Une COP peut en cacher une autre

Pour le commun des mortels, celui qui écoute ou lit les médias habituels, le mot COP évoque inévitablement « climat » et ça s’arrête là la plupart du temps.

Mais en fait le terme COP est un mot générique qui signifie que dans le cadre d’une convention de l’ONU, toutes les parties prenantes se réunissent pour mettre en commun leurs réflexions, leurs propositions d’action et leurs engagements respectifs pour atteindre des objectifs définis d’un commun accord.

C’est dire que des Conférences des Parties (traduction française de COP), il y en a beaucoup. Il y en a ainsi une sur la biodiversité qui aurait dû se tenir en Chine en 2020, puis en 2021 et qui se tiendra finalement peut-être à l’automne 2022 si les conditions sanitaires le permettent. La biodiversité peut attendre, semble-t-il

Il y a aussi une Conférence des Parties sur la désertification, qui ,elle, s’est tenue à Abidjan il y a peu de temps https://www.actu-environnement.com/Sécheresse : les scénarios de l’ONU pour les décennies à venir. Curieusement, les médias français en ont peu parlé. Il est vraisemblable que cela tient au fait que, franchement, la France n’est pas vraiment menacé par les phénomènes de désertification et comme cela ne concerne que des pays lointains, il n’est pas, franchement ,fondamental d’en rendre compte au commun des mortels français.

Et pourtant…

Si vous avez lu l’article jusqu’au bout, vous aurez appris que « Dans l’Union européenne, 15 % des terres sont atteintes par le manque d’eau. » Certes, ce n’est pas encore la désertification comme la connaissent les pays du Sahel mais c’est peut-être l’enclenchement d’un processus.

Et il serait peut-être bien de réfléchir dès maintenant à appliquer ici aussi les préconisations de cette COP 15 désertification et notamment « Restaurer les paysages à grande échelle » ou « Modifier les pratiques agricoles et alimentaires ».

J’espère que ceci devrait trouver un écho chez certains agriculteurs ces jours-ci. En effet, il n’est quand même pas tout à fait normal qu’une quinzaine de départements soient placés en alerte sécheresse dès le mois de mai. Et même si la pluviométrie se rétablissait un peu dans les semaines qui viennent, le coup de semonce aura été peut-être salutaire quoique je déplore que la réaction première des organisations professionnelles et des pouvoirs publics aient été de développer la construction de réservoirs d’eau afin de maintenir la capacité d’arrosage et d’irrigation. Quand on en est réduit à arroser des cultures qui devraient se passer de tout apport hydrique, c’est pourtant qu’il y a quelque chose qui cloche dans le système.

Ça cloche même tellement que dans certains endroits, les pouvoirs publics sont contraints de baisser les bras tellement les dégâts sont irreversibles https://www.actu-environnement.com/Paysages : 30 sites irrémédiablement dégradés perdent toute protection. Partout ailleurs, là où il est encore possible de faire quelque chose, il serait pourtant bien de faire ce qui est nécessaire pour restaurer les paysages, non pas les paysages de carte postale qui plaisent tant aux citadins en villégiature de week-end, mais ces paysages façonnés par des générations et des générations de paysans qui comprenaient aussi bien que nos agronomes quels étaient les équilibres à respecter pour que la Nature reste naturelle.

Si on prend l’exemple de nos forêts, il y a du chemin à faire avant d’arriver à retrouver une gestion équilibrée de nos arbres https://www.actu-environnement.com/Une sylviculture moins brutale pour favoriser la biodiversité. Or ce n’est pas le chemin qu’a pris le ministère de l’agriculture https://www.actu-environnement.com/L’association Canopée saisit la Commission européenne à propos du plan français de plantation d’arbres . C’est quand même plutôt paradoxal d’avoir privilégié des projets qui pratiquent la coupe rase (c’est à dire que plus rien ne reste après le passage des tronçonneuses) pour favoriser la renaissance de la forêt française.

Et dire que pendant ce temps-là, les pays qui eux connaissent une vraie désertification ont trouvé comme parade à l’avancée du désert de replanter partout où c’était possible des arbres afin d’ériger ce qu’on appelle un barrage vert, alors même que les conditions ne sont pas des plus favorables à la croissance de la plupart des arbres.

Tiens au fait, vous avez remarqué que la défense des paysages c’est un thème fort de la lutte contre la désertification, mais que c’est aussi un moyen de préserver la biodiversité. Et que s’il y a sécheresse, c’est à cause des dérèglements climatiques.

Mais alors, si on parle de tous ces sujets dans des COP différentes, pourquoi faut-il trois COP justement ?

Bonne question !

Peut-être est-ce parce que l’analyse systémique est une approche trop complexe pour la diplomatie onusienne, qui préfère les sujets bien cernés et donc plus faciles à négocier.

Mais après tout qui s’en plaindrait ? Cela fait trois instances où les mêmes questions écologiques sont débattues et que des solutions sont mises en oeuvre. Encore faut-il qu’elles se réunissent et que les débats aboutissent.

Mais ceci est une autre histoire !

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