Bon appétit, malgré tout !

Je vous ai déjà parlé sans doute de la passion des plus grosses fortunes nord-américaines pour les viandes végétales. On pourrait mettre cela sur le compte de l’esprit « Côte Ouest »Californie-Oregon-Washington et la mode bio-vegan. Par contre, je ne vous ai peut-être pas encore parler de cette particularité de la fortune de l’ex- « homme-le-plus-riche-du-monde » https://www.lesechos.fr/Bill Gates, premier propriétaire agricole des Etats-Unis
En général, ces gens-là ne font rien innocemment surtout quand il s’agit d’argent, de beaucoup d’argent. Ce soudain intérêt pour la terre nourricière confirme ce cri d’alarme lancé par plusieurs ONG : la propriété foncière est en train de se financiarisée et 70% des terres appartiendraient à 1% de la population. Je ne sais pas si ceci est vrai mais c’est très plausible et en général ce genre de situation d’accaparement excessif n’augure jamais rien de bon et parfois cela se termine mal pour tout le monde.

J’aurai pu en rester et me dire que ce qui se passe aux Etats-Unis doit rester aux Etats-Unis. Mais voilà, l’actualité a rattrapé ma réflexion et voici qu’en France nos « petits » milliardiares s’y mettent aussi https://www.novethic.fr/Xavier Niel lance une école gratuite d’agriculture et s’attire les foudres de la profession
Cela pourrait être drôle de voir la FNSEA pousser des cris d’orfraie face à cette « financiarisation de l’agriculture », alors que par ailleurs certains de ses membres éminents auraient investi massivement dans les achats de terre en Europe Orientale et en Afrique.

Vous noterez qu’à chaque fois, nos capitalistes purs et durs se parent d’idéaux écologiques et responsables pour justifier leurs initiatives. Au XIX° siècle, si cela avait été à la mode, ils auraient défendu la naissance du chemin de fer contre les diligences au nom du bien-être animal de ces pauvres chevaux ereintés par des courses exténuantes sur des chemins cahoteux. Mais comme la mode était au progrès technique, c’est au nom de celui-ci que leurs prédécesseurs, les banquiers Pereire et consorts financèrent ce qu’ils savaient être la future affaire très rentable du demi-siècle.

Je crains pour nos assiettes que nos Picsou modernes fassent un peu le même raisonnement et parient sur le fait que demain, comme hier, il faudra de toute façon nourrir les hommes et comme il est ancré dans les esprits qu’il faut manger bio et si possible non carné, pour préserver la planète, ils occupent massivement le terrain. Connaissant leurs méthodes et leur logiciel interne, nul n’est besoin d’être grand clerc pour comprendre que demain, nous mangerons tous de la nourriture biologique industrielle, oxymore peu ragoûtant, et des steacks végétaux dont la composition restera un sujet d’interrogation. J’en viens à plaindre notre belle jeunesse qui, parce qu’elle ne supporte pas la souffrance animale, est prête à se jeter à corps perdu dans les bras de ces prédateurs qui ne voit dans un steack vegan qu’un petit tas de billet vert. J’en viens presque à regretter ces agri-industriels de la FNSEA qui, à coup d’ « agriculture raisonnée » ou d’ « agriculture de conservation », essaient vaille que vaille de préserver un tant soit peu des pratiques paysannes.

Oh ! Mon Dieu ! J’en viens à prendre la défense de la FNSEA. Aurais-je mange de la vache folle ?

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