DUR DUR , LA VERDURE !

Il n’y a pas qu’en France que l’humeur patronale est passé au vert (voir l’épisode précédent) ; un peu partout dans le monde tout le monde s’essaie à la « vertitude » comme aurait dit quelqu’une qui s’y connaît en verdissement politique . Ils s’y risquent parfois avec bonheur, souvent avec beaucoup moins de réussite.

Tenez, par exemple, prenez cette entreprise dont le cœur de métier est quand même d’avoir sali la Terre pendant quelques décennies https://www.lapresse.ca/Une initiative de Shell qui ne fait pas l’unanimité Comme beaucoup d’autres, elle propose à ses clients de se déculpabiliser en compensant les achats de carburant par la plantation d’arbres. Proposer cela dans un pays qui possède certainement une des plus grande forêt du monde, c’est soit faire preuve d’une grande naïveté, soit d’un grand cynisme.Du coup, à part quelques hommes politiques trop enclins à les croire, cette initiative fait un peu un flop au Canada. Pleins de bon sens, ces Nord-Américains font remarquer que le problème n’est pas tant de recréer des puis de carbone que d’éviter d’en émettre, remettant ainsi la coulpe battre sur la bonne poitrine. C’est quand même la production de combustibles à base d’hydrocarbure qui est la cause première des émissions de GES. Dur, dur, de vouloir être vert .

Dans le même ordre d’idée, il en est d’autres qui ont les mêmes pratiques parce que leur problème est de même nature ; je veux parler de tous les acteurs de l’aéronautique. Ce furent même les premier à proposer ce troc, labellisé à tort ou à raison « développement durable » , des kilomètres de vol contre des arbres. Depuis, « la honte aux volants » venue de Suède a ringardisé cette démarche marketing. On est donc rentré dans le dur de la réflexion : les transports aériens, comme les transports routiers n’ont d’avenir que si l’ensemble des opérateurs de la filière trouve les voies et moyens de réduire leur empreinte écologique, de « verdir » leurs pratiques comme on dit maintenant. Or cet article d’un journal belge en faisant le tour de la question https://www.levif.be/Aviation: un ciel plus vert, une question de survie montre qu’il n’y a pas de solution acceptable si on pose le postulat de base que le secteur aéronautique ne peut vivre qu’avec un transport aérien de masse. Cela ne va pas être facile à vendre. Dur, dur de vouloir être vert.

Par contre, il existe un groupe pour qui entrer de plein pied dans le modèle écologique semble aller de soi et ce n’est pas n’importe lequel, le premier groupe mondial de l’industrie du luxe, la propriété de l’homme le plus riche de France LVMH https://lenergeek.com/2020/12/08/LVMH partage sa nouvelle stratégie environnementale : «life 360» Le nom du programme est déjà très symbolique, LIFE comme la vie et 360 comme « on a fait le tour de la question », même si la signification réelle de ce nom de code est bien moins poétique.

Et comme si cela ne suffisait pas pour nous convaincre que Bernard Arnault est un petit homme vert, sa «  Directrice Développement Environnement » y va de son petit couplet très très écologique https://www.societal.fr/Hélène Valade : Climat et biodiversité : même combat !
Alors, là pour le coup, il ne manque rien : s’il y est très peu question du climat, par contre on disserte beaucoup du reste c’est à dire de la biodiversité, de l’épuisement des ressources, de la qualité de l’air, de la qualité de l’eau, de la qualité des sols, des petites abeilles etc… Un vrai cours d’écologie pratique.

Je devrais être ravi, mais je ne le suis pas. Et cela pour deux raisons. Est-ce vraiment un hasard si quasi-simultanément le premier article est publié sur un site spécialisé dans ….l’énergie donc loin de l’industrie du luxe et que le second article provient d’une revue de recherche dépendant le l’Institut de l’entreprise dont les partenaires sont les plus grandes entreprises française au rang desquelles LVMH ? Certains appelleraient cela de la communication de groupe ou du marketing corporate bien conçu. Je me contente de m’interroger. La deuxième raison me renvoie à mes interrogations initiales relatives aux pratiques de consommation. Si dans le même temps on continue par exemple à promouvoir la mode et son modèle de consommation éphémère et compulsive, la démarche sonnera un peu creux. On en revient toujours là ; le fondement de toute stratégie écologique sérieuse, c’est la frugalité. Le luxe frugal, un oxymore dur à tenir.

Décidément, dur, dur, la verdure !

Cet article, publié dans développement durable, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.