Se battre POUR les moulins à vent

Don Quichotte de la Manche s’est rendu célèbre en se lançant à l’assaut de moulins à vent. De nos jours, cela ne serait plus possible puisque les moulins à vent ont disparu de nos paysages et ont été remplacés par des éoliennes. Une ferme éolienne, de 5 ou 6 pilônes peut même être un nouvel élément de nos paysages ruraux que, personnellement, je ne trouve pas plus désagréable que les chateaux d’eau, les tourelles des antennes-relais ou les immenses silos à grain. Par contre, quand je vois que, par avidité, les maires de certaines communes ont accepté que s’installent sur leur territoire des forêts de mâts pour satisfaire l’avidité encore plus vorace d’industriels de l’énergie qui, pour la plupart, ont établi les bases de leur puissance sur la gestion de parcs nationaux, dans les années 50/60, à l’époque où l’électricité était majoritairement produite à partir de ressources qu’actuellement on considère comme « sales », alors moi, je dis : « STOP ! Ce n’est pas tant la technologie qui est bonne ou mauvaise mais la façon dont on l’utilise, et là en privilégiant les gains de productivité (c’est à dire à terme les gains financiers) au détriment de toutes autres considérations, vous êtes en train de dénaturer une technologie qui se voulait vertueuse, malgré quelques défauts. »

Et en effet, la technologie de production d’énergie éolienne à partir de gigantesques ventilateurs présente quelques inconvénients que les adversaires de cette filière n’ont pas manqué d’exploiter. Je passe rapidement sur les considérations esthétiques car après tout, on a trouvé la Tour Eiffel d’une grande laideur avant de s’y accoutumer. Je passerai déjà un peu moins sur les reproches concernant les émissions d’ondes magnétiques. Cela mérite expértise de même que les reproches concernant le bruit. Par contre, j’aurai du mal à passer sur le soupçon d’avicide massif ; de savoir que des milliers et des milliers d’oiseaux peuvent être découpés en rondelles par ces pales me rend pâle. Quand il n’y en a que quelques une sur un espace de 10km² , ils peuvent esquiver, mais quand ils ont à faire à un mur de pâles, cela devient plus complexe.

Et pourtant, il existe des solutions alternatives https://www.ouest-france.fr/Moins grande, moins bruyante, moins chère : voici la première éolienne « vibrante » sans pales C’est génial. Encore fallait-il y penser, mais dans la mesure où les promoteurs de ce projet reconnaissent eux-mêmes un déficit d’efficacité par rapport aux bonnes vieilles pales, il est à craindre que ce modèle alternatif ait du mal à prospérer. Ah ! Évidemment, si on mettait également dans la balance d’autres critères comme le coût «matière et énergie» nécessaire à leur fabrication, comme le coût de démantèlement des installations en fin de vie, le coût écologique de l’emprise au sol, le coût des avicides, les choix pourraient être différents. Encore faudrait-il que nous ayons alors à faire à des producteurs d’énergie dans le staff desquels, le directeur du développement durable et le directeur RSE aient le même rang hiérachique et le même pouvoir que le directeur financier ou le directeur marketing.

Ce débat sur les technologies alternatives me rappelle le début d’argumentation que j’ai développé dans mon précédent billet à propos du choix entre barrage hydro-électrique et hydrolienne. Je constate d’ailleurs, à cet égard, que derrière cette discussion technicienne, il y a des choix d’organisation économique de la production et de la distribution d’électricité. La première solution – fermes éoliennes gigantesques comme barrage hydraulique mais aussi comme les fermes photovoltaïques de plusieurs km²- renvoie à un système centralisé de production d’électricité, alors que la seconde -hydrolienne ou ces éoliennes vibrantes- semblent mieux adaptées à un mode de production décentralisée, privilégiant la production et la consommation locale.

C’est encore plus vrai si on considère cette autre innovation pourtant tellement poètique https://www.europe1.fr/Avec l’Arbre à vent, une start-up veut généraliser l’éolienne des villesqui est typique de cette écologie urbaine qui a, sans jeu de mot, le vent en poupe depuis que les effets des changements climatiques se font durement ressentir en été.

Je n’oublie pas non plus qu’il y a eu dès 1985, l’expérience des éoliennes verticales avec notamment les turbovoiles de l’Alcyone du Commandant Cousteau https://fr.wikipedia.org/wiki/Alcyone_(bateau)

Mais alors me direz-vous, comment se fait-il que ces solutions plutôt ingénieuses ne trouvent pas plus leur place dans le paysage énergétique français. Peut-être leur manque-t-il des fonds pour pousser leur R&D et dans ce cas-là les pouvoirs publics pourraient leur donner un petit coup de pouce. Peut-être aussi que les opérateurs historiques ne souhaitent pas trop voir se généraliser ces solutions qui mettent à mal le modèle sur lequel ils ont assis leur puissance. C’est un peu ce que suggère cette intervention, en début du présent quinquennat d’une sénatrice que pourtant je ne connaissais pas écolo https://www.senat.fr/questions/base/2017/qSEQ170800911.html

Du coup, j(espère qu’il se trouvera un ou une autre parlementaire pour profiter de la discussion de la loi Climat et Résilience en première lecteur au Sénat, puis en deuxième lecteur à l’Assemblée, qui telle une Don Quichotte moderne irait se battre non CONTRE les moulins à vent mais pour ces moulins à vent moderne.

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