L’ESS c’est le futur ! Oui, mais quel futur ?

Au début du mois de mai, s’est tenu à Bruxelles une importante réunion de tous les acteurs de l’économie sociale et solidaire en Europe autour d’un thème mobilisateur « l’Economie Sociale et solidaire, le futur de l’Europe » https://www.miroirsocial.com/L’économie sociale, le futur de l’Europe : l’affirmation des acteurs européens de l’ESS. Il va sans dire que tous les intervenants ont pris la parole pour dire à quel point ils étaient persuadés que les différentes composantes de l’ESS allaient contribuer à faire un avenir meilleur à notre continent que celui qui nous est actuellement promis.

Mais ce faisant, la plupart d’entre eux ont pris soin de gommer un ou deux points essentiels. Le premier concerne la définition même de ce qu’on entend par Economie Sociale et Solidaire, ce qui est mal traduit par Social Economy. Le second est la nature du futur qu’on était en droit d’espérer d’un avènement sans partage de l’ESS.

Mais à tout prendre, ces deux points sont liés.

En effet, appartient à la Social Economy toute organisation dont le but premier n’est ni le profit, ni la mise en œuvre des politiques publiques, ce qui est une version extensive de l’ESS mais qui pourrait fort bien convenir aux tenants actuels du mouvement qui, en France, veut allègrement mêler entreprises sans but lucratif, entrepreneurs sociaux, entreprises à mission voire même certaines entreprises ayant une politique RSE véritable.

Et puis il y a sur la table deux visions du futur de l’Europe. Il y en a une qui, après l’analyse des tenants et aboutissants du système capitaliste aboutit, in fine, à la conclusion que face aux nouveaux enjeux démocratiques et écologiques, l’avenir du développement en Europe passe nécessairement par la montée en puissance des initiatives issues de territoires bien identifiées https://www.lemonde.fr/« L’époque oblige à actualiser la rupture avec le capitalisme », ce qui est une approche dans la tradition de l’ESS à la française.

Et puis il y en a une autre qui considère que l’avenir passe nécessairement par l’association d’une démarche généreuse portée par une structure issue de la famille ESS avec une approche efficace portée par une société à but lucratif et ce peu importe les territoires https://www.lesechos.fr/Le Groupe SOS et Compass forment un duo pour promouvoir une alimentation durable.

C’est déjà un peu ce qu’on avait vu, il y a deux ou trois ans quand il a fallu se poser la question de la revitalisation des petits bourgs ruraux. Il y eut d’une part la démarche par le bas de recréer des lieux associatifs cafés-épiceries-salles de réunion portés par des acteurs locaux et d’autre part, un projet « clé en main », porté par le groupe SOS, déjà lui, de « mille cafés » qui viendrait se plaquer partout où on voudrait bien de lui.

Comme vous le voyez, la question du futur de l’Europe via l’ESS, c’est d’abord et avant tout la question de quelle ESS veut-on ? Une économie de rupture ou une économie de compromis ? Le débat est aussi vieux que la gauche elle-même. C’est un débat qui continue à diviser la gauche française, les uns accusant les autres de rêveries utopiques, les autres accusant les uns de compromission.

Peut-être le véritable chemin vers un avenir meilleur passe-t-il par un savant dosage entre ces deux démarches !

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