les entreprises à mission à l’épreuve du réel.

Manifestement, la responsabilité sociale des entreprises fait quelques progrès lors des assemblées annuelles d’actionnaires. Il y avait déjà eu les mises en garde des plus importants gestionnaires de fonds type BlackRock quant à l’intérêt de se dégager d’activités particulièrement polluantes et quand on connaît le poids de ces acteurs financiers dans le capital de certaines entreprises, on peut penser que leur parole a été entendue, si ce n’est complètement comprise. Toujours est-il que cette année, plus encore que l’an passée, il y a quelques révoltes sporadiques dans les assemblées générales de quelques géants, de la part d’actionnaires, sensibles peut-être aux attentes de la population et soucieux surtout de la bonne réputation de leurs investissements ainsi que de leur sécurité juridique face aux procédures de plus en plus précises de certaines ONG https://www.novethic.fr/plastiques, discriminations, salaires… les actionnaires mettent la pression sur les grandes entreprises

Ainsi, la neutralité carbone est devenue le nouveau mantra des entreprises en recherche d’une nouvelle stratégie https://www.novethic.fr/neutralité carbone, matières recyclées… RENAULT dévoile sa nouvelle stratégie RSE il ne s’agit le plus souvent que d’écran de fumée, la RSE fonctionnant un peu comme l’alouette du pâté du même nom1 Recycler les métaux des batteries, c’est plutôt bien mais c’est aussi une activité qui sera rentable en cas de pénurie ; par contre, présenter la réduction de la vitesse des véhicules à 180 km/h comme une mesure responsable, c’est du grand n’importe quoi.

D’ailleurs, l’ADEME, agence de l’Etat qui promeut leplus fortement cette démarche de neutralité carbone n’est pas dupe https://www.novethic.fr/méfiance vis-à-vis des entreprises et collectivités « neutres en carbone », alerte l’ADEME . En effet, quand bien même les entreprises seraient de bonne foi, la mesure de leur performance réelle est impossible faute d’instruments standards. C’est un peu comme si on mesurait la performance financières d’une entreprise à partir d’outils comptables bricolés par l’entreprise et selon des critères qui lui seraient propres. Il est évident que les marchés financiers ne marcheraient pas.

La solution, nous dit-on, viendrait du statut des entreprises à mission, qui auront l’obligation, sur la mission qu’elles se seront choisie, de créer un comité de la mission multipartite, et de publier chaque année un rapport illustrant les résultats obtenus sur cette mission, mesurés à partir d’indicateurs définis par l’entreprise. Mais comme on voit, si la gouvernance de cette mission se veut vertueuse, il n’en demeure pas moins que cette vertu se limite à cette seule mission. C’est sûrement la nouvelle définition de la « responsabilité limitée »

Et puis parfois, les décisions des propriétaires ou de leurs mandants rappellent aux audacieux qui ont crû à la démarche «entreprises à mission » où sont les vrais enjeux https://www.lesechos.fr/Emmanuel Faber : « Mon éviction de chez Danone relève du théâtre »

Heureusement, il existe toujours un intellectuel, en France, pour conceptualiser. https://www.societal.fr/ Les sociétés à mission, à l’épreuve du réel : Les enjeux sociaux et académiques
Le discours est cohérent. Il articule une nouvelle définition des relations au sein et autour de l’entreprise. Il manque juste une brique dans la construction intellectuelle : de reconnaître que l’entreprise n’est pas, pour l’instant, une réalité juridique, qu’elle n’a pas la personnalité comme on dit dans le parler des juristes. Si elle l’avait, les choses serait plus simple puisque sa raison d’être serait clairement définie lors de sa constitution en entité juridique autonome, de même que la nature des relations que cette entité serait amenée à nouer avec d’autres entités juridiques, autonomes elles aussi, qui sont actuellement regroupées sous le vocable commun de « parties prenantes ».

En attendant, l’entreprise à mission n’est qu’une « réalité virtuelle », ce qui est bien l’univers où vivent certains.

1Au cas où vous ne la connaitriez pas, je vous donne la recette express du pâté d’alouette. C’est alouette et cochon à part égale, c’est à dire un cochon pour une alouette.

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