Etre durable, c’est être avant tout sobre de tempérament

La durabilité est le nouveau Graal du marché. Mais les gens de marketing peinent parfois à définir en quoi ce que leur firme produit est réellement durable car ils n’ont souvent qu’une idée approximative de la signification de cette notion plus complexe qu’il n’y paraît.

En effet quand on y regarde d’un peu plus près, on se rend compte qu’accepter ce label, c’est aussi accepter de changer de paradigme.

Rester efficace économiquement, tout en étant équitable socialement et soucieux de préserver les ressources naturelles induit inéluctablement à se poser la question de l’usage que l’on fait des choses et améne de ce fait à avoir, en toute circonstance, une attitude de sobriété, loin de toute forme d’excés.

Ainsi, si on part du constat que toute activité humaine, sauf peut-être la méditation transcendentale, génère des déchets, l’obsession de tout être sensible à la durabilité de son activité est de penser dès le départ aux déchets que son activité va générer, sur la façon d’en réduire la production et s’il n’est pas possible de tout réduire de penser à la façon de trouver un nouvel usage à ces déchets. C’est faute d’y avoir penser dès le début que beaucoup d’activités industrielles sont actuellement confrontées à des montagnes de détritus ingérables. C’est notamment le cas de l’industrie nucléaire qui, certes produit peu de gaz à effet de serre, ce qui est bien, mais génère les déchets parmi les plus difficiles à éliminer car la plupart d’entre eux ont une durée de vie dangereuse qui se chiffre en siècles.

C’est faute d’y avoir pensé suffisamment tôt que la filière photovoltaïque risque d’avoir queqlues déboires lorsque les premières installations arriveront en fin de vie. C’est également le cas de la filière éolienne. Mais dans ce dernier cas, les pionniers de la filière ont réagi, démontrant ainsi que pour eux, énergie propre n’est pas qu’un slogan publicitaire https://www.energiesdelamer.eu/« percée technologique clé » dans les pales d’éoliennes recyclables, avec CETEC

Il y a là une certaine cohérence dans la démarche, énergie de source renouvelable et économie circulaire participe de la même logique de sobriété.

Mais la sobriété ne s’arrête pas là. Elle est un état d’esprit et s’applique aussi aux échanges financiers, partant du principe que dans une économie durable, la recherche d’excédents excessifs (on dira aussi « la maximisation du profit ») n’est plus à l’ordre du jour. C’est pourquoi il est intéressant d’observer l’attitude des différents acteurs face par exemple à l’argent public, largement déversé ces dernières années pour accélerer la mutation de de nos systèmes de production d’énergie. Maintenant que les filières arrivent progressivement à maturité, il n’est plus nécessaire de continuer les perfussions https://www.lesechos.fr/Eolien et solaire : le cap très délicat de la fin des subventions La réponse des réseaux « durables » est intelligente puisqu’il parie sur des relations de confiance à long terme (30 ans) pour collectivement perdurer.

A l’inverse, profitant d’un effet d’aubaine, un vendeur d’énergie, vert par raccroc, a tenté d’obtenir une sorte de rente mais cela semblait déplaire aux autorités de contrôle européennes https://www.ouest-france.fr/Centrale de Landivisiau : les doutes de l’Europe Il est vrai que l’article de Ouest France fait état d’une aides des collectivités publiques de 20 millions d’euros pendant 20 ans pour un investissement total de 300 millions, c’est à dire que les aides couvriraient l’investissement à un taux incroyable de 133% laissant un bonus de 100 millions à l’entreprise. On comprend que les services de la Commission ait un peu renâclé.

Mais miracle, Direct Energie étant, entretemps, devenue Total Direct Energie, la Commission a fini par lâcher de la pression et par donner son aval à cette opération https://www.dhcnews.com/Centrale électrique de Landivisiau : le projet bénéficie de la subvention de la France Et nous ne sommes pas au bout de nos surprise car l’article de DHCnews parle d’une aide à hauteur de 94000€/MW/an Or la puissance installée est de 422MW, ce qui ferait une subvention annuelle au titre du SIEG de 39,668 millions d’euros par an soit une aide totale de 793.360.000 euros. L’amortissement de la centrale serait alors couvert par les aides au taux exceptionnel de 264,45% ce qui laisserait un bonus de 493Millions et des grosses poussières.

Le pire dans l’histoire est que cette centrale fonctionne au gaz, c’est à dire un hydrocarbure fortement émetteur de gaz à effet de serre et ce n’est pas la pitoyable proposition de certains potentats locaux qui changeront grand’chose à la chose, car quand ils proposent qu’à terme, ce gaz russe ou algérien soit remplacé par du bio-gaz d’origine locale, ils omettent de dire que la filière de méthanisation est loin d’être totalement vertueuse et que pour satisfaire aux besoins de cette centrale, c’est une bonne partie de l’agriculture bretonne qui y serait consacré. Adieu alors l’ambition de nourrir le monde si elle n’arrive même plus à nourrir la population locale.

Comme on voit à travers cette exemple, il y a d’un côté des acteurs responsables qui estiment possible d’être efficace ensemble à moindre coût pour la collectivité et d’autres des gloutons qui avalent tout ce qui passe à leur portée, au mépris des lendemains qui déchantent.

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