Il y a quelque chose qui cloche là-dedans…

Il y a quelques semaines quelques producteurs de légumes ont saccagé le centre de Morlaix pour montrer leur exaspération face à un marché qui n’absorbe plus leur production. Il est vrai que leur situation a été aggravée par un cumul d’événements défavorables : une météo particulièrement clémente qui les a mis en concurrence avec les pays dont les productions arrivent traditionnellement avant la leur sur les marchés européens, une décision d’embargo vers la Russie, qui, si elle est politiquement justifiable compte tenu de l’attitude de ce pays, n’en arrivait pas moins mal à propos dans un tel déséquilibre du marché.

Mais je rajouterai que, régulièrement, les artichauts et les choux-fleurs sont déversés sur le pont autoroutier de Morlaix pour cause de surproduction.

Mais, comment se faisait-il que dans le même temps dans les hypermarchés de Morlaix, les mêmes artichauts qu’on déversait par milliers de têtes avant d’y mettre, bêtement, le feu, se vendaient à plus d’un euro, la tête ?

Il y a quelque chose qui cloche là-dedans….

Et puis voilà que le marché du lait va à son tour se mettre à bouillir, et on sait que quand le lait bout, ça déborde.http://www.ouest-france.fr/lait-fin-des-quotas-les-producteurs-europeens-de-lemb-prets-laction-2992717

Lait. Fin des quotas: les producteurs européens de l’EMB prêts à l’action

Là aussi, l’embargo russe va se conjuguer avec une modification des conditions de marché, la fin des quotas. Mais qu’est-ce en fin de compte ces fameux « quotas laitiers » ? C’est une « contrainte administrative » mise en place en France puis dans l’ensemble de l’Union Européenne pour limiter les coûts de régulation liés à la surproduction endémique à une époque. Et maintenant, on voudrait supprimer cette façon de réguler le marché afin de laisser « la main invisible » réguler elle-même. Les producteurs annoncent à l’avance qu’ils n’y croient pas. Il y a même des auteurs pour dire que cette suppression va être une catastrophe pour la diversité de l’agriculture européenne et française (voir l’article de Wikipédia consacré aux quotas laitiers)

Mais à quoi cela sert-il de financer des hordes de fonctionnaires dans les DRAAF dont le rôle est d’accompagner les politiques publiques agricoles ? Mais à quoi cela sert-il d’avoir des dizaines d’agents dans les chambres d’agriculture dont le rôle est de conseiller la profession agricole ? mais à quoi cela sert-il d’avoir des filières agro-alimentaires bien organisées pour orienter les productions en fonction des besoins finaux ?

Mais à quoi cela sert-il en fin, tout cela, si pour finir, on en arrive à la conclusion que les résultats sont aussi anarchiques que s’il n’y avait rien ?

Il y a quelque chose qui cloche là-dedans…

Et ne voilà-t-il pas que maintenant même le sacro-saint maïs semble touché

En général, quand il ya de la qualité, les prix montent. En général quand il y a quantité, les prix s’effondrent.

Mais quand il y a à la fois quantité et qualité, que se passe-t-il ? Eh ben,euh…. Les prix s’effondrent aussi

http://www.ouest-france.fr/cereales-mais-2014-top-qualite-et-quantite-mais-flop-pour-les-prix-2992591

Céréales. Maïs 2014 : top qualité et quantité mais… flop pour les prix

Peut-être bien que ce qu’on appelle qualité, c’est-à-dire qualité sanitaire du produit, n’est pas un critère déterminant pour le consommateur final, je parle évidemment de l’éleveur, pas du bétail, qui, lui, mangent sans barguigner . Que cela couvre à peine les coûts de production, je veux bien l’admettre mais alors pourquoi vouloir en remettre une couche en irriguant des zones qui ne sont pas les plus favorables à cette production ?

Il y a quelque chose qui cloche là-dedans….

Mais me rétorquera-t-on, vous n’y connaissez rien à l’agriculture. Eh, oui, je le confesse, je n’ai fait aucune étude particulière dans ce domaine et le peu que je sais, ce sont mes professeurs de marketing des produits agro-alimentaires à l’ESSEC qui me l’ont appris ainsi que les ingénieurs agronomes que j’ai fréquentés à Office des Fruits et Légumes, à l’Office National des Aliments pour Bestiaux ou à la Société nationale des Lièges et Bois en Algérie.

