#lejourdaprès : les injonctions paradoxales de la crise

Un début de consensus est en train de se faire sur le lien entre cette crise sanitaire et la crise écologique en cours (et encore silencieuse) sous ces différentes formes (crise climatique, crise de la biodiversité, crise d’épuisement des ressources naturelles).

Partant de là, la conclusion logique est que « lejourdaprès » sera forcément écologique. Mais là, on se trouve pour l’instant confronté à plusieurs injonctions qui apparaissent contradictoires et je n’en prendrai ici que deux.

La première concerne le transport. L’écologie nous dit qu’il va falloir privilégier les modes de transport les plus économes en énergie, c’est à dire soit les modes « doux » comme le vélo ou la marche à pied, soit les transports en commun. Mais l’orthodoxie sanitaire nous dit par ailleurs que les transports en commun, ce ne peut plus être le transport de masse et que le covoiturage c’est avec une personne, pas plus. Si pour certains, cela ne pose aucun problème, pour d’autres cela va poser des cas de conscience aussi douloureux que ceux de l’âne de Buridan.

La seconde concerne l’habitat : plus personne ou presque ne veut pour l’instant vivre en ville. Le confinement dans des appartements, même les moins exigus, a montré les limites du modèle urbain actuel, quand il n’y a pas de soupape de sécurité pour réduire à intervalle régulier la pression. La course vers la maison avec jardin est donc lancé. Dans l’état actuel de l’urbanisme, cela veut dire une extension de l’aire urbanisée, avec consommation accrue de terrains artificialisés et éloignement des différents lieux de vie (travail, loisirs, consommation, résidence), ce qui nous ramène au point précédent. Là aussi on se trouvera rapidement devant un dilemme.

Alors que faire ? Peut-être faudra-t-il commencer par se dire que le problème vient de ce « en l’état actuel des choses » et se poser la question, non pas des moyens, mais des finalités. Ceci peut nous amener à repenser des tas de choses :
-l’organisation de l’espace et peut-être la fin de cette segmentation de l’espace en espaces différenciés ayant chacun une fonction spécifique, en d’autres termes repenser l’urbanisme
-notre relation au travail et l’organisation des relations professionnelles en tirant les enseignements de ces deux mois d’expérimentation à grande échelle du télétravail en matière d’auto-organisation des salariés, de délégation de responsabilité, de confiance entre employeurs et employés
-notre façon de vivre, c’est à dire de nouer des liens sociaux de voisinage ou au contraire via les réseaux virtuels, de consommer, d’organiser nos loisirs.

Du coup, peut-être que :
-« letempsestvenu » de déconstruire les métropoles urbaines, qui , de plus, se sont révélées les principaux foyers d’infection partout dans le monde
-« letempsestvenu » de penser la démocratie au sein de l’entreprise
-« letempsestvenu » de vivre au quotidien pour soi et nous à travers les artefacts que nous proposent les robots qui pilotent les réseaux virtuels.

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