Réformer la PAC ? Pas capable ?

Il est vraisemblable que la mise en œuvre dans les 27 Etats-Membres du grand plan de relance européen sur fond de Green Deal va sensiblement modifier l’impact que l’argent public communautaire peut avoir sur la transformation des modes de vie continentaux.

Mais pour l’instant, la faiblesse générale des crédits européens explique la modeste de cet impact. Un seul budget échappe cependant à ce constat, c’est celui de la politique agricole commune, qui non seulement constitue la première dépense communautaire mais aussi est devenu un élément structurant des politiques agricoles des 27 Etats. Et c’est peu de dire que les orientations prises tous les 6 ans pèsent lourd dans l’évolution de la production agricole communautaire.

Certes, l’agriculture ne pèse plus grand chose dans les économies modernes, mais la tendance à relocaliser les productions et retrouver ainsi une plus grande autonomie alimentaire est en train de rebattre un peu les cartes. C’est pourquoi, il était important ET urgent qu’un accord soit trouvé sur l’architecture générale de ce budget pour les 6 prochaines années.

Après deux essais infructueux, c’est maintenant chose faite https://www.euractiv.com/Agrifood Brief: Habemus CAP

Il n’était pas trop de trois, le Conseil, la Commission et le Parlement pour arriver à cet accord. Mais comme souvent dans le cadre des institutions communautaires, cet accord est plus un compromis bancal qu’on consensus harmonieux. C’est du moins la première conclusion qu’en tire un observateur que j’ai la faiblesse de croire objectif https://www.actu-environnement.com/Une nouvelle politique agricole commune aux ambitions limitées

Naturellement, comme les attentes étaient grandes, les réactions immédiates ont été un peu disproportionnées. Certains, jusque là grands bénéficiaires des dispositifs successifs, craignaient qu’une remise à plat trop radicale des mécanismes de redistribution ne remette en cause le modèle même qui avait fait leur bonne fortune. D’autres, à l’inverse, engagés plus tôt dans un processus de remise en cause du modèle dominant, espéraient que les nouvelles règles du jeu viendraient, enfin, conforter. Du coup, les avis sont pour le moins contrastés:

https://www.euractiv.fr/Accord sur la PAC : « Bon accord » pour Denormandie, « désastre » pour les écologistes

Mais qu’en est-il en réalité ? Malgré les satisfecit de façade du ministre, ou plutôt, à cause de ceux-ci, je suis bien obligé de reconnaître que l’accord auquel sont intervenues les trois instances communautaires, n’est pas à la hauteur des enjeux.

En effet, en temps normal, un petit pas vers le soutien aux pratiques agro-environnementales aurait été perçu positivement. Hélas, les temps sont tout sauf normaux. Il semblerait qu’il y ait le feu à la maison.

C’est du moins le constat sévère que porte une autre institution importante de lUnion Européenne, la Cour des Comptes https://www.novethic.fr/AGRICULTURE : LA PAC SOUTIENT DES PRATIQUES « CLIMATICIDES », SELON LA COUR DES COMPTES EUROPÉENNE

Climaticides ? Carrément. Les magistrats n’y vont pas avec le dos de la cuiller. C’est quand même un comble, alors que tout le monde, ou presque, est d’accord pour dire que le climat, c’est l’urgence absolue.

Heureusement, il ne s’agit pour l’instant que d’un accord provisoire et comme le disait si bien un grand connaisseur des arcanes européennes, Jacques Delors : « il n’y a accord sur rien tant qu’il n’y apas accord sur tout. ». Le parlement peut encore refuser d’avaliser l’accord en l’état, les Etats-Membres, certains du moins, peuvent encore faire pression pour aller un peu plus loin dans la réforme.

Un Etat du moins pourrait être incité à aller dans ce sens, la France en l’occurrence. En effet, le Conseil d’Etat vient d’envoyer une mise en demeure au gouvernement, lui laissant 9 mois pour enfin prendre les mesures nécessaires afin de respecter ses engagements internationaux. Comme le Haut Conseil pour le Climat vient d’acter que le bilan des dernières années n’est pas mauvais sauf dans deux domaines, les transports et surtout l’agriculture, on peut penser que le ministre en charge de l’agriculture finira par estimer que l’accord est « bon » mais qu’il peut encore le rendre meilleur.

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