Voici venu le temps des provocateurs orwelliens

Dès que vous avez lu orwellien dans le titre, vous vous êtes dit : « il va encore nous parler de « 1984 » et des frasques de Big Brother. » Eh bien ! Vous ne vous êtes pas trompé.

En effet, on y trouve tout ce qui fait la densité tragique de notre quotidien de 2022.

Commençons par les fameux aphorismes paradoxaux : « la guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. »

Si vous rajoutez à cela les simplifications castratrices de la novlangue inventée par Georges Orwell afin de mieux nier les faits réels au profit d’un univers fantasmé et binaire, le tableau commence à prendre forme.

Si vous rajoutez ce besoin obsessionnel qu’a cette dictature imaginaire d’avoir en permanence un ennemi qui la menace mais qui n’est pas toujours le même, cela nous renvoie de façon inexorable à ce qui se déroule sous nos yeux dans l’Est de l’Europe mais qui fut également mis en scène dans des temps pas si lointains que cela par la grande puissance de l’époque pour justifier toutes les ingérences que ses intérêts lui dictaient.

Mais cette façon de distorde le discours pour réinventer la réalité n’est pas l’apanage des pouvoirs politiques qu’il soient dictatures, des démocraties formelles ou des des démocratures.

On en retrouve des traces un peu partout dès lors qu’une pensée binaire tend à s’exprimer pour imposer sa vision bicolore du monde.

Pour illustrer cela je prendrai trois exemples.

Et à tout seigneur, tout honneur, je commencerai par celui qu’on désigne comme l’homme (potentiellement) le plus riche du monde. Au cours du mois dernier, son assaut contre le petit oiseau bleu m’avait déjà donné l’occasion de faire quelques remarques sur ce que j’entendais par liberté et notamment, liberté d’expression. En annonçant ceci https://www.ouest-france.fr/Après le rachat de Twitter, Elon Musk veut annuler l’exclusion de Donald Trump du réseau social, il confirme que, manifestement, « asinus asinum fricat » (l’âne fréquente l’âne). D’ailleurs, il n’avait jamais caché son attirance pour ce sinistre personnage qui aurait ajouter aux aphorisme orwellien, son propre mantra « la vérité, c’est le mensonge. » ou si vous préférez « good news is fake news ! »

Le deuxième exemple est tout aussi choquant. Il nous vient du patron d’une des principales entreprises mondiales productrices d’engrais et de produits phytosanitaires https://www.tdg.ch/Menace d’une crise alimentaire Il faut arrêter l’agriculture bio, dit le patron de Syngenta. Qu’elle soit devenu propriété d’un groupe industriel d’Etat chinois ne change pas fondamentalement les choses ; des entreprises de cette nature portent indéniablement une lourde responsabilité dans la détérioration des écosystèmes mondiaux et dans les déséquilibres de la production agricole mondiale.

Utiliser l’argument d’une crise alimentaire menaçante pour mettre en accusation le modèle de production qui remet en cause fondamentalement le sien est donc particulièrement pervers. Alors que plusieurs études montrent que l’agriculture biologique est en capacité de faire face aux besoins alimentaires mondiaux, que le déséquilibre de nos régimes alimentaires sont la cause de grands gaspillages, affirmer l’inverse c’est peut-être faire le pari que : « l’ignorance, c’est la force. »

Enfin le dernier exemple vient illustrer le fait que la provocation peut être une manière de tuer le débat https://www.ouest-france.fr/Le patron des chasseurs exhorte les Français à se promener « chez eux » pour éviter les accidents. Certes, affirmer qu’on risque plus de mourir sous les coups d’un assassin que sous les tirs d’un chasseur est statistiquement exact mais n’est-ce pas incongru d’accoler dans le même raisonnement « assassins » et « chasseurs ». Certes, il n’est pas faux de dire que l’essentiel des espaces naturels sont des propriétés privées mais de là à en conclure que la nature n’est pas à tout le monde révèle une vision du monde que je qualifierai charitablement de « très particulière ». Certes statistiquement il est plus dangereux de partir se promener en voiture le dimanche après-midi en automne que de marcher dans les sous-bois à la même période mais l’accident de voiture ne tient pas au fait que la voiture ait été conçue pour tuer alors que l’accident de chasse découle directement de ce que l’arme qui en est la cause à été conçue exclusivement pour tuer. Partant de là, je dirai comme nos anciens que la liberté de chacun s’arrête là où commence celle des autres. » et non cette ânerie qu’Orwell a mise dans la bouche de Big Brother.

Comme vous le voyez, des Little Big Brother, on peut en rencontrer partout.

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