Penser l’avenir ensemble : la recherche du consensus

Hier, j’évoquais la possibilité d’un avenir différent, que nous aurions choisi ensemble parce que nous nous serions parlés malgré des intérêts individuels parfois très divergents. Assez régulièrement l’actualité nous apporte des éléments d’illustration de ceci, soit pour montrer que cela est possible, soit, le plus souvent, montré que c’est difficile car nous ne sommes plus habitués à nous parler sans nous invectiver, bien à l’abri derrière nos convictions.

Pour illustrer ceci, je prendrai le cas du parc éolien en mer, au large de Saint-Brieuc, dans les Côtes d’Armor.

Je le prends à dessein parce que, en matière d’énergie, la Bretagne a toujours été le théatre de conflits durs. A la fin des anneés 70, ce fut la lutte contre la centrale nucléaire de Plogoff, qui succédait à un conflit moins connu mais tout aussi emblématique autour d’un autre projet de centrale nucléaire à la pointe de Beg-en Fry, en limite de la baie de Morlaix. Puis il y a eu plus récemment le refus d’une centrale à gaz en banlieue de Saint-Brieuc, déjà. Ce projet ressurgit dans le Finistère et donna également lieu à une lutte acharnée contre l’installation d’une centrale à gaz à Landivisiau. Comme on le voit, la résistance au développement de sources d’énergie « sales » est une longue tradition dans le Far Ouest.

Mais qui aurait pu croire que ces Bretons se seraient opposés à un projet de production d’énergie « propre » en mer ? Et pourtant, c’est le cas https://www.leparisien.fr/Contre l’éolien en mer, le coup de force des pêcheurs de la baie de Saint-Brieuc Comment en est-on arrivé là ? Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette brutale montée de colère mais il semble que le point d’achoppement principal est la désinvolture avec laquelle le concessionnaire a mené ses études d’impact environnemental et notamment qu’il n’a écouté que d’une oreille distraite les attentes des professionnels de la pêche, inquiets justement du fait de ces silences.

Depuis, il semblerait que les protagonistes aient commencé à se parler et quelques aménagements sont prévus et acceptés au nom de l’intérêt général https://www.energiesdelamer.eu/PARC ÉOLIEN EN MER DE SAINT-BRIEUC : COMMENT CONCILIER LES INTÉRÊTS PARTICULIERS AVEC L’INTÉRÊT COLLECTIF ? Et pourtant, il eut été facile de lever les préventions en amont. Il aurait suffi d’apporter des éléments de preuve, scientifiquement certifiés, pour que rapidement tout le monde tombe d’accord sur des solutions consensuelles.

Hélas, en France, les choses ne se passent pas encore comme ça ; la science est encore trop rarement ou trop tardivement appelée à la rescousse pour éclairer les débats.

Ainsi, dans un autre dossier conflictuel, l’extraction de sables coquilliers, en baie de Morlais puis en Baie de Lannion, l’avis des scientifiques n’a été sollicité que deux ans après les premières extractions au large de Morlaix, alors que le confilt avait pris une tournure juridique très procédurière pour le second gisement. Le résultat est que les extractions se font dans le brouillard dans un cas et que le démarrage du second chantier évolue au grè des aléas juridiques du dossier.
Passer deux ans à observer les sites et leur évolution possible aurait été un gain de temps pour tout le monde.

C’est d’ailleurs ce que semble se dire les promoteurs de l’énergie éolienne en mer d’Outre-Atlantique. Comme leurs collègues français, ils sont confrontés à réticences de la part des pêcheurs . Mais la réponse a été semble-t-il plus rationnelle https://www.energiesdelamer.eu/ÉTATS-UNIS : UNE CONCERTATION OUVERTE ENTRE LE BOEM ET LES PÊCHEURS INQUIETS et n’allez pas croire qu’il s’agit d’un « miracle » de l’ére Biden. La concertation entre scientifiques et professionnels de la mer et de l’énergie s’est poursuivie même pendant la parenthèse Trump.

Et la recherche opérationnelle va assez loin dans le détail https://www.energiesdelamer.eu/RECHERCHE ET HOMARDS DANS L’ÉTAT DU MAINE
La coquille Saint-Jacques de la Baie de Saint Brieuc n’a pourtant pas à rougir face à ces crustacés nord-américain et auraient bien mérité aussi d’attirer l’attention des pouvoirs publics pour y orienter l’effort de connaissance des milieux et de leur réaction face à une modification anthropique.

Il s’agit là autant d’une volonté politique que d’un état d’esprit général. Je note en effet que le Royaume-Uni a déjà installé 20 fois plus d’éoliennes en mer que la France. Et pourtant les marins-pêcheurs anglais ne sont pas des enfants de cœur.

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