Mieux vaut en rire –rubrique inépuisable- n° 106 : embargo, a gogo ou pour gogos ?

« Dépêchons-nous d’en rire aujourd’hui, de peur d’avoir à en pleurer demain. » Beaumarchais

« L’humour est la politesse du désespoir. » Oscar Wilde

« On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui. » Pierre Desproges

« pour ce que rire est le propre de l’homme » Rabelais

La situation est dramatique aux frontières Ouest de la Russie, en Ukraine, en Géorgie, en Biélorussie. Seuls les Etas baltes et la Pologne semblent épargner pour l’instant.

Face à cette situation, les protagonistes réels, la Russie d’un côté, l’Otan de l’autre ont des réponses dérisoires et qui prêteraient à sourire si le contexte n’était pas aussi sanglant.

Accordons-nous pourtant un moment de répit et essayons de sourire de l’absurdité des homme
J’ai du mal, à l’ère des échanges électroniques, de percevoir l’impact que peut avoir l’interdiction du territoire des pays de l’OTAN à quelques dignitaires russes mais c’est parait-il une arme de dissuasion massive. Est-ce les virées sur la Côte d’Azur ou les soirs de grands match à Wembley qui vont manquer aux oligarques russes ? J’en doute. Mais le principal est que les alliés occidentaux le croient et surtout arrivent à nous le faire croire pour masquer leur impuissance, ou plutôt leur aboulie.

Par contre la riposte de Poutine est, elle, bien concrète : l’embargo sur les produits agricoles et cela provoque inévitablement déjà des drames dans les exploitations agricoles françaises au point que la Commission va mettre la main au portefeuille.

http://www.ouest-france.fr/embargo-russe-lue-debloque-125-millions-deuros-pour-les-maraichers-2766513

Embargo russe. L’UE débloque 125 millions d’euros pour les maraîchers

Bien que cela n’ait aucun lien de cause à effet, dans le même temps une association familliale, « famille rurale », fait le constat suivant

http://www.ouest-france.fr/consommation-les-fruits-et-les-legumes-vendus-moins-cher-cet-ete-2770899

Consommation. Les fruits et les légumes vendus moins cher cet été

C’est sûr que l’embargo décidé par le nouveau tsar russe va encore accentuer la tendance. Toutefois, je reste dubitatif  sur les causes de ce désintérêt et sur les constats faits car  une autre étude de consommation, menée par une autre organisation de consommateur la CLCV, donne une explication qui n’est pas forcément que climatique à ce déséquilibre entre l’offre et la demande

http://www.ouest-france.fr/consommation-les-tomates-et-les-fraises-decoivent-les-consommateurs-2730918

Consommation. Les tomates et les fraises déçoivent les consommateurs

Evidemment, si on n’aime pas, on achète moins

Du coup, j’aurai bien une autre explication à cet embargo à l’encontre des produits agricoles et agro-alimentaires européens et nord-américains. Tuyauté par Gégé la bonne bouffe, acteur jadis français et amateur des bonnes choses que produit la terre par ailleurs, le nouveau tsar aurait souhaité préserver la qualité du panier de la baboutchka. C’est ce qu’Obelix appellerait « la guerre psychologique ». Ce qui me conforte dans cette opinion, c’est que dans le même temps plusieurs restaurants d’une chaîne de restauration rapide mondialement connue « pour la qualité » de ses hamburgers viennent de subir une fermeture administrative et parmi eux, celui de la Place Rouge dont l’ouverture fut le signe le plus tangible de la perestroïka

Il n’empêche que les 125 millions d’euros risquent fort de rester en travers de la gorge de beaucoup de contribuables, qui évidemment, n’y comprennent rien à la géostratégie.

Par contre les grands de ce monde, les puissants, eux comprennent tout à ces jeux, d’autant plus qu’ils en tirent les ficelles, au point parfois de prendre des décisions qui si elles n’étaient pas aussi scandaleuses seraient cocasses

L’actualité de la semaine nous en offre quelques exemples :

Le premier sur le mode « J’ai vieilli et je me suis assagi. »

Vous vous souvenez peut-être qu’en juin 1981, un jeune sous-préfet avait bruyamment démissionné de la fonction publique pour protester contre l’arrivée au pouvoir de la « gauche socialo-communiste » . 33 ans  (l’âge du Christ !) après, le voilà prêt à signer un accord avec le nouveau tsar pour promouvoir au-delà des frontières son idéologie réactionnaire

http://www.ouest-france.fr/polemique-le-puy-du-fou-attaque-la-crimee-2767440

Polémique. Le Puy du Fou attaque la Crimée

Certes, ce n’est pas (encore) devenu un crime de commercer avec la Russie mais dans le contexte actuel, implanter un parc de loisir dans un pays qui a changé de souveraineté au mépris de toutes les règles du droit international n’est pas un acte anodin. Mais peut-être que le Vicomte a reconnu dans l’ancien cadre du KGB quelqu’un de sa trempe, un des liquidateurs du bochevisme tant honni et peut-être espère-t-il ainsi , sur un site proche de Yalta (pour le symbole) mais loin tout de même d’Odessa (où s’illustrèrent les marins du Cuirassé Potempkine), recréer un spectacle mettant en valeur la « résistance héroïque des Russes Blancs face à la barbarie des hordes de l’Armée Rouge de Trotski ». Compte tenu du contexte, on peut penser que des banques françaises financeront : elles sont habitués à braver les embargos.

