Réinventer la nature, est-ce innover ?

A force d’avancer en changeant d’axe à 90° à chaque étape, la recherche agronomique finit parfois par revenir à son point de départ. Et cela donne des situations qui pourraient être cocasses si elles ne mettaient pas en lumière que des institutions sont en train de perdre le plus élémentaire bon sens https://www.euractiv.com/Insects on the menu for pigs, poultry after EU approval. Est-il besoin de traduire le titre de cet article en Anglais ? Que des poules et des cochons mangent des insectes, qui de plus normal puisque ces deux espèces sont omnivores. Mais qu’il faille l’approbation des services de la Commission et un vote du Parlement Européen pour cela, dépasse l’entendement.

Comment en est-on arriver là ? Ce pressant besoin des instances européennes de réglementer l’alimentation animale est la conséquence directe d’une détestable « innovation » agronomique qui fit manger à des herbivores de la viande, des abats et des os sous forme de poudre qu’on appela, pour garder un semblant d’authenticité à la démarche, de la « farine » animale1. Vu les catastrophes générées par ces docteur Folamour de l’alimentation animale, cette précaution n’est peut-être pas un luxe. Notez quand même que ces insectes leur seront aussi servis sous forme de « farine », comme quoi les mauvaises habitudes sont décidément difficiles à perdre.

La seconde raison qui pousse à redonner aux animaux de la basse-cour, des aliments à base d’insectes est plus triviale mais non moins inquiétante. A partir du moment où on demande aux agriculteurs de consacrer de plus en plus de surface pour la production de végétaux destinés à la nourriture humaine (la véganisation est en marche), à la production d’énergie (la méthanisation est en marche) ou à la production de matériaux de construction (l’éco-construction est en marche), il n’y aura bientôt plus assez de surface pour produire le maïs ou le soja nécessaire à l’alimentation animale.

Comme vous le voyez, on marche sur la tête.

Il y aurait bien une solution : donner aux poules et aux cochons, les restes de notre alimentation, plus les déchets qui vont avec. Tiens, je viens de réinventer le système de la basse-cour ! Vite un brevet pour protéger cette « innovation » !

1Ce genre d’oxymore hypocrite est du même tonneau que les fameux « steaks » ou « poulets » végétaux qu’on voit envahir progressivement les lieux de vente de la « junk food ».

Cet article, publié dans développement durable, l'économie comme on la subit, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.