Sauver le climat : la sagesse du porte-monnaie

Nous sommes quelques uns à dire depuis déjà quelques années que nos contemporains ne changeront leurs habitudes en matière de déplacements quotidiens que contraints et forcés et que la contrainte la plus forte sera le prix des carburants.

Evidemment, cela ne plait guère et fait passer les écologistes comme des rabat-joie, des obsédés de la taxe, bref ce que ceux qui veulent que rien ne change appellent « l’écologie punitive ».

Mais voilà, les faits viennent apporter indirectement de l’eau à notre moulin. La réaction de ces navetteurs régionaux https://www.ouest-france.fr/Des nouveaux passagers dans le train Morlaix-Brest à cause de la hausse du carburant, qui, pour certains, faisaient quand même 120 kilomètres par jour, montre bien qu’à partir d’un certain seuil, il existe une forte réactivité à la croissance des prix, ce que les économistes appellent une élasticité-prix positive.

Deux épisodes récents ont montré que, face à cela, la réaction des usagers-consommateurs fut parfois violente et pas de la même nature. En effet, en 2013, l’idée d’instaurer une écotaxe sur les transports routiers avait provoqué la révolte des « bonnets rouges » en Bretagne et plus récemment à l’automne 2018, une hausse, pourtant moindre du prix des carburants se traduisit par l’insurrection des « gilets jaunes ». Dans les deux cas, la cible était facile, l’Etat et sa manie « taxophile ». Il n’est pourtant venu à l’esprit d’aucun industriel breton, à aucune coopérative agricole bretonne de transférer leurs expéditions vers Paris, et au-delà, vers l’Europe, de la route vers le rail. Il n’est pas venu à l’esprit de beaucoup de gilets jaunes de profiter du mouvement de solidarité dans lequel ils s’inscrivaient pour développer localement des services de co-voitutage de proximité. S’en prendre à l’Etat était tellement plus simple et tellement français.

Mais cette fois-ci, c’est carrément l’abandon de la bagnole c’est à dire le rêve le plus fou de l’écolo le plus extrémiste qui serait en train de se réaliser.

Mais peut-être serait-il temps de réaliser que cette fois-ci l’Etat n’est pas en cause puisque que le niveau des taxes n’a pas bougé. Les responsabilité de ce renchérissement hors de proportion, sont à rechercher ailleurs, dans ce qu’on appelle dans le langage économique moderne, la « chaîne de valeur ». Qui bénéficie de cette aubaine ? Les pays producteurs, certainement via les royalties qu’ils perçoivent. Les entreprises d’extraction également ainsi que les transformateurs, sans oublier les circuits de distribution doivent également se servir au passage, sinon on ne comprendrait pas que quelques dollars en plus versés aux pays d’où vient ce pétrole se transforment en dizaine voire en centaine de dollars en cours de route.

Du coup, il convient d’être réaliste. Si comme je continue de le penser, le changement de nos comportements en matière de transport sera, demain comme aujourd’hui, dicté par le prix des carburants, comparé aux tarifs des solutions alternatives au véhicule à moteur individuel, à tout prendre je préfère que ce renchérissement soit dû à une taxation plus forte qu’à la création d’une rente privée.

En effet, si on augmente le montant des taxes, cela génère mécaniquement de nouvelles ressources que les pouvoirs publics vont pouvoir utiliser pour à la fois alléger cette charge nouvelle pour les moins favorisés et augmenter leur capacité d’intervention pour proposer des solutions alternatives de plus en plus performantes.

Par contre, si on compte sur les lois du marché, on aboutit à la situation actuelle, c’est à dire des mouvements largement spéculatifs qui profitent par ordre chronologique,

*à des Etats dont l’intérêt démocratique et des plus limités quand il ne favorise pas des situations indignes du point de vue des droits humains voire même des volontés expansionnistes et belliqueuses

*à des entreprises dont je disais il y a quelques jours que leur activité était certainement une des plus grandes nuisances écologiques, des entreprises qui par les bénéfices qu’elles accumulent contribuent également fortement à la concentration accélérée des richessses mondiales entre de moins en moins de mains

*à des entreprises de la grande distribution qui, par ailleurs, sont assez largement responsables des désordres qu’on constate un peu partout, dans le partage de la valeur créée entre producteurs, transformateurs et distributeurs, comme dans la valse des étiquettes. Leur donner cette rente supplémentaire n’est peut-être pas la meilleure façon de rétablir le rapport de force.

Heureusement que certains commencent à se rendre compte qu’il ne fallait pas se tromper de combat et quand une entreprise se trouve être à la fois, extratrice, raffineuse et distributrice, il est assez évident que c’est là qu’il faut porter la contestation https://www.amisdelaterre.org/e jour où nous avons bloqué l’AG de Total. Grâce à ce mouvement, c’est peut-être chose faite d’autant plus qu’il y a peut-être des alliés de l’intérieur qui ont compris qu’il fallait peut-être faire la part du feu pour sauver l’essentiel https://reporterre.net/Chez Total, la fronde des actionnaires pro-climat et qu’il serait dommage d’être plombé par les séquelles du passé (le pétrole) alors que s’ouvrent de nouvelles perspectives beaucoup plus juteuses (énergie éolienne en mer, hydrogène, etc…)

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