L’ESS est un projet politique alternatif…ou une opportunité marketing

Il n’y a pas un grand raout des acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire sans qu’on y rappelle à cor et à cri que ce secteur EST une véritable alternative au modèle économique dominant.

Ainsi au niveau régional, on aimera rappeler que les entreprises de l’ESS sont à la pointe en ce qui concerne les transitions écologiques, économiques et sociales https://www.bleu-tomate.fr/L’Economie Sociale et Solidaire vise les transitions avec naturellement moult exemples à la clé. Mais ceci n’est pas nouveau. Depuis que l’Economie Sociale est devenue aussi « Solidaire, » cela fait partie du rituel des grands messes des CRESS.
Par contre ce qui est plus nouveau est que ce rituel se répète, amplifié, aux échelons géographiques supérieurs. Le plus surprenant est ce qui s’est passé il y a peu au niveau européen https://www.alternatives-economiques.fr/Une autre économie, pour une autre Europe ?où jusqu’à présent les tenants d’une ESS à la mode française avaient du mal à se faire entendre des autres pays dont les logiciels n’étaient pas naturellement adaptés à ce schéma.

Il n’est pas jusqu’aux instances de l’ONU qui soient atteintes par cette contagion alternative https://www.alternatives-economiques.fr/Un événement historique pour l’ESS. Que cela vienne de l’OIT n’est pas surprenant compte tenu du poids qu’y jouent les syndicats et quand on connaît le rôle des syndicats dans l’émergence de l’Economie Sociale en France, il y a là une filiation évidente. Cela dit, il était peut-être bon de rappeler dans cette enceinte que le modèle coopératif avait des vertus réellement émancipatrices, parce que chez nous, certains, les agriculteurs auraient pu commencer à en douter.

De là à en faire un projet politique à part entièrehttps://www.alternatives-economiques.fr/L’économie sociale et solidaire : un projet pour la République , voilà un pas que certains ont franchi allègrement quitte, parfois, à tordre la réalité du fonctionnement pour la faire rentrer dans le moule idéologique qui a leur préférence Planification écologique et économie sociale et solidaire. En effet, la nature autonome et fedérative des entreprises de l’ESS se prête mal au processus planificateur. On a vu en effet ce que cela donnait lorsque, dans la Yougoslavie de Tito, on venait plaquer un modèle planificateur sur un modèle autogestionnaire. Ou alors, il faut que la planification soit ascendante et non descendante. Or, jusqu’à présent, on n’a pas encore trouver la martingale qui puisse garantir un processus démocratique de décision du bas vers le haut. Peut-être que les moyens moderne d’échanges instantanés, bien encadrés, pourraient y contribuer.

Il ressort de tout ceci quand même, que les acteurs conscients de l’ESS ont bien en tête un projet alternatif mais que celui-ci a bien du mal à émerger, en dehors, des petites sphères où le modèle dominant entend le confiner.

Mais depuis quelques temps, certains, plus astucieux que la majorité de leurs congénères du modèle capitaliste, ont inventé de nouveaux concepts qui permettent de noyer les principes fondateurs de l’ESS, qui SONT son projet politique, dans un ensemble plutôt fumeux dont le but est de faire croire qu’une boisson gazeuse inoffensive peut-être une bière forte dès lors qu’on lui donne un nom de bière. Je veux parler ici des entreprises à mission.

Du coup, on comprend mal pourquoi tant de mastodontes de l’ESS se lancent à corps perdu dans cette aventure. Certaines y mettent même des moyens https://www.miroirsocial.com/Entreprise à mission : le comité de suivi mis en place au Crédit Mutuel livre son premier rapport, preuve que leur démarche est vraisemblablement sincère. Mais pourquoi utiliser cet artifice, alors que les objectifs que cette entreprises s’assignent ne sont, déjà, ni plus ni moins que les composantes de leur ADN. Peut-être, certains dirigeants ont-ils sentis que leur entreprise était en train de dériver. Peut-être ont-ils pensé aussi que cela pouvait devenir un bon argument marketing, comme « l’entreprise qui appartient à ses clients », vis-à-vis d’une clientèle de plus en plus sensible aux arguments d’égalité, d’équité et de sobriété. Faisant cela, se rendent-ils compte qu’ils cautionnent le discours des petits astucieux dont je parlais plus haut, en laissant croire, par assimilation, que toutes les entreprises à mission participent de l’économie sociale, ce qui est loin d’être démontré.

Et surtout, cela permet à des initiatives purement marketing de se parer d’emblée de la toge virginale de l’intérêt commun https://toulouse.latribune.fr/Le Drive tout nu lève 5 millions d’euros pour déployer son concept dans toute la France, là où il n’y a qu’un bon coup commercial. Vu comme cela, la frontière entre l’opportunisme commercial et le projet politique alternatif devient soudain très floue.

Et puis, il y a les contingences quotidiennes qui parfois obscurcissent l’esprit des dirigeants des entreprises de l’ESS. C’est un peu indécent de plaider sa spécificité en tendant la sébile https://www.boursorama.com/« Il y a urgence » : l’économie sociale et solidaire appelle le gouvernement à prendre en compte leur « spécificité » quand par ailleurs les mêmes vantent la résilience de leur modèle fondé sur la solidarité des acteurs et la prévoyance qui les OBLIGENT à constituer des réserves avec TOUS les excédents qu’elles ont pu accumuler depuis leur création.

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