« Les leçons d’hier » Introduction, ma petite librairie

Voici brut de décoffrage l’inventaire d’une partie de ma bibliothèque, classé pour l’instant dans un ordre presque chronologique, c’est à dire en se calant sur quelques grandes crises qui ont traversée notre histoire

La crise financière de 2007/2008

Commençons par la crise la plus récente, cette de 2007-2008, dite crise des subprimes, qui faillit mettre toutes nos banques au tapis, qui plomba durablement la dette des Etats et nous amena à réfléchir à la façon dont nos économies ne fonctionnaient plus. Des tas de questions sont alors remontées à la surface. Les premières à émerger interrogeaient le modèle économique qui avait failli nous mener à la catastrophe, voire la science économique elle-même :

Paul Krugman « Pourquoi les crises reviennent toujours » Seuil 2009

Frédéric Lebaron La crise de la croyance économique Edition du Croquant 2010.

Manifestement, la crise due à l’explosion de la bulle spéculative liée aux débuts de l’Internet n’avait pas servi de leçon algré l’avertissement lancé par Joseph Stiglitz « Quand le capitalisme perd la tête » Fayard 2003

Il y eut même cet étrange petit opuscule qui devait nous faire réfléchir sur les particularismes de la société française : Yann Algan et Pierre Cahunc « La société de défiance , quand le modèle social français s’autodétruit» Edition Rue d’Ulm 2008

C’est à cette époque aussi que s’est constitué ce groupe d’économistes hétérodoxes qui s’appelaient eux-mêmes « les économistes atterrés » https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_économistes_atterrés

Pus classiquement, un prix Nobel d’économie qui s’était fait une réputation sur un sujet a continué à le creuser comme ici, sur la dénonciation des inégalités

Joseph Stiglitz « Le prix de l’inégalité » Les liens qui libèrent 2012

Joseph Stiglitz et Andrew Charlton « Pour un commerce mondial plus juste » Poche 2010

Et puis, il y eut cette initiative, baroque de sa part, prise par le Président de la République Française de l’époque de convoquer le ban et l’arrière-ban des économistes mondiaux pour une remise à plat des indicateurs économiques traditionnels (la commission Stiglitz-Sen du nom de ses deux principaux animateurs), à commencer par le fameux Produit Intérieur Brut dont on sentait qu’il ne pouvait plus vraiment être un bon indicateur pour les politiques. Cela permit à une école de pensée de creuser un peu plus cette notion de richesse dont la croissance était à la base de l’élaboration du concept de PIB. Tout est parti d’un livre, que je n’ai pas lu, écrit par Dominique Méda « quest-ce que la richesse ? » et surtout du rapport que fit Patrick Viveret à la demande du Secrétaire d’Etat Guy Hascoët en 2004 et qui déboucha sur ce livre Patrick Viveret « Reconsidérer la richesse » Edition de l’Aube poche 2010. Regroupés pour la plupart dans le collectif FAIR, Forum pour une Alternative aux Indicateurs de Richesse, plusieurs économistes s’attaquèrent à cette notion de richesse ou de prospérité

Jean-Marie Harribey « la richesse, la valeur et l’inestimable » Les liens qui libèrent 2013

Juliet Schor « La véritable richesse, une économie du temps retrouvé » Ed. Charles Léopold Mayer 2013

Direction Isabelle Cassiers ouvrage collectif Redéfinir la prospérité Ed L’Aube 2013

Il n’est pas jusque au grand patronat qui se posa, à sa manière, la question de la création de la valeur et de son partage Institut de l’entreprise Revue Societal 1° Trimestre 2012 « Partager la valeur ». D’une certaine façon le livre de Hugues Sibille et Tarik Ghezali « Démocratiser l’économie » Grasset 2010, y répondait par anticipation. Comme quoi déjà, lors de la précédente crise, l’ESS était présenté comme la solution de sortie de crise.

