« les slogans simplistes nuisent à la compréhension des dossiers scientifiques »

J’attends avec une certaine impatience la partie 2 de l’interview proposée par le site « l’Energeek »https://lenergeek.com/JEAN-MARC JANCOVICI (1/2) : “LES SLOGANS SIMPLISTES NUISENT À LA COMPRÉHENSION DES DOSSIERS SCIENTIFIQUES !” qui parle beaucoup d’énergie mais jamais de manière négative de l’énergie d’origine nucléaire.

J’ysuis d’autant plus attentif que l’auteur de cette interview présente un profil intéressant https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marc_Jancovici

En effet,son entrée en matière sur la possible coexistence entre écologie et économie ne manque pas de pertinence et il a raison d’affirmer que économie et croissance ne sont pas des concepts bijectifs, que dorénavant il faudra appréhender l’optimisation de l’économie sous un nombre accru de contraintes. Il a donc raison de fustiger un slogan simpliste qui voudrait qu’écologie et bonne santé économique sont incompatibles. En effet tout le monde sait que le PIB, qui sert à mesurer la croissance est une valeur simpliste, quoique complexe à calculer.En outre, il semble oublier que ce qu’on appelle « l’économie circulaire » permet de mieux rapprocher les deux puisque dans cette vision de l’économie, tout peut devenir ressource et qu’en outre, les produits et les services sont conçus en fonction de la satisfaction d’un besoin réel et non de la valeur ajoutée financière qu’ils peuvent apporter à leurs producteurs.

De même quand il nous parle de la programmation pluriannuelle de l’énergie, son propos semble frappé au coin du bon sens quand il parle de l’obsession du nucléaire qui occulterait les autres sujets d’inquiétude (raréfaction des ressources naturelles, pollution de l’air, émission de gaz à effet de serre). Il a surtout raison de fustiger cet attachement fétiche à l’objectif de réduction à 50 % de la part du nucléaire dans le mix énergétique. Lors de la promulgation de la Loi Royal, j’avais déjà écrit toute l’ineptie de cette formulation.

En effet, si on considère qu’actuellement le nucléaire représente 75 % du total et que dans le reste l’hydraulique représente, à lui seul,20 %, si on considère ensuite que, vu la difficulté rencontrée à fermer Fessenheim, ce n’est pas demain la veille que la production nucléaire va diminuer en volume ni que, compte tenu des réticences à multiplier les barrages et retenues sur des cours d’eau de moins en moins abondants, il est peu vraisemblable que l’hydro-électricité connaisse un fort développement, alors on est obligé, mathématiquement parlant de conclure deux choses :

1° La production d’électricité doit progresser de 50 % d’ici le terme de la programmation, ce qui va à l’encontre de l’objectif de sobriété énergétique

2°La capacité de production de toutes les sources d’énergie renouvelables hors hydraulique doit être multiplier par 11, ce qui nécessitera une sérieuse accélération.

D’où l’idée simpliste qu’il émet : le nucléaire a encore de beaux jours devant lui car il n’est pas question de recourir aux énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz, hydrocarbures extraits des schistes) d’une part parce que ces ressources s’atténuent (argument qui nous renvoie au propos initial sur les conditions de la convergence entre écologie et économie) et d’autre part parce que les gaz à effet de serre sont quand même les principaux dangers pour notre planète. A cette aune, « le nucléaire est une énergie propre ».

Mais c’est là où le piège se referme sur l’auteur. Ce slogan répété à satiété par les défenseurs du nucléaire est malheureusement faux. En effet, il ne vous aura pas échappé que l’énergie nucléaire produit également des déchets qui présentent cette redoutable caractéristique d’être à la fois très toxique et quasiment impossible à éliminer.

C’est vrai que les slogans simplistes nuisent à la compréhension des dossiers scientifiques.

Et si maintenant nous revenons à notre bonne vieille économie et qu’on y intègre toutes les externalités négatives que l’économie classique ne connaît pas, il faudra bien pour calculer le coût réel de l’énergie intégrer dans ce calcul, ce que coûterait le démantèlement de tous ces réacteurs et le coût de stockage, puis de traitement (lorsqu’on aura trouver une solution).

« Le nucléaire est une énergie bon marché. » Voilà donc un autre slogan simpliste qui mériterait d’être revisité.

C’est vrai que les slogans simplistes nuisent à la compréhension des dossiers scientifiques.

A la semaine prochaine donc si la suite de cet article est aussi riche d’enseignements que le début

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Un commentaire pour « les slogans simplistes nuisent à la compréhension des dossiers scientifiques »

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