Il n’empêche, quand ça cloche, ça cloche !!

Et ça cloche d’autant plus quand on lit que par ailleurs, plus de 800 millions d’êtres humains ne mangent pas à leur faim dans le monde. http://www.ouest-france.fr/faim-dans-le-monde-la-sous-alimentation-aussi-un-cout-economique-2983803

Faim dans le monde. La sous-alimentation a aussi un coût économique

J’ai un peu de mal à faire le lien entre les deux mais manifestement, il y a quelque chose qui cloche là-dedans. C’est évident.

Heureusement, il y en a qui ont réfléchi à la question et qui ont des solutions toutes trouvées pour résoudre cet intolérable paradoxe. Pour une agriculture au service de la sécurité alimentaire 
et nutritionnelle en Afrique

Voilà des gens qui ont des tas de bonnes idées pour y aboutir.

Mais pourquoi ne parlent-ils pas du poulet « fabriqué » ailleurs qui coûte de toute façon moins cher que le poulet élevé localement ? Pourquoi n’évoquent-ils pas le riz vietnamien qui de toute façon coûtera moins cher que le riz produit au Mali ? Pourquoi ne dénoncent-ils pas ces légumes (petits pois, haricots, etc. ) qu’on fait pousser en Afrique de l’Est et qui arrivent par avion en Europe à un prix inférieur aux productions locales ? Pourquoi ne dénoncent-ils pas ces milliers d’hectares déforestés pour produire soit de l’huile de palme soit des agro-carburants ?

Ce n’est pas leur propos Mais allez quand même voir le site de cette fondation pour vérifier qui la dirige.

Pour le coup, vous pourrez dire avec moi, « Il ya vraiment quelque chose qui cloche là-dedans. »

Mais comme je vous l’ai dit, je n’y connais rien en la matière et je n’ai donc que des questions.

Mais peut-être ne suis-je pas le seul, car je ne dois pas être le seul à constater qu’il y a quelque chose qui cloche là-dedans sans comprendre pourquoi ça cloche.

Moi, en tout cas, je sais une cho

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Les mêmes causes provoquent les mêmes effets

Le spectre de la grippe aviaire est de retour. Et ce n’est pas un hasard si les premiers cas constatés en Europe le sont dans des zones où les élevages intensifs sont légions. http://www.ouest-france.fr/grippe-aviaire-un-cas-hautement-pathogene-aux-pays-bas-2980114

Grippe aviaire. Un cas « hautement pathogène » aux Pays-Bas

C’est un peu normal car il en va des épizooties comme des épidémies : plus la densité de population est forte, plus le risque de dissémination du virus est forte. En outre, ces maladies virales touchent plus fortement les populations les plus faibles. Or qui a déjà eu l’occasion de visiter un de ces « poulaillers » modernes, est d’abord frappé par cette impression oppressante de grouillement que provoque cet entassement de tas de plumes, puis pris de commisération par la vue de ces bêtes malingres.

Il paraît que c’est la condition nécessaire pour pouvoir vendre des poulets ou des œufs à des prix compétitifs.

Certes, mais que se passe-t-il quand il faut éliminer d’un seul coup 150.000 bêtes, soit l’équivalent d’environ 500.000 repas ? Qui paie et comment cela se répercute-t-il dans le prix de revient, pour la société, d’un tel gâchis?

Voilà donc les Pays-Bas touchés après l’Allemagne. On comprend qu’en France le ministère de l’agriculture s’inquiète puisque les virus ne connaissent pas les frontières et que sauf mesures de protection spéciales, les mêmes causes produisent en général mes mêmes effets. http://www.ouest-france.fr/grippe-aviaire-la-france-renforce-sa-surveillance-contre-le-virus-2982986

Grippe aviaire. La France renforce sa surveillance contre le virus

Espérons que ces mesures suffiront à éloigner le danger qui, s’il arrivait malgré tout, mettrait sur la paille des éleveurs qui n’ont vraiment pas besoin de cela, tant ils ont déjà des difficultés à garder la tête hors de l’eau.