 

Le second sur le mode « à malin, malin et demi »

Comme je le suggère juste au-dessus, qui dit embargo, dit tentative de contourner l’embargo et cela n’a pas tardé mais il vaut quand même mieux le faire intelligemment et non pas comme ceux-ci

http://www.euractiv.fr/sections/leurope-dans-le-monde/des-crevettes-bielorusses-viennent-illustrer-les-limites-de-lembargo?utm_source=EurActiv+Newsletter&utm_campaign=24a340e074-newsletter_derni%C3%A8res_infos&utm_medium=email&utm_term=0_da6c5d4235-24a340e074-55417197

Des crevettes biélorusses viennent illustrer les limites de l’embargo russe

Faut-il être bête, mais c’est vrai que le choix était limité pour les importateurs de crevettes : La Suisse ou le Lichtenstein, n’aurait pas non plus été une bonne origine et quand à regarder du côté des pays insulaires (là il n’y a pas de problème, il y a de la mer tout autour) qui servent aussi de paradis fiscal, le choix était risqué. Ces petites iles sont quand même sous contrôle des grands pays membres de l’OTAN.

Reste que la piste est quand même bonne à creuser pour les petits malins qui veulent vendre par exemple du porc (car il n’y a pas que les légumes qui sont frappés d’embargo). Ces petits malins qui ont déjà découvert qu’à l’Est (en l’occurrence les abattoirs allemands), le monde est plus ensoleillé, n’ont qu’à poursuivre leur route vers le soleil levant et faire comme ceux qui ailleurs dans les anciennes colonies soviétiques , sont en train d’accaparer toutes les terres arables

http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-terres-agricoles-europe-est-attirent-autant-lucien-bourgeois-712329.html

Pourquoi les terres agricoles d’Europe de l’est attirent autant ?

Attention toutefois, s’ils veulent y faire naturaliser du porc d’éviter d’investir dans certaine république au Sud de la Russie, à majorité musulmane. Cela manquerait de crédibilité.

 

Le troisième sur le mode « je me tire une balle dans le pied »

Tout le monde a compris, même ceux qui n’y comprennent rien à la géopolitique, que si les sanctions contre la Russie restaient modérées, c’est parce que ce pays détient les vannes du bien le plus précieux actuellement, les hydrocarbures. L’Allemagne est particulièrement sensible à l’argument. C’est pourquoi, il apparait fâcheux que les autorités administratives allemandes autorisent cela

http://www.boursorama.com/actualites/berlin-autorise-la-vente-d-une-filiale-de-rwe-a-un-russe-645f2ff978607b5feced1d42f623f43b

Berlin autorise la vente d’une filiale de RWE à un Russe

Certes la décision était attendue depuis le printemps dernier, mais déjà à cette époque on savait que la situation était compliquée entre la Russie et ses voisins extra-communautaires. Autoriser la vente de la filiale « hydrocarbures » d’un des grands groupes énergétiques n’est peut-être pas la meilleur décision à prendre même si légalement, il n’y avait pas d’autres choix, puisqu’officiellement il n’y a pas d’embargo. Et puis les relations germano-russes dans les hydrocarbures sont une vieille histoire surtout depuis qu’un ex-chancelier s’est vu proposé (et il a accepté) une seconde carrière à la tête d’un groupe gazier russe.

 

Le quatrième sur le mode « je me tire carrément une rafale dans le second pied »

Les Américains ont le monopole du guidage satellitaire grâce à GPS. Les Russes peinent à faire émerger un concurrent et les Européens encore plus avec le projet Galileo, le mal-nomme ( « e pur si muove », « et pourtant elle bouge », elle !). Mais après moult vicissitudes, le projet décollait enfin. Las ! ça n’a pas fonctionné comme prévu

http://www.lefigaro.fr/sciences/2014/08/22/01008-20140822ARTFIG00312-galileo-le-gps-europeen-redecolle.php

Galileo : les satellites n’ont pas atteint la bonne orbite

Quelle idée aussi de confier à un pays potentiellement concurrent le soin d’assurer le lancement des premiers satellites ! Certes me direz-vous, mais la décision a été prise bien avant que les choses se tendent avec la Russie. Mais tout le monde connaissait les projets russes en matière de guidage satellitaire et il aurait fallu se méfier. Le plus triste dans l’histoire est que la suite des lancements sera assurée par une fusée européenne et on pouvait donc s’y prendre autrement. Le plus drôle dans l’histoire est que sur ce coup-là, les deux véritables antagonistes de la crise ukrainienne, la Russie et les Etats-Unis sont et resteront des alliés objectifs pour contrecarrer le projet européen, plus performant que les leurs.

Quitte à se jeter dans la gueule du loup, on pourrait suggérer que pour les lancements suivants, l’agence eurpéenne de l’espace confie le lancement à un Soyouz et le guidage à …GPS ; Compte tenu de ce que cela produit parfois, cela pourrait être cocasse.

Ben voilà, la preuve qu’on peut quand même sourire de ce qui est triste.

Mais n’oublions pas que derrière ce sourire, il va y avoir des tas de gens qui vont souffrir : les consommateurs russes qui n’avaient pas besoin de cela pour se serrer la ceinture, les agriculteurs européens, producteurs de légumes et de fruits, éleveurs de porc et de volaille qui, notamment en Bretagne n’avaient pas besoin de cela pour en crever et qui n’ont pas la possibilité, ni la volonté, eux, de contourner l’embargo.

Comme quoi mes vieux compères Beaumarchais, Oscar Wilde et Pierre Desproges ont raison :  derrière les rires, il y a souvent des larmes mais ce n’est pas parce qu’il y a des larmes qu’il ne faut pas parfois savoir en rire « pour ce que rire est le propre de l’Homme. » comme le disait François Rabelais que je rajoute à ma liste.

