Climat morose

8 décembre, journée mondiale du climat, puis 12 décembre, 5° anniversaire de la signature de l’Accord de Paris sur le climat, voilà deux raisons de s’intéresser d’un peu près à l’état de détérioration de notre planète, aux mesures que nos dirigeants ont prises, par conviction, par courage politique ou par clairvoyance et celles qu’ils se refusent à prendre par manque de conviction, par lâcheté ou par aveuglement politique.

Commençons par le bilan.

En titrant ainsi l’article qu’il y consacre https://www.lemonde.fr/L’accord de Paris sur le climat, qui fête ses cinq ans, a-t-il tenu ses promesses ? Le journal Le Monde apporte déjà la réponse à la question qu’il pose. Bien entendu, l’accord de Paris n’a pas tenu ses promesses. Il est vrai qu’on savait déjà qu’à partir du moment où les objectifs étaient non-contraignants, il faudrait beaucoup de grandeur d’âme à de nombreux dirigeants pour hisser leurs actes au niveau de leurs beaux discours.
Ensuite ce qui s’est passé dans la nuit du 7 au 8 novembre 2016, le soir de l’ouverture de la COP 22 à Marrakech a sérieusement plombé l’ambiance de cette réunion qui s’annonçait prometteuse. L’élection du très climato-sceptique et éminemment fantasque
Et comble de malchance, la COP 25 de Santiago au Chili a été sabordée du fait des mouvements populaires sur place et la COP 26 de Glasgow a été reportée de 2020 à 2021 pour les raisons que nous savons.
Pas de contrainte, des joueurs importants qui quitte la partie, pas de rencontre entre les parties prenantes pour des échanges de vue parfois musclés, mais constructifs, entre Etats, entreprises et ONG, dans ces conditions, il eut été étonnant que le bilan soit positif.

Justement, ce bilan, quel est-il ? La presse quotidienne régionale tente d’y apportait une réponse https://www.letelegramme.fr/Climat : cinq ans après l’accord de Paris, où en est-on ?
Si on veut être optimiste, on dira que grâce à l’accord de Paris, la trajectoire sur laquelle se trouve notre planète est moins pire que s’il n’y avait rien eu. En d’autres termes, au lieu d’être totalement invivable à la fin de ce siècle, la vie sur Terre sera à peine supportable. Maigre consolation, vous avouerez.
Car la vérité est bien moins reluisante. Alors qu’il aurait fallu inverser la courbe d’évolution des émissions de gaz à effet de serre, les Etats parties prenantes n’ont fait que ralentir la croissance avec plus ou moins de bonheur, d’ailleurs.
Le retard accumulé sur 5 ans rend hypothétique d’atteindre un objectif qui rendrait la vie supportable à l’horizon 2050. En effet, pour y arriver il faudra mettre les bouchées doubles, si du moins, il est encore temps car passer certains stades, des cycles nouveaux vont s’enclencher qui seront difficiles à arrêter, nous disent les savants.

Justement, mettre les bouchées doubles, voilà ce à quoi s’engagent des acteurs importants, la Chine, le Royaume-Uni (parce qu’il accueille la prochaine COP sûrement et peut-être aussi pour montrer que BREXIT ou pas, il est une nation responsable) et surtout l’Europe qui vient d’arracher à deux pays climato-sceptiques, la Hongrie et la Pologne, leur accord pour financer un plan ambitieux https://www.ouest-france.fr/Climat. L’Europe d’accord pour réduire d’au moins 55 % ses émissions de CO2 d’ici à 2030
Pour être ambitieux, il l’est et cela se traduit par une diminution annuelle des émissions de l’ordre de 5%. Ce ne sont pas les petits efforts qu’on nous demande qui y suffiront. Il faudra une sérieuse remise à plat du mode d’organisation de notre société, de nos processus de production, des gammes de produits et services proposés, de l’organisation de l’espace et des temps de vie et de travail.
Réussir cela rapidement pour que cela porte des fruits à 10 ans nécessitera un sérieux coup d’accélérateur et de la constance dans l’effort des pouvoirs publics. Le pire en la matière serait cependant qu’on arrive à ce résultat en faisant ce que nous avons déjà fait pour ralentir le taux d’émissions : exporter celles-ci en délocalisant les activités les plus polluantes. Ce serait un peu comme cacher la poussière sous le tapis.

Il ne faudrait pas non plus se laisser euphoriser par le résultat attendu en 2019 : https://www.lemonde.fr/Baisse record de 7 % des émissions de dioxyde de carbone en 2020 liée au Covid-19 Les conditions sont en effet tellement exceptionnelles qu’elles ne sont pas réplicables. En revanche il pourrait être utile d’analyser dans le détail les causes de cette baisse pour en tirer quelques enseignements sur des réorientations possibles et à moindre coût qui auraient émergé là où on ne les attendait pas forcément.

Ce pourrait être une des premières tâches qui incomberait à cette convention citoyenne mondiale dont on nous dit qu’elle va voir le jour bientôt https://www.ouest-france.fr/Climat. Une Convention citoyenne à l’échelle mondiale va voir le jour
Voilà une initiative intéressante. Reste à voir comment elle pourrait combiner ses travaux avec les démarches plus institutionnelles des parties prenantes dans le cadre des COP Climat. Reste aussi à espérer que ce qui en sortira aura un sort plus clément que les propositions faites par sa préfiguratrice française.

Tiens, à ce propos, je voulais dire que Monsieur Macron…

Mais cela est une autre histoire, que je vous narrerai demain.

Cet article, publié dans développement durable, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.