Faut-il vraiment en rire ? Ils pratiquent le marketing à rebours

Que diriez-vous d’un boulanger qui vous dirait, sur le pas de sa porte « Et surtout, manger moins de pain ! » ou d’un buraliste qui vous menacerait « Vous devriez arrêter de fumer, c’est mauvais pour votre santé ! ». En général, ce serait plutôt l’inverse : le fabricant de yaourt qui vante les bienfaits santé de sa nouvelle mixture ou le fabricant de téléphone qui met en avant le caractère multi-fonctions et particulièrement élégant de son dernier bijou hors de prix. Bref, ces gens font du marketing.

Or, que s’est-il passé dans la tête des dirigeants de trois des plus grosses entreprises françaises quand ils ont publié une tribune dans le Journal du Dimanche du 26 juin 2022. La presse ne parle que de cela avec d’ailleurs parfois des approches très surprenantes.
Comme toujours Le Monde reste très factuel https://www.lemonde.fr/TotalEnergies, EDF et Engie appellent les Français à consommer moins d’énergie.
Ouest France est déjà plus alarmiste https://www.ouest-france.fr/Flambée des prix de l’énergie : TotalEnergies, EDF et Engie appellent à limiter « immédiatement » la consommation insistant sur le fait que c’est en économisant l’été qu’on passe mieux l’hiver. Depuis Jean De La Fontaine, on le savait déjà.
Mais la palme du titre le plus surprenant vient d’une petite publication locale https://bergeracnews.com/TotalEnergies, EDF et Engie intimant les Français à consommer moins d’énergie. Là, on a bien l’impression que ces trois chefs d’entreprises se sont mués en trois chefs de guerre, ou en tout cas, en trois super-flics capables de commander nos comportements.

Au fait qu’en est-il ? Le plus simple, c’est encore de lire la tribune https://www.lejdd.fr/TRIBUNE. « Le prix de l’énergie menace notre cohésion », par les patrons d’Engie, EDF et TotalEnergies. Et là, je dois dire que, dès le titre, le débat décolle vraiment. Ce sont ces grands patrons dont les pratiques quotidiennes font beaucoup dans la dislocation sociale qui viennent nous parler de cohésion sociale ? Que craignent-ils ? Et si par hasard, leur principale préoccupation était seulement la crainte du défaut d’approvisionnement, ce qui serait commercialement une faute ou l’obligation de subir des prix d’achat à la marge prohibitifs qu’ils ne pourraient pas répercuter dans leurs tarifs, encadrés par la volonté politique d’un gouvernement qui surtout ne veut pas de vague de ce côté-là.

Si encore, leur démarche avaient été réellement écologique, c’est à dire un appel à la sobriété permanente, quitte à réduire leurs fonds de commerce, j’aurai pu admettre leur propos mais quand au détour de ce texte, je lis cette expression «  cette nécessaire sobriété d’exception » je me dis que leur vertu n’est que de circonstance et que bien vite reviendront les vrais réflexes marketing « Consommez ! Consommer, Consommez ! »

C’est pourquoi cette fable du commerçant retenant ses produits, finalement, ne me fait pas rire.

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