Loi climat : entre le marteau et l’enclume

La planète va mal, très mal même au point qu’on ne parle même plus de transition vers un monde meilleur mais d’adaptation à un monde pire. C’est du moins ce qui ressort du dernier sommet de la commission mondiale pour l’adaptation (CAS2021) qui s’est tenu fin janvier aux Pays-Bas https://www.cas2021.com/

Il ressort d’un des graphiques paru à ce moment que si rien n’est fait, les dégâts causés par les dérèglements climatiques seront considérables voire irreversibles. Mais le même graphique montre que ceci n’est pas inéluctable et qu’un investissement massif de 1.500 milliards de dollars sur quelques points clés (système d’alerte, protction de la mangrove et des zones humides côtières, l’amélioration des pratiques agricoles dans les zones arides, une gestion plus résiliente des ressources en eau et la construction d’infrastructures résilientes) procurerait un bénéfice (réduction des pertes essentiellement) de 7.100 milliards de dollars. Toutefois, même si autour de la table virtuelle de ce Climate Adaptation Summit (CAS 2021), il y avait une quarantaine de représentants d’Etats dont quelques uns des plus riches, la partie est loin d’être gagnée et ceci essentiellement parce ces pays riches, dérrière les beaux discours ne jouent pas toujours le jeu https://www.novethic.fr/face à la réalité du changement climatique, la question de l’adaptation commence (enfin) à prendre de l’ampleur

Ceci explique qu’un certain nombre d’initiatives populaires pour le climat, qui visaient à forcer la main aux gouvernements, aient eu autant de succès. Cela a commencé aux Pays-Bas et le mouvement a obtenu une audience inouïe en France où une pétition en ligne à recueilli, en un temps recardn difficilement imaginable, un nombre impressionnant de signatures. Et c’est fort de ces signatures que les auteurs de la pétition sont allés en justice contre l’Etat français et…..ils ont gagné en première instance. Evidemment, cela ne plait pas à tout le monde, notamment ceux qui pensent que c’est aller trop loin. https://www.lejdd.fr/Societe/ « Affaire du siècle » : une décision de justice à double tranchant N’en déplaise à ceux-ci, il est maintenant acté que des Etats et donc des gouvernants peuvent être considérés comme responsables de négligence environnementale.

Cette épée de Damoclès juridique suspendue au-dessus de leurs têtes doit certainement inciter ces dirigeants à plus d’intérêt pour la chose environnementale. C’est ainsi qu’on peut interpréter leur présence à CAS 21 mais aussi dans d’autres instances internationales où on disserte à l’horizon 20-30 ans.

Mais il en faudra plus. Il faut des gestes forts et la loi climat aurait pu être de ceux-là. Hélas, comme je l’ai dit hier Loi climat : un texticule écologique

Pourtant, il se démène ce président sur la scène internationale. Ainsi ce coup de gueule de quatre de ses ministres face aux partenaires européens attire l’attention https://www.novethic.fr/La France appelle l’Union Européenne à sortir du traité sur la charte de l’énergie, un texte à haut risque pour la transition

Traité sur la charte de l’énergie ? Bigre ! Qu’est-ce ?

Si ça vous intéresse, reportez-vous à la fiche wikipédia correspondante https://fr.wikipedia.org/wiki/TTraité de la charte sur l’énergie ; elle est plutôt bien documentée mais peut-être un peu longue. Pour vous la faire brève, le point qui achoppe maintenant c’est l’article 26 qui permet à des entreprise de trainer les Etats devant une structure arbitrale au cas où elles considéreraient que la politique énergétique dudit Etat nuit à leurs intérêts. Devant un tribuanl ? Eux aussi ! Décidément c’est une manie.

Et comme les prinicipales entreprises que des décisions étatiques pourraient léser sont fortement produtrices de gaz à effet de serre, il n’est pas besoin d’être grand clerc pour comprendre qu’aller dans le sens des ONG, c’est aller contre les intérêts de ces firmes, et réciproquement que céder aux sirènes des lobbys qui défendent les intérêts de ces firmes c’est courir le risque de fâcher encore plus ces ONG. Comme on le voit, c’est être en permanence entre le marteau et l’enclume. Choix apparemment cornélien.

Mais pour résoudre ce dilemme, il faut peut-êtrefaire comme avec le nœud gordien, en tranchant dans le vif. Le pire serait de ne rien faire tout en disant beaucoup de façon à satisfaire « en même temps » les lobbys environnementalistes et les lobbys des énergéticiens. Mais alors que faire ? Supprimer le marteau et/ou l’enclume. Quand on y réfléchit bien, la solution est au bout du compte assez simple. Comme on ne peut pas lever l’hypothèque posée par des décennies d’incurie des Etats, il ne reste plus qu’à supprimer l’obligation juridique qui pèse sur ces mêmes Etats du fait des traités qui les lient.

Du coup, la remise en cause du TCE irait dans le bon sens et nul doute que les partenaires européens de la France qui siégaient également au CAS21 lui prêteront une oreille attentive et même plus. Et tant qu’on y est, autant aller jusqu’au bout de la logique et remettre en cause, ou ne pas signer, tout traité qui contiendrait une telle clause d’arbitrage des conflits Etats-Entreprises. Cela milite donc pour NE PAS RATFIER le traité entre l’Union Européenne et Mercosur et ne pas se limiter à obtenir des « concessions » environnementales https://www.mediapart.fr/Traité UE-Mercosur: la France négocie la levée de son veto
Cela veut aussi dire que les autres traités dits de libre-échange doivent être remis en question quand ils ont été signés ou reportés à des jours meilleurs, c’est à dire à un moment où les Etats considéreront de nouveau que ce qui se passe chez eux ne relève que de LEURS lois et non des oukases d’entreprises sans territoire mais pas sans emprise.

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