Dans l’administration, changer d’élite : Mieux la recruter!

Dans l’introduction à ce mini-dossier j’indiquais quelques pistes ouvertes par le rapport de MrThiriez.

Mais nous n’en sommes pas encore là. Depuis l’entretien donné par Mr Thiriez en octobre 2020, les choses sont allées leurs cours, de nouvelles réflexions se sont fait jour qui sont venues étayer ou contrebattre les propositions de ce rapport. On retrouvera, sans nul doute, trace de tout ceci, dans les projets que le gouvernement est sur le point de mettre sur la table https://www.acteurspublics.fr/ L’exécutif en passe de lever le voile sur sa réforme de la haute fonction publique

Il eut été bon de définir ce que l’Etat entendait de ses hauts fonctionnaires au XXI° siècle avant de poser les bases renouvelées de leur recrutement. A en croire ce qui a déjà filtré des intentions de ce gouvernement, ce n’est pas le cas et c’est dommage. Toutefois, ne boudons pas notre plaisir puisque, dans les cartons de la ministre en charge de la transformation et de la fonction publiques (le « s » est ici important) figureraient des propositions qui vont dans le sens proposé par ceux qui souhaitent qu’effectivement la fonction publique se transforme, par le haut https://www.acteurspublics.fr/Exclusif : les épreuves écrites de l’ENA dans le viseur du président des jurys des concours

ô, que oui, vous avez raison, Monsieur le Président ! Quoi de plus stupide que d’imposer des épreuves faites pour les têtes bien pleines de l’honorum cursus « Grandes Ecoles » à des personnes dont les qualités principales sont l’expérience acquise dans l’administration ou dans le monde de l’entreprise et une certaine façon d’appréhender le monde réel. Leur imposer « la dissertation » comme dit Thiriez, c’est en effet vérifié qu’ils sont « bien dans le moule » et non qu’ils sont différents. Or c’est justement leur différence qui est recherché pour que l’élite adinistrative sorte de l’ornière où les routines mandarinales, certes brillantes mais inefficaces, l’ont mise. Si une telle mutation avait lieu, cela serait sûrement un bon signe que, dans la haute fonction publique, les choses décidément sont en train de bouger.

Puisque j’en suis à parler d’intégrer la différence, la question de l’ouverture du recrutement à ce qu’on appelle « la diversité » pour ne pas dire « les exclus » se pose également. L’intention est bonne, elle n’est pas nouvelle ! Et depuis les années 70, nous savons, grâce à Bourdieu que le système éducatif élitaire ne vise qu’à la reproduction des élites et que les fils d’archevêques commencent à encombrer les hautes sphères, de l’Etat comme des entreprises. Donc tout ce qui visera à réduire cette tendance naturelle ira dans le bon sens. Instaurer une sorte de discrimination positive en créant des filières séparées débouchant sur des postes réservés peut factuellement y aboutit, mais dans les faits qu’en sera-t-il si par ailleurs le mode d’intégration passe par une forme de normalisation. Sur ce sujet John Lennon avait des mots très crus :
«  There is room at the top, thay are telling you still
But first, you must learn how to smile as you kill » in Working class hero

En fait il s’agit bien de cela, non pas de la place qui sera faite à ces jeunes filles et jeunes gens gens, mais quelle place leur sera donné et comment pourront-ils exprimer tous leurs talents san se renier.

A cet égard, le site Atlntico, dont je partage pourtant rarement les vues, dit des choses assez justes https://www.atlantico.fr/Des quotas « pauvres » dans les concours de la fonction publique : vrai objectif, (très) fausse bonne idée Lisez-le! ça vaut la peine.

Tou ceci nous renvoie donc directement à la question suivante : les recruter, pour leur apprendre quoi ? Qui elle même renvoie à la question beaucoup plus fondamentale : leur apprendre quoi pour remplir quelles missions ?

Ce qui nous renvoie à la question de base : qu’attend-on de la haute fonction publique en France ? Je serais bien mal placé pour y répondre tout seul. Cela ne peut venir que d’un débat national auquel devraient prendre part les élus de la République pour rappeller le rôle de l’Etat et ce qu’une Nation peut attendre de son administration au service de cet Etat, mais aussi les hauts fonctionnaires eux-mêmes car, là où ils sont placés, ils peuvent voir ou devraient pouvoir voir, tout ce qui dysfonctionnent.

Réformer la scolarité des écoles qui forment les hauts fonctionnaires avant d’avoir répondu à ces questions ce sera mettre la charrue avant les bœufs. Et pas besoin de sortir de Polytechnique ou de l’ENA pour comprendre qu’ainsi équipé, l’attelage n’ira pas loin.

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