L’esprit du capitalisme

Qu’est-ce qui caractérise le système capitaliste de tous temps et en toutes circonstances?

En premier lieu, c’est la prééminence des possesseurs du capital dans la décision économique, mais ce n’est pas mon propos aujourd’hui. Je renvoie cela aux débats au sein des entreprises capitalistes sur le rôle des parties prenantes dans le cadre de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises.

En deuxième lieu, et c’est lié au premier point, il y a la recherche de la maximisation du profit qui signifie dans ce cas, la maximisation de la rémunération du capital investi, ce qui est le vœu le plus cher des détenteurs du capital.

En troisième lieu, il y a le dogme bien établi que le capitalisme ne peut se développer de façon morale que si les échanges se déroulent dans le cadre d’une concurrence loyale et non faussée, ce qui exclut l’existence de monopoles ou d’oligopoles, qui en application des points 1 et 2 n’auraient de cesse de vouloir profiter de cette position dominante pour tenter de fausser les règles d’un échange loyal entre pairs.

Là-dessus est venu se greffer le calcul micro-économique des comptables à l’esprit étroit et des « tueurs de coûts » obsessionnels qui ont démontré que d’un simple point de vue arithmétique, plus on est gros, moins ça coûte, donc plus on gagne.

Il en résulte que le but de toute entreprise capitaliste bien née est de devenir toujours plus grosse. Or comme il existe une loi physique qui dit que la capacité d’absorption des gens, ce qu’on appelle dans leur jargon « la demande », n’est pas infini, une simple déduction aboutit à la conclusion que cette croissance interne ne peut se faire que par la disparition de concurrents.

Au bout du bout, on arrivera donc à une situation où le nombre d’entreprises sur un marché aura tellement diminué que ce sera constitué soit un oligopole, soit à l’extrême un monopole.

Vous voyez la contradiction insupportable à terme pour le système, sauf à renier ces prinicipes.

On m’objectera que ces règles n’ont plus court et que le système s’est adapté, qu’il a tiré les conclusions de la crise financière de 2008 (dans lle système bancaire), de la crise sanitaire ET de la menace écologique (avec la RSE).

En êtes-vous sûr ? Moi, j’en doute fort surtout quand je lis ceci https://www.lesechos.fr/« Il y a trop de banques en Europe »

Et quelle est l’argumentation de cet éminent comptable à l’esprit étroit ? Les banques européennes sont trop petites. Il faut concentrer pour se renforcer. Comme si les banques n’étaient pas déjà suffisamment puissantes. Comme vous le voyez, dans le domaine financier, qui est quand même le terrain de jeu privilégié des capitalisme, les vieux reflexes existent toujours.

Et je suis sûr que ce professeur de banque et de finance est intimement convaincu qu’ainsi il défend l’esprit du capitalisme. Certes oui ! Hélas !

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