Et de Jupiter naquit Hercule.

Il fallait être au moins le maitre de l’Olympe pour engendrer ce héro dont le principal travail sera de démanteler la pieuvre EDF.

C’est en effet une drôle d’idée que de donner le nom de ce demi-dieu de la mythologie gréco-romaine à un projet dont la finalité n’est en fait que d’acter la scission du géant de l’électricité en France en trois entités (au moins) aux noms poétiques de Bleu, Vert et Azur https://lenergeek.com/EDF : les organisations syndicales demandent à Emmanuel Macron de renoncer au projet Hercule Si j’en crois l’auteur de cet article, ce serait la faute à Bruxelles, et à ses obsessions ultra-libérales en matière de libre concurrence. C’est en partie vrai, mais en partie seulement.

En effet, dès 2019, on évoquait déjà ce projet et sous un angle particulier https://www.lepoint.fr/L’Elysée prépare la renationalisation partielle d’EDF Ainsi, pour l’auteur de cet article, il ne s’agissait ni plus, ni moins que de revenir sur les exigences de la Commission et donc de ramener dans le giron de l’Etat une entreprise qui quelques années auparavant d’Etablissement Public avait dû se transformer en entreprise commerciale. En outre Jupiter-Président considérait que le nucléaire était une chose trop sérieuse pour être confiée à n’importe qui. D’où Hercule.

Comme on voit les cloches ne sonnent pas à l’unisson dans le petit monde des médias. Naturellement, la vérité est un peu plus complexe et chacun a dit sa petite part de vérité.

Afin de mieux comprendre de quoi il retourne, il faut aller puiser aux meilleures sources. En l’occurrence, j’ai trouvé ceci https://www.usinenouvelle.com/Comment est né Hercule, le projet qui prévoit des EDF bleu, vert et azurqui resitue bien ce projet dans son contexte historique. Il est acquis que tout est parti de la volonté de la commission europenne de démanteler les monopoles énergétiques qui existaient un peu partout en Europe. Mais ensuite, tout se déglingue pour EDF. Tout d’abord, elle négocie mal l’accès au marché de ses concurrents et se voit imposer un système au nom obscur d’Arenh qui est un vrai cadeau pour ses concurrents et un boulet pour ses comptes (pour comprendre le mécanisme d’Arenh, je vous renvoie soit à la lecture de l’article d’Usine Nouvelle, soit ici https://www.edf.fr/entreprises/electricite-gaz/le-benefice-arenh ). Ensuite, ses EPR vont de malheurs en malheurs et flinguent définitivement sa structure financière. Enfin, le nucléaire va s’avérer un gouffre financier dès lors qu’on aura définitivement atteint les limites des prolongations de vie. Trouver 100 milliards quand on en doit déjà 41, c’est une sérieuse gageure même pour un mastodonte comme EDF.

Et cerise sur le gâteau, voilà que la Commission revient à la charge avec de nouvelles exigences : il faut rerépartir les ressources d’hydro-électricité. Pourquoi ? On n’e sait rien, si ce n’est peut-être que cela est contraire à un dogme de l’ultra-libéralisme mais lequel ? Peut-être aussi considére-t-on à Bruxelles que les nouveaux acteurs du marché de l’énergie qui pour certains ne produisent rien et ne font que du courtage sur le marché à court terme, devaient pouvoir accéder à des sources diversifiées d’électricité, éolien ou solaire (ils s’y mettent) mais aussi hydraulique. Et là cela devenait complique de planifier de nouveaux grands barrages (ça coûte cher, il ya des enquêtes publiques et des ONG qui mettent des bâtons dans les roues) donc le plus simple était d’obliger les ex-monopoles à revendre une partie de leurs infrastructures, amorties depuis belle lurette. Heureusement pour EDF, la commission, bon prince a prévu d’éxonérer de cette obligation de démantèlement du réseau d’hydro-électricité toutes les sociétés dépendant à plus de 70% de cette source. Qu’à cela ne tienne ont aussitôt pensé les états-majors de notre électricien national, peuplés comme chacun sait de têtes d’oeuf « bac++ » : créons une filiale 100% hydro-électrique et le tour est joué. Aussitôt pensé, aussitôt écrit, et voilà comment est née Azur.

Pour le reste vous avez compris, on va mettre tout ce qui va perdre de l’argent dans une filiale à 100% publique (on y retrouvera essentiellement le nucléaire mais pas que cela) et une filiale qui aura vocation à être privatisée voirs d’entrer en bourse où se retrouvera tout ce qui sera rentable demain (les énergies renouvelables hors hydro-électrique, la distribution) . En d’autres termes, on fera ce qu’on a toujours fait : on nationalise les pertes et on privatise les profits.

C’eut été plus clair et plus simple de le dire tout de suite sans vouloir chercher midi à quatorze heure.

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