Les pièges à doigts chinois

On dit que ce sont les Chinois qui inventèrent ce petit jeu amusant, mais ô combien irritant quand on se laisse prendre, qu’on appelle le piège à doigts.

Il semblerait qu’en matière de diplomatie économique, les dirigeants chinois y jouent avec maestria au point que, par exemple les dirigeants européens ne savent plus s’il faut tirer ou pousser https://www.euractiv.fr/La Chine, « menace ou défi » ? L’UE reste divisée sur la question pour se dépétrer de ces nœuds de relations économiques qui dévitalisent progressivement tout le continent.

Pour illustrer cela, prenons le cas de la production laitière.

Vertueuse climatiquement parlant, l’Union Européenne s’est laissée engager dans une politique de décroissance agricole https://www.actu-environnement.com/L’UE devra réduire son cheptel pour tenir son engagement sur les émissions de méthane qui si elle se justifie pleinement du point de vue de l’atténuation des effets du changement climatique, peut se révéler désastreuse pour les agricultures européennes et la balance commerciale de nombreux pays.

Or, dans le même temps, la Chine qui ne s’est pas collé cette contrainte de vertu écologique, va se lancer à corps perdu dans la production laitière sans tenir compte bien entendu des flatulences bovines https://www.lesechos.fr/Quand la Chine lance la révolution du lait.

Du coup, il est peut-être bon de rappeler quelques éléments historiques. Quand la Chine fut secouée par un scandale de lait frelaté, l’industrie laitière européenne pensa flairer le bon coup. Il y eu même une coopérative laitière qui s’associa à des capitaux chinois pour créer en Centre-Bretagne, à Carhaix, une gigantesque usine de poudre de lait. Hélas, les dirigeants chinois parurent ne pas être à la hauteur et la coopérative dut reprendre à grands frais, toute l’affaire. Il n’empêche qu’entre deux les techniciens chinois ont eu le temps de comprendre comment faire fonctionner ce genre d’usine et récupérer des savoir-faire bien utiles.

Or, dans le même temps, d’autres éleveurs français beuglaient leur fierté d’avoir vendu aux mêmes Chinois quelques beaux specimens de reproducteurs bovins. Depuis, on peut penser que ces valeureux taureaux ont une une belle progéniture et qui sait, c’est peut-être en s’appuyant sur ce cheptel revigoré que les dirigeants chinois envisage le « grand bond en avant » laitier. Pour l’instant, ce sera pour alimenter leur marché. Mais demain ? Si l’élevage européen réduit sa voilure, il y aura de la place sur les marchés mondiaux.

Il serait peut-être temps de considérer que l’empreinte climatique est un paramètre à prendre en compte dans les échanges commerciaux mondiaux

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