 

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L’argent du pouvoir, le pouvoir de l’argent !

Là où il y a du pouvoir, il y a de l’argent

Le courrier des maires, publication très lue dans nos mairies vient de faire un dossier complet sur les risques de corruption dans les collectivités territorialeshttp://www.courrierdesmaires.fr/38859/la-corruption-un-risque-bien-reel-pour-les-collectivites-territoriales/?utm_source=newsletter-cdm&utm_medium=email&utm_campaign=newsletter-18-08-2014

La corruption, un risque bien réel pour les collectivités territoriales

. Pour cela, il s’appuie sur le dernier rapport du SCPC qu’on n’avait pas connu aussi pertinent depuis bien des années. A lire ce document  Rapport SCPC 2013 , on peut être assez effaré des possibilités offertes aux élus de profiter de leur(s) mandat(s) pour faire passer leurs intérêts personnels avant le Bien Public. Cela ne veut pas dire pour autant que les élus locaux sont corrompus mais cela signifie quand même que les règles prudentielles se sont singulièrement affaiblies et quand les garde-fous s’abaissent, le risque d’accident augmente d’autant plus que les autres facteurs de risque persistent. Et parmi ceux-ci, le plus grave reste quand même le cumul des mandats, y compris et surtout même devrais-je dire le cumul dans le temps. J’ai déjà exprimé dans des billets précédents cette opinion sans qu’il soit besoin que j’y revienne.

Finalement le meilleur moyen de prévenir la corruption des élus locaux serait peut-être de leur donner un statut correct et leur assurer un revenu décent. C’est du moins ce que semble avoir pensé un nouvel municipal qui n’a pas hésité à s’octroyer une substantielle augmentation.

http://www.lagazettedescommunes.com/252050/le-maire-fn-du-pontet-vaucluse-contraint-dannuler-laugmentation-de-44-de-ses-indemnites/?utm_source=quotidien&utm_medium=Email&utm_campaign=21-08-2014-quotidien

Le maire FN du Pontet (Vaucluse) contraint d’annuler l’augmentation de 44% de ses indemnités

Pas de chance pour lui, il existe un contrôle de légalité en préfecture et celui-ci n’a pas manqué de l’aligner. Qu’il appartienne à un parti dont le slogan est « tous pourris ! » n’ajoute qu’un peu de piment à cette affaire qui n’irait pas plus loin que la pantalonnade si dans le même temps le même maire n’avait décidé de réduire une forme d’aide aux plus défavorisés accordés par sa commune. Il semblerait donc que pour certains, quel que soit leur discours politique, là où il y a du pouvoir, il y a nécessairement de l’argent.

 

Là où il y a de l’argent, il ya du pouvoir

Et puis, il y a les autres, ceux dont la profession est de faire de l’argent avec de l’argent. Pour eux donc l’argent n’est pas un problème, c’est juste un moyen et une fin en soi. Ils en arrivent parfois au point de ne plus se rendre compte de ce qu’ils font. Prenons ainsi le cas de ce haut fonctionnaire, donc un homme de la sphère publique et qui plus est du fait des fonctions qu’il a exercées dans l’administration comme dans les cabinets politiques est un homme de pouvoir, au sens le plus noble que pourrait avoir ce terme s’il en a un

http://www.franceinter.fr/emission-la-chronique-internationale-xavier-musca-epingle-par-la-presse-etrangere

Anthony Bellanger

La faillite fin juillet de la Banque portugaise Espirito Santo, n’en finit pas de faire des vagues
Mais que fait-il lorsqu’il est passé de l’autre côté de la barrière ? Je me garderai bien de reparler ici du scandale que représente en soi le passage dans le privé et dans des entreprises dont il ont eu à connaitre dans l’administration, de certains hauts fonctionnaires. J’ai déjà écrit dans plusieurs billets tout le mal que je pensais du pantouflage mal contrôlé et du laxisme inimaginable des comités de déontologie. Admettons que cela soit normal, à défaut d’être moral ! Il n’en reste pas moins qu’une fois passé de l’autre côté de la barrière, il faut respecter les règles en vigueur de ce côté-ci de la barrière. Si on en croit le chroniqueur, cela n’aurait pas été le cas. Que n’aurait-il pas dit, au temps où il l’était, ce haut fonctionnaire dont la tâche était justement de veiller au fair play financier ? Là, la règle n’existerait plus ou elle ne s’appliquerait pas à lui. Serait-ce que l’argent donne le pouvoir de s’abstraire du pouvoir de la loi ?

Mais là , on resterait dans le domaine de la dissimulation, du pouvoir mal assumé. Certains qui assument bien ce pouvoir, ce sont les vrais hommes d’argent, les grands patrons, pas les chefs d’entreprise pour qui l’argent n’est pas un instrument de pouvoir mais un simple outil de travail au service de l’entreprise, non les vrais grands patrons pour qui justement l’argent ce n’est que cela, l’instrument de leur toute-puissance. Et que serait la toute-puissance si elle ne permettait pas tout . C’est ce que semble dire les grands patrons britanniques qui en matière de cynisme n’ont de leçon à recevoir de personne

http://www.ouest-france.fr/royaume-uni-un-grand-patron-est-paye-143-fois-plus-que-ses-salaries-2766504

Royaume-Uni. Un grand patron est payé 143 fois plus que ses salariés

Eh oui ! là où il y a de l’argent, il y a du pouvoir et c’est peut-être même le seul endroit où il y a encore du pouvoir. Au XVIII° siècle, puis au siècle suivant, les peuples se sont révoltés et ont jeté bas des pouvoirs qui eux aussi se voulaient tout-puissants mais qui tiraient leur légitimité d’autre chose que de l’argent (car la plupart en manquaient cruellement le plus souvent, malgré les apparences). Ainsi sont nées les démocraties modernes, contre des pouvoirs tout-puissants. Maintenant que la toute-puissance est passée du côté de l’argent et uniquement de l’argent, les démocraties sur ce modèle-là sont-elles encore en mesure de limiter la toute puissance  de ces puissances d’argent ?

