L’Empire contre-attaque ?

Je vous le promets, je ne l’ai pas fait exprès. C’est en effet un pur hasard que j’ai consacré mon billet d’hier à la montée en puissance de l’impérialisme chinois, la veille du jour où la Commission européenne présentait sa riposte au projet de nouvelle route de la soie https://www.ouest-france.fr/Projet « Global gateway » : comment l’Europe entend contrer l’influence de la Chine. Vous me direz qu’il était temps. Mais l’inconvénient avec une organisation aussi complexe que l’Union Européenne, c’est que le processus de décision est très long et que les alternances démocratiques ne favorisent pas forcément le déploiement d’une pensée stratégique de long terme, contrairement au centralisme « démocratique » chinois où le cercle de décision est restreint et dans lequel, on a l’éternité devant soi.

Toujours est-il qu’une réponse alternative s’ébauche mais il s’agit plus d’un contre en défense depuis sa ligne de but que d’une véritable offensive https://www.lesechos.fr/Face aux routes de la soie chinoises, l’Europe obligée de changer de logiciel. Cela fait encore un peu assemblage de bric et de broc mais il convient de ne pas insulter l’avenir. Par contre, il ne faudrait pas non plus insulter l’intelligence des peuples. Or ce qui manque dans ce schéma et dont on ne retrouve pas trace dans les commentaires de la presse, y compris dans cet article du Monde https://www.lemonde.fr/L’Europe présente son projet à 300 milliards d’euros pour contrer les routes de la soie chinoises, très factuel, comme souvent, c’est une vision rénovée de la conception du partenariat international. Certes ce sera sûrement une avancée de mettre les « valeurs communes » parmi les critères de partenariat, mais quid de la prise en compte des besoins réels des pays partenaires potentiels, quid de leur participation à l’élaboration du projet commun, si ce n’est la crainte exprimée par les bureaucrates bruxellois de ne financer que des « éléphants blancs » (vision parfois juste, hélas mais réductrice voire carrément raciste de la capacité des dirigeants locaux à penser un avenir commun). Changer le logiciel comme le titre Les Echos (propriété de l’homme le plus riche de France, rappelons-le) c’est aussi changer de logique et oublier qu’on fut un empire pour ne plus prêter le flanc aux critiques de néo-impérialisme.

Tiens pendant que j’y suis, parlons d’une autre manifestation de l’impérialisme, l’imprégnation culturelle.

A cet égard, je voudrais mettre en regard deux petites brèves piquées dans le même journal et concernant (est-ce un hasard?) la même ville universitaire
https://www.ouest-france.fr/Cet hiver, ils ont choisi de quitter Caen pour partir étudier à l’étranger
https://www.ouest-france.fr/Rana, Syrienne en exil, étudie à l’université de Caen.
Avoir une influence culturelle forte, c’est en effet faire preuve d’ouverture d’esprit, ouverture en allant voir ce que les autres ont à nous apprendre mais aussi en accueillant ces mêmes autres pour le faire partager ce que nous savons.

Du coup, j’ai voulu voir ce que devenait de manière plus générale, l’accueil des étudiants étrangers en France dont on disait, il y a encore quelques jours qu’il était en berne. Parmi les nombreux articles que j’ai trouvé sur la question j’ai sélectionné ces deux-ci
https://www.aefinfo.fr/Une baisse « modérée » du nombre d’étudiants internationaux en France : CampusFrance publie ses chiffres clés 2021

https://www.lesechos.fr/Etudiants étrangers : la France retrouve son niveau d’avant la crise. Alors, est-ce mieux que si cela avait été pire ou est-ce moins bien que si cela avait été meilleur ? A lire ces deux articles qui se veulent bien documentés, difficile de le dire puisque les chiffres, les classements ne sont pas les mêmes. Il en ressort toutefois deux ou trois éléments dont je pourrais dire qu’ils constituent, du coup, ma part de vérité. Le premier est que la Chine avait compris bien avant nous que envoyer massivement sa jeunesse étudier à l’étranger était un pari gagnant. Le deuxième est que malgré tout, les Etats-Unis restent le pôle d’attraction dominant, ce qui en matière d’impérialisme culturel est fondamental. Le troisième est que l’Europe et singulièrement la France constitue également un pôle majeur d’attraction, notamment pour le continent qui présente de par sa démographie, le plus grans potentiel, l’Afrique et cela aussi est fondamental en terme de (re)conquête d’influence.

Du coup, la proposition de ce candidat à la candidature est incompréhensible https://www.lepoint.fr/Réduire le nombre d’étudiants étrangers en France : le contresens de Xavier Bertrand. Je me garderai bien de la qualifier car ce serait faire de la politique.

Or, vous le savez bien, je ne fais JAMAIS de politique sur ce site.

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