Cœur d’artichaut va à vau-l’eau

La France se désindustrialisait à grande vitesse mais grâce aux efforts conjugués du ministre de l’économie, qui est toujours là, et de sa sous-ministre, qui est partie depuis planifier l’énergie, la réindustrialisation de la France est en marche.

Or quels sont parmi les plus beaux fleurons de notre industrie nationale ? Les industries agro-alimentaires et c’est particulièrement vrai en Bretagne.

C’est normal car c’est devenue une grande région agricole depuis les années 60 et ça l’est restée, du moins en quantité. Et comme les dirigeants du monde agricole breton, au premier rang desquels les dirigeants des coopératives légumières, étaient gens sensés, ils ont favorisé l’implantation d’entreprises de transformation de ces matières premières.

C’est pourquoi on a du mal à comprendre cette décision https://www.ouest-france.fr/Agriculture. Les fonds et cœurs d’artichauts désormais fabriqués à l’étranger. L’usine est placée au cœur du pays des artichauts, entre Trégor et Léon, dans la région qui produit, à elle seule plus de la moitié de la production française.

C’est d’autant plus incompréhensible que régulièrement, les producteurs se manifestent en déversant sur la voie publique leur surplus d’invendus. Une telle usine aurait dû être en mesure d’absorber ces surplus pour les transformer et les remettre sur le marché dès que la saison aurait été finie.

C’est encore moins compréhensible quand la principale raison invoquée est « un problème récurrent d’approvisionnement ». Il aurait été si facile de contractualiser avec les producteurs sur le long terme, prix garantis contre livraisons assurés en volume et qualité.

Quant à l’argument financier « on a perdu 1,4 millions d’euros sur quatre ans », il laisse perplexe sur la solidité financière de ce mastodonte de la coopération agricole incapable d’assumer une telle perte alors que son chiffre d’affaires est de 3,1 milliards d’euros.

Le pire dans l’histoire est que l’usine appartient à un groupe coopératif qui se vante d’être au service de ses coopérateurs et que plus de 300 producteurs d’artichauts qui ne travaillaient que pour cette usine, vont se retrouver du jour au lendemain, sans débouchés immédiats. Mais ces producteurs « captifs » ne devaient pas suffire à alimenter les chaînes. Le reste venait vraisemblablement d’autres producteurs adhérent peut-être d’un autre groupe coopératif breton qui vient de se doter, lui, d’une toute nouvelle plate-forme logistique https://www.ouest-france.fr/Finistère. Pour ses 60 ans, la Sica inaugure triomphalement sa plateforme géante. Peut-être à partir de là, celui-ci saura-t-il mieux exploiter la ressource locale, car entretemps, cette production de conserves va partir à l’étranger vraisemblablement en Espagne et ce serait un comble que des coopérateurs bretons dussent expédier leur production en Espagne, faute du débouché habituel dans le Léon.

Parfois les causes de la désindustrialisation ne sont pas celles que l’on croit et les choix humains sont souvent déterminants.

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