A leur façon, les grands patrons français ont répondu. S’appuyant sur la force de pression de centaine de milliers de petites et moyennes entreprises, ces happy few ont obtenu d’un gouvernement socialiste (un comble !:) un magnifique cadeau en contrepartie du théorème de Schmitt (les bénéfices d’aujourd’hui font les investissements de demain et les investissements de demain font les emplois d’après-demain). Sauf qu’après-demain, c’est pas demain, la veille !La preuve

https://www.easybourse.com/bourse/france/article/28778/cac-40-sbf-120…-forte-hausse-des-dividendes.htmlles

CAC 40, SBF 120…: forte hausse des dividendes

Ainsi donc, la machine redistributrice que constitue l’appareil d’Etat fonctionne à l’envers. Les contribuables, c’est-à-dire vous et moi sommes mis à contribution, c’est le cas de le dire, par notre consommation surtout, pour permettre aux plus riches d’entre nous d’être encore plus riches. C’est dire si ces puissants-là se moquent bien de ce qu’on appelle « le pouvoir ». Le vrai pouvoir, c’est eux !

Et si vous n’avez pas encore compris, ce qui se passe autour des projets d’accords commerciaux devrait finir par vous déciller les yeux On a beaucoup parlé de l’accord EU-UE (Etats-Unis/Union Européenne) quel que soit le nom qu’on lui ait donné TTIP, TAFTA etc… Mais plus discrètement il ya a aussi l’accord Canada-UE

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/08/16/l-europe-et-le-canada-disent-oui-a-la-justice-privee_4472299_4355770.html

La commission européenne (et donc l’UE) valide le principe de tribunaux d’arbitrage privée dans le cadre du traité de libre-échange UE-Canada

N’oublions pas que le Canada est partie prenante de l’accord ALENA, matrice de tous ces accords. Les tribunaux d’arbitrage voilà bien la preuve que les puissances d’argent sont en train de s’abstraire des règles démocratiques des Etats-Nations, grâce auxquels pourtant elles ont pu au fil des décennies acquérir la puissance qui est maintenant la leur, au nom du principe que la loi n’est pas faite pour défendre le faible contre le fort mais pour que tous aient les mêmes chances, le loup comme le mouton, le renard comme les poules. Au nom d’intérêts privés, il sera donc possible de dire qu’une loi pourtant votée démocratiquement est…..illégale. Et il n’est pas anodin de constater que l’une des premières entreprises à mettre ce principe en œuvre est justement une des vedettes du CAC 40

Là où est l’argent, là est le pouvoir, tous les pouvoirs devrais-je dire même celui de corrompre ceux qui ont l’illusion d’avoir encore le pouvoir, ce qui nous renvoie au début de ce billet.

Mais ceux-ci n’ont que les miettes et éventuellement les remords de leur conscience.

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« Le jour du dépassement » : encore une catastrophe annoncée !

Depuis maintenant 50 ans qu’on parle d’écologie et d’épuisement des ressources naturelles, les organisations non gouvernementales qui y consacrent l’essentiel de leur activité se sont fait une spécialité d’annoncer des catastrophes. Celles-ci ont longtemps fait sourire jusqu’au jour où ceux qui n’étaient pas particulièrement sensibilisés à ces questions, ni particulièrement obtus en la matière ont commencé à se rendre compte que certaines de ces prévisions-prédictions étaient en train de se réaliser et que cela les touchaient directement. Pour certains, c’est la plus grande difficulté à respirer en ville, pour d’autres, c’est l’eau qui devient de moins en moins potable, pour beaucoup, c’est l’advenue de plus en plus fréquente d’épisodes climatiques extrêmes.

Mais on n’en est pas encore à devoir se rationner.

C’est pourquoi la publication annuelle de l’ONG Global Footprint Network a fait autant de bruit. La presse d’un seul chœur a relayé le message. Voici deux des titres les plus sobres qu’on pouvait lire le 20 août matin

http://www.actu-environnement.com/ae/news/mardi-19-aout-dette-ecologique-jour-du-depassement-22473.php4#xtor=ES-6

Depuis mardi 19 août, l’humanité creuse sa dette écologique

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/environnement-ca-y-est-2014-lhumanite-vit-sur-terre-credit-19-08-2014-156166?utm

Environnement. Ça y est : pour 2014, l’humanité vit sur Terre à crédit !

De l’Humanité au Figaro, du Monde au Parisien, ils en ont tous parlé et parfois les titres valaient leur pesant de catastrophisme.

On comprend bien cet engouement de la presse pour cette information. C’est encore le mois d’août, les universités d’été n’ont pas encore sonné la rentrée politique. C’est un sujet auxquels nos concitoyens sont sensibles, même si cela ne se voit pas dans les urnes (mais à qui la faute ?) et surtout, la peur, cette grande trouille irrationnelle, fait toujours vendre, qu’il s’agisse de l’insécurité en banlieue, des virus balladeurs ou comme ici de l’extinction de la planète.

