Le nucléaire c’est comme les virus, même petits, c’est dangereux !

Et voilà ! Le sujet revient sur le tapis. Je ne parle pas du vaccin mais bien du nucléaire. Voilà bien un sujet qui permet de jouer avec les peurs plus ou moins irraisonnées, dans un sens comme dans l’autre. Au lendemain, du premier choc pétrolier, on « avait des idées » et l’énergie nucléaire connaissait son âge d’or par trouille de manquer d’énergie. Un peu plus de 10 ans plus tard, malgré les barrières anti-nuage du bon Professeur Pellerin, une partie des Français mettaient fin à leur idylle atomique tétanisés par la catastrophe de Tchernobyl. Ils deviennent même majoritairement opposés à cette énergie à la vue de la centrale de Fukushima malmenée par un tsunami pourtant prévisible. Et maintenant, la perspective d’un cataclysme écologique due aux émissions de CO² a permis aux nucléophiles de faire passer l’énergie atomique pour une énergie « verte » au motif qu’elle n’émet rien que de la vapeur d’eau. Cela a suffi à convaincre une part croissante des Français que c’était là peut-être LA solution transitoire à nos problèmes. Ceci explique le forcing effectué à Bruxelles par la diplomatie française pour faire reconnaître l’électricité nucléaire comme une énergie écologique afin de bénéficier des aides du Green Deal de la Commission. C’est aussi ce qui explique la décision du Président de favoriser le redémarrage du nucléaire en France mais en version « petits ».

Enfin, quand on dit « petits », il s’agit quand même de centrales au moins aussi imposantes que les centrales à cycle combiné gaz comme celle de Landivisiau dans le Finistère-Nord. Industriellement, cela reste donc des usines avec l’impact potentiel que cela peut avoir sur l’environnement à 50 kilomètres à la ronde. D’ailleurs, je vous invite à lire cette enquête de France Info qui fait bien le point sur ces installations https://www.francetvinfo.fr/France 2030 : quel avenir industriel pour les SMR, ces « petits » réacteurs nucléaires vantés par Emmanuel Macron ?. Si vous avez l’article jusqu’au bout, vous avez pu constater qu’il n’y avait rien de mirifique là-dedans, juste la volonté des ingénieurs français de rester dans la course quoiqu’il en coûte.

Mais cela peut suffire à remettre en selle une filière qui est actuellement plutôt mal en point. En effet, même s’il y a des promesses de « mieux gérer les déchets », il y aura toujours des déchets et pour l’instant, il n’y a pas de solution pour les traiter si ce n’est les cacher dans de grands trous. Quant à la technologie du nucléaire sans déchets, même si des accélérateurs de particules viennent de réaliser des prouesses techniques, ce n’est pas demain la veille qu’on en verra l’émergence. Cela d’ailleurs ressemble de plus en plus à la recherche de la pierre philosophale, c’est dire.

Mais il y a plus grave. Ce qui faisait la force de la filière nucléaire française est en train de partir en charpie. La sécurité nucléaire n’est plus ce qu’elle était, c’est du moins ce que nous dit Reporterre https://reporterre.net/Nouveaux réacteurs nucléaires : les exigences de sécurité en baisse. Je veux bien admettre que ce média est de parti pris mais les faits qu’ils rapportent sont de nature à nous faire douter de la sureté des procédures. Les avanies récentes de certaines installations sont d’ailleurs là pour confirme nos craintes et ce n’est pas l’autorisation de redémmarage de cette centrale https://lenergeek.com/nucléaire : après 6 mois d’arrêt, le réacteur n°2 de la centrale de Chooz redémarre qui sera de nature à les lever quand on lit les raisons pour lesquelles elle avait été mise à l’arrêt.

La seule raison d’espérer que la nouvelle génération de réacteurs retrouve un haut niveau de sécurité est que pour l’instant la seule installation de SMR en activité est issue des technologies militaires en vigueur dans la propulsion de navires de guerre. Tiens, cela me fait penser qu’une nation viscéralement anti-nucléaire comme l’Australie vient de passer avec armes et bagages dans le camp des marines nucléaires, aux dépens de l’industrie militaire française. Comme les ingénieurs français considèrent que les SMR sont avant tout un produits d’exportation, voilà peut-être un débouché qui s’ouvre pour ces installations, à condition de ne pas s’associer aux Britanniques, ni aux Américains. Restera pourtant la question des déchets, mais l’Australie est grande, n’est-ce pas ? Je retire cette dernière proposition, particulièrement indécente car bien que désertique, le centre de l’Australie n’est pas vide.

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