Les anges aux ailes sales

Dans le monde des énergéticiens français, on est à la veille de grandes manœuvres qui risquent de modifier le paysage en profondeur. C’est d’ailleurs souvent le rôle des crises de favoriser ce rebattage des cartes.

Manifestement, celle qui fut à une époque la pépite industrielle de la France, dont on vantait le savoir-faire dans le monde entier, est en train de perdre la main https://www.lesechos.fr/Nucléaire : sept questions sur la catastrophe industrielle qui menace EDF. Tout cela parce qu’elle a mis tous ces œufs dans le même panier atomique et dans ce panier, il y a eu un œuf contaminé par la fièvre pannique (du français « tomber en panne »).

Or pendant ce temps-là des nouveaux venus se sont taillés une petite réputation dans le domaine qu’EDF avait négligé. Mais si, quand on est un grand groupe de la distribution, on est capable de réussir « des coups », on ne s’improvise pas pour autant énergéticien et les financiers qui pilotent la boutique se disent qu’il serait grand temps de ramasser la mise, en période d’euphorie, avant que la conjoncture ne se retourne.. Du coup, il n’est pas étonnant que les deux autres plus gros énergéticiens hexagonaux s’intéresssent à l’affaire https://www.lesechos.fr/Engie et TotalEnergies s’intéressent à la filiale d’énergie renouvelable de Casino. Non seulement, Yellowgreen est sur un créneau porteur mais en plus, en acquérant cette petite merveille, l’heureux ou les heureux élu(s) verdirait leur bilan énergétique assez rapidement.

Or pour l’un d’entre eux, cela risque de devenir vital. En effet, ses actionnaires s’apprêtent à faire savoir aux dirigeants qu’ils trouvent bien timide la stratégie de verdissement et que, ça c’est pas bon pour leur image https://www.lesechos.fr/TotalEnergies : avant l’AG, des investisseurs vent debout contre la politique climatique.

Pour le coup, je suggère au ministre en charge de la planification énergétique de mener un petit jeu de Monopoly comme les adore les ingénieurs générauxdes Mines et les administrateurs généraux de l’Etat et faire rentrer TotalEnergies et/ou Engie dans le capital d’EDF. En effet, comme je l’ai narré récemment, l’Etat a déjà donné et il n’a plus de sous et donc une aide extérieure serait bienvenue. Après tout ces deux entreprises sont un peu de la famille, puisque Engie, fille de GDF est une peu cousine d’EDF et que Totalenergies, quand elle s’appeleait Total ou ELF était une entreprise d’Etat.

En plus cerise sur le gâteau, comme les Français ont obtenu de faire reconnaître le nucléaire comme énergie verte en contrepartie de la demande allemande de reconnaître également le gaz comme une énergie convenable, en participant au capital d’EDF, ces deux entreprises deviendraient d’emblée la première entreprise d’énergie « verte » de France.

Voilà pourquoi Engie et Totalenergies devraient devenir les business angels d’EDF.

Oui mais voilà quand on reste un des principaux foreurs de puits de pétrole dans le monde ou qu’on devient le premier importateur de gaz schiste américain, on ne peut pas dire que, du point de vue de l’énergie vertueuse, ces deux anges aient les ailes propres.

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