Du RIFIFI chez les GAFA

J’aurai pu aussi titrer ce billet, « ça bastonne avec Amazon ».

En effet, quand j’ai lu ce titre dans un journal sérieux https://www.lemonde.fr/« Ce Goliath de l’Internet manipule le marché » : dix Etats américains engagent des poursuites contre Google, j’ai un instant cru que les pouvoirs locaux etats-uniens étaient partis sur les sentiers de la guerre contre les GAFA, comme n’importe quel militant anti-mondialisation pour qui ces pieuvres informatiques sont le mal absolu.

Et bien, non ! Je me suis un peu trompé. En effet, c’est pour protéger les droits d’autres GAFA que ces Etats décideraient d’intervenir. Cela rappelle un peu l’époque barbare des débuts du capitalisme triomphant aux Etats-Unis où les Vanderbilt, Rockefeller et autres flibustiers de l’industrie et de la finance essayaient de s’appuyer sur les pouvoirs locaux pour contrecarrer leurs concurrents. C’est la version économique de l’affaire. La version politique est que pour que le capitalisme soit moral, il faut éviter que les trop gras étouffent les moins gros en leur imposant leurs règles. Quant aux plus petits, vae victis Cela rappelle aussi, pour ceux à qui ces grands noms du XIX° siècle ne rappellent plus rien, les batailles juridiques qui ont opposé un Petit Poucet de l’informatique, tellement sympathique, au gros géant bleu qui imposait sa loi sur le marché. Le Géant s’appelait, et s’appelle toujours, IBM et le Petit Poucet, Apple. On voit ainsi à quel point, cela a rendu le capitalisme américain moral .

Et pour aller jusqu’au bout des choses, regardons d’un peu plus près si cette défense du « petit » Amazon » face au grand méchant géant est bien le combat du bien contre le mal.

Et là, je ne prendrai qu’un seul exemple tiré dans l’actualité récente [car si j’avais voulu remonter ne serait-ce que d’un mois, j’aurai eu de quoi remplir une page entière d’exemples]. Comme je l’ai lu quelque part, ces entreprises qui commencent à se déchirer pour s’approprier les marchés juteux liés à la possesion de vos données personnelles, au référencement dans les moteurs de recherche, bref liés au placement insidieux de publicités invasives, sont des « extraterrestres ». J’ai cru comprendre qu’elles n’avaient pas de terroir propre. Normal, elles sont mondiales donc elles sont partout chez elles, ce qui veut dire, par antonymie, que du point de vue réglementaire et fiscal, elles ne sont de nulle part.

Et bien, là, juste retour du bâton, des pouvoirs locaux les mettent dans le même panier https://www.lefigaro.fr/Cookies publicitaires : la CNIL inflige une amende record à Google et sanctionne Amazon J’emploie à dessein le terme de « pouvoirs locaux » pour désigner la CNIL car pour ces hydres, ce n’est que cela.

En fait, le vrai rififi n’est peut-être pas entre ces GAFAM mais entre ces groupes et les Etats, sauf que je ne suis pas sûr que nos politiques soient bâtis pour ce type de combats qui sont, me dit-on, monnaie courante dans de monde des affaires.

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