L’idée même de telles hécatombes possibles, devraient faire réfléchir ceux qui orientent les politiques agricoles. Et quand je dis, ceux qui orientent, je ne parle pas uniquement des politiques ou des fonctionnaires, mais aussi et surtout de ceux qui tous les jours au contact des exploitants-exploités agricoles, les conseillent dans la taille de leurs élevages, leur mode d’alimentation et de protection sanitaire, les investissements à réaliser et le financement de ces investissements. Sans forcément aller immédiatement vers des pratiques totalement saines comme l’élevage bio, il existe toute une palette d’alternatives dont le principe commun est le respect : respect du consommateur, respect du producteur et même respect du bien-être animal. Partant de là, le curseur peut varier en fonction de l’équilibre que chacun choisit entre qualité et quantité.

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mieux vaut en rire-rubrique inépuisable- n°110

« Dépêchons-nous d’en rire maintenant de peur d’avoir à en pleurer demain. » Beaumarchais

« L’humour est la politesse du désespoir. » Oscar Wilde

« On peut rire de tout mais pas avec tout le monde. » Pierre Desproges

« Pour ce que rire est le propre de l’homme. » Rabelais

 

C’est compliqué de faire simple

Simplifier les relations des entreprises et des particuliers avec les administrations, voilà le chantier discret sur lequel compte le Président pour marquer son quinquennat. « Vaste programme ! » aurait dit un de ses prédécesseurs tellement l’administration peut parfois se montrer à la fois inventive et imbécile, et je sais de quoi je parle.

Mesure phare : transformer l’accord préalable de l’administration en accord tacite

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/relance-economique-simplifier-fait-gagner-temps-largent-31-10-2014-167527

Relance économique. Simplifier fait gagner du temps et de l’argent

L’idée est simple et lumineuse. Les services de l’Etat vont désormais avoir un délai pour répondre, positivement ou négativement et au-delà, la réponse sera supposée favorable à l’administré. Quelle sureté pour les administrés qui sauront ainsi planifier leur action et quelle simplification pour tout le monde, y compris pour l’administration qui s’économisera ainsi des réponses de pure forme.

Mais c’était sans compter sur l’administration elle-même. En effet à peine ce point avait été acté en Conseil des ministres que dès le lendemain, c’est-à-dire le 23 octobre, le Journal Officiel publiait 42 décrets prévoyant 1692 exceptions à cette règle. Et encore ce n’était pas fini puisque les ministères retardataires ont fait publier dans les jours suivants quelques décrets supplémentaires.

Drôle de simplification puisque maintenant il va falloir se demander chaque fois qu’on s’adresse à l’Etat si on se trouve dans le cas commun « l’Etat se tait donc je pourrais faire d’ici X jours » ou si au contraire on se trouve dans le cas ancien «  J’attends que l’Etat veuille bien me donner sa décision. »

Mais c’était inévitable compte tenu du point de départ, des habitudes prises par l’administration et les conséquences que pourrait avoir parfois un manque de diligence de l’administration. Gageons toutefois que dans un avenir proche, c’est-à-dire une dizaine d’année, une nouvelle rafale de décrets va venir réduire cette liste.

Mais au-delà du côté apparemment ubuesque de cette simplification qui complique, cette publication simultanée de 42 décrets en dit long sur le fonctionnement et les mœurs de certaines administrations. En effet, si la liste des exceptions est longue cela veut dire que l’administration est souvent sollicitée par les administrés pour obtenir une décision donc que l’Etat est très interventionniste et a produit beaucoup de normes dont il entend suivre l’application. Mais cela peut aussi vouloir dire que les fonctionnaires qui travaillent dans ces ministères ne sont pas très enclins à se dessaisir  du pouvoir de dire « Oui » ou « Non ».

