Les emplois de demain (2)

Dans le précédent épisode de ce feuilleton d’anticipation, il était question des vieux métiers qui pouvaient connaître une seconde jeunesse grâce à l’innovation technologique savamment maîtrisée.

Dans ce second épisode je vais vous parler d’un métier nouveau, fruit inattendu de l’invasion internetique

Avec l’arrivée des syndicats chez Google, Ubereats et compagnie, je pensais avoir vu l’essentiel de l’extension du front des luttes sociales dans l’économie virtuelle. Et bien, je me trompais car j’ai découvert grâce à l’excellente « lettre de nouvelles » de Usbek & Rica cette information https://www.presse-citron.net/Aux USA, les influenceurs peuvent désormais se syndiquer

Ainsi, pour les syndicats américains, « influenceur » est un métier comme acteur joueur professionnel ou publicitaire. Pourquoi pas après tout ? Au fait vous voyez ce qu’est un influenceur ou une influenceuse ? Non, pas tout à fait ? Pour faire rapide, c’est quelqu’un ou quelqu’une qui s’est fait un beau cortège de suiveurs par son bagout, son inventivité ou tout bêtement sa capacité à dire tout ce qui est dans l’air du temps et qui profite de cette audience pour vanter, moyennant finance bien sûr, les mérites de tel produit ou tel service. Cela ne vous rappelle rien ? Bien sûr, c’est le démonstrateur ou la démonstratrice qui le samedi après-midi dans la galerie marchande vous happe par la manche pour vous faire découvrir la douceur du saucisson à la noisette pendant que son voisin tente de vous amadouer avec l’onctuosité de sa confiture. On a même vu des anciennes présentatrices stars de la télévision y faire leurs dernières armes. Mais que dis-je ? ce métier est encore plus ancien. Sur les marchés ou dans les foires expositions, le camelot qui, par son bagout, son débit, son inventivité gestuelle ou verbale arrivait à attirer autour de lui une trentaine de badauds pour réussir à leur vendre in fine, et pêle-mêle, un jeu de poêles inattachables, un tranche-légumes giroscopique et une roulette massante anti-douleur, faisait déjà la même chose. Très vieux métier donc qui remonte aux premières foires du Moyen-Âge, mêlant qualités de comédien, psychologie sommaire des foules, sens de la répartie et flair commercial. Finalement le Net n’a rien inventé, il a simplement mis la puissance de ses réseaux au service des baratineurs professionnels. Certains en vivent bien; tant mieux! Après tout le net est quand même l’endroit actuel où on trouve le plus de badauds .
Je trouve juste dommage que ces gens n’utilisent le plus souvent leur talent que pour promouvoir des choses futiles. Imaginez que cette capacité de persuasion soit utilisée pour promouvoir des causes socialement utiles, ça serait formidablement efficace. Mais peut-être après tout que le succès des ces « influenceurs-euses » ne tient que parce qu’ils et elles suivent les tendances lourdes de leurs suiveurs. Après tout a-t-on jamais vu dans une galerie de centre commercial, un démonstrateur vantant les mérites d’une ONG ? Non ! Alors ? Pourquoi vouloir changer les règles du genre. Nihil novi sub sole.

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