NOUS-NE-SOMMES-PAS-DES-AMISHS !

Après le kama-sutra sécuritaire, notre président sort encore un bon mot issu de la culture mondialisée , les Amishs, ces communautés, d’origine germanique me semble-t-il, qui refusent certains conforts apportés par l’évolution technologique, au nom disent-ils de leurs croyances religieuses.

Entre nous, quitte à faire des bons mots, ceux qu’on retient, il pourrait s’inspirer d’un de ses prédécesseurs dont les « chienlit » et les « quarterons » ont alors marqué les esprits et continuent à être cités, alors qu’il n’est pas sûr que ces « Amishs» restent dans la petite histoire de la communication politique réussie. Ça, c’est pour la forme.

Regardons maintenant le fond. En parlant d’Amishs et de lampe à huile, notre Jupiter pense renvoyer les opposants à la 5G à la préhistoire troglodyte. C’est le même procédé qu’avaient déjà utilisé en leur temps, les nucléocrates pour stigmatiser les opposants au nucléaire qui « s’éclaireraient à la bougie ». Les perspectives qu’ouvrent l’innovation technologique en matière de production énergétique décarbonée et biosourcée sont en train de leur donner tort même si l’absence de décision forte en temps et en heure a ralenti l’émergence de ces solutions.

Et c’est là où Jupiter se trompe. En effet, ce n’est pas l’innovation technologique que ses « Amishs » refusent mais une mauvaise utilisation de celle-ci conduisant, soit à une inutilité sociale, soit à une nocivité supérieure aux avantages qui en découlent, soit les deux à la fois.

Du coup, cela vaut certainement la peine de se poser quelques questions concernant la 5G. Quel progrès en attend-on dans l’amélioration de notre quotidien ? Combien de personnes cela va-t-il concerner ? Et en contrepartie, quelles vont être les conséquences de ce développement sur la consommation de ressources naturelles, dont certaines sont rares ? Quelles vont être les conséquences en matière sanitaire ? Quelles conséquences en matière d’obsolescence accélérée de nos équipements quotidiens ? Quelles conséquences enfin sur le rétrécissement programmé de notre sphère d’intimité ? Il n’y a dans ces interrogations nulle référence à une parole divine ; au contraire, elles sont l’affirmation d’une responsabilité humaine TOTALEMENT assumée. Ouvrir le débat sur le développement de la 5G, c’est naturellement poser toutes ces questions sur la table et en faire l’évaluation.

Mais comme nous ne sommes pas opposé à l’innovation, par principe, c’est aussi l’occasion de mettre sur la table les éventuelles solutions alternatives susceptibles de rendre les mêmes services à la société, et à chacun de ces membres que ceux invoqués par les défenseurs de la 5G.

C’est aussi l’occasion de se poser un autre type de question : dans le foisonnement d’évolutions technologiques en perspective, il va falloir que la puissance publique fasse des choix pour dire ce qu’elle va financer et ce qu’elle ne pourra pas faute de moyens suffisants. Mieux se nourrir, mieux se soigner, mieux travailler, mieux communiquer, cela passe-t-il forcément par ce simple canal qui s’appelle la connexion universelle . Il y a tellement de réponses différentes à ces questions que nos décideurs n’auront que l’embarras du choix. Et puisque la mode est au repliement territorial, il est même des domaines où les chercheurs français sont à la pointe, ce qui n’est plus le cas en matière de réseaux connectés.

Nous ne sommes donc pas des Amishs, mais bien des progressistes pour autant que ce mot signifie que l’innovation technologique n’est réellement un progrès que si sa contribution au mieux-être général est positive.

Par contre, il y a une forme de croyance animiste dans la conviction que la superconnectivité apportera le bonheur. C’est une autre forme d’obscurantisme religieux dont les dieux s’appeleraient GAFAH.

Et puis, il est temps d’en finir avec cette forme d’arrogance qui fait considérer toute personne d’un avis différent comme inférieure. A ce propos, les opposants à la 5G sans débat préalable, ne sont ni « Amish » ni «illettrés ».

Et cette façon de clore le débat en laissant sous-entendre que c’est la seule solution rappelle fortement Mme Thatcher qui avec son TINA (There Is No Alternative) pensait mettre fin à tout débat l’embêtant. Jupiter serait-il, lui aussi, une TINA ? Ça serait drôle.

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6 commentaires pour NOUS-NE-SOMMES-PAS-DES-AMISHS !

  1. On dirait bien que DG est en forme…et qu’il n’a rien perdu ni de sa verve, ni de son humour, ni de sa perspicacité :-). On pourrait même pensé qu’on nous l’a « remonté » !

  2. micheline Bouzigon dit :

    Te voilà revenu ! En pleine forme. Tes mots me manquaient

  3. yahia bouabdellaoui dit :

    Bonjour Dominique
    Très content de te lire.
    Amities

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