Les chemins de la transition ont des semelles de vent.

Dans le premier épisode de ce mini-feuilleton de l’été , deux personnages, un philosophe et un économiste, définissaient les 5 voies qu’il convenait de prendre pour assurer une évolution aussi harmonieuse que possible vers un monde qui n’aurait plus peur de la catastrophe écologique annoncée.
1 – Vers une réconciliation avec la nature
2 – Vers une civilisation techno-responsable
3 – Vers une culture de l’optimum
4 – Vers un nouveau consensus démocratique
5 – Vers une liberté positive

Je vous ai déjà longuement entretenu des avantages et inconvénients de l’énergie éolienne pour produire de l’électricité, que ce soit sur terre ou en mer. J’ai essayé de montrer comment, selon la façon dont on mettait en œuvre cette technique, les projets arrivaient ou non à cocher les 5 cases, notamment la culture de l’optimum et le consensus démocratique. L’actualité du mois de juillet 2021 me fait d’ailleurs penser que j’aurai bientôt à en reparler.

Mais ici, je voudrais parler d’un autre usage du vent aussi ancien, si ce n’est plus, que les moulins à vent et leurs avatars modernes. Il s’agit, vous l’avez deviné peut-être de la poussée vélique, celle qui ramena Ulysse en Ithaque, Colomb dans un Nouveau Monde et des Mélanésiens au Paradis sur Terre.

Il ne s’agit pas des excentricités de quelques égotistes mégalomanes qui visent à faire le plus vite possible le tour de la planète « quoi qu’il en coûte ». Il s’agit plutôt des délires rationnels de gens a priori sensés afin de redonner un avenir présentable à une activité qui n’a plus forcément bonne presse. Certes, le fret maritime ne fait pas encore l’objet d’une même détestation que le transport aérien, de marchandises comme de personnes, mais les privilèges exorbitants dont il bénéficie en matière d’exonération fiscale de leurs carburants, comme d’ailleurs les aéronefs, sont fortement menacés. Or, si on décidait de taxer les carburants marins au même niveau que le diesel de votre voiture, il n’est plus sûr que ce soit encore rentable d’aller fabriquer en Chine des voitures « françaises » pour les vendre sur tout le continent européen.

Par conséquent, il fallait trouver la parade. Et comme toujours, c’est dans les vieux chaudrons qu’on fait les meilleures soupes et avec un peu d’imagination et beaucoup de moyens financiers, les ingénieurs sont en train de réinventer la marine à voile. https://www.lesechos.fr/La propulsion vélique des cargos, futur du transport maritime mondial ? Cela représenterait quand même quelques pourcents de moins dans le bilan des émissions de CO² et vu comment celles-ci sont reparties en flèche en 2020 dès qu’on a lâché les chevaux, ce ne serait pas du luxe d’essayer d’inverser la courbe et déconnecter un peu la courbe de production de CO² de la courbe d’évolution de l’économie. Mais, et c’est là où le bât blesse, de telles solutions ne visent pas à remettre à plat notre modèle de production et de consommation, mais plutôt de donner une petite chance de survie à un modèle qui autrement partait directement dans le mur. En d’autres termes, ceux qui promeuvent de telles solutions pensent sincèrement que polluer un peu moins leur donne le droit de polluer encore . Funeste erreur.

A l’inverse, d’autres, plus modestes, ont adopté un schéma radicalement différent de développement et leur expérience devient maintenant intéressante à suivre https://www.ouest-france.fr/Brest. Le voilier cargo Grain de Sail arrivé à bon port, après un périple de 17 500 km En effet tant que l’entreprise bricolait avec des navires inadaptés pour organiser une forme de cabotage vertueux, on pouvait trouver cela sympathique, mais maintenant qu’apparaissent des bateaux ad hoc, conçus pour accomplir jusqu’au bout le schéma de développement vertueux voulu au départ, cela devient passionnant. Et il sera intéressant de voir comment, avec le temps « Grain de Sail » arrivera à rester sur les 5 chemins vertueux de la transition. Là est tout le pari et l’exemplarité ou non du modèle.

Pour conclure, vous avez compris que dans mon esprit, les cargos véliques de Michelin CGM et consorts, ne cochent pour l’instant aucune des cases notamment pas la troisième qui est la recherche de l’optimum. Pourtant les ingénieurs, qui sont en général des bons matheux devraient savoir qu’une optimisation multifactorielle sous contrainte, ne correspond jamais au maximum d’un quelconque de ces facteurs.

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