En germe, la défiance ?

C’est fou le nombre de bêtises qui ont pu être proférées par les uns et par les autres sur les plateaux de télé, sur les ondes et dans les colonnes de la presse depuis que la rumeur d’une possible épidémie en Chine est apparu en fin d’année 2019. Et plus l’épidémie est devenue patente, plus il était évident que cette épidémie devenait mondiale et donc une pandémie, plus ce flots d’âneries s’est gonflé.

C’est fou le nombre d’experts qu’on a vu ainsi fleurir, s’exprimant à longueur de temps sur des sujets qui n’étaient pas forcément leur champs d’expertise. A cet égard, merci Mr Perret pour cette chanson Les confinis – YouTube
C’est sympa en outre d’avoir utilisé le même calembour que moi pour désigner ceux « qui osent tout et c’est même à ça qu’on les reconnait »1
LE JOURNAL DES CONFINIS N°1
Le journal des confinis n°2 un dictateur fou reste un fou dangereux.
Le journal des confinis n°3 : tous les risques à des fins personnelles

Cela pourrait être risible si une telle débauche de sottises n’avait des conséquences désastreuses pour la solidité des liens sociaux.

Depuis déjà longtemps, les gens ne font plus vraiment confiance aux hommes politiques, de moins en moins aux médias. Mais il restait un pilier, l’expertise scientifique.

Cette confiance en la valeur de la parole scientifique est même à la base de l’adhésion de plus en plus forte à l’idée qu’une crise climatique et au-delà une crise écologique majeure est face à nous.
Mais comment voulez-vous qu’on continue à y croire quand sur le même plateau ou sur un plateau voisin, deux experts sont capables avec le même aplomb de défendre deux thèses diamétralement opposées sans que personne ne soit en mesure de les départager.
Le plus triste dans cette histoire est que, de temps à autre, il y a de vrais experts, c’est à dire des personnes qui non seulement travaillent le sujet depuis des années mais encore ont exercé des responsabilités suffisamment importantes pour que les enseignements qu’ils ont retirés de leurs recherches aient pu être validées par la confrontation à des réalités différentes. Mais leur parole est noyée dans le flot d’inepties déversées par des Dr Diafoirus et de ce fait contaminée par la médiocrité ambiante.

A ce propos, d’expertise véritable, dans le monde des publications scientifiques médicales, il y a une bible, « The Lancet » qui est la publication de référence depuis des générations. Etre publié dans « The Lancet » pour certains est une forme de consécration et aucune autre publication scientifique, à ma connaissance, n’a une telle aura, ni une telle crédibilité.

C’est pourquoi lorsque le Monde, autre journal « de référence », publie une interview du rédacteur en chef du Lancet https://www.lemonde.fr/Richard Horton, patron du « Lancet » : « Le Covid-19 montre une faillite catastrophique des gouvernements occidentaux », on est tenté d’y prêter foi, surtout que la chronologie des mises en garde est clairement établie à partir de cet autre article https://www.fr24news.com/L’éditeur du Lancet dénonce le gouvernement pour avoir autorisé des milliers de morts inutiles de coronavirus, hormis peut-être cette petite boulette du tweet du 24 janvier enjoignant aux médias de ne pas lancer des discours trop alarmiste.

Hélas, les héros sont tombés de leur piédestal, la faute à la publication d’une étude qui, avec le recul, apparaît particulièrement scandaleuse et difficilement explicable, même dans un contexte de fébrilité extrême et de précipitation brouillonne https://www.francetvinfo.fr/Coronavirus : le « LancetGate » ou le naufrage de la science businessIl va être difficile à cette publication d’effacer cette tache sur la blancheur immaculée de son antique réputation. Il va être encore plus difficile de croire en la science, du moins en ceux qui parlent en son nom.

Cela va même devenir très compliqué quand les politiques, déconsidérés de longue date, vont vouloir se refaire une crédibilité en appuyant leurs décisions quotidiennes sur l’avis de Hauts Comités Scientifiques.

On en est là maintenant.

Il va être difficile de restaurer la confiance. Mais si on regarde du côté d’organisme comme le GIEC et leur méthode de travail, fondée sur le consensus, il y a peut-être en germe les raisons de ne pas désespérer au point de tomber soit dans le doute existentiel, soit dans le complotisme honteux.

1Référence à cette fameuse sentence du génial dialoguiste Audiard : « les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît. »

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