La saga des GAFA : ils osent tout cas 2 , Amazon

Voilà encore une belle histoire qui commença comme un conte de fée moderne. On vit apparaître dès les débuts du commerce en ligne un petit site qui se proposait de mettre à disposition de tous la culture, via un catalogue de livres particulièrement bien fournis et à prix réduit. Cela augurait bien de l’avenir de ce mode de commerce et combien pouvait être vertueuse cette nouvelle façon d’amener à tous, pourvu qu’on possède un terminal et un accès à Internet, des produits jusque là réservés en général à une certaine élite [ celles et ceux qui lisent encore].

Mais très rapidement il a fallu déchanté. Le bouquin n’était pas une fin en soi mais juste un vecteur de pénétration, celui où la concurrence était alors la lus faible. Le but était bien de tout fournir de A à Z, bref d’être une entreprise tentaculaire et totalitaire, dépassant en cela les réseaux de vente par correspondance existant et les chaînes de distribution qui tenaient le haut du pavé.

Évidemment ce modèle, parfait en apparence pour le consommateur final, présente quand même quelques défauts ; pour avoir un prix bas, si vous ne mégotez pas trop sur la qualité et que vous insistez sur la qualité du service (ponctualité, rapidité, sécurité), cela suppose que certaines parties prenantes vont être pressurés, les fournisseurs sommés de fournir de la qualité au prix du toc, les salariés, soumis à des conditions de travail qu’on dit d’un autre âge, les pouvoirs publics superbement ignorés, notamment par l’évasion fiscale.

Cela a fini par irriter et touchés au portefeuille budgétaire, des dirigeants politiques ont décidé de prendre le taureau par les cornes. Ainsi, le grand argentier français en a fait une affaire personnelle de la taxation de ces sites de vente en ligne. La réponse a été arrogante https://www.ouest-france.fr/Amazon répercute la taxe Gafa sur ses vendeurs en France
Le résultat n’était pas celui attendu puisque loin de protéger les petits producteurs, cela ne faisait que les enfoncer un peu plus https://www.ouest-france.fr/« C’est foutu, on va devoir fermer » : les vendeurs en ligne s’inquiètent de la taxe Amazon

Bon, mais ça c’est du déjà vu, me direz-vous. Les centrales d’achat de la grande distribution en font déjà tout autant et les États Généraux de l’agriculture et de l’Alimentation de l’été 2018 n’ont pas changé grand chose pour les producteurs de produits agricoles et agro-alimentaires. Certes, mais il n’empêche qu’est insupportable cette forme de chantage particulier, contre un projet de taxation qui, en fin de compte, ne faisait que remettre dans le droit commun, une entreprise qui s’en était extraite : elle montre que décidément ces entreprises osent vraiment tout.

Mais vous n’avez encore rien vu.

Dans le précédent billet, je mettais en évidence le risque que pouvait présenter pour notre vie privée et notamment le secret qui doit être préservé sur notre santé, le projet d’un des géants du Net de nous connecter à tout moment via une application sanitaire. Ce risque n’est rien à côté de ce que met en place cette pieuvre polydistributive qui n’a rien d’un fleuve tranquille https://www.lesechos.fr/Docteur Alexa et Mister Amazon
Vous avez bien lu. A travers une myriade de filiale, ce groupe veut pouvoir contrôler toutes les étapes d’un parcours sanitaire. Confier à un distributeur ses choix de cadeaux de Noël ou l’équipement de sa maison est certes aliénant et individuellement on peut s’en remettre, même si globalement, cela met à mal l’équilibre des rapports économiques qui sous-tendent cette consommation sous contrôle. Par contre confier sa santé à un seul opérateur qui en outre pourra disposer des données personnelles qu’il collectera à ces occasions relève d’un autre registre. On entre dans une vision totalitaire du monde et c’est d’ailleurs celle des promoteurs de ce groupe qui, par ailleurs, à travers quelques gestes qu’on présente comme philanthropiques, se veulent les nouveaux deus ex machina du monde de demain.

Du coup, j’ai quelques inquiétudes quand je lis ceci https://www.ouest-france.fr/Pour son projet de voyage dans l’espace, Jeff Bezos revend 1,8 milliard de dollars d’actions Amazon

Le plus dramatique dans cette affaire est qu’il ne sont pas les seuls sur les rangs. Je n’ose imaginer vers quelles dérives aventureuses peuvent nous amener, ces lubies démiurgiques

En attendant, pour rester terre à terre, il se passe ceci https://www.letelegramme.fr/Le permis de construire de la plateforme Amazon de Briec accordé Le cas n’est pas unique car il existe, paraît-il une dizaine de projet du même style, ne serait-ce qu’en France. Ben oui, pour aller sur Mars, il va bien falloir générer des tonnes et des tonnes de bénéfices et l’argent il faut bien le prendre là où il est, c’est à dire dans la poche du consommateur.

Rends-toi compte, acheteur compulsif qui fait chauffer ta carte bleue à partir de ton ordi, grâce à tes achats, tu vas pouvoir te dire qu’ainsi tu contribues à la conquête de l’espace. Exaltant, non ?

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