoup plus,  ne serait-ce que pour faire passer notre consommation globale d’énergie en dessous du niveau de 1992 (année de référence de Kyoto).
Or, nous n’en prenons pas le chemin. En effet, alors que sous les effets conjugués des contraintes budgétaires et des taxes carbone ou assimilées, les entreprises et les administrations font des efforts certains, il n’en est pas de même des ménages. Certes, « par civisme », ils commencent à éteindre les fonctions « veille » de leurs appareils audiovisuels et de leurs ordinateurs mais sur le fond ils restent rétifs aux messages forts sur la qualité de leurs équipements électroménagers
« Les Français boudent les appareils électroménagers les plus économes »
et d’après le graphique qui accompagne cet article, nous faisons exception dans le paysage européen et de beaucoup, à peine 1% de A++++ là où en Allemagne on dépasse les 15% par exemple. Est-ce à dire que le civisme des Français seraient moindre ? Peut-être pas mais en l’occurrence, s’agit-il d’ailleurs de civisme ? Les ménages gèrent en général leur budget de façon rationnelle et un appareil électroménager est un investissement dans choix duquel le prix d’acquisition entre en ligne de compte au même titre que les coûts de fonctionnement. Et c’est là que le bât blesse : tant que nous aurons un prix de l’électricité domestique, deux fois inférieur au prix allemand et en moyenne 35% moins cher que nos voisins européens, il ne faut pas s’attendre à ce que des appareils plus chers à l’achat aient la faveur des ménages si ceux-ci ne sont pas sûrs de récupérer rapidement la différence de prix par des économies substantielles sur leur facture d’électricité.

L’électricité d’origine nucléaire, vendue bon marché, commence à nous coûter vraiment cher.

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