Le cours de la vie …agricole

Les céréaliers sont considérés comme l’aristocratie du monde agricole français, très grosses exploitations, très grosses machines, très grosse informatisation des processus et très gros revenus. Je devrais plutôt employer le passé si j’en crois le titre de cet article publié le 9 septembre 2020 par ce magazine proche de la FNSEA https://www.lafranceagricole.fr/actualites/cultures/Un céréalier sur deux ne dégagera pas de revenu en 2020
Alors , alarmiste, ce magazine professionnel ? Pas sûr, si on en croit cet autre article paru le même jour dans un journal économique connu pour le sérieux de ses informations https://www.lesechos.fr/Plus de la moitié des céréaliers français dans le rouge en 2020
Déjà en 2019, les choses n’allaient pas très fort comme le rappelait une petite publication professionnelle s’appuyant sur les chiffres fournis par l’AGPB, branche céréalière de la FNSEA https://www.terre-net.fr/Le revenu des céréaliers inférieur de 23 % à la moyenne des agriculteurs Cette année-là, la cause de cette baisse déclarée de revenu n’était pas une mauvaise récolte, au contraire, les rendements avaient été bons, parait-il, mais bien les charges et les normes, notamment environnementale, empêchant les traitements contre les parasites et autres rongeurs qui bouffent tout

A en croire ce syndicat, cela dure depuis 2013. Est-ce un hasard mais c’est à cette époque que le ministre de l’agriculture d’alors commence à parler d’agro-écologie ?

Mais la pire année a quand même été 2016 https://www.challenges.fr/Agriculture: 3/4 des céréaliers français ont eu un revenu net nul ou négatif en 2016 Cette année, il n’y avait ni la quantité, ni la qualité et en outre les cours mondiaux étaient au plus bas car ailleurs, en Russie notamment, les récoltes avaient été pléthoriques.

Ce n’est pas le cas cette année puisque le 16 octobre, une publication financière spécialisée nous indiquait https://www.optionfinance.fr/actualites/bourse/detail/le-ble-flambe.htmlLe blé flambe

Que faut-il en conclure de tout cela ?

1°. Manifestement le modèle céréalier français n’est plus adapté au commerce mondial, ni aux conditions climatiques nouvelles. Et ce n’est pas sûr que la réponse soit celle apportée par le ministre de l’agriculture en 2019 qui, semblant faire droit aux revendications des céréaliers en matière de charges et de normes environnementales (Zones de Non-Traitement), leur promet qu’il en sera tenu compte dans la future PAC (période 2021-2027).
En effet, cette politique communautaire, la seule qui existe depuis le début de la CEE, n’est plus utilisée pour soutenir les cours et protéger les marchés locaux, mais de plus en plus pour aider les structures agricoles à évoluer, non pas à soutenir artificiellement des modèles devenus obsolètes.

2° . Les productions agricoles sont par définition soumises aux aléas climatiques et depuis Pharaon, on sait qu’à sept années de vaches grasses vont succéder sept années de vaches maigres et vice-versa et qu’il faut en tenir compte. C’est d’ailleurs un peu ce que les premières version de la PAC faisaient en instaurant un système de soutien aux cours en période d’étiage et de prélèvement en périodes de haute conjoncture, en créant des zones de stockage, coûteuses peut-être mais moins que le coût de la casses sociale engendrée par le laisser-faire, laisser-passer de l’idéologie libérale qui, sous prétexte d’OMC a conduit au démantèlement de cette version de la PAC. Est-ce illusoire de croire qu’un retour en arrière vers ces pratiques vertueuses est encore possible ?

NOTA : ce qui est vrai pour les productions céréalières est également vrai pour d’autres productions agricoles comme le lait ou la viande. Les tribulations du marché du porc sont là pour en témoigner :

Le 14 août 2015 https://www.lefigaro.fr/Le marché du porc s’enfonce un peu plus dans la crise
Le 3 décembre 2019 https://www.ouest-france.fr/Elevage. Les prix du porc vont continuer de grimper en 2020
le 2 janvier 2020 https://www.lafranceagricole.fr/En 2019, un niveau « jamais atteint depuis 1992 »
Le 23 septembre 2020 https://www.lafranceagricole.fr/Les éleveurs redoutent une chute des prix

ETC.., ETC…ETC..

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