Il y aurait une « Finance propre » et une « finance sale » parait-il

L’interview ci-dessous est rafraichissante, car c’est rare de voir un financier aussi ingénu, mais elle interpelle aussi parce qu’elle ne dit pas https://usbeketrica.com/f« Rendre la finance durable n’est pas insurmontable ! »

En premier lieu, je souhaiterai rendre hommage à cet éclair de liucidité qui nous permet de comprendre pourquoi soudain, grâce à la crise tout redevient possible :

« …Avant, nous étions dans un monde qui ne nous plaisait pas beaucoup, mais avec la conviction de ne rien pouvoir changer…. » et sauf à espérer le Grand Soir pour demain matin, cela ne laissait place qu’à une certaine résignation pour la plupart ou une énergie folle pour d’autres à vouloir grignoter sur les marges des petits arrangements réformistes.

« ….Soudain, nous avons pris conscience que tout pouvait basculer,… » C’est d’ailleurs le propre des crises (les vraies) d’ouvrir ainsi le champs des opportunités. Ainsi en 2008 et 2009, on a pu croire que les efforts combinés des Etats, de l’Union Européenne et des instances internationales allaient enfin mettre en place des outils de régulation de l’activité débridée de certains opérateurs financiers. On sait ce qu’il en est advenu : une réglementation, certes plus contraignante, mais qui en fin de compte protège surtout les banques contre les agissements des pirates de la Finance (la sale Finance des black pools). Il convient de s’en souvenir quand on rêve que tout puisse basculer.

«…… réalisé l’ampleur des ajustements qu’il fallait consentir pour réussir à baisser significativement les émissions de CO2. Nous avons aussi constaté les dégâts sociaux et les pertes d’emplois lorsqu’on baisse le PIB de 4%….. » Eh ! Oui, pour beaucoup, cela a été le vrai grand choc de cette crise. Le modèle économique existant, fondé sur l’incitation à consommer à outrance, NE PEUT PAS supporter la moindre dimiitution du volume d’activité marchande (mesuré par le PIB). Mais comme l’évolution des données climatiques à moyen terme nous indique que cette croissance continue N’EST PLUS une option, brutalement nous est venue en pleine figure l’ampleur de l’effort qu’il fallait entreprendre urgemment. Cette crise apparaît donc comme un coup de semonce, une répétition générale qui doit nous inciter collectivement à envisager un repli en bon ordre, gérant au fur et à mesure les tensions qu’il fait naître, sauf à redouter la débandade dans le désordre avec son cortège de casse sociale, de montée des violences sociales, voire la regression, peut-être définitive du modèle démocratique. Rien que ça.

Ceci explique donc que les financiers qui gèrent des fonds d’origine publique se sentent brutalement une énorme responsabilité car ils sentent bien que les mutations nécessaires vont devoir mobiliser des moyens considérables pour repenser, financer et mettre en œuvre les nouvelles infrastructures , les nouveaux produits et services qu’impliquera un société plus sobre ET plus juste.

Nous sommes tous prêts à les croire comme on peut croire le discours de même nature tenu par les dirigeants ou ex-dirigeants de la Banque Mondiale https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/06/02/bertrand-badre-ou-la-nouvelle-vie-d-un-chantre-de-la-finance-durable_6041552_3234.html
Toutefois, il faut juste noter que si « les banques de développement, qui ne représentent que 10% de l’investissement mondial, peuvent faire effet de levier en entraîner le reste de la finance. », il n’en demeure pas moins que 90% de la Finance n’est pas dans cette logique-là pour le moment.
Et quand je rappelai tout à l’heure le précédent de l’occasion ratée de la sortie de crise des subprimes, ce n’était pas juste une clause de style mais bien le constat que derrière ces banques, il n’y a pas, comme dans les banques de développement, un pouvoir politique, peu ou prou attaché au Bien Commun, mais des intérêts privés dont la survie dépend largement du statu quo actuel…pour le moment.
Viendra peut-être un jour où celles et ceux qui assurent la gouvernance de ces nébuleuses financières jugeront qu’il est de leur intérêt de basculer parce qu’elles et ils auront réussi à prendre le contrôle des nouvelles manettes. C’est alors qu’il faudra se méfier car la récupération sera en route. D’ailleurs, cela a déjà commené semble-t-il « …Aujourd’hui, le greenwashing financier est un problème réel puisque tout repose sur de l’auto-déclaratif…. »

Pour le reste, le rapport des forces entre cette Finance, qui se veut propre, et l’autre n’est pas prêt de se rééquilibrer, d’autant moins que la Finance sous gouvernance publique est déjà fortement sollicitée pour financer l’urgence économique et sociale et même les plus gros ont été atteints dès le début de cette crise sanitaire https://www.lefigaro.fr/La Norvège puise massivement dans son fonds souverain

Dans les semaines et les mois qui viennent, il va être intéressant de suivre comment ces grandes banques privées, comment ces grands gestionnaires de fonds privés, comment les fonds de pension vont orienter ou réorienter leurs efforts. C’est là où on verra si notre ingénu n’était qu’ingénu ou tout simplement un génie.

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