Pour le vérifier regardons dans le détail ministère par ministère

ministère des finances 3 décrets et 376 exceptions

ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie 3 décrets et 333 exceptions

ministère de la justice 3 décrets et 184 exceptions

ministère des affaires sociales 3 décrets et 167 exceptions

ministère de l’intérieur 3 décrets et 148 exceptions

ministère du travail 3 décrets et 113 exceptions

ministère de l’agriculture 3 décrets et 94 exceptions

ministère de la défense 3 décrets et 73 exceptions

ministère du logement 3 décrets et 63 exceptions

ministère de la culture 2 décrets et 48 exceptions

ministère de l’éducation 3 décrets et 45 exceptions

services du premier ministre 4 décrets et 29 exceptions

ministère de la ville 3 décrets et 13 exceptions

ministère des affaires étrangères 2 décrets et 5 exceptions

ministère de la fonction publique 1 décret, 1 exception

On comprend mieux la mauvaise réputation de certains ministères, à la fois très interventionnistes et très jaloux de ces prérogatives.

 

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mieux vaut en rire-rubrique inépuisable- n°109

« Dépêchons-nous d’en rire maintenant de peur d’avoir à en pleurer demain. » Beaumarchais

« L’humour est la politesse du désespoir. » Oscar Wilde

« On peut rire de tout mais pas avec tout le monde. » Pierre Desproges

« Pour ce que rire est le propre de l’homme. » Rabelais

Difficile à croire

http://www.ouest-france.fr/grande-bretagne-2-du-clerge-de-leglise-anglicane-ne-croit-pas-en-dieu-2936161

Grande-Bretagne. 2% du clergé de l’église anglicane ne croit pas en Dieu

Sans commentaire sauf celui-ci: « Seulement? » Au fait, combien de dirigeants du PS ne croient pas au socialisme?

Nuisible, nuisance etc…

Un petit article anodin dans Ouest France, agrémenté d’une photo d’un renard, manifestement égaré sur un parking de supermarché

http://www.ouest-france.fr/environnement-les-nuisibles-vont-ils-envahir-nos-villes-2943679

Environnement. Les nuisibles vont-ils envahir nos villes ?

Cela aurait aussi pu être publié par Ouest France mais cela l’a été par un journal parisien

http://www.leparisien.fr/rennes-35000/nouvelle-autorisation-d-exploiter-pour-l-usine-des-1-000-truies-en-cotes-d-armor-25-10-2014-4241647.php

Nouvelle autorisation d’exploiter pour « l’usine des 1.000 truies » en Côtes d’Armor

L’inverse , c’est à dire le renard sur un parking dans le Parisien et l’usine à cochons costarmoricaine dans Ouest France, aurait d’ailleurs peut-être été plus logique, mais passons.

Toujours est-il que le rapprochement de ces deux informations m’amène à me demander qui est le plus nuisible, le goupil ou ces exploiteurs agricoles qui multiplient les nuisances dans l’intérêt de leur porte-monnaie et celui de leurs banquiers, leurs fournisseurs d’aliments, etc…

 

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Le 26 octobre, deux grenades….

Le 26 octobre 2013 une grenade lancée par les forces de l’ordre explosait dans la main d’un jeune manifestant sous le portique de Pont de Buis lui arrachant cette main.

Dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014 , une grenade lancée par les forces de l’ordre atteignait dans le dos un jeune homme manifestant sur le chantier du projet de barrage du Testet, provoquant une mort tragique et inutile.

Certes, les combats n’étaient pas les mêmes, certes les opposants n’étaient pas les mêmes. Dans un cas, on retrouvait chez les Bonnets Rouges, une coalition hétéroclite où la FNSEA jouait un rôle très actif contre un projet jugé emblématique par les écologistes. Dans l’autre on retrouvait à la pointe de l’opposition au barrage, des écologistes qui ne voulaient pas d’un projet qui ne profitaient qu’à quelques entrepreneurs agricoles, soutenus par la FNSEA.

Chacun sait où va ma préférence mais ce n’est pas mon propos ici

En l’occurrence je ne fais aucune différence entre un jeune mécanicien, enrôlé chez les Bonnets Rouges, parce qu’ainsi il croyait défendre l’emploi régional et un jeune biologiste naturaliste, qui ne voulait pas d’un projet qui détruirait quelques dizaines d’hectares de zones humides et encore plusd’habitat d’espèces protégées.

En effet, tous les deux agissaient de bonne foi, tous les deux manifestaient paisiblement, même si autour d’eux il y avait parfois de la violence, tous les deux n’étaient pas « bête, au point de perdre leur vie [ou un membre] pour des idées », comme l’a dit ignominieusement  Mr Carcenac, président du Conseil général du Tarn (ce faisant, il rejoint Louis Pauwels et son « SIDA mental » dans l’abjection), tous les deux sont victimes d’une violence policière que rien ne justifie.

