Sauver la biodiversité : quand on veut, on peut – mais quand on veut pas, on fait pas !

La COP 15 de la biodiversité (à ne pas confondre avec la future COP 26 du climat) touche à sa faim, sur un cri d’alarme, de grandes déclarations de principes et très peu de décisions concrètes. Comme d’habitude, ai-je envie de dire. Et pourtant, dieu-sait si les observateurs en avait souligné l’importance https://www.letelegramme.fr/Pourquoi la COP15 biodiversité est cruciale pour l’avenir de la planète.

Heureusement, il y en a d’autres qui s’en préoccupent, certains par altruisme environnemental, d’autres en fonction de leurs intérêts bien compris. Mais comme aurait dit un ancien dirigeant chinois, Den Zao Ping, connu pour son pragmatisme «  Qu’importe que le cat soit noir ou gris, pourvu q’il attrape les souris ! ».

Les marins pêcheurs des côtes françaises, avec l’aide des organismes français de recherche océanographiques en apportent ces deux preuves
https://www.energiesdelamer.eu/coquilles Saint-Jacques en baie de Seine et en baie de Saint-Brieuc : record absolu
https://reporterre.net/La langouste est de retour en Bretagne
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A chaque fois, c’est le même scénario. Confrontée à la raréfaction de l’espèce et face à une perspective de chômage définitif, la profession avait deux options possibles : accélérer le process d’élimination pour passer à autre chose ou mettre la pédale douce afin de permettre à la nature de réparer toute seule les dégâts qu’ils lui avait causé. La seconde option, fruit d’une tradition de patience propre à cette profession, l’a donc enmporté et tout le monde s’en réjouit, sauf peut-être les coquillages et les crustacés eux-mêmes dont le funeste destin n’est que reporter dans le temps.

Mais dans le même temps, alors même que la COP n’avait pas encore éteint ses lampions, le Journal Officiel de la République Française publiait cette série d’arrêtés le vendredi 15 octobre, veille de week-end de chasse donc
Arrêté du 12 octobre 2021 relatif à la capture de l’alouette des champs (Alauda arvensis) au moyen de pantes dans le département de la Gironde pour la campagne 2021-2022
Arrêté du 12 octobre 2021 relatif à la capture de l’alouette des champs (Alauda arvensis) au moyen de pantes dans le département des Landes pour la campagne 2021-2022
Arrêté du 12 octobre 2021 relatif à la capture des vanneaux et des pluviers dorés dans le département des Ardennes pour la campagne 2021-2022
Arrêté du 12 octobre 2021 relatif à la tenderie aux grives et aux merles noirs dans le département des Ardennes pour la campagne 2021-2022
Arrêté du 12 octobre 2021 relatif à la capture de l’alouette des champs (Alauda arvensis) au moyen de pantes dans le département du Lot-et-Garonne pour la campagne 2021-2022
Arrêté du 12 octobre 2021 relatif à la capture de l’alouette des champs (Alauda arvensis) au moyen de pantes dans le département des Pyrénées-Atlantiques pour la campagne 2021-2022
Arrêté du 12 octobre 2021 relatif à la capture de l’alouette des champs (Alauda arvensis) au moyen de matoles dans le département des Landes pour la campagne 2021-2022

Arrêté du 12 octobre 2021 relatif à la capture de l’alouette des champs (Alauda arvensis) au moyen de matoles dans le département du Lot-et-Garonne pour la campagne 2021-2022 .
Même si le volume de prise est encadré, cela représente quand même une hécatombre de plusieurs dizaines de milliers d’oiseaux par an, juste pour le plaisir. Que cela se fasse au nom du bien-être animal, comme je l’ai entendu, dépasse l’entendement. Que cela se fasse aussi au nom de la préservation des coutumes locales est également sujet à caution. Toutes les coutumes ne sont pas forcément bonnes. Il en est même d’archaïques et de barbares comme celles-ci au même titre que la crucifixion de chouettes sur les portes de granges pour conjurer le mauvais sort ou la chasse à courre. Et qu’on ne vienne pas dire non plus qu’il ne s’agit pas là d’espèces menacées. Certes l’alouette des champs n’est pas classée par l’UICN dans les catégories les plus critiques mais elle quand même identifiée en catégorie LC, c’est à dire légèrement critique avec cette appréciation «  L’Alouette des champs est une espècerépandue et généralement commune, non menacée. Cependant, les suivis de populations menés récemment montrent une nette baisse numérique, et des nicheurs et des migrateurs. »

Gouverner c’est anticiper et c’est le rôle de l’administration de faire en sorte qu’une situation critique ne se transforme pas en situation dramatique. Notons à cet égard que le signataire de ces arrêtés est « le directeur de l’eau et de la biodiversité » , mais on peut raisonnablement penser qu’il n’a signé cela qu’avec l’aval de sa ministre, qui protège parait-il la nature et notre environnement naturel et que celle-ci n’a rien ordonné sans l’accord pressant du Président. Il fut un temps où le ministre en charge de l’écologie démissionnait parce qu’il ne supportait plus la présence obsédante du lobby de la chasse. C’était il y a moins de 5 ans.

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