Mais qu’en est-il réellement ?

Comme toujours, je suis dubitatif face à ces indices uniques, sensés retracer un phénomène en un chiffre ou comme ici en une date et ce « jour du dépassement » n’échappe pas à la règle.

Tout d’abord, tout dépend des paramètres qu’on prend en considération et du poids relatif qu’on donne à chacun. J’ai trop lu de rapports consacrés à ces questions pour ne pas m’interroger sur la connaissance exacte que nous avons collectivement des effets de l’action de l’Homme sur son environnement. J’ai trop lu de rapports concernant l’état déplorable des outils statistiques de la plupart des Etats pour ne pas être circonspect sur la qualité des données qui servent à élaborer ces indicateurs.

Par acquit de conscience, je suis allé sur le site de l’ONG en question

Voici ce que j’y ai trouvé :

http://www.footprintnetwork.org/fr/index.php/GFN/page/footprint_science_introduction/

5.400 données par pays et par an dans 150 pays ! Même avec une méthodologie très sophistiquée et des standards de collecte de l’information très rigoureux, cela reste encore un exercice d’une grande incertitude quant à son résultat final.

Mais que faut-il en conclure ?

Que cela ne sert à rien de faire peur aux gens ? Certes pas.

Que ce n’est pas à partir du 20 août que nous avons commencé à consommer la biocapacité de l’année prochaine ? C’est vraisemblable.

Mais que ce soit le 19 août ou le 27 août, voire même le 9 août, date bénie entre toutes (private joke), ce n’est pas cela qui est important, c’est qu’à calcul constant et toutes choses égales par ailleurs, cette date arrive de plus en plus tôt.

En effet, la démarche de GFN est peut-être scientifique, elle est surtout pédagogique : ainsi une fois par an, on parle dans la presse , la grande pas les petits sites branchés développement durable, de l’épuisement progressif des richesses et l’image de « vivre à crédit » parle bien à nos contemporains surtout à ceux qui manquent le plus de ressources. Tiens, tiens, voilà un parallèle intéressant entre la pauvreté individuelle et l’appauvrissement de la planète : vivre à crédit, beaucoup s’en accommodent mais peu résistent longtemps « aux fins de mois » qui commencent dès le 15.

Grâce à Global Footprint Network, nous nous rappelons au moins une fois par an que nous vivons au-dessus de nos moyens et que cela va en s’empirant. Viendra un moment où pour eux, la fin de l’année commencera en juin. Peut-être qu’alors, contrairement à ce que pense la représentante de WWF, il ne sera plus temps de réagir.

Réagir ? Mais comment réagir chacun dans notre coin ?

Il se trouve que dans la presse du même jour, on trouvait également cet article

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/cacao-prix-feve-flambe-celui-chocolat-aussi-19-08-2014-156159?utm_source=newsletter&utm_medium=OFentreprise&utm_campaign=20140820_local_votreNewsletter

Cacao. Le prix de la fève flambe, celui du chocolat aussi

Mais ça n’a rien à voir, me direz-vous ? En êtes-vous si sûr ? Regardons cela d’un peu plus près. S’il y a pénurie de cacao, c’est qu’on produit moins qu’on ne consomme. Et si on produit moins, c’est pour deux raisons : la concurrence de l’huile de palme, dont on sait maintenant que c’est une belle saloperie pour notre santé http://www.cosmopolitan.fr/,tout-sur-l-huile-de-palme-et-ses-dangers,2510882,1875462.asp

Et les aléas climatiques.

Pour rétablir la balance, il faut donc soit produire plus, soit consommer moins.

Produire plus, c’est

1° soit remettre en culture les terres abandonnées aux palmiers à huile et cela suppose d’accepter de payer plus cher le cacao aux producteurs, mais c’est une solution stupide puisque justement le but du raisonnement est de payer le cacao moins cher ou qu’ un fort mouvement d’opinion contre l’utilisation de l’huile de palme par les industries agro-alimentaires et cosmétiques tarisse la demande d’huile de palme

2° soit augmenter les rendements en épuisant un peu plus vite les sols

Consommer moins c’est

1° soit une impossibilité pour la majeure partie du monde qui consomme moins de 100 grammes par an

2° soit un impératif de santé publique pour une petite minorité qui se gave. A titre d’illustration, la consommation moyenne d’un Français , c’est deux tablettes de 100 grammes à 60% de teneur en cacao par semaine, toutes les semaines de l’année.

Comme on peut difficilement demander à la majorité de la population mondiale de manger moins de chocolat, ce qui serait injuste, on voit bien que la seule solution est donc pour nous de manger moins de chocolat ET de le payer plus cher. L’un dans l’autre ça peut s’équilibrer et peut-être même qu’en prime quand vous mangerez du chocolat, ce sera vraiment du chocolat et non cet ersatz que permet la législation européenne.

Mon Dieu, on est bien loin de l’empreinte écologique ! Pas tant que cela : si nous appliquions ce même raisonnement à toute notre consommation, peut-être pourrions nous manger des chocolats à Noël sans avoir le remord de nous dire que nous mangeons, depuis six mois déjà, en ces fêtes de fin d’année, les friandises qu’auraient dû manger nos petits-enfants.

Elementaire, non ?