Et c’est là l’objet de mon propos.

Quelle que soit l’objet d’une manifestation quelle que soit la façon dont elle se déroule, rien, je dis bien rien ne justifie qu’on utilise des moyens qui peuvent tuer ou grièvement blesser un manifestant. Le temps où on pouvait tirer sur les mineurs en grève est révolu. Une grenade offensive, comme un flash-ball, comme un Taser, ne sont évidemment pas des fusils Lebel, mais il s’agit d’armes létales dans leurs effets.

Le droit de manifester est une conquête de la démocratie. La meilleure preuve en est que la moindre manifestation publique dans un pays que nous jugeons sous dictature, est saluée dans nos démocraties comme une avancée démocratique. Le droit de manifester implique de pouvoir le faire en toute sécurité.

Il faut donc bannir de l’arsenal des forces de l’ordre, toutes ces inventions, soit disant « défensives », c’est-à-dire visant à protéger les forces de l’ordre contre la violence des manifestants. C’est une question de survie démocratique.

Mais me direz-vous, que faire quand les rangs des manifestants sont gangrenés par quelques dizaines de voyous , car il n’y a pas d’autres mots pour les qualifier, pour qui détruire ou frapper est le seul mode d’expression ? Je répondrais à cela deux choses :

C’est la responsabilité des organisateurs de ces manifestations de faire en sorte que ces olibrius ne puissent agir. C’est aussi une question de survie démocratique

c’est ce qui fait l’excellence des forces de l’ordre quand elles arrivent à canaliser ces hordes violentes. C’est leur honneur et la justification démocratique de leur action.

Mais pour cela, il faut que quand un drame a lieu, les responsables, et on voit à travers mes lignes, qui sont pour moi les responsables possibles, doivent répondre de leurs actes. Laisser impuni de telles exactions qu’il s’agisse d’une mort d’homme, d’une blessure grave ou à un moindre degré de dégradations de biens publics comme à Morlaix ou à Pont de Buis, c’est inciter ces « responsables » à l’irresponsabilité. C’est une question de survie démocratique. C’est même la plus importante dans un pays où la légalité démocratique doit toujours rejoindre la légitimité de la revendication démocratique.

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Mieux vaut en rire –rubrique inépuisable- n° 108

« Dépêchons-nous d’en rire maintenant, de peur d’avoir à en pleurer demain .» Beamarchais
« L’humour est la politesse du désespoir. » Oscar Wilde
« On peut rire de tout mais pas avec tout le monde. » Pierre Desproges
« Pour ce que rire est le propre de l’homme. » Rabelais
 

L’humour caché des journalistes

Voici un article au titre bien anodin paru dans la gazette des communes, journal ô combien sérieux !

http://www.lagazettedescommunes.com/289373/le-chemin-de-croix-des-parents-accompagnateurs-de-sorties-scolaires/?utm_source=quotidien&utm_medium=Email&utm_campaign=30-10-2014-quotidien

Le chemin de croix des parents accompagnateurs de sorties scolaires

Cela aurait été anodin, s’il n’avait été publié dans la rubrique « laïcité ». Les journalistes sont parfois des pince-sans-rire ou des humoristes involontaires.

Mais compte tenu du contenu sensible et polémique du sujet abordé, était-ce vraiment involontaire ?

L’enfer est pavé de bonnes intentions

La Semaine Européenne de Réduction des Déchets approche. Il se trouve qu’elle se déroule pendant le mois de l’Economie Sociale et Solidaire. Cela donne donc des tas d’initiatives qui combinent les deux, pour le meilleur , mais aussi parfois pour le pire.

Ainsi de cette initiative prise par une entreprise d’insertion de la région d’Aubagne.

http://www.marsactu.fr/economie/avec-des-containers-on-peut-fabriquer-un-t2-en-moins-dun-mois-36886.html

« Avec des containers, on peut fabriquer un T2 en moins d’un mois »

Sur le principe, recycler des containers en fin de vie, c’est bien.