Crise écologique de…puis quelques temps déjà

Au même moment, la crise majeure qui menace la planète était déjà en route mais comme il s’agit d’une crise « rampante », on ne la voit pas trop . Je veux parler de la crise écologique. Malgré la publication du fameux rapport Stern en 2006https://fr.wikipedia.org/wiki/Rapport_Stern , la COP 15 à Copenhague fut un désastre et cet échec fut en quelque sorte un électro-choc qui réveilla bien des conscience et généra une littérature assez abondante dont j’ai déjà parlé un peu à l’époque (voir les prochains épisodes) et d’autres qui ont commencé à mettre sérieusement les pieds dans le plat du modèle économique dominant, maintenant qu’un certain nombre de tabous avaient été brisé par ce fameux rapport, rédigé, non pas par un écologiste un peu enflammé mais par le très sérieux vice-président de la Banque Mondiale

direction Robert Solow ouvrage collectif « Changement de climat, changement d’économie ? » Albin Michel 2011

On osait même parler plus ouvertement de décroissance Jean Gadrey « Adieu à la croissance » Ed les petits matins 2011

Denis Bayon, Fabrice Flipo, Francis Schmenker « La décroissance 10 questions pour comprendre et débattre » La découverte 2012

D ‘autres plus pragmatiques se contentaient de semer des petits cailloux pour montrer que les petits gestes, mis bout à bout pouvaient infléchir le cours des choses Pascal d’Erm « Ils l’ont fait, ça marche edition les petits matins » 2013

Toutes les crises ne sont pas économiques ni sanitaires……

Alors même que l’économie se remettait à peine de l’explosion de la bulle Internet, un événement eut lieu en Septembre 2001 à New York qui au delà de la crise géopolitique qui s’ensuivit, provoqua un traumatisme majeur et durable dans les opinions publiques partout dans le monde, dans un sens ou dans l’autre. Cela inspira à un ingénieur et philosophe,Jean-Pierre Dupuy, plusieurs opuscules

« Pour un catastrophisme éclairé » Ed Le Seuil 2002

« Avons-nous oublié le mal ? » Ed Bayard 2002

« petite métaphysique des tsunamis » Ed Le seuil 2005

…Mais les crises ne datent pas d’hier

Plus loin dans le temps, il y a eu la grande crise de 29, conséquence d’une fin de guerre mondiale mal gérée et qui déboucha aux Etats-Unis sur le New Deal qui fut le triomphe des thèses d’un économiste jusque là très classiques. Cette période lui inspira plusieurs écrits entre 1925 et 1937 repris dans ce recueil au titre évocateur

J.M.KEYNES « La pauvreté dans l’abondance » coll. TEL Ed.Gallimard 2010

On en avait à peine fini avec la crise aux Etats-Unis que l’enfant monstrueux que cette crise avait engendré en Europe menait à une nouvelle guerre et une défaite humiliante pour la France, qui la jeta dans une crise morale. Celle-ci, alors que le pays était occupé, fit émerger une littérature, qui oscillait entre la vision corporative du pétainisme et la vision social-chretienne issue du mouvement du Sillon de Marc sangnier, d’où cet étrange recueil paru en janvier 1942 au titre qui sent fort le ticket de rationnement

« L’économie sans abondance « ouvrage collectif Editions du Cerf collection rencontre Janvier 1942

En guise de conclusion provisoire

Pour bien situer le débat sur la place et le rôle de l’économie, il convient parfois de se référer à quelques grands classiques, pas si vieux d’ailleurs

Amarta Sen L’économie est une science morale 1999 La découverte réed 2003

Voilà, je ne suis pas sûr qu’en ayant lu tout ça, on obtienne forcément les réponses à toutes les questions que nous posent la crise que nous traversons mais ce sont vraisemblablement des petits lumignons qui devraient permettre à ceux qui auront des décisions à prendre, de le faire en meilleure connaissance de cause. En effet, si cette crise est inédite, elle n’est pas exceptionnelle et par bien des côtés, les leçons qu’on a pas su entendre les fois précédentes, peuvent servir cette fois-ci.

Du coup, je vais essayer de relire tous ces bouquins pour pouvoir vous en faire part.

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