La fin d’une époque ?

Depuis la fin de la II° Guerre Mondiale et l’évidente hégémonie des États-Unis -Unis sur le monde non-communiste d’alors, la monnaie américaine n’avait quasiment plus de concurrent dans le monde surtout depuis la déroute de la livre sterling dans les années 60, fruit de la fin de l’Empire.

Depuis cette date, le yen a tenté un moment de contester cette mainmise de la monnaie américaine sur les échanges mondiaux – on parler d’eurodollars, de pétrodollars, etc..- mais en vain. A force de ténacité, quelques dirigeants européens ont réussi à mettre sur les rails une nouvelle monnaie, commune à une quinzaine de pays, mais malgré le poids commun de leurs économies mutualisées, cela n’a qu’à peine entamée le leadership.

Il en va tout autrement maintenant que la Chine est en passe de devenir la première économie en termes de PIB et que ses ambitions commerciales vont au-delà d’être le sous-traitant de l’Occident ou comme le disaient les journalistes, toujours friands de formules imagées, « l’atelier du monde ».

Mais les Chinois sont gens patients et ils ont tissé maille à maille leur réseau d’influence en utilisant les outils les plus modernes de cette prérogative régalienne qui est de battre monnaie.

Du coup, quand je lis ces deux titres d’articles :
https://www.lemonde.fr/« La guerre en Ukraine va accélérer l’ascension du yuan à l’international et le déclin du dollar roi »
https://www.lesechos.fr/La stratégie du zéro Covid en Chine fait plonger le yuan
parus simultanément le 26 avril 2026, je m’interroge, le yuan aura-t-il un sort identique au yen ou est-ce vraiment la fin d’une époque ? En d’autres termes qui a raison, Le Monde ou Les Echos? Bien évidemment, ils ont tout deux raison car leurs analyses ne se posent pas dans la même échelle de temps.

Evidemment, le yuan va pâtir des difficultés sanitaires que semblent connaître deux des principales régions économiques de ce grand pays mais c’est un peu le lot des grandes monnaies d’être ainsi soumises à des fluctuations conjoncturelles, qui font le miel des spéculateurs avisés.

Evidemment, le yuan sera amené à jouer un rôle grandissant dans les années à venir et la crise née de l’agression russe contre l’Ukraine met bien en exergue les mécanismes qui favoriseront cette montée en puissance, dont le principal est le rejet, pour des raisons idéologiques ou politiques, du dollar.

La question est désormais, peut-on concevoir un monde où il n’y aura plus une monnaie étalon unique mais un panier de deux, trois ou quatre monnaie jouant à peu près le même rôle dans la fluidité des échanges commerciaux mondiaux ? Rien ne s’y oppose a priori à condition que les pays battant monnaie acceptent tous de jouer le même jeu sur les marchés financiers mondiaux. Et là, j’ai comme un doute.

Cet article, publié dans mondialisation quand tu nous tiens, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.