Sur le principe, produire des hébergements d’urgence à des prix défiant toute concurrence, c’est bien.

MAIS

Qui loge-t-on dans ces hébergements d’urgence ? Parfois et même souvent des clandestins, c’est-à-dire des personnes venues d’un autre pays en France de façon irrégulière et qui parfois ont voyagé coincés entre des containers quand ce n’est pas DANS un container.

Le rapprochement est fâcheux !

L’arroseur arrosé

Je ne pouvais évidemment pas passer sous silence la mésaventure du député du Val de Marne, Gilles Carrez

http://www.ouest-france.fr/isf-redressement-fiscal-pour-le-president-de-la-commission-des-finances-2930280

ISF. Redressement fiscal pour le président de la commission des finances

Il est vrai qu’un président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, rattrapé par le fisc pour avoir omis de faire une déclaration d’assujettissement à l’ISF, c’est à la fois risible et pathétique depuis le précédent Cahuzac

Il est vrai que penser être exonéré de cet impôt en application d’un amendement qu’on a soi-même déposé n’est pas vraiment risible. Mais avoir oublié qu’on avait choisi un montage juridique, la SCI, qui ne permettait pas d’en bénéficier , pour le coup, c’est franchement comique !

Pour le reste, humour involontaire ? tricherie volontaire ? bonne foi ? Le doute profite au député en l’occurrence .

Dernière touche d’humour dans cette petite mésaventure : c’est grâce à Cahuzac que cette transparence est devenu possible. On ne peut pas tout prévoir , qu’on soit au gouvernement ou dans l’opposition

 

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Illusions et désillusions de l’économie sociale et solidaire

Le mouvement de l’économie sociale s’est bâti à la fin des années 70 et dans les années 80 sur la constatation qu’il existait  entre les entreprises du modèle capitaliste et le secteur public-étatique, une troisième variété d’organisations dont les principes ne relevaient d’aucune de ces deux logiques, c’est-à-dire qui ne tirent leur légitimité ni du montant de capital apporté, ni de la puissance étatique mais exclusivement de la volonté individuelle de personnes qui ont décidé de s’associer de coopérer ou de mutualiser leurs efforts. On l’appela dans un premier temps « le Tiers Secteur » pour cette raison et cela devint l’Economie Sociale quand l’ensemble de ces acteurs voulurent affirmer qu’ils étaient une force économique. Enfin quand je dis l’ensemble, je veux dire les poids lourds de l’économie sociale, ceux que Patrick Viveret appelait en 1986 « les éléphants » car pour ce qui est des tous petits, les associations à 0 ou 1 salariés, les micro-SCOP, ceux que le même Patrick Viveret appelait les « souris » leur exigence était moindre. Ils souhaitaient simplement que fût reconnu leur utilité sociale et leur rôle en matière d’animation et de développement des territoires.

L’évolution de l’économie sociale en 20 ans a démontré que ce clivage existe toujours. Malgré la création d’un éphémère Secrétariat d’Etat en 2000-2001, force a été de constater que, dans la « ménagerie ES », la mayonnaise avait toujours du mal à prendre. On rajouta même un « S » comme solidaire à la  fin tant certains pachydermes coopératifs ou mutualistes avaient du mal à faire croire  qu’ils étaient encore socialement légitimes, à force de vouloir être économiquement performants

Le vote de la loi qu’on devra appeler loi Hamon, tant c’est sous son ministère qu’elle a été élaborée, rebat un peu les cartes et remet au goût du jour les principes qui sont à l’origine du mouvement sans pour autant lever toutes es ambiguïtés. Mais cela suffit à raviver l’enthousiasme de certains. Manifestement les jeunes « kiffent » l’ESS mais il n’est pas sûr que l’enseignement supérieur  apporte une réponse adéquate à leurs aspirations généreuses

http://www.letudiant.fr/educpros/actualite/economie-sociale-et-solidaire-ce-que-proposent-les-etablissements-du-superieur.html

Économie sociale et solidaire : ce que proposent les établissements du supérieur

Certes la loi reconnait que toute entreprise qui respecterait les principes suivants « but social autre que le seul partage des bénéfices, lucrativité encadrée, gouvernance démocratique et participative »  mais quand on y regarde de près, ce sont des principes dont se réclament aussi des entreprises qui revendiquent d’être Responsable Socialement et Environnementalement (RSE) gouvernance mise à part. En voulant reconnaître d’autres pratiques manageriales, le législateur brouille en fait un peu plus les lignes mais surtout, il ne reconnait encore une fois que le seul secteur des « éléphants » et c’est pour travailler dans ces grosses entreprises de l’ESS que va former l’Université. Les souris sont trop petites pour intéresser réellement l’enseignement supérieur. Et pourtant…

Certains étudiants vont donc au devant de quelques désillusions.

