Changer Le capitalisme en changeant de capitalisme, c’est raté !

La réponse a été brutale. On ne change pas le capitalisme comme on change de chemise. https://www.novethic.fr/Emmanuel Faber chez Danone, Paul Polman chez Unilever, deux dirigeants immolés sur l’autel de la rentabilitéJ’évoquais rapidement le cas de la gouvernance de Danone, dans mon billet du 15 mars 2021. Les actionnaires sont allés encore plus loin. Dehors le trublion. Et les auteurs de ce coup d’Etat, sont deux fonds de placement basés aux Etats-Unis. Là-bas, on ne badine pas avec le retour sur investissement. Là-bas, on croit encore aux théorèmes de base du capitalisme : l’argent doit rapporter de l’argent et si possible le maximum. Si ce n’est pas le cas, on change l’équipe ou on va voir ailleurs. Car derrière ces fonds de placement, il y a des grandes fortunes ,mais aussi bien des fonds de pension. Les uns comme les autres ont en commun que la seule raison d’être de leur placement est de rapporter le maximum, pour les premiers afin de perpétuer leur standard de vie oisive, pour les second afin de fournir à des millions de retraités de quoi vivre décemment, voire très décemment, la fin de leurs vies.

Nos deux pauvres PDG me font un peu pensé à ces aristocrates français de la seconde moitié du XVIII° siècle qui, pressentant que le modèle aristocratique sur lequel était fondé leur pouvoir était arrivé à ses limites, prétendaient en modifier le cours. Ce sont eux qu’on vît, exaltés, renoncer à leurs privilèges dans la nuit du 4 août 1789. La plupart finirent mal quelques années plus tard.

Il n’empêche qu’ingénument, ils avaient peut-être raison même si leurs motivations n’étaient pas aussi pures que cela. Ils avaient simplement oublié une chose, ce à quoi ils aspiraient n’étaient pas une simple évolution, mais bel et bien une révolution, un changement de régime.

Je crois qu’il faudra encore un peu de temps pour que ces mercenaires modernes que sont les dirigeants de grandes sociétés comprennent que s’ils veulent s’émanciper de la dictature de l’actionnariat, il n’y a d’autre solution que de modifier la nature même de l’actionnaire, qui après tout, originellement n’est qu’un prêteur d’argent pour financer une entreprise. L’escroquerie du capitalisme est d’en avoir fait un propriétaire.

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