Un débat intéressant autour des éoliennes

Les éoliennes ont été le premier totem de la transition énergétique au tournant du siècle. Ce fut d’ailleurs la première filière à se structurer 10 ans plus tard et la première à réellement décoller alors que le photovoltaïque peinait un peu.

Mais voilà, victimes de son succès initial et de la convoitise des nouveaux opérateurs, les éoliennes sont au cœur d’une polémique filandreuse comme seul le monde politique sait en fabriquer https://www.francetvinfo.fr/Régionales : les attaques de certains candidats contre les éoliennes sont-elles fondées ? Ce journaliste a raison de rappeler que des candidats aux régionales semblent se tromper de combat en s’attaquant à un domaine qui n’est du ressort des Régions. Mais manifestement , cela ne gêne pas ces critiques qui surfent sur un mécontetement apparent d’une partie des populations.

Cette polémique a aussitôt provoquer une réaction des ONG environnementalistes qui ont développé un contre-argumentaire https://fne.asso.frL’éolien terrestre : enjeux et impacts

Il n’y a pas que du faux dans les arguments des opposants aux éoliennes, ni que des vérités dans les argumentaires des défenseurs de l’énergie du vent. Il convient donc de faire la part des choses et du contexte.

Ainsi, il n’est pas surprenant que ce soit des élus des Hauts de France qui partent en guerre contre les champs d’éoliennes. En effet, leur région est celle qui compte la plus forte densité d’installations en France et celles dont la taille moyenne est la plus importante. On retrouve là, la limite habituelle de toutes les technologies : ce n’est pas leur usage qui est nocif mais leur abus. La densité est en général la cause principale de toutes les pollutions. Et c’est là où les argumentations des pour et des contre peuvent se rejoindre. Effectivement, le développement de l’éolien terrestre s’est fait de manière anarchique et qu’il faudra demain mieux organiser la répartition des installations en France. Je ferais toutefois remarquer aux élus des Hauts de France que si cela s’est fait dans le Nord-Ps de Calais et la Picardie, c’est bien parce que des centaines de maires y ont vu d’abord l’intérêt financier de leur commune, puisque aussi bien ces implantations n’ont pu se faire sans l’aval des conseils municipaux concernés. Il y a donc peut-être de leurs amis parmi les responsables de ce qu’ils considèrent comme un désastre.

Il se trouve que comme tous les trimestres, le ministère de l’écologie a publié ces statistiques concernant la production d’énergie d’origine renouvelable Énergies renouvelables : un premier trimestre 2021 en demi-teinte

Quand on a la curiosité d’aller consulter les archives de ces statistiques, on constate deux ou rois choses dont celles-ci :

a)le développement de l’éolien terrestre est arrivé à un palier et compte tenu des objectifs assignés par le plan pluriannuel de l’énergie, il sera donc difficile d’atteindre le quasi-doublement de la capacité d’ici 2028 sans qu’un nouveau modus operandi soit trouvé permettant une meilleure répartition sur l’ensemble du territoire . C’est pourquoi, un outil comme celui-ci https://fne.asso.fr/publications/eoloscope peut s’avérer utile pour nouer un débat plus consensuel dans les territoires d’élection du vent.

b) Le photovoltaïque continue son développement et devrait bientôt arriver au niveau de l’éolien. Du point de vue de la régularité de la production, l’effet de lissage est évident. Là où la production d’électricité éolienne peut passer du simple au double d’un trimestre à l’autre, la combinaison des deux énergies, vent et soleil, reduit cet écart à moins d’un tiers et c’est au moment de plus forte consommation (hiver) que leur apport est le plus décisif.

c)L’éolien s’est surtout développé dans le Nord et l’Est de la France, le photovoltaïque dans le Sud et le Sud-Ouest. Renforcer l’éolien dans le Sud est possible, par contre pour le photovoltaïque dans le Nord, il n’y a que les offices du tourisme qui y croient. Il y a donc là une question d’équilibrage du réseau à résoudre

Il convient donc de ne pas juger une technologie sur ces premiers pas mais sur la durée et de n’analyser sa performance qu’en prenant en compte son environnement technologique et sa capacité à se combiner avec d’autres filières de production. Avoir une vision systémique et à long terme, n’est-ce pas une façon de penser écologique ?

Pour aller plus loin :
Si cela vous intéresse, voici les liens vers les tableaux de bord « énergie renouvelables » du Ministère de la transition écologique

https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/publicationweb/365 Tableau de bord : éolien Premier trimestre 2021

https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/publicationweb/366 Tableau de bord : solaire photovoltaïque Premier trimestre 2021

https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/publicationweb/363 Tableau de bord : biogaz pour la production d’électricité Premier trimestre 2021

https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/publicationweb/364 Tableau de bord : biométhane injecté dans les réseaux de gaz Premier trimestre 2021

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