Vous reprendrez bien un beignet ?

Proposer un beignet à l’approche de Noël ! Quelle drôle d’idée ! Attendons donc la Chandeleur ou Mardi-Gras pour avaler cette pâtisserie graisseuse hyper-sucrée et rabattons-nous sur les sucreries de Noël, tout aussi grasse et hyper-sucrées, les bûches, strudels, cookies et autres cupcakes, sans oublier les amandes et noix fourrées à la pâte d’amande et les traitres marrons glacés.

En espérant ne pas vous avoir dégoûté d’emblée, je voudrai revenir sur une initiative plutôt surprenante d’une ONG s’appuyant sur les travaux d’une économiste https://www.novethic.fr/quel pays dépasse le plus les limites planétaires : réponse avec cette représentation percutante de « la théorie du donut ». Franchement c’est quand même assez bizarre d’utiliser, comme outil didactique pour expliquer ce que devrait être la sobriété, une image qui renvoie à la forme la plus gloutonne du gaspillage alimentaire américain, le beignet circulaire qui porte l’onctueux nom de doughnut, devenu donut dans la graphie simplifiée actuelle.

Quand j’ai lu cet article, j’ai d’abord cru à une blague. Eh bien, non ! L’initiative est bien réelle et même très sérieuse, du moins si j’en crois la présentation qu’en fait le site de la filiale française de cette ONG britannique https://www.oxfamfrance.org/actualite/la-theorie-du-donut-une-nouvelle-economie-est-possible/.

Certes, l’intention est louable de vouloir visualiser la diversité des éléments à prendre en compte pour décrire l’état économique, social et environnemental d’un pays. Pour le coup, on est bien loin du chétif PIB dont la représentation filiforme montre assez clairement la minceur ténue de son utilité à décrire l’état de notre société dans toute sa complexité.

Mais franchement prendre un beignet comme image ! Il y en avait tant d’autres possibles : le pain-couronne, la couronne de branche de sapin qu’on accroche aux portes des maisons à Noël, la roue de secours même, mais pas ce symbole du gaspillage alimentaire. C’est d’autant plus dommage que si on veut garder la métaphore pâtissière, tous ces dépassements climatiques ou ces manques sociaux en rouge, cela ressemble fort à de la gelée de groseille qu’on aurait largement étalée autour de ce beignet. Beurk !

N’aurait-il pas été plus simple de marquer ces dépassements par des déformations significatives du tore initial. Un tore, tordu, ça ne peut pas marcher, c’est disgracieux, qu’il s’agisse d’un pain-couronne, d’une couronne de Noël ou d’une roue de secours.

Il n’empêche qu’il convient quand même de rendre hommage à cette économiste qui par son diagramme a voulu montrer que le dépassement d’une bonne demi-douzaine de critères environnementaux nuit gravement à l’équilibre et donc au bien-être d’un pays, que dans le même temps la non-satisfaction d’une autre bonne demi-douzaine de critères sociaux aboutissait au même résultat. Et finalement, n’est-ce pas cela le plus important.

Ensuite, c’est une question de pédagogie de décrypter les creux et les bosses du tore torve. Et là, en matière de communication, l’ONG qui a pris cette initiative n’a peut-être pas eu la main heureuse. Mais après tout peut-être suis-je moi même aveuglé par mon linguo-centrisme francophone. En effet pour une ONG anglo-saxonne « donut » peut s’entendre comme « do not », »-ne faites pas-. Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir utilisé le symbole circulaire d’interdiction des panneaux routiers ?

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