Et si après la COP 26, on parlait d’autres choses que du climat.

Il ya quelques semaines il y eut, en Chine, la COP 15 sur la biodiversité précédée de peu par le congrès mondial de l’Union Internationale pour la conservation de la nature à Marseille. On a un peu parler de la disparition annoncée de milliers d’espèces animales et végétales, puis on est passé à autre chose.

Et cette autre chose, ce fut les préliminaires puis les travaux de la COP 26 de Glasgow sur le climat. Pour le coup, on a été abreuvé d’informations venant de toutes parts. Il y a eu des déclarations fracassantes, des décisions radicales (enfin, ce sont les signataires qui le disent) et l’évènement a fait donc grand bruit. Au moment où le rideau tombe en attendant la prochaine COP Climat (la 27°),certains commencent à faire le bilan de ces échanges et ce n’est pas brillant

Du coup, on ne peut s’empêcher de s’étonner de l’importance qu’a pris le changement climatique dans nos débats sociaux, alors qu’il y a 20 ans, les premières COP climat se passaient dans la plus grande confidentialité. C’est d’ailleurs la question que ce pose se petit web média fureteur https://usbeketrica.com/Le climat est-il en train d’éclipser les autres enjeux environnementaux ?. La façon même de poser la question comporte elle la réponse : le climat éclipse toutes les autres préoccupations liées à la détérioration de notre environnement naturel. On pourrait se demander pourquoi.

A cette dernière question d’ailleurs l’auteur de cet article propose une première réponse. La détérioration du climat a des conséquences immédiates et maintenant visibles. L’irruption des caprices du temps dans la rubrique « faits divers-catastrophes » en fait naturellement un sujet très médiatique puisque ces relais « d’informations » sont très friands de sensationnel et d’exceptionnel. Il est vrai que ces dernières années, la planète a été servie. Et comme les opinions publiques sont comme Thomas, elles ne croient que ce qu’elles voient, l’idée est bien ancrée maintenant dans les esprits que nous allons vers une catastrophe planétaire due au dérèglement climatique. Si dans le même temps, les mêmes lanceurs d’alarme ou leurs collègues entomologistes, zoologues ou agronomes poussent les mêmes cris d’alerte concernant l’anéantissement de pans entiers de la vie animale et végétale, cela fait forcément moins de bruit car les conséquences ne sont pas immédiates. En outre, et c’est là peut-être la deuxième explication, une nuée d’abeille qui meurt ou une espèce de félins qui disparaît, cela touche moins le quotidien de Madame et Monsieur Toulemonde qu’une inondation du centre-ville de Fréjus ou 15 jours de canicule au mois de juillet suivi de quinze jours de fin d’automne au mois d’août. Ce qui ne les touche pas ou qu’il ne voit pas, ne les intéresse que modérément. Certes on versera une petite larme pour le dernier koala et puis on passera à autre chose, jusqu’au jour où des scientifiques auront démontré avec suffisamment de force que l’extinction des abeilles a une conséquence sur notre consommation de fruits et de manière générale sur la variété de notre alimentation par exemple. Si en plus, ces scientifiques proposent des scénarios plus ou moins cataclysmiques à partir de ces réactions en cascades provoquées par le déséquilibre des chaînes écologiques et que certains de ces scénarios commencent à se vérifier (mais ça peut prendre du temps), alors peut-être la biodiversité deviendra un sujet de préoccupation des opinions publiques et plus seulement des écologistes et de tous ceux qui savent que les écosystèmes sont fondés sur un équilibre très subtil entre les différentes formes de vie, qu’elles réagissent entre elles et que toute modification provoque inéluctablement des réactions en chaînes encore plus difficiles à maîtriser qu’une réaction nucléaire( si je peux me permettre ce genre de comparaison).

Mais il existe une autre explication au fait que le climat a éclipsé toute autre préoccupation écologique dans le débat public. Et cela est lié à la façon dont on a réduit la question du climat à la gestion de notre consommation d’énergie. En effet, l’énergie, c’est une donnée facilement mesurable, facilement quantifiable en terme d’équivalence financière. C’est aussi une question au cœur de nombreuses activités économiques. C’est donc une question qui concerne directement, sans grand filtre, ceux qui font profession de vivre des chiffres ou de l’argent, les économistes, les industriels et les financiers. Il se trouve, en outre, que la technologie est à même de fournir, pour peu qu’on s’en donne le temps et les moyens, des solutions qui à terme pourraient même s’avérer plus profitables pour ceux qui les mettent en œuvre que les processus anciens qui apparaissent en faillite. Or, nous sommes arrivés au moment où toutes ces options sont arrivées à maturité. La vieille économie peut donc faire sa mue en douceur, ayant pu, grâce à la procrastination des acteurs publiques qu’on appelle pour le coup injustement des décideurs, mettre à profit le délai ainsi obtenu pour peaufiner une stratégie de transition qui ne soit pas une rupture mais au contraire un renforcement de la mainmise que ses maîtres actuels ont sur le système existant. Et c’est pour cela que ces derniers nous parlent du climat, qu’ils nous vantent leur implication, qu’ils obtiennent l’appui y compris financier de ces mêmes acteurs publics. Et si par hasard, le fruit n’était pas encore mûr, ils savent utiliser toutes les ressources de la rhétorique pour affirmer qu’on va dans le bon sens sans y aller trop rapidement. C’est pourquoi par exemple, on parlera de diminution progressive plus que d’extinction progressive. C’est pourquoi aussi, les contraintes ne seront au mieux que morales.

C’est pourquoi surtout, on nous rebat les oreilles du changement climatique car ils ont maintenant des solutions pour en tirer profit alors que bien peu d’entre nous savons ce qui s’est décidé à COP 15 biodiversité à Pékin en Septembre car pour l’instant, les mêmes puissances financières n’ont trouvé dans l’arsenal industriel et technologique aucune réponse aux questions que leur pose la communauté scientifique ; pour l’instant, ils en sont encore pour la plupart dans le déni du problème.

Raison de plus de ne pas parler que du climat mais de façon plus globale de l’influence de l’activité humaine sur le milieu naturel , faire de l’écologie en somme.

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