Sur les chemins de la transition, on rencontre même des dinosaures

Dans le prologue de ce feuilleton de l’été « les chemins de la transition » , deux personnages, un philosophe et un économiste, définissaient les 5 voies qu’il convenait de prendre pour assurer une évolution aussi harmonieuse que possible vers un monde qui n’aurait plus peur de la catastrophe écologique annoncée.
1 – Vers une réconciliation avec la nature
2 – Vers une civilisation techno-responsable
3 – Vers une culture de l’optimum
4 – Vers un nouveau consensus démocratique
5 – Vers une liberté positive

Dans un précédent épisode, j’évoquais ces nouveaux bateaux à voile qui relevaient le défi du frêt maritime dans émission de CO² Les chemins de la transition ont des semelles de vent.

On peut trouver sympathique et un peu anecdotique, l’aventure de Graine de Sail mais ne je doute pas que d’ici quelques années, cette petite graine aura germé et que de jolis navires sillonneront les océans, à la vitesse du vent, pour livrer ce que nous ne pouvons pas produire chez nous ou amener vers d’autres contrées ce que nous pouvons produire mais pas elles. Quant aux cargos à voile, je répète qu’il convient de rester circonspect et de se souvenir des « exploits » techniques comme ce navire qui fut à sa mise à l’eau considéré comme le plus grand bateaux à voile de l’époque « le France II » https://fr.wikipedia.org/wiki/France_II_(voilier). A l’époque, la propulsion hybride avait montré ses limites et l’aventure tourna court. Etait-ce une question de taille, d’inadéquation des solutions techniques ou de perte d’intérêt économique de ce type de trajets ? Les promoteurs des cargos veliques de demain devraient, je pense, se poser ce genre de questions si du moins, ils veulent que leurs projets croisent les 5 chemins de la transition définis ci-dessus

Tiens pendant que j’y suis, je vais continuer un petit moment avec ces bateaux des records puisque le Télégramme de Brest et de l’Ouest y consacre un « dossier de l’été ». Au fur et à mesure que ce journal ouvre les différents volets de son dossier, je me rend compte de l’absurdité ultime de ces projets . Tenez prenez l’exemple de ces super-tankers,https://www.letelegramme.fr/Des navires de 500 000 tonnes : record absolu, ils ont défrayé la chronique dès le milieu des années 70 pour ensuite mieux effrayé les chroniqueurs suite aux catastrophes écologiques que leurs naufrages ou échouages ont provoqué. Ils finissent de rouiller dans quelques fjords isolés, un peu comme finit « le France II » avant de servir de cible d’entrainement à la marine américaine.

On aurait pu penser que ces mésaventures avaient guéri les armateurs contre les méfaits du gigantisme. Il n’en est rien puisque au début de l’année, les armements français se mettaient de nouveau en évidence, en battant un autre record https://actu.fr/normandie/Record mondial au Havre : ce navire amiral a transporté 21 433 conteneurs !. La série est en cours, comme sont d’ailleurs en cours également les largages de conteneurs en plein océan par des cargos plus ou moins en détresse. Un conteneur ça fait des dégâts moins visibles qu’une marée noire, donc on en parle moins [il n’y a pas de « belles » images à montrer] mais je ne suis pas sûr que le contenu de certains d’entre eux ne se révèlent pas plus nuisibles en fin de compte que quelques milliers de tonnes d’hydrocarbure.

Car n’oublions pas qu’on met de tout dans ces boites en métal, des chaussures de sport comme des bouteilles de cognac, des produits chimiques extrèmement dangereux comme des des jouets en plastique. On n’est donc pas au bout de nos peines.

Peut-être conviendrait-il que les concepteurs de ces projets, architectes navals, chantiers navals et armateurs méditent sur le sort des dinosaures qui dominèrent le monde préhistorique parce qu’ils avaient su grandir plus vite que les autres mais qui disparurent aussi, victimes semble-t-il, de leur gigantisme, inadapté à un monde en mutation.

Pour le fun, essayez de cocher dans ma petite liste initiale les cases que parviennent à remplir les supertankers des années 70, les porte-conteneurs géants des années 2020, voir même le voilier hybride du début du XX° siècle.

Alors ? Quel résultat ?

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