« America is back » pour le meilleur et pour l’empire !

Bon débarras ! Ça y est, il est enfin parti, celui qui était le cauchemar des vrais démocrates (c’est à dire aussi des vrais républicains) du monde entier. Du coup tout va de nouveau être pour le mieux dans le meilleur des mondes, croyez-vous. Pas si sûr !

En effet lors de son discours inaugural, outre un souffle évangélique un peu tiède, Joe Biden a aussi soufflé le chaud et le froid, quand dans la même période oratoire il a été capable de dire «nous devons restaurer notre leadership » et «nous ne devons pas montrer l’exemple de notre pouvoir mais le pouvoir de notre exemple».

Illustrations

« Le pouvoir de notre exemple »

Son prédécesseur avait été si excessif sur certains sujets qu’il est facile de paraître vertueux en annulant certaines de ses décisions. Ainsi en est-il par exemple de celle-ci https://www.challenges.frBiden va réintègrer l’accord de Paris, première étape de son action climatique C’est un signe mais on y verra plus clair sur la détermination de cette administration si elle décide de prendre à bras le corps la question des dérèglements climatiques et de la crise écologique planétaire ; retrouver le souffle d’un Al Gore ou lâcher la bride aux pouvoirs locaux qui depuis des années défrichent les pistes vertes serait un bel exemple à montrer au monde.

De même le retour des Etats-Unis au sein de l’OMS n’est pas un événement en soi, c’est juste la fin d’un mouvement d’humeur d’un ludion caractériel, mais convenons quand même que, mises bout à bout, ces remises en cause du précédent bilan commencent à faire sens https://www.capital.fr/Mur, pétrole, OMS… Joe Biden revient sur des mesures phares de Donald Trump en termes de respect des institutions internationales, de respect de la planète, de respect des droits de l’homme.

D’ailleurs en la matière, on peut espérer que ces bonnes dispositions se concrétiseront aussi dans les relations internationales pour sortir de la diplomatie de la testostérone et revenir à une diplomatie de promotion de principes universels comme les droits des minorités et le respect de la souveraineté des alliés et amis https://www.euractiv.fr/Commerce : Biden maintiendra la pression sur Pékin, apaisement avec Bruxelles

« Restaurer le leadership : l’exemple de notre pouvoir »

Or de ce point de vue, on peut quand même avoir des doutes ou du moins des interrogations https://www.euractiv.fr/Allemagne, France et États-Unis : quelle direction pour le trio transatlantique ? Car au-delà des bons sentiments, il existent d’autres impératifs qui s’appellent le réalisme de la géopolitique, les intérêts supérieurs de la nation et de ce point de vue 75 ans d’impérium mondial, puis réduit à la sphère occidentale, ont créé des habitudes dont il sera difficile de se défaire, comme de toutes les mauvaises habitudes https://www.huffingtonpost.fr/Investiture de Joe Biden: « l’Amérique restera pilotée par son propre intérêt »

Et c’est d’ailleurs normal. C’est pourquoi, il ne faut pas tomber dans cette sorte d’angélisme qui nous prend chaque fois qu’un président démocrate succède à un président républicain contesté. Rappelons-nous la désillusion, dès les premiers mois, du double mandat de Bill Clinton qui contribua fortement à l’imprégnation des principes du libéralisme économique et le triomphe de la globalisation de nos économies ! Rappelons-nous ce que fut l’immense déception du double mandat de Barack Obama, auréolé trop tôt et à tort d’un Prix Nobel de la paix que rien ne justifia ensuite !

Quand l’administration Trump tente de mettre le hola au projet de gazoduc Europe-Russie, évidemment les Européens crient au viol https://www.euractiv.fr/Nord Stream 2 : « Les Américains piétinent la souveraineté européenne » mais l’administration actuelle aura beau jeu à poursuivre dans la même voie, en y mettant les formes peut-être car après tout une des premières décisions de Joe Biden n’a-t-elle pas été de mettre le hola à un projet d’oléoduc avec le Canada. Cela tombe bien car cela va dans le sens des considérations de géopolitique qui de longue date guident la diplomatie états-uniennes, contenir le pouvoir de la Russie par exemple.

Et puis surtout, il y a les pesanteurs du système économique et politique qui structure la vie sociale américaine. De Dwight Eisenhower à Donald Trump en passant par John Kennedy, Richard Nixon, Ronald Reagan Bush père et fils , il y a cette constante : l’effort d’armement doit être soutenu coûte que coûte. Le dernier vote en décembre 2020 , quasi unanime, au Sénat, du budget de la Défense est là pour en attester. Du coup, cette décision de dernière minute, et sur laquelle j’aurai à revenir dans les prochains jours, ne paraît pas si scandaleuse…du point de vue américain https://korii.slate.fr/Dans l’urgence, la Maison-Blanche relance le mini-nucléaire militaire et spatial
Ce n’est plus le « stars war » de Reagan, mais clairement l’empire est toujours là. Il va falloir en tenir compte et ne se faire aucune illusion sur ce que nous pouvons REELLEMENT attendre de ce mandat.

J’espère quand même me tromper..en mieux.

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