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Mieux vaut en rire-rubrique inépuisable-n° 105 : buvons quand même à la santé ( si on peut dire)

« dépêchons-nous d’en rire aujourd’hui, de peur d’avoir à en pleurer demain. » Beaumarchais

« L’humour est la politesse du désespoir. » Oscar Wilde

« On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. » Pierre Desproges

Jamais les trois phrases que je mets en exergue de cette rubrique ne m’ont paru aussi vraies et utiles pour ouvrir un billet d’humeur. Elles doivent sonner comme un avertissement pour le lecteur car le sujet que je vais aborder aujourd’hui pourrait ne pas prêter à sourire

Dans une de ses chansons les plus désespérément joyeuses, Jacques Brel nous invitait à venir boire sur sa tombe

https://www.youtube.com/watch?v=MB58PuNYO8o

et Dieu sait que j’en ai bu à la santé du Grand Jacques les jours qui ont suivi l’annonce de sa mort. Mais quand il écrivait cette chanson, il ignorait sûrement qu’il mourrait de ce qu’on appelle pudiquement « une longue maladie » pour éviter ce mot qui fait encore peur, le cancer.

Or c’est justement de cancer et de vin dont je veux parler aujourd’hui mais aussi d’humanité dans les hôpitaux

http://www.ouest-france.fr/sante-un-bar-vin-va-ouvrir-lhopital-2742120?utm_source=of_newsletter-generale&utm_medium=email&utm_campaign=of_newsletter-generale&utm_content=20140806&vid=040032044041061035060111042044040038059044034033035018038035034044035123038060057

Santé. Un bar à vin va ouvrir à l’hôpital

En dépit du titre un peu racoleur d’Ouest France, voici un article qui fait plaisir à lire. En effet, être à l’hôpital est déjà une souffrance en soi sans qu’on soit obligé d’y ajouter la double peine de nous priver des petits plaisirs de la vie surtout si on pense que celle-ci ne sera, peut-être,  plus très longue.

On devrait ériger une stèle à ces grands bienfaiteurs de l’humanité qui dans cet hôpital public ont compris que la maladie, et donc la guérison, est au moins une question de moral que de chimie.

Mais on pourrait pousser au bout la limite de ce raisonnement et penser que dans un hôpital, la nourriture est, avec la télévision, quelques bouquins, et les visites-attendues- de nos proches, un des rares plaisirs qu’on peut s’offrir.

Et si on améliorait la qualité moyenne du plateau repas de TOUS les malades, peut-être hâterait-on la guérison de ceux-ci, diminuant d’autant la durée de prise en charge par la sécurité sociale.

Une bonne bouffe, le remède au « trou de la sécu » ? Voilà une idée qui me plait bien.

Et si on faisait rembourser les repas par la Sécu ?

????

C’est là qu’il faut rire ?? Peut-être, peut-être pas ?

Demandons leur avis à Beaumarchais, Wilde et Desproges.

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Brèves de compteur n° 94 Eolien, géothermie, etc… il en faut pour tous les goûts (coûts ?) !

Dans la presse quotidienne régionale ouest-bretonne, un ingénieur à la retraite s’est fait remarquer par une sortie assez virulente contre l’éolien. Ce n’est pas nouveau, et lui et ses collègues de « Vents de colère » ont décidé que la plus vieille énergie domestiquée par l’homme, le vent qui fait tourner les moulins depuis la plus lointaine antiquité, était quelque chose de ringard.

http://www.letelegramme.fr/finistere/j-p-le-gorgeu-a-contre-courant-06-08-2014-10287410.php

Essayons calmement de répondre à ce monsieur qui manifestement fait une petite fixation contre les pales blanches.

Commençons par rétablir quelques vérités dues, non à son fait, mais à celui du journaliste que nous aiderons ainsi à mieux se documenter :

1° Il n’est  pas tout à fait vrai de dire que « il fait partie d’un groupe d’une dizaine de particuliers qui ont fait condamner l’Etat français pour ses pratiques d’achat obligatoire à prix imposé, assimilable à une subvention proscrite par les règles européennes »

Certes, la France a été condamnée pour ses pratiques tarifaires parce qu’elle était considérée comme une aide d’Etat

http://curia.europa.eu/jcms/upload/docs/application/pdf/2013-12/cp130163fr.pdf

Mais ce que condamne la cour de justice de l’Union Européenne, ce n’est pas l’aide en elle-même mais le fait qu’elle n’ait pas été déclarée comme aide d’Etat, ce qui n’est pas tout à fait la même chose

http://energiesdelamer.blogspot.fr/2013/12/la-cour-de-justice-condamne-les-tarifs.html

Quant à la dizaine de particuliers, il s’agit en fait d’une puissante fédération d’associations qui, à en croire la qualité de son site ne semble pas manquer de moyens

http://www.ventdecolere.org/

2° Je ne suis pas sûr que cela serve l’image de Monsieur  Le Gorgeu de rappeler qu’il a rejoint dès 2006 une association s’appelons « Sauvons le climat ». En effet, le nom de cette association peut faire illusion, mais n’allez pas croire que ce soit là une réunion de grands défenseurs de l’environnement . Il suffit pour s’en convaincre d’aller jeter un œil sur la page de présentation du site de cette organisation

http://www.sauvonsleclimat.org/qui-sommes-nous.html

On retrouve dans les différentes instances tout le gratin de la nucléarocratie industrielle, scientifique et parlementaire, pour qui tout ce qui représente une alternative au « tout-nucléaire » est vécu comme l’ennemi à abattre.

Voici pour ce qui est de rétablir quelques vérités primaires.

