Grossir est-ce encore innover ?

Nous avons vu ces jours-ci avec l’exemple de la méthanisation à la ferme que la tentation du système actuel est de faire grossir les innovations afin, disent-ils de tirer le meilleur parti de ce qu’ils appellent « les économies d’échelle ».

Il en découle que cette organisation de la vie économique produit des systèmes de plus en plus gros, de plus en plus encombrants, de plus en plus polluants sans que le bénéfice global qu’on puisse en retirer soit à la hauteur de la nuisance générée. En termes polis, cela veut dire qu’en grossisant, on gâche au lieu d’économiser.

Prenons deux exemples qui, à n’en pas douter, font la fierté des ingénieurs qui les ont conçus.

Les chantiers navals français n’ont plus le lustre qui fut le leur entre les deux guerres mondiales mais grâce à des financiers coréens, puis italiens, ils ont gardé une spécialité que d’autres semblent leur envier, la construction de paquebots géants https://www.lefigaro.fr/Le plus grand paquebot au monde sort en mer pour la première fois. Il n’est pas nécessaire d’ avoir vu un de ces monstres s’ébrouer sur le Grand Canal à Venise pour comprendre qu’une telle masse en mouvement, avec autant de personnes à bord pour autant de temps, provoque un certain émoi dans l’environnement marin et littoral. Et si encore cela valait la peine en terme de joie maritime. Mâis, même pas car il semblerait que claquemurées dans des coursives trop étroites et des passerelles forcément trop fréquentées, ces « croisières » ressemblent plus à un week-end dans une petite succursale de Las Vegas qu’à une promenade romantique en mer. Alors, où est l’intérêt de faire toujours plus gros ?

Les éoliennes sont une autre innovation atteinte aussi par le syndrome du gigantisme.

Il paraît que plus les pales sont grandes, meilleures est leur puissance. Je veux bien l’admettre sur le papier mais dans la réalité cela peut donner quoi ? Cette question, les ingénieurs chinois ne semblent pas se la poser puisqu’ils viennent de signer une « performance » peu banale https://www.energiesdelamer.eu/MINGYANG SMART ENERGY SORT SA 16 MW . Le journaliste a raison de dire que ce gigantesque moulin à vent balaie une surface supérieure à 6 terrains de football car c’est sûrement là que la bât blesse. En effet, non seulement dans cette zone, le vol des oiseaux marins sera risqué mais en plus il faut tenir compte de la force de la prise au vent d’une telle voilure et prévoir en conséquence des fondations démesurées au fond de la mer pour éviter une catastrophe par fort vent. Il sera en outre difficile de soutenir que l’impact visuel sera négligeable. Tout cela parce que les économètres ont calculé qu’il y aurait des « économies d’échelle ». Est-ce bien raisonnable ? Il serait peut-être plus judicieux de travailler sur l’efficacité énergétique des moteurs ou l’aérodynamisme des pales. Là, pour le coup ce serait innovant.

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