Les réseaux sociaux sont-ils aussi des médias ?

La plupart des medias disent qu’ils vont mal, qu’il s’agisse de la presse écrite, des radios privées et publiques, des chaines de télévision consacrées à l’information. Pour autant, l’intérêt que portent les puissances d’argent à leur possession ne cesse de grandir. Il y a un siècle, les capitaines d’industrie, comme on les appelait à l’époque se faisaient un devoir de posséder « leur » journal , à côté de leurs activités habituelles dans le textile, les sucreries, l’aviation ou la metallurgie. Cela faisait partie des stratégies d’influence. Et en plus il s’agissait souvent d’une diversification rentable, ce qui dans l’esprit de ces industriels n’était pas à négliger.

Mais qu’est-ce qui peut bien faire courir un financier qui a beaucoup investi dans les sources d’énergie fossile, un milliardaire ayant réussi dans la téléphonie ou un banquier à investir dans des entreprises qui, de notoriété publique, perdent de l’argent et vont continuer à en perdre ? La stratégie d’influence, bien entendu, encore et toujours elle, car elle est peut-être la meilleure garantie que ni les opinions publiques, façonnées, ni les pouvoirs publics, fascinés, ne seront un obstacle insurmontable au développement de leurs autres affaires.

C’est notamment pour cela que les médias ne sont pas des entreprises comme les autres. Il aurait été bien que cela fût dit clairement dans cet article https://www.sauvonsleurope.eu/Julia Cagé et Benoît Huet : les médias ne sont pas des entreprises comme les autresOn comprend cependant les prises de position des deux interviewés qui suggèrent de donner un droit de contrôle aux journalistes sur le choix des propriétaires, de donner aux lecteurs avisés l’information la plus complète possible sur les propriétaires réels de chaque média. Tout cela dans l’intérêt de la démocratie. Mais qu’est-ce qui sacralise ainsi la fonction des journalistes au point d’en faire des remparts de nos libertés individuelles ? L’attribution d’une carte de presse n’est certes pas chose aisée mais ce n’est quand même pas comme si on décernait un brevet de civisme inoxydable à son titulaire. L’argument le plus solide est peut-être le code de déontologie de la profession mais là on se heurte aux limites d’un tel code, c’est à dire le contrôle aussi objectif possible de son application par ceux qui se sont engagés à le respecter. La profession journalistique étant suffisamment dotée en esprits fouineurs, on peut lui faire confiance pour que confraternellement bien sûr, les uns dénoncent à un moment ou un autre les dérives des autres.

Après ce long préambule, venons-en à la question que je posais en titre. Si un media est une cativité humaine qui regroupe des être humains et des moyens techniques pour faire passer une information d’un point à un autre de façon à ce qu’elle puisse être connue de tous, alors, indubitablement, les réseaux sociaux sont des medias. Ils le sont d’autant plus lorsque, au lieu de diffuser les photos de vacances de papy, ou les gags débiles d’adolescents immatures, ils véhiculent des pensées, ou des informations, vraies ou fausses, qui peuvent influencer le cours de notre vie en société.

Du coup, il conviendrait de leur appliquer les mêmes règles qu’aux autres médias. Il y a cependant un hic majeur à ce souhait et il tient à la nature de ceux qui alimentent ces réseaux. Ils sont des millions, voire des centaines de millions et aucun n’a la qualité de journaliste lorsqu’il intervient. Dès lors vouloir appliquer un code de déontologie devient chose impossible. Responsabiliser les « auteurs » est alors la seule solution. Cela passe évidemment par leur identification et là un effort de transparence est nécessaire, ce qui induit que l’usage d’alias, de pseudonyme ou tout autre postiche est à bannir. Ensuite, quitte à ralentir les débits sur la Toile, un contrôle des contenus peut être imposé en prenant comme modèle, par exemple, les procédures de validation des informations telles que les pratiques un outil comme Wiki, produit, contrôlé et validé par des collectifs de citoyens. L’identification des sources d’information est en effet un premier moyen d’identifier la qualité de l’information transmise.

Dans un média, il y a trois éléments, l’émetteur, le récepteur et le message. Et en fin de compte la meilleure garantie de la qualité du média est peut-être entre les mains des récepteurs, de leur vigilance, de leur capacité à aller vérifier la qualité soit de l’émetteur (voir supra) soit de l’information.

Et ceci est vrai pour les réseaux sociaux, comme pour tous les médias plus traditionnels. Ceci englobe bien entendu aussi les blogs, dont le mien.

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