Venons en maintenant au fond de l’article et commençons par le principal cheval de bataille du monsieur, les coûts. En matière de coûts, publics notamment, je ne connais pas de meilleurs orfèvres que la Cour des Comptes . Or que nous dit la Cour ? Dans un rapport devenu fameux, elle dit ceci http://www.ccomptes.fr/Actualites/A-la-une/Le-cout-de-production-de-l-electricite-nucleaire

Mais comme je veux vous épargner la peine de lire in extenso ce rapport, voici quelques commentaires qui ont accompagné sa sortie

Le Monde, journal de référence : http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/05/27/facture-du-nucleaire-l-alerte-de-la-cour-des-comptes_4426678_3234.html

Les Echos, journal économique de référence http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0203525675416-nucleaire-le-cout-de-production-a-progresse-de-20-6-depuis-2010-674005.php

Puis les réseaux militants

http://www.sortirdunucleaire.org/Couts-du-nucleaire

Tous sont d’accord pour dire que le nucléaire N’EST PAS une électricité bon marché. La zone d’ombre concerne l’avenir, c’est-à-dire aussi bien les nouvelles générations de centrales que le démantèlement. Pour les premières, les exemples de Flamanville et de la centrale finlandaise ne pousse pas à l’optimisme. Quant au démantèlement, il suffit d’observer les difficultés que rencontre EDF pour démanteler une toute petite centrale comme celle de Brennilis pour imaginer ce que va coûter en grandeur réelle le démantèlement des dizaines de réacteurs arrivés en fin de vie. Je me garderai bien d’avancer un chiffre en la matière car personne ne sait, hélas, ce que cela va coûter et c’est bien ce qui est inquiétant.

Deuxième cheval de bataille, l’intermittence de la source. Certes, on ne peut pas souhaiter que le vent souffle en permanence à force 3 à 5 pour assurer la continuité de la ressource mais je voudrais juste signaler à Monsieur Le Gorgeu qu’il y a juste un an, la centrale de Fessenheim tombait en panne et que si on avait fait un relevé de production le 2 juillet 2013, on aurait constaté que sur 900 MW installés, la production de ce jour avait été de 0 Kw. Par décence, je ne parle même pas de Fukushima.

La meilleure réponse à l’intermittence, ce n’est justement pas l’exclusion d’une source mais la combinaison de toutes les sources possibles : éolienne bien sûr, photovoltaïque, biomasse, hydrolienne et..géothermie. Mais toutes ces sources ne sont utilisables avec le même bonheur partout. Il faut donc faire des choix judicieux : la Bretagne, terre de vents, est peut-être plus indiquée pour l’énergie éolienne que pour le photovoltaïque car ce n’est pas tous les ans qu’elle présente un bilan d’ensoleillement à faire pâlir les Catalans. Quant à l’intérêt de la géothermie en, Bretagne ou ailleurs en France, je ne suis pas suffisamment frotté de sciences pour avoir un avis pertinent mais mon bon sens me dit qu’il ne faudrait pas se fonder sur la performance de la géothermie islandaise pour bâtir des châteaux en Espagne dessous nos pieds.

Vous avez peut-être remarqué que dans mes propos, je ne cite ni le fuel, ni le gaz, encore moins le gaz de schiste. C’est que pour moi, il s’agit là des vrais fausses solutions du passé.

A cet égard, je me rallie à l’opinion de mon excellent camarade Gérard Borvon qui dans un communiqué s’étonne que cet excellent défenseur du climat que prétend être Monsieur Le Gorgeu ne s’insurge pas contre le projet de centrale à cycle combiné gaz de Landivisiau qui est le véritable point noir du pacte électrique breton car il contribue fortement à la production de gaz à effet de serre (Imaginez 450 MW crachant à longueur d’année). En outre puisqu’on parle de coûts cachés, on aura du mal à cacher ce coût exorbitant pour la collectivité : une subvention de 40 M€ versée TOUS les ans pendant 20 ans à l’opérateur de la centrale qu’elle fonctionne ou pas ! Si vous trouvez que ce projet est délirant, Monsieur Gorgeu, rejoignez-nous ! C’est avec plaisir que nous accueillerons ce nouveau renfort !

Enfin, dernier point à évoquer. Monsieur Le Gorgeu se demande où sont passé les ingénieurs des Mines. La réponse est pourtant à côté de lui : ils sont nombreux dans les instances de  « Sauvons le climat ! » et peut-être même dans « Vents de colère » mais s’il pensait à leurs activités professionnelles, qu’il aille donc regarder l’organigramme de la Direction Générale de l’Energie et du Climat : ils y règnent en maître du haut en bas de la hiérarchie. Ceci explique peut-être cela et s’ils ne s’intéressent pas à la géothermie, c’est peut-être parce que cela fait longtemps qu’ils ne s’intéressent plus à ce qui se passent sous terre.

Le vrai conflit n’est donc pas entre éolien et géothermie mais entre sources renouvelables et sources fossiles (ce nom, « fossiles » suffit déjà à qualifier la qualité de la source). Or le nucléaire fonctionne à partir d’uranium qui sauf preuve du contraire est un minerai, donc fossile.

 

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Mieux vaut en rire-rubrique inépuisable-n° 103 Les ailes du motard zélé

« Dépêchons-nous d’en rire aujourd’hui, de peur d’avoir à en pleurer demain. » Beaumarchais

« L’humour est la politesse du désespoir. » Oscar Wilde

« On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui. » Pierre Desproges

Christian E…i maire d’une grande ville du Sud de la France s’est signalé à l’attention publique par une prise de position publique qui mérite qu’on s’y arrête un instant

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/poulets-loue-estrosi-reclame-suppression-publicites-03-08-2014-155071

Poulets de Loué. Estrosi réclame la suppression des publicités

Le plus désopilant (ou désolant si vous préférez) dans cette histoire n’est pas tant qu’il demande la suppression d’une publicité mais le fait qu’il a annoncé qu’il déposerait à la rentrée une proposition de loi pour sanctionner toute expression publique qui dénigrerait ou simplement moquerait gentiment un agent public.

