Internet : Des fuites dans les tuyaux

Dans mes brèves pour rire du week-end, j’évoquais, sans en parler réellement sur le fond, du vol de données dont auraient été victimes les abonnés-otages de Facebook. Quand on y regarde de plus près, il n’y a vraiment pas de quoi rire d’autant plus que ce genre « d’accidents» commence à se multiplier.

Le vol de données dont a été victime Facebook remonterait en fait à 2019 mais c’est seulement au printemps 2021 que l’information tombe dans le domaine public https://www.lefigaro.fr/Facebook : des données de 20 millions de Français en accès libre sur le web. Manifestement, dans les tuyauteries de ce pachyderme du Net, tout ne va pas forcément à la même vitesse.

Cela a le don d’inquiéter les internautes mais en fait de quoi peuvent-ils avoir peur ? Tout va dépendre de ce que chacun aura bien voulu déposer dans sa petite boîte électronique. Evidemment, plus il y aura d’informations personnelles (date de naissance, adresse, numéro de téléphone, souvenirs de vacances, photos plus ou moins intimes, la liste est longue vu l’exhibitionnisme que permet et même favorise m ce machin), plus le risque sera grand. En général, je suis contre l’usage des alias qui, via l’anonymat, pervertissent de façon générale les relations sur le net, mais je dois reconnaître que, pour le coup, le quadra français moyen qui sur le net a endossé la personnalité d’un vieux centenaire né par ironie le 1° avril 1901 déjoue largement les tentatives de piégeage des hackers, sauf bien sûr s’il a posté des photos de lui sur sa planche de surf.

Mais avec ce genre d’actes criminels, on touche les limites de cette économie virtuelle qui s’est créée à partir de rien d’autre que le besoin d’appartenance à une communauté et le besoin de reconnaissance par des « amis ».

Ainsi, vous pouvez ne pas être qui vous êtes parce que vous vous méfiez des autres ou que les autres auraient intérêt à se méfier de vous. Ce sont quand même des relations perverses.

Ainsi, pour s’enrichir sur votre dos, les promoteurs de ces réseaux, qui, au départ vous rendent gratuitement un service dont rapidement, vous ne pouvez plus vous passer, n’ont rien trouvé de mieux que de vous voler tout ce que vous leur confiez afin de le revendre à d’autres qui espèrent eux aussi faire beaucoup d’argent avec ce que vous êtes, ce que vous faites, ce que vous pensez, ce que vous écrivez. Et tout cela à votre insu, du moins jusqu’à un passé récent jusqu’à ce que certains Etats, dont l’Union Européenne tentent, via une réglementation un peu contraignate de mettre un peu de transparence dans ce trafic. Et c’est ce moment que certains ont choisi pour voler à ces voleurs de données, ce si précieux pactole. Cela n’est donc de même nature que ces hold-up violents qui ont fait trembler les banques dans les années 1970/1980.

Mais parfois, ces bandits de ces nouveaux grands chemins (les fameuses « autoroutes de l’information » de Bill Clinton et Al Gore) vont encore plus loin. C’est ce qui est advenu en France avec le piratage des banques de données de laboratoires d’analyses médicales https://www.francetvinfo.fr/Les données médicales de 500 000 patients volées et publiées sur internet. Ici, il ne s’agit plus de ces réseaux sociaux auxquels vous adhérez volontairement et auxquels vous livrez « volontairement » ce que vous voulez de votre intimité. Non, il s’agit de ce qu’on appelle le « cloud », c’est à dire le stockage de milliards de milliards de données dans des lieux soit-disant d’une sécurité extrême, mais hors de contrôle de l’entreprise qui a collecté les données (vous, on n’en parle même pas!).

Oubliant qu’un incendie récent dans un de ces entrepôts à Strasbourg a paralysé des dizaines d’entreprises pendant plusieurs jourshttps://www.bfmtv.com/Décryptage: Les conséquences de l’incendie chez OVH – 12/03, les tenants de cette « nouvelle économie » vantent à tour de bras les bénéfices de ce système, qui entre parenthèses, rend inévitable le déploiement de ce qu’on appelle la 5G si on ne veut pas risquer une thrombose du réseau à terme . Et il se trouve que ce sont des données hyper sensibles qui ont été ainsi piratées : des données médicales. Ce n’est pas pour rien que le secret médical a été inventé.

A cet égard, je ne peux pas m’empêcher de faire un rapprochement avec la série d’attaques informatiques qui ont touché plusieurs hôpitaux français à la fin de cet hiver. Je redoute qu’ensuite ces pirates des temps modernes, qu’ils travaillent pour leur compte ou comme mercenaires au service de pays malveillants, s’attaquent à d’autres domaines sensibles, vos comptes bancaires, vos informations administratives (impôts, documents d’identité, etc…) si ce n’est déjà fait.

Comme on le voit, en matière criminelle, la loi a toujours un temps de retard sur les voyous, mais il faudra bien qu’un jour ou l’autre, le système se gendarme. Et comme le système est mondial, cela risque d’être long. Une autre option serait possible : la régulation par les utilisateurs et elle est déjà mise en œuvre, insuffisamment à mon goût, à travers les outils collaboratifs , en « source ouverte» ou de l’univers des Wiki [je dois faire hurler les puristes mais j’avoue qu’en matière technique, je suis un peu un béotien].

Cela dit, il y a dans ces actes de piraterie des incidents réjouissants. Ainsi, par exemple, ce qui vient d’arriver à un autre réseau social https://www.lefigaro.fr/Les données de 500 millions d’utilisateurs de LinkedIn en vente sur un forum de hackers. Je ne suis pas sûr que les rançonneurs aient fait une bonne affaire si j’en crois les mésaventures qui arrivent régulièrement à certains de mes proches et à moi-même comme par exemple signaler que je pourrais devenir ami avec….moi-même ou me proposer comme job correspondant à mon profil de devenir candidat au concours d’une école de commerce. A 69 ans ! Si toutes les informations sont de la même qualité, d’éventuels acheteurs de ces « produits » volés risquent d’être déçus. Et je dois dire que ça me réjouit. Je n’ai jamais aimé les receleurs car ils financent le crime.

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