Mais il y a quand même des raisons d’espérer

Il se passe dans le sanctuaire du système capitaliste, la sphère financière, des petits mouvements discrets qui peuvent faire bouger les lignes.

Supplément Économie sociale et solidaire : L’éthique et la solidarité à l’assaut de la finance

L’éthique et la solidarité à l’assaut de la finance

Que ceux qui veulent agiter le cocotier se revendiquent de l’ESS, il n’y a rien de plus normal et cela laisse des espoirs à nos jeunes diplômés de « s’éclater » dans la finance tout en pouvant se regarder dans la glace tous les jours. Mais cela reste encore marginal. Drainer moins de 0,5% du patrimoine des ménages et des entreprises montre les limites actuelles de ce secteur et ses capacités à accueillir en masse les diplômés issus des 72 formations actuellement recensés.

Mais où sont donc les 90.000 recrutements de cadres dont parle l’article de l’étudiant ? La réponse est simple : ils sont dans ce fameux 10% de l’économie dont se gargarisent les tenants de l’ESS institutionnelles. Toutes ses structures (associations, mutuelles, coopératives, fondations) sont toutes reconnues d’ESS A PRIORI sans qu’il leur soit besoin de démontrer leur réelle vertu. Et pourtant….

Quand on lit ça : http://www.ouest-france.fr/banques-credit-mutuel-arkea-declare-la-guerre-la-federation-nationale-2881677?utm_source=of_alerte-generale&utm_medium=email&utm_campaign=of_alerte-generale&utm_content=20141006&vid=040032044041061035060111042044040038059044034033035018038035034044035123038060057

Banque. Crédit Mutuel Arkéa veut divorcer de sa fédération nationale

On peut être dubitatif. Que le litige porte sur des conflits d’intérêt importe peu. Il montre que la gouvernance laisse à désirer au moins au niveau fédéral. Si on se souvient que la plaignante Arkéa fut au cœur d’un conflit dur avec le personnel il y a quelques années, qu’à l’occasion de ce conflit les syndicats aient découvert qu’une filiale avait été créée , de statut ni mutuel, ni coopératif, pour permettre notamment des rémunérations accessoires de dirigeants, on se dit que parfois il faudrait aller regarder derrière le statut pour vérifier que ces entreprises légitimées par leurs statuts le sont aussi par leurs pratiques au non de ce qu’on demande a minima à celles qui n’ont pas ce statut mais s’en revendique au nom de principes de gestion. Si on rajoute enfin qu’un dirigeant de cette banque coopérative aurait dénié à un sociétaire le droit d’être même candidat à une fonction d’administrateur au seul motif que « ses dépôts étaient insuffisants » et « qu’à moins de 20.000 euros de dépôt ce n’était pas sérieux de vouloir être administrateur même d’une caisse locale », on peut alors penser que le divorce est consommé. C’est d’ailleurs ce que dit à sa façon cet article :

Pour un nouveau modèle socio-économique : le Coopératisme

Pour un nouveau modèle socio-économique : le Coopératisme

En s’appuyant notamment sur le contrexemple complet que représente le secteur bancaire coopératif et mutualiste.

Les principes évoqués dans cet article devraient permettre de relégitimer le VRAI secteur de l’Economie sociale et solidaire. C’est d’autant plus nécessaire que la troisième famille , le monde associatif, est actuellement en proie au doute, notamment sous la pression financière…des pouvoirs publics.

Dans un mois se déroule le mois de l’ESS : c’est sûrement le moment de poser sérieusement ces questions et d’arrêter les hypocrisies liées aux postures, et les impostures statistiques (les fameux 10%) liées au seul statut.

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