En effet, cela montre que des parlementaires ont si peu de respect pour les lois qu’ils votent qu’ils sont prêts à encombrer le bureau des Assemblées avec des propositions qui n’ont rien à voir avec le domaine de la loi, juste pour faire parler d’eux. Cela montre aussi que cet élu de la République n’a qu’une idée imparfaite de ce qui fait le génie du peuple qu’il représente (ou alors cela veut dire qu’on ne rigole pas souvent sur la Côte d’Azur) : les Français, comme beaucoup de peuples d’ailleurs ont l’esprit moqueur et c’est une tradition de brocarder ce qui représente l’ordre et sa défense. Si on allait jusqu’au bout de sa démarche, Georges Brassens n’aurait jamais pu se faire entendre,

La preuve :

https://www.youtube.com/watch?v=EV9mHPHRG7k

ou encore celle-ci

https://www.youtube.com/watch?v=qYWyQn50Mto

Avouez que cela aurait été dommage

Ce prurit liberticide de C… E… se comprend d’autant moins que l’entreprise n’en est pas à son coup d’essai puisque quelque mois auparavant, elle maniait également l’humour, un peu lourdingue, en s’en prenant à un autre volatile,

http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/non-mais-loue-quoi-poulets-loue-parodient-nabilla-22-04-2013-94598

« Non mais, à Loué quoi ! ? ». Les poulets de Loué parodient Nabilla

Quoi de plus normal en effet pour un marchand de volailles que de s’en prendre à des êtres emplumés pour promouvoir ses produits

Rappelons toutefois qu’ il y a deux ans, c’était déjà la même profession qui était gentiment moqué

http://www.ouest-france.fr/poulets-de-loue-la-publicite-qui-fait-piailler-des-policiers-308544

Poulets de Loué : la publicité qui fait piailler des policiers

A l’époque, notre motard émérite reconverti en maire n’avait pas jugé bon de réagir. Sûrement qu’à l’époque son conseiller en communication n’avait pas eu vent des réactions d’un syndicat de policiers, réaction qui , incidemment, démontre que Pierre Desproges (voir la citation en exergue de ce billet) a toujours raison.

Donc si notre député a décidé de réagir c’est qu’il est dans une campagne de communication tout azimut pour occuper le terrain médiatique un peu vide, pense-t-il, de la fin du mois de juillet.

Et manifestement, tout ce qui porte des ailes l’a inspiré puisque après s’en être pris à la basse-cour, il a cru bon de prendre position aussi sur l’avenir de l’aéroport de sa ville.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/08/03/christian-estrosi-ne-veut-pas-d-une-privatisation-de-l-aeroport-de-nice_4466228_3234.html

Mais sur ce sujet je ne me permettrais pas de faire sourire, c’est un sujet trop sérieux car il y a beaucoup, beaucoup d’argent en jeu et il vaut mieux pour rire de ce sujet, soit avoir beaucoup d’argent, soit ne pas en avoir du tout car les gens d’argent ont rarement le sens de l’humour, du moins dans leurs affaires.

J’espère que celui que le Canard Enchainé (décidément, cette chronique est pleine de bête à plumes) a surnommé le « motodidacte » a le sens de l’humour, sinon je risque fort de me faire voler ….. dans les plumes.

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Mieux vaut en rire-rubrique inépuisable- n° 102

« dépêchons-nous d’en rire aujourd’hui de peur d’avoir à en pleure demain. » Beaumarchais

« L’humour est la politesse du désespoir. » Oscar Wilde

« On peut rire de tout mais pas avec tout le monde. » Pierre Desproges

Perfide Albion !

Les Britanniques ont un amour immodéré des animaux. Ce sont eux qui ont inventé le concept de « bien-être animal ». C’est aussi dans ce pays que des extrémistes sont capables de commettre des crimes pour dénoncer les tortures que subissent les animaux de laboratoires. Il y a donc là une forte tradition de lutte contre la douleur infligée aux animaux

C’est pourquoi il semble presque naturel qu’un Anglais ait songé à alléger les souffrances des crustacés promis par ailleurs à un sort funeste

http://www.letelegramme.fr/recettes/crustaces-la-cuisson-sans-douleur-d-un-avocat-anglais-11-07-2014-10254760.php

Crustacés. La "cuisson sans douleur" d’un avocat anglais

Après tout, pourquoi pas ? Le « bon docteur » Guillotin n’avait-il pas inventé son engin infernal dans le but d’alléger les souffrances de ceux qui allaient être décapité. On peut donc saluer cette grande avancée de l’humanité à deux restrictions près.

La première a trait à la gastronomie : la méthode serait acceptable si elle n’altère pas le plaisir final de manger la bête.

La seconde a trait également à la gastronomie et pour le coup cela disqualifie notre avocat anglais. En effet, comment ne pas soupçonner de cruauté envers les animaux un peuple qui pousse la perversion à imposer une fin de vie ignominieuse à une pièce de veau, noyée dans une sauce à la menthe ou pire encore un poulet bouilli avant que d’être roti.

A tout prendre, je préfère encore ma méthode : soûler le homard avec une bonne rasade de cognac, ou d’armagnac avant de le copier en deux. Il meurt au moins euphorique. J’espère du moins. En tout cas, c’